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reliau lou : dibien
guy Menga : palabre sterile
mongo beti : l'ivrognerie
diongue : saul je voudrais savoir combien de chapitre comporte le pleurer rire et s il vous plait donner un titre a chaque chapitre
jrk : cnnaissance
guy menga : le résumé de la palabre stérile
mongo beti : villa cruelle
guy menga : la palabre sterile
guy menga : le résumé de la palabre stérile
eza boto : ville cruelle
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Publié le 22 oct 2007 à 15:18
Par noelkodia
Deuxième roman de J.B. Tati Loutard, « Le Masque de chacal » apparaît comme un autre pan de la réalité sociopolitique du Congo esquissé déjà dans les précédentes proses narratives. Et il n’est pas étonnant de voir Dozock rimer avec Touazock du « Récit de la mort ». De la prose loutardienne, on remarque que ce sont les personnages du terroir qui sont partout omniprésents dans toutes les histoires qui nous sont rapportées. Même s’ils ont pris de l’âge, des « Chroniques congolaises » au « Masque du chacal ».
Dozock, ce journaliste incompris et qui décide d’œuvrer pour la liberté de presse, se voit bousculer par les réalités sociopolitiques de son pays. Plus près de nous, les personnages de Tati Loutard évoquent le « quotidien d’aujourd’hui » avec toute son effervescence qui définit ce que nous vivons et ce que nous avions vécu à peine. A la Maison de la Télévision où il est pris à partie par son directeur qui soutient le nouveau régime, Dozock se voit désavoué moralement. Il pense même à démissionner de son travail. Mais le repos, à lui imposé par son chef pour avoir soit disant mal présenter son journal télévisé, le pousse à opter pour une véritable presse démocratique. Et le soutien qu’il a de la part de « Reports sans frontières » quand on va l’incarcérer, ne fera que fortifier sa volonté. Ainsi, il se propose de créer son journal après sa mise à pied. Alors, il se voit comme accompagné par le « masque du chacal » qu’il avait hérité de son oncle adoptif, cet homme qui n’avait jamais eu d’enfants de son vivant. Après les difficultés de quelques jours passés en prison, seule l’image de sa femme semble le protéger. Mais le héros tombe de nouveau dans la dépression quand sa femme devient, quelque temps après, la secrétaire du maire de Brazzaville. Dans cette ville où la chasse au sexe féminin se constate dans le milieu politique, Dozock doute de la fidélité de sa femme, malgré l’assurance qu’elle lui éprouve mais qui est émoussée par la présence des billets de banque qui dorment dans son sac à main. Déchiré entre la volonté de connaître la réalité et la crainte de perdre sa femme, Dorock tente de noyer son malheur dans l’alcool pour oublier sa détresse. Marqué par la venue inattendue en pleine nuit d’un ami journaliste traqué par le pouvoir, traumatisé par le départ du toit conjugal de sa femme après une dispute, Dozock se voit abandonné à lui-même. Mais il est sauvé de justesse après la réconciliation avec sa femme qui l’aime toujours malgré sa jalousie mal placée. La mort de la mère de cette dernière donne un autre tournant à la vie du couple, surtout quand ils vont découvrir le testament de la défunte qui s’opposait paradoxalement à leur union et qui leur demande de se marier. Soutenue moralement et matériellement par son homme à la mort de sa mère, Mouna devient la complice de son mari dans la mise en œuvre de leur projet du journal. Aussi son soutien moral est manifeste au tribunal de Brazzaville pendant un procès qui met en cause un confrère journaliste. Il s’implique aussi par son professionnalisme dans le travail de l’Avocat défenseur de ce dernier qui gagne le procès. Dozock, son ami Marc qui vient d’être libéré et l’Avocat décident de travailler ensemble pour la liberté de la presse en s’ouvrant aux ONG internationales. Considéré comme élément dangereux par le pouvoir en place, surtout après son passage au tribunal de Brazzaville, son chef Malibou tente de le noyer devant son ministre de tutelle. Un piège se confectionne quand il est invité à la Télévision pour une interview. Devant la caméra, Dozock prend partie pour les journalistes congolais dont les mauvaises conditions de travail poussent ces derniers à la prostition des médias. Il démontre ensuite que la presse privée est aux mains d’anciens journalistes sous la houlette de certains hommes d’affaires et de dirigeants politiques. Mais l’interview du héros va atteindre une autre dimension quand il sera brusquement rejoint sur le plateau par son ancien chef Malibou qui se propose de débattre avec lui. Mais devant le calme et la sérénité de Dozock ainsi que la pertinence de ses idées, Malibou ne peut se contrôler et son caractère d’homme violent se dévoile au grand jour. Croyant avoir bien agi pour faire plaisir au ministre, il est paradoxalement révoqué de la Maison de la Télévision et remis à la disposition de la Fonction publique. Commence alors une nouvelle vie pour le héros et sa femme. Aidé par une banque de la place et la publicité gratuite consécutive à son passage à la Télévision, il concrétise son projet en lançant le premier numéro de son journal au titre révélateur, L’Eveil.Le Masque de chacal, un récit qui confirme le roman-réalité congolais dont le secret semble être jusqu’aujourd’hui dans l’écriture de Tati Loutard. S’il y a un prosateur dont l’inspiration baigne toujours dans les réalités du terroir, c’est bien Tati Loutard. Il habite le Congo comme le Congo l’habite. Vraisemblance dans le récitLe Masque de chacal, contrairement aux autres récits de l’auteur qui s’éparpillent dans plusieurs villes congolaises tels Pointe Noire, Dolisie, soutient des aventures qui se déroulent à Brazzaville que l’auteur nous présente avec une nette objectivité sur fond de connaissances géographiques et sociologiques approfondies. Cette ville de Brazzaville qu’il nous présente, dégage encore les effluves des dernières années : « Ce jour-là, Dozock était resté tard dans le bureau. Il avait écrit un article sur les leçons à tirer de la guerre de juin 1997. Il s’était interrogé sur les raisons profondes qui avaient poussé des Congolais à prendre les armes contre eux-mêmes » (p.71) L’auteur élabore son histoire avec les ingrédients qu’il ramasse autour de lui car faisant partie de son quotidien, des ingrédients dont il a eu à vivre les manifestations physiques et morales. Tout se passe dans Brazzaville qu’il connaît comme le fond de sa poche. Ainsi, les lieux comme la Tour Nambemba et la Cathédrale Sacré-Cœur (p.8), Poto-Poto et le port de Yoro (p.9), l’église Saint Esprit p.(74), le rond-point de Poto-Poto (p.82), la Cathédrale et l’Hôtel de ville (p.91), le Cimetière du Centre-Ville dans le quartier de la Maison d’Arrêt non loin du complexe d’habitation de ce que fut la compagnie aérienne Air Afrique (p.114)… sont des réalités géographiques qui appartiennent bel et bien à la capitale du Congo. Et le Congolais lambda peut « suivre » les personnages du roman à travers la ville de « Brazzaville-fiction » qui fait écho à « Brazzaville-réalité ».Mais dans ce vraisemblable de l’univers diégétique, se révèle, en dehors de la situation géographique, quelques réalités sociales et sociétales des Congolais dans Le Masque du chacal. Comme dans la plupart de ses récits, Tati Loutard se définit à certains moments comme le secrétaire de la société congolaise dont il semble bien connaître les us et coutumes. Les confrontations interethniques, la vie on ne peut plus énigmatique des hommes politiques, la démocratie naissante au niveau de la presse qui se voudrait libre, voilà quelques aspects réels de la société qui se dévoilent dans ce roman. Celui-ci ne puise ni dans le passé, ni dans ses souvenirs lointains, mais dans le présent des événements qui sont encore frais dans sa mémoire. Aussi l’attitude de Dozock vis-à-vis de sa femme quand celle-ci devient la secrétaire du maire entre dans le normatif de l’inquiétude de l’homme qui craint d’être cocufié. Surtout que les dirigeants politiques ne respectent pas les femmes des autres : « Quand Dozock la vit [Mouna sa femme] quitter la maison pour se rendre au travail, son visage s’assombrit (…) Que lui voulait le maire ? Ces gens de la classe politique ont l’argent et les honneurs. Ils ont maîtresses, épouses, enfants. » (p.42). Comme dans la plupart des récits de l’auteur, la mort devient une obsession qui rappelle la réalité congolaise dans la façon de gérer ce phénomène. Dans Le masque de chacal, elle apparaît à travers le personnage de la mère de Mouna. Et le décès de cette dernière dévoile au lecteur l’attitude du beau-fils devant la mort de sa belle-mère. Comme tout Congolais, Dozock s’y implique moralement et matériellement comme le demande la tradition : « Il devait consentir des sacrifices financiers pour améliorer son image auprès de ses beaux-parents (…) Il s’endetterait même lourdement pour être à la hauteur des obsèques et une sépulture susceptible de lui attirer la sympathie » (pp.123-124).Quand on se réfère aux autres récits de l’auteur après la lecture du roman, on constate qu’il y a trace d’intertextualité aux niveaux social et géographique des éléments rapportés presque dans toute sa prose. Aussi, on pourrait aussi définir Le Masque de chacal comme une « chronique congolaise ». Roman et poésie dans « Le Masque de chacal »Ecrit dans un style à mi-chemin entre le romanesque et le poétique, Le masque de chacal révèle l’écriture « juste et traditionnelle » de l’auteur. Il n’ose pas « tordre le cou » à la langue française à l’image des de ses confrères comme Sony Labou Tansi, Henri Lopes et Tchicaya U Tam’Si. Dans ses récits, il se voit toujours rattrapé par son premier violon d’Ingres, la poésie, surtout au niveau des descriptions. Voici quelques segments textuels qui rappellent que le romancier est avant tout un poète.- « L’eau étalait ses œuvres bleues et vastes, comme sa peau que granulait une brise légère » (p.54).- « Au premier coq, première nouvelle. Le jour s’annonçait. La nuit se déclarait au-dessus de la ville. Ses lambeaux traînaient le long des ruelles profondes du quartier de la cathédrale » (p.63)- « La petite poussière de soleil (…) s’était soudain volatilisée » (p.131). Et de tels élans poétiques sont souvent rencontrés par le lecteur au fur et à mesure qu’il passe de page en page. Tati Loutard arrive à faire un mariage agréable entre le romanesque et le poétique dans ses récits. La part du bestiaire dans « Le Masque de chacal »Souvent fondé sue le réalisme congolais et surtout sur le thème de la mort, le récit de Tati Loutard, après un tour dans le surnaturel dans Fantasmagories, donne une place remarquable au bestiaire. Le chacal dont le masque rappelle au héros le temps passé avec son oncle, révèle une réalité congolaise : la complicité qui existe ente le neveu et l’oncle, surtout si ce dernier n’a pas eu d’enfants dans sa vie : « Tout se mélangeait dans sa tête, comme au temps légendaires où les hommes et les bêtes ont des rôles et des actions interchangeables, à l’infini. Ce chacal, c’était l’esprit de son oncle qui devait chaque fois lui rappeler le commerce intellectuel et spirituel qu’ils avaient entretenu tous les deux, du vivant de cet homme qui avait semé en lui l’espérance d’une réussite sociale » (pp.189-190). Ainsi dans ce texte qui n’est autre que l’histoire de Dozock qui mène un combat acharné pour la liberté de la presse jusqu’à la victoire après moult tractations, revient à tout moment l’image obsédant des corbeaux. Ces oiseaux de mauvaise augure apparaissent de temps à autre dans la vie du héros.- « Sur la plus haute branche de la clôture voisine, deux corbeaux, côte à côte, entreprirent un duo. Leurs croassements arrêtèrent Dozock » (p.37)- « Dozock entendit le premier cri du coq (…) S’ensuivirent quelques babillements. Puis les corbeaux se mirent à croasser » (p.167)- « Une nuée de corbeaux vola au-dessus de sa tête » (p.190)Ces oiseaux ne symbolisent-ils pas les difficultés (problème au travail avec son chef, crise conjugale dans son foyer, bref séjour en prison, mort de l’oncle puis celle de sa belle-mère) affrontées par le héros avant de s’ouvrir une vie heureuse avec la parution de son journal et le mariage avec sa femme dicté par le testament de sa belle-mère ? Pour conclureVéritable autopsie sociopolitique du Congo qui se fonde principalement sur la lutte que mène le héros pour la liberté de la presse, Le Masque de chacal appartient à un écrivain que l’on ne peut plus présenter car ayant marqué la littérature au niveau continental. Avec une dizaine de recueils de poèmes, trois recueils de nouvelles et deux romans, Tati Loutard apparaît comme l’un des écrivains congolais le plus remarqué par la critique (2). Son œuvre se situe dans le modernisme tout en ne bousculant pas paradoxalement l’académisme de son style qui fait écho à la médaille de vermeille du Rayonnement de la langue française à lui décernée par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Notes(1) Tati Loutard (J.B.), Le Masque de chacal, Editions Présence africaine, Paris, 2006, 196 pages. (2) Sur son œuvre, on peut lire :- Chemain (R. et A.), Panorama critique de la littérature congolaise contemporaine, Editions Présence africaine, paris, 1979.- Godard (R), Trois poètes congolais Maxime Ndébéka, J.B. Tati Loutard, Tchicaya U Tam’Si, Editions L’Harmattan, 1985.- Planque (J.), Jean Baptiste Tati Loutard, Editions Moreux, Paris, 2001.- Popescu ( E.C.), Le lyrique de l’écrivain Jean Baptiste Tati Loutard, Université Paris IV Sorbonne, 20004.- Kodia-Ramata (N.) Mer et écriture chez Tati Loutard : de la poésie à la prose, Editions Connaissances et Savoirs, Paris, 2006.
Publié le 22 oct 2007 à 15:12
Par noelkodia
Ils sont nombreux, ces enseignants chercheurs de l’Hexagone qui se sont intéressés à la littérature africaine quand celle-ci est passée de l’oralité à l’écrit. Et c’est surtout dans les années 50 qu’elle a commencé à marquer les africanistes européens et américains. Parmi ceux-ci, s’est brillamment distingué M. Jacques Chevrier, actuellement professeur émérite à la Sorbonne et président de l ‘Association des écrivains de langue française. Par ses nombreux travaux d’enseignement et de recherche sur les œuvres des écrivains africains qu’il a parfois remarqués sur le continent et au cours des rencontres culturelles internationales, il peut être considéré par les amateurs et spécialistes des littératures africaines de langue française comme un « baobab de l’Afrique littéraire ». Aussi temps il est de lui rendre hommage pour tout le travail qu’il a déjà abattu à propos. S’il est un africaniste universitaire qui a beaucoup écrit sur la littérature africaine, c’est le professeur Jacques Chevrier. Beaucoup d’étudiants au sud du Sahara, avant d’embrasser le domaine de la recherche ont eu à préparer leur thèse sous sa direction. De nombreux séjours de recherches et d’enseignements sur le continent, placés sous le patronage de l’Unesco, ont fait de lui « le fils adoptif de l’Afrique littéraire ». Plusieurs ouvrages à son compte dont deux semblent incontournables et indispensables pour pénétrer actuellement le monde de la littérature du continent (1). Il s’agit de Littérature nègre (2) et Littératures francophones d’Afrique noire (3). I. Littérature nègre » : L’Afrique littéraire des origines à nos joursCe livre, publié pour la première fois en 1974 et couronné une année plus tard par l’Académie française, sera réédité plusieurs fois à cause de sa pertinence didactique et pédagogique. Un ouvrage qui nous fait découvrir la naissance de la littérature-écriture en Afrique avec les auteurs des années 50 et dont le catalyseur semble être les publications des années 30, tels Pigments du Guyanais Léon Gontran Damas en 1937 suivi quelque temps après de l’emblématique Cahier d’un retour au pays natal du Martiniquais Aimé Césaire.Sur le continent, la littérature dite francophone se partage deux aires bien distinctes : l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Des grands poètes, à l’instar de Léopold Sédar Senghor et Tchicaya U Tam’Si, vont signifier ces deux Afriques. C’est d’abord une littérature militante qui va se réveiller en Afrique comme le souligne l’auteur dans l’édition de 1984 : « Accaparés par des tâches plus urgentes, les poètes se firent alors militants – avant de devenir Présidents – et délaissèrent kôrs et balafons, tandis que les romanciers faisaient leur entrée en scène. Une rapide chronologie des principaux romans africains laisse en effet apparaître que la plupart furent écrits de 1954 à nos jours, c’est-à-dire au moment même où la société africaine prenant conscience d’elle-même en tant que « cité » commençait à s’organiser en conséquence. Tous les romans de Mongo Béti [qui portent sur la période coloniale] ont été écrits de 1954 à 1958, Le Vieux Nègre et la médaille de Ferdinand Oyono date de 1956, L’Aventure ambiguë de Cheik Hamidou Kane de 1961, L’Enfant noir de Camara Laye a paru en 1953, Les Bouts de bois de Dieu de Sembene Ousmane sont de 1960, Le Devoir de violence [de Yambo Ouologuem] et Les Soleils des indépendances [d’Ahmadou Kourouma] datent de 1968 ».Avant le contact avec le Blanc, l’Afrique a une civilisation dont la littérature est spécifique car elle n’a pas de forme matérielle, sinon idéelle. Elle se fonde sur le conte qui, souvent épouse le proverbe, la fable, le chant et le vécu quotidien. C’est ce que les linguistes et anthropologues vont désigner par « littérature orale », car elle se transmet de bouche à oreille dans la société des hommes. Bâti sur deux principales parties, Littérature nègre lie didactique et pédagogie pour une meilleure compréhension du cheminement qu’a pris la littérature africaine de sa naissance à nos jours.
I.1. Littérature négro-africaine en français Aujourd’hui, c’est plutôt l’expression « littérature monde en français » mise en exergue par certains grandes figures de la littérature africaine de langue française, pour désigner la littérature en français hors de l’Hexagone, qui semble réaliste pour désigner cette réalité littéraire. Car nous n’avons pas encore réalisé une langue négro-africaine. Et une littérature doit en principe se fonder sur une langue qui la véhicule à travers la ou les sociétés. Aujourd’hui, il faut être réaliste pour comprendre que c’est cette « littérature monde en français » qui fait survivre la littérature française proprement dite « qui n’a plus rien à dire ». Et c’est « la pluralité des voix et des écritures qui semble être l’horizon d’attente sur lequel se profile le devenir de la littérature africaine d’expression française » (4) au secours de la « mère » littérature française qui s’essoufle par manque de nouveaux « thèmes » pertinents, les grandes figures des siècles passés ayant tout dit.Dans cette partie de l’ouvrage, sont mis en relief les différents « méandres » de la littérature africaine tels la poésie, le roman et le théâtre. C’est ainsi que l’on découvre les écrivains de la première génération, originaires dans la grande majorité de l’Afrique occidentale. L’Afrique centrale y est remarquablement représentée dans cette première génération par les romancier et poète congolais Jean Malonga et Tchicaya U Tam’Si et les deux emblématiques romanciers camerounais Ferdinand Oyono et Mongo Béti. Les œuvres de ces premiers écrivains de l’Afrique centrale occupent presque toutes les anthologies des littératures africaines du XXè siècle.
I.2. Situation et perspectives A partir du bouillant et révoltant Discours sur le colonialisme du grand poète Aimé Césaire et de la position on ne peut plus « émotionnelle » de Léopold Sédar Senghor sur la Négritude, la littérature prend une autre dimension avec la nouvelle génération dont l’optique ne va pas forcément coïncider avec celle des aînés (5) . Ainsi se révéleront plus tard des problèmes linguistiques quand on passera de la tradition orale à la littérature écrite consécutive l’introduction de « l’école des Blancs » en Afrique et quand on étudiera les relations entre l’écrivain africain et son public. II. « Littératures francophones d’Afrique noire » : De la littérature nègre aux littératures francophonesSi dans les décennies passées, Jacques Chevrier parle de « littérature nègre » au singulier car relevant de tout un continent, il remarque dans l’espace et dans le temps une (r)évolution exponentielle de la production littéraire en Afrique. Se distinguent alors plusieurs « écritures » en fonction de chaque pays et surtout dans les deux principales sous-régions de l’Afrique francophone (6). Son nouveau livre apparaît comme le prolongement de la dernière édition de Littérature nègre. Mais ici la nouveauté vient de l’autopsie des œuvres de la fin du XXè siècle et du début du XXIè. Et l’ouvrage le fait savoir très bien dans trois chapitres.
II.1. Au cœur des ténèbresLes œuvres qui se situent sur le pont qui va du XXè au XXIè siècles font revivre les violences des sociétés africaines, consécutives à la renaissance de la démocratie pluraliste. Beaucoup d’écrivains vont s’inspirer des guerres fratricides que connaissent leur pays : « (…) la tragédie que vit, au quotidien une bonne partie de l’Afrique et à laquelle, évidemment les créateurs, poètes, dramaturges et romanciers ne peuvent demeurer insensibles » (7). Et de ces malheureux événements, naissent les romans de la guerre comme Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma et Jonnhy Chien méchant d’Emmanuel Bounzéki Dongala, pour ne citer que ces deux remarquables récits.
II.2. Une littérature de la migritude Ici, ce sont les auteurs de la diaspora tels Calixthe Beyala, Daniel Biyaoula, Alain Mabanckou, Sami Tchack qui sont mis en évidence. Des oeuvres qui relatent en quelque sorte la vie des immigrés en Europe. Des romans tels L’Impasse de Daniel Biyaoula, Bleu Blanc Rouge d’Alain Mabanckou et C’est le soleil qui m’a brûlée de Calixthe Beyala puisent leur fonctionnement diégétique dans la « migritude ».
II.3. L’aventure des écritures Avec le temps, le travail des écrivains se situe particulièrement au niveau du scriptural. L’oralité gagne l’écriture. Des romanciers comme Henri Lopes, Sony Labou Tansi « tordent le cou » à la langue française pour donner une autre signification émotionnelle et scripturale au roman. Et la modernité du romanesque aidant, le récit africain réalise des métamorphoses. Comme chez les adeptes du Nouveau roman français des années 50, on remarque chez certains écrivains du continent le respect de la théorie de Jean Ricardou (8) qui, pour le paraphraser, spécifie que le roman moderne n’est plus un récit d’aventures mais l’aventure des écritures. Ainsi, on peut dire que Littératures francophones d’Afrique noire révèle une autre dimension des auteurs africains qui, comme on peut le lire sur sa quatrième de couverture, « s’engagent dans une aventure des écritures traduisant l’entrée des littératures africaines dans une modernité textuelle ouverte à tous les souffles du monde… ». Le passage diachronique de « la littérature nègre » aux « littératures francophones d’Afrique noire » montre à suffisance qu’il s’est produit un grand bouleversement dans l’évolution du fait littéraire sur le continent. Des littératures nationales sont nées sur fond de la langue française mais avec les spécificités du terroir de l’écrivain qui ont enrichi indubitablement la langue francophone. Aussi, à ces deux ouvrages que nous venons de présenter succinctement, il faut ajouter Littérature africaine.Histoire et Grands thèmes (9), un ouvrage didactique et pédagogique qui se définit comme une sorte d’anthologie, un outil de travail indispensable pour les enseignants de littérature africaine ainsi que pour les étudiants qui voudraient approfondir l’étude des textes des auteurs africains. Y sont mis en relief quelques textes des prosateurs les plus représentatifs du continent
III. Jacques Chevrier : Une vie d’enseignant universitaire bien remplie Depuis qu’il a fait valoir ses droits à la retraite, il s’occupe paradoxalement beaucoup de la promotion de la littérature africaine qui a fait de lui un homme au centre de gravité de « la littérature monde en français ». Et ces derniers mois il a été souvent entre deux avions pour la promotion de la littérature africaine d’expression française dans quelques pays. Il a participé du 7 au 12 avril 2007 à un séminaire dont il a été le co-organisateur en partenariat avec le Centre culturel français d’Alger sur le thème « Rencontre confrontation Littératures du Maghreb / Littératures d’Afrique sub saharienne ». Du 2 au 6 mai, il a participé au Salon du livre de Genève. A cette occasion, il a eu à remettre le Prix Amadou Kourouma dont il est le fondateur, à l’écrivain togolais Sami Tchak pour son roman Le Paradis des chiots, lui, qui était aussi lauréat du Grand prix littéraire de l’Afrique noire en 2004. Toujours dans ses activités littéraires, Jacques Chevrier a pris part à Tokyo, sous l’initiative de l’Ambassade de France au Japon, à la table ronde organisée par l’Institut franco-japonais sur le thème « Connaissance culturelle de l’Afrique au Japon ». Et répondant à l’invitation des universités Waseda et Keio, il a prononcé une série de conférences sur les littératures d’expression française. Mais qui est réellement le professeur Jacques Chevrier ? L’Association des écrivains de langue française (ADELF), dont il est le président depuis le 1er décembre 2006, nous le présente grandement dans son bulletin de liaison « Le Point au … » n° 47 du 02.01.06 : « Titulaire de la chaire d’études francophones de Paris IV Sorbonne de 1996 à 2003, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint Cloud, agrégé de Lettres modernes et Docteur ès-lettres, il est actuellement Professeur émérite à la Sorbonne où il poursuit un certain nombre d’enseignements. Après avoir été consultant de l’Unesco auprès de l’Ecole normale supérieure de Bamako, dans le cadre d’un projet piloté par le poète congolais Tchicaya U Tam’Si, il a effectué de nombreuses missions d’enseignement et de recherche dans la plupart des pays africains francophones en Afrique australe, aux Etats Unis, au Mexique, en Inde, ainsi qu’en Europe centrale et orientale. Pendant toute cette période, dans le cadre des enseignements de Littérature générale et comparée, Jacques Chevrier a introduit et développé l’approche des littératures francophones d’abord à l’Université de Rouen, puis à l’Université Paris XII-Val-de-Marne où il a donné un essor sans précédent au domaine africaniste et où, pendant vingt-cinq ans, il aura joué le rôle de « passeur » de Culture entre l’Europe et l’Afrique. Parallèlement de 1972 à 1976, il a également été professeur invité à l’Université de Fribourg en Suisse, où il avait en charge d’encadrer les étudiants doctorants et où il a dirigé les thèses de plusieurs ressortissants de l’ex-Zaïre, du Rwanda et du Burundi. Jacques Chevrier est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés, pour l’essentiel, aux littératures d’Afrique noire, dont Littérature Nègre, publié pour la première édition en 1974 [chez Armand Colin dans la collection « U »] et couronné l’année suivante par l’Académie française, L’Arbre à palabres, essai sur les contes et récits traditionnels d’Afrique Noire (Hatier 1966, réédition 2005), récompensé par l’Académie des Sciences d’Outre-Mer en 1986, Williams Sassine, écrivain de la marginalité (Toronto, édition du GREF, 1995) ; Les Blancs vus par les Africains (Lausanne, éditions Pierre Marcel Favre, 1998 ; Littérature d’Afrique noire de langue française (Nathan, 1999) ; Poétiques d’Edouard Glissant, (Presses Universitaires de Paris, Sorbonne, 1999) ; Littérature Nègre (rééditions 1984, 1990, 1999, 2001, 2003 chez Armand Colin) ; Ecrivains francophones du XXè siècle (en collaboration, éditions Ellipses/AUF, 2001) ; Anthologie africaine, I – Le roman et la nouvelle, II – La poésie (Hatier, collection « Monde noir », 2002) ; Le Lecteur d’Afriques (Honoré Champion, 2005) ; Littératures francophones d’Afrique noire (Aix-en-Provence, Edisud, 2006). Plusieurs de ces ouvrages ont fait l’objet de traductions. A cela s’ajoute une centaine d’articles parus dans diverses revues et une série de communications scientifiques présentées dans les colloques internationaux. Jacques Chevrier s’est également fortement impliqué dans la promotion des littératures francophones. Directeur-fondateur de la collection « Monde noir » aux éditions Hatier international, il est responsable du Grand Prix littéraire de l’Afrique noire de l’A.D.E.L.F et fait partie du Conseil d’administration de la biennale de la langue française, ainsi que du Conseil scientifique de la revue des littératures du sud, Notre Librairie. Il a joué un rôle fondateur dans la création de la Médiathèque francophone de Limoges, participe aux travaux de la Commission de terminologie du Ministère des Affaires étrangères et collabore avec différentes organisations internationales dont l’O.I.F. On lui doit enfin la création du prix Ahmadou Kourouma décerné chaque année dans le cadre du Salon du livre de Genève. Honory Senor Research Fellow of the Institute of Romance Studies de la London University, Fellow of Churchill College (Cambridge), Jacques Chevrier est Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur (Promotion du bicentenaire) et Officier dans l’Ordre des Palmes académiques ».Aussi, à la tête de l’ADELF, on lui doit la réalisation des Cafés littéraires du 3 de la Place Denfert-Rochereau dans le 14è arrondissement de Paris qui, pour cette année ont commencé en septembre et qui doivent se terminer en décembre 2007 avec la participation de certains grands noms de la littérature tels Vénus Khomy-Ghata, Henri Lopes, Ananda Devi et Michel Féli.
En guise de conclusion La recherche dans le domaine de la littérature africaine dans son ensemble a été maintenue par quelques éminents universitaires du continent tels Thomas Melone, Puis Ngandu-Nkashama, Jean Pierre Makouta Mboukou, Mukala Kadima Nzuji. Au seuil du XXIè siècle, la relève semble assurée avec la nouvelle génération avec des noms comme David Ndachi Tagne, Ange-Séverin Malanda et Alpha Noël Malonga pour ne citer que ces trois figures de l’Afrique centrale et dont certaines ont été « formées » par Jacques Chevrier. De nos jours, nous pouvons dire que l’ouverture des littératures africaines d’expression française s’est déjà imposée sur l’échiquier international avec des célébrités comme Ahmadou Kourouma, Williams Sassine, Henri Lopes, Sony Labou Tansi, Emmanuel Bounzéki Dongala auxquelles il faut maintenant ajouter celles de la nouvelle génération tels les Congolais Alain Mabanckou et Daniel Biyaoula, les Guinéens Tierno Monénembo et Cheik Oumar Kanté, les Camerounais Calixthe Beyala et Patrice Nganang. Les œuvres de certains sont actuellement enseignés en Afrique comme à l’étranger. Et cela, grâce à la « collaboration permanente » de celui qui a fait de l’internationalisation des littératures africaines son cheval de bataille dans ses recherches et enseignements : le professeur Jacques Chevrier.
Notes(1) Des enseignants universitaires spécialistes des littératures du continent, on peut citer des noms tels Lilyan Kesteloot, Bernard Mouralis, Bernard Magnier, Jean Louis Joubert, Arlette et Roger Chemain dont les travaux occupent une place remarquable dans les études des littératures francophones. (2) Chevrier (J.) Littérature nègre, Editions Armand Colin, collection « U », Paris, 1974 ; rééditions 1984, 1990, 1999, 2001, 2003. (3) Chevrier (J.) Littératures francophones d’Afrique noire, Editions Edisud, Aix-en-Provence, 2006. (4) Chevrier (J.) Littératures francophones d’Afrique noire, Editions Edisud, Aix-en-Provence, 2006, p.203. (5) Au Cameroun et au Congo-Brazzaville par exemple, des écrivains tels Mongo Béti et un peu plus tard Tchicaya U Tam’Si, Jean Pierre Makouta Mboukou et Henri Lopes vont s’opposer à l’idée de Négritude, car marqués par la lutte anti-coloniale au Cameroun pour Mongo Béti (qui publie son roman Ville cruelle sous le pseudonyme de Eza Boto) et l’attitude patriotique du Congolais André Grenard Matsoua contre la désinvolture et la méchanceté des Français avec leur impôt de capitation pendant l’époque coloniale, et la Révolution populaire des 13, 14 et 15 août 1963 après les indépendances. Et le personnage de Matsoua devient historique car apparaissant dans moult œuvres littéraires congolaises. (6) Lire (Sous la direction de Jean Louis Joubert) Littératures francophones de l’Afrique de l’Ouest : Anthologie et Littératures francophones d’Afrique centrale : Anthologie, Editions Nathan, ACCT, Paris, 1995. (7) Chevrier (J.) Littératures francophones d’Afrique noire, Editions Edisud, Aix-en-Provence, 2006, p. 138. (8) Romancier moderne (avec Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Nathalie Sarraute, Claude Simon…), Jean Ricardou lie la théorie à la pratique dans la conception du Nouveau roman qui se révèle à partir des années 50. (9) Chevrier (J.) Littérature africaine. Histoire et Grands thèmes, Editions Hatier, Paris, 1987.
Publié le 24 jui 2007 à 20:56
Par noelkodia
Voici un recueil de poésie qui sort de l’ordinaire car écrit par un Congolais qui vit en France voici bientôt cinq décennies et qui n’est jamais retourné au bercail pour se ressourcer. « Les Hauts débats des … bas ébats » (1), un livre qui définit sa beauté scripturale paradoxalement par le « vide du pays », comblé par l’image de l’Hexagone. 75 poèmes écrits de février 1997 à novembre 2004, à raison d’un texte par mois, sont regroupés dans ce recueil. Des textes qui ne dégagent aucune idée de littérature africaine sinon respectant le canon classique mis en œuvre par les anciens poètes français. La poésie de Joseph Tadyla (2) s’inscrit dans la littérature monde noire en français parce qu’écrit par un Congolais. En effet Joseph Tadyla est ce doyen d’origine congolaise ayant foulé l’Hexagone en 1958 sans un simple retour au natal. Ce qui fait qu’il ne lui reste de Congolais que le sourire, la couleur et sa poésie qui diffère énormément de celle des autres comme Tchicaya U Tam’Si, Makouta Mboukou… car étant blanchie par l’usure du temps. La poésie de Joseph Tadyla se débat avec elle-même pour se découvrir comme un élan lyrique qui épouse la réalité du quotidien qui le traverse jusqu’aujourd’hui, une réalité « bleu blanc rouge ». Tout son passé et son présent qui ont effacé l’image juvénile du terroir se révèle dans ce recueil. Et le bestiaire qui semble définir un pan de la société occidentale s’est incrusté en lui. Dans cette société où l’animal est parfois mis au même niveau que l’humain. Et son livre s’ouvre par l’hommage au bestiaire avec le poème intitulé « Même un animal dit I love you » : (…) Nous étions donc mon chat et moi Tous deux au chaud loin du froid Quand soudain me vint l’idée d’aller Derrière la porte d’un cachot mité Voir si la chatte siamoise en feux Dans sa posture l’était pour mon gueux Beau matou Persan qui savait miauler Qui lui dirait viens on va s’épauler Car même un animal dit « I love you » Quitte à attendre qu’il nous l’avoue.
Contrairement à l’engagement et aux cris de révolte et de douleur qui jaillissent de la plupart des poèmes écrits par les Congolais comme on le remarque chez Tchicaya U Tam’Si et Maxime Ndébéka, il se révèle une absence de « congolité » dans l’œuvre de Joseph Tadyla. Et quand il parle de la femme, c’est une position énigmatique qu’il prend, à l’image de l’Occidental :
Toi dont je parle quand tu te balances Entre le POUR et ton expérience Et puis le CONTRE de ton élégance Je t’accuse d’avoir une existence En dents de scie mais que bien certes Sans toi mon sang serait sûr infecte Une poésie de femme sans flamme comme on le remarque chez Tati Loutard où l’érotisme flirte avec l’auteur, mettant en exergue la virilité de l’homme des climats tropicaux. Avec Joseph Tadyla, la femme paraît faire peur et difficile comme on le constate en Occident : Toi dont j’écris le nom si facile Mais toi que je taxe de difficile
N’ayant plus à l’esprit la fresque que constitue l’histoire du terroir car ayant quitté le pays voici bientôt plusieurs lustres, le poète s’est métamorphosé en « réalité française » qui est présente presque dans tous les textes : En effet, ni pomme ni poire pour mufles Elle a le corps qui tient d’un souffle Car d’elle dépend ce qui est vivant Cette vie qui nous fait ses battants
Presque tous les sujets de la vie s’entrechoquent dans ce recueil de poésie. La femme apparaît toujours énigmatique pour le poète comme il le spécifie dans les vers suivants : Surtout si elle est aussi infernale Comme celle qui en moi me trouble
Aucune image du terroir et même du continent chez Joseph Tadyla dont l’être est plutôt attaché à sa nouvelle patrie :
Je t’aime France Du continent on l’on a vu le jourOn devine parfois les contours
Et cet amour pour la France revient dans moult textes comme on peut le remarquer ci-dessous :
Au large de la Rochelle J’aimerais voir oui l’île de RéLà-bas au large de la Rochelle paraît Qu’il y a traces d’un Beau Fort
Et des textes tels « En lieu et place de la Concorde », « Notre Dame de France », « Comme paris je suis mon navire »… confirment cette grande présence française dans l’être du poète qui aurait perdu toute présence émotionnelle du terroir. Nous sommes en face d’une poésie qui entre en porte-à-faux avec celle de ses compatriotes tels Tchicaya U Tam’Si et Makouta Mboukou, des hommes de sa génération qui, malgré leur absence prolongée du pays, n’auront jamais perdu les senteurs de la forêt équatoriale ainsi que l’image du fleuve Congo et de l’océan Atlantique.« Les Hauts débats des …bas ébats » ne sont autres que l’image et le reflet d’un homme qui n’aurait plus de repères du terroir longtemps « martyrisés » par l’omniprésence et l’omniscience de la culture française. Une poésie loin de l’épanchement de Senghor, loin de l’agressivité et de la « brutalité » de Césaire et Tchicaya U Tam’Si et même de Maxime Ndébéka, loin du maritime de Tati Loutard. Ce livre nous rappelle une écriture poétique fondée sur le mètre, l’exactitude et la fonction des rythmes du classicisme sur fond de rimes. Un travail qui montre l’élégance et la souplesse chez le poète. Bien qu’ayant respecté certaines règles de la poésie classique qui a perdu peu à peu son « autorité » pour se libérer et se pencher du côté du lyrisme et même du surréalisme, Joseph Tadyla annonce paradoxalement sur la 4è de couverture du livre que «[ ses] textes évoquent des faits réels et vécus mais sont dépourvus de lois. Ils sont à lire tout simplement. Ils n’imposent rien à personne. Ils n’exigent rien. Aucune opinion ne sera prise en otage ». Faits réels ou vécus, la poésie de Joseph Tadyla se démarquent curieusement de presque tous les textes poétiques des congolais (du terroir ou de la diaspora) où l’image du natal est omniprésente. Paris, Orléans, Beaufort, Malo-les-bains, tels sont les lieux géographiques qui reviennent dans les textes de Joseph Tadyla et donnent une autre dimension à ce recueil, loin des « tropicalités » que nous ont habituées ses confrères, loin du temps qui passe inexorablement comme il le spécifie lui-même :
Pour l’heure je perds mes cheveux Dans un an peut-être deux J’aurai plus un poil sur le crâneEt vous rirez de tous les ânes.
Les Hauts débats des…. bas ébats, un recueil de poèmes très intéressant car il donne une autre dimension à la poésie congolaise. (1) Joseph Tadyla, Les Hauts débats des … bas ébats, Editions Amalthée, 2005, 146p. 14 euros (2) Joseph Tadyla vit sa retraite paisible à Paris où il s’adonne à la poésie. Il est membre de l’Association des écrivains de langue française. | |
Publié le 22 jui 2007 à 20:11
Par noelkodia
Les Editions Menaibuc à Paris ont publié récemment, « Les Enfants de la guerre : Eteindre le feu par le feu ? » de notre confrère Noël Kodia-Ramata. Préfacé par Yves Ekoué Amaïzo, le roman de Kodia-Ramata est un récit qui se fonde sur une séquence imaginaire du destin politico-tragique du Congo qui a pour toile de fond les douloureux événements de juin 1997 vécus par le peuple congolais après la Conférence nationale. Tout au long du récit, se manifeste une jeunesse façonnée par les hommes politiques et la drogue mais qui ne se laisse pas emportée par le tribalisme. Dans ce récit, deux tribus imaginaires (Djassikini et Djabotanais) vont traverser ensemble la guerre en s’opposant aux idées on ne peut plus rétrogrades des hommes politiques.
Les enfants de la guerre, ce sont Stève Guerman Malanda et Mélia Bwessé Abibatou, un jeune garçon et une jeune fille qui se caractérisent par un courage fou dans l’exercice de leur fonction de milicien au service des hommes politiques. Des miliciens qui souvent se comportent comme des animaux féroces quand ils ont été au contact de la drogue qui les emmènent au pillage, au vol et au viol comme on peut le constater crûment dans cet extrait : « Au carrefour de la Place de Cinq chemins, un officier des FAP vient d’être interpellé par un milicien. Il est accompagné d’une femme qui doit être son épouse car elle s’est accrochée d’une façon amoureuse au bras de l’homme. C’est comme si elle voulait se protéger d’un danger apparent. Le milicien tient dans ses mains une kalachnikov à crosse pliable, deux grenades sont accrochées à sa ceinture du côté gauche. A six mètres de lui, son compagnon, les yeux travaillés par la dose, regarde indifférent ce que son ami est en train de faire. Le milicien (qui a l’arme dans ses mains) demande à la femme de l’officier des FAP d’avancer vers lui. Il est calme. Il attend. La femme hésite.(…) Le milicien peut admirer toute la viande de son derrière couleur chocolat. Un peu en dessous, s’étend une grande vulve et qui forme une espèce de losange. Il ouvre sa braguette et sort du fond de sa tenue de combat son gros zizi gonflé de plaisir et luisant de chaleur. L’officier des FAP assiste impuissant au viol de sa femme » (pp. 87-88). Véritable autopsie de la jeunesse africaine qui a découvert les vertus de la kalachnikov à travers la pratique de la guerre, le roman de Noël Kodia-Ramata, tout en condamnant la malgérance de la politique au niveau des jeunes, annonce quand même un espoir du côté de ces derniers. Stève Guerman Malanda, ce jeune homme qui a découvert tôt la politique sur le banc de l’école comprendra à la fin le côté négatif de la guerre. Et il va se transformer en romancier après avoir échappé à la mort au cours d’une offensive, comme il dira plus tard à son amie Mélia Bwessé Abibatou après la rencontre d’un écrivain de son pays : « Le docteur François Tchichélia Tia m’a offert ses trois livres déjà publiés : deux recueils de nouvelles et un roman. Je te fais une confidence : J’ai décidé, moi aussi d’écrire un livre à partir de ce que nous avons vécu » (p.100). Et malgré ses maladresses temporelles, la jeunesse africaine est toujours récupérable. Comme le manifeste le héros Stève Guerman Malanda au cours d’une discusion avec un ami milicien : « - Mbaki, reprit Stève Guerman Malanda, nous serons heureux et nous serons nous-mêmes le jour où nos hommes politiques comprendront qu’il nous faut des calculatrices et des ordinateurs à la place de ces trucs (il caressa son pistolet et redressa sa kalachnikov). Des pelles et des houes à la place de ces lance-roquettes (qui se trouvaient à sa droite et qu’il regarda avec attention) ». (p.39). Les enfants de la guerre, un livre qui dessine une autre carte de l’Afrique au seuil de la démocratie, une carte dont il faut revoir les contours dans l’acceptation d’un changement positif depuis la porte du XXIè siècle qui nous est grandement ouverte et qui devrait nous mener droit sur le boulevard de la liberté et de l’acceptation des différences dans les idées politiques, gage d’une alternance qui contribuerait au progrès du continent. L’Afrique, un continent qui pose problème car elle accouche sa démocratie dans la douleur. Et l’éditeur, dans sa quatrième de couverture de ce roman de remarquer quatre spécificités dans ce récit lorsque l’on se réfère à sa quintessence. Les enfants de la guerre, se définit comme « un roman dans lequel se reflètent quelques morceaux du quotidien sauvage et belliqueux de la jeunesse désœuvrée et droguée du Rwanda, de l’Angola, de la Centre Afrique, des deux Congo. Et pourquoi pas de la Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire ? Un roman qui annonce la bombe à retardement que constitue la jeunesse africaine habituée aux armes et au pillage. Un roman qui rend témoignage des expédients et fourberies politiques de certains dirigeants africains encore allergiques à la démocratie et au multipartisme après quatre décennies de pouvoir dictatorial sous fond de coups d’Etat militaires. Enfin un roman où se mêlent tragi-comédie et fantastique dans un pleurer-rire typiquement africain ». Les Enfants de la guerre pose un problème qui dépasse les frontières du pays de l’auteur pour dénoncer tout un système qui s’est développé dans presque tous les pays africains, une espèce d’arbitraire des adultes que dénonce son préfacier en écrivant : « le comble de l’arbitraire serait qu’il n’y ait pas de justice à terme..Lle chef d’accusation sera le déni d’existence et de liberté en Afrique la globalisation continue son œuvre ravageur. Un grand nombre des ex-enfants soldats sont condamnés à exercer le pire des formes modernes du travail : la mendicité. Tout cela n’a pas échappé à Noël Kodia, plus connu sous Ramata, qui tente par sa plume de toucher les cœurs des Africains et non-Africains que la globalisation a renforcés dans l’indifférence et l’insensibilité » (pp. 27-28) Après la poésie et la critique littéraire, Kodia-Ramata se découvre romancier à l’instar de ses confrères Emmanuel Dongala, Alain Mabanckou, Auguy Makey et Assitou Ndinga, pour ne citer que ces quatre noms (2) Avec son premier roman, Noël Kodia-Ramata a participé à la Foire internationale du livre de Paris et à la Foire du livre africain qui ont eu lieu respectivement en mars et avril 2005. Il vient d’être admis à l’Association des Ecrivains de Langue Française dont le siège se trouve à Paris. Avec cette rentrée remarquable dans le monde de la littérature francophone, on ne peut que souhaiter bonne carrière littéraire à notre collègue Ramata qui contribue souvent à notre journal par quelques réflexions culturelles. Noël Kodia est un universitaire originaire de la République du Congo (Brazzaville). Il a publié beaucoup d'articles sur l'Afrique dans le domaine de la politique et de la littérature dans les presses nationale et internationale. Poète et critique littéraire, il travaille beaucoup sur la promotion de la littérature congolaise. Il vient de terminer une étude critique sur l' oeuvre poétique et narrative de Jean Baptiste Tati Loutard (1968 à 1987). Il travaille actuellement sur un Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises de 1954 à 2004 qui comprendra des romans, des récits et des recueils de nouvelles | 
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Publié le 13 jui 2007 à 23:51
Par noelkodia
Prenez ce livre. Enlevez les 1ère et 4ème de couverture et commencez la lecture à la page 8. Je suis sûr que vous le mettrez au compte d’un des plus grands écrivains du Congo malgré quelques « incidents » grammaticaux. « L’Hôte indésirable » (1), un roman qui vient une fois de plus démontrer que la prose chez les Congolaises représentée déjà par certaines figures comme Ghislaine Sathoud, Aleth Félix-Tchicaya, Liss, Eveline Mankou-Ntsimba, Florence Lina Bamona-Mouissou, Marie Louise Abia pour ne citer que ces noms, continue à se remarquer agréablement.
Emouvante histoire dont le principal héros est le Sida, cette « arme de destruction massive », qui va ravager toute une famille par la faute de l’homme dont le « bâton de création » va plonger dans la fange sans « protection ». Simon après avoir contracter la maladie, entraînera avec lui sa femme Anne et leurs deux jumeaux. Ni l’hôpital, ni sa congrégation l’Assemblée des Libertés du pasteur avec ses prières n’arriveront à sauver Anne à la suite de la mort de ses deux enfants. Celle-ci naïve et analphabète, tombe dans le piège du pasteur qui lui révèle, contre toute attente, que son premier fils Olivier trisomique né avec une malformation physique (bec-de-lièvre) est un sorcier et qui serait à l’origine des malheurs de la famille. Malgré son avenir radieux à l’école, le garçon devenu brusquement « enfant sorcier », est battu par sa mère et ses amis d’église, avant d’être chassé du toit maternel. L’enfant devient ipso facto un « enfant de la rue » et se voit sodomisé quand il tombe dans le piège d’un pédophile français venu se cacher en Afrique. Il est sauvé de la rue au dernier moment par sa grand-mère maternelle qui n’a pas supporté la dérive de sa fille pour l’avoir chassé de la maison. Rongée par la maladie, cette dernière meurt « doucement » seule enfermée dans sa maison, loin de sa mère, de son fils Olivier et de son pasteur. Un roman didactiqueDans l’ensemble, le roman apparaît comme un livre didactique sur le sida à l’instar de « Bienvenus au royaume du sida » de Marie-Louise Abia. « L’Hôte indésirable » et « Bienvenus au royaume du sida », deux livres écrits par des femmes et qui mettent l’homme en face de ses responsabilités en matière de sexe. Celui-ci paraît souvent comme le principal vecteur de « l’hôte indésirable » dans les récits de nos deux romancières. Et devant la fatalité qui conclut chaque récit, elles demandent aux lecteurs de prendre conscience de la véracité de ce fléau qui continue à semer la désolation dans les familles au sud du Sahara où l’anaphabétisme pousse parfois à mettre en relation la maladie et la sorcellerie. Du roman de Doris Kelanou, Liss, qui a déjà analysé celui-ci, se pose la question de savoir si « le sida constitue-t-il le réel facteur de destruction massive des familles ? Il n’est en réalité (…) la conséquence visible d’un fléau bien plus insidieux : l’infidélité » (2). Ainsi dans ce roman se révèle la satire d’une société en mal de vivre ! l’auteure dénonce la frivolité de l’homme qui profite de son rang social pour se pervertir (Simon a attrapé le sida pour avoir voulu mettre en relief sa virilité). L’auteure, à travers la vie brisée de Anne par un certain Jean devenu pasteur après de brillantes études supérieures parce que diplômé sans emploi, condamne les églises de réveil qui sont venues changer la donne spirituelle dans les sociétés africaines en profitant de la naïveté et de l’analphabétisme de celles-ci. « L’Hôte indésirable », un roman tellement bien présenté par Liss en niveau du signifié dans son article publié sur Congo page, qu’il m’a paru intéressant de me pencher sur le style du livre qui s’avère pertinent.
« L’Hôte indésirable » : un roman du 7è art ? Le roman de Doris Kelanou se caractérise par le linéaire qui facilite le lecteur de suivre le trajet diégétique du récit « sans se poser de question ». Tous les aiguillages temporels (sommaire, ellipse, analepse…) laissent passer le lecteur d’un chapitre à un autre avec une logique qui respecte le vraisemblable des événements rapportés. Les descriptions détaillées rappellent la technique du cinéma. Alors que la plupart des récits de ses consoeurs sont réalisés à la première personne (je), Doris Kelanou préfère le narrateur omniscient et omniprésent « à la Balzac » qui apparaît comme un cameraman qui filme tout au long du récit. On a l’impression d’avoir deux scènes qui s’entrelacent au cours de la lecture : une scène pour l’œil et une autre pour l’oreille avec l’utilisation des expressions du terroir telles « banabilongo » (p. 98), « shégué », « mwa mossi ya malili » (p. 172), « madesso ya bana » (p.199). On voit comment la caméra nous fait vivre le maritime du Viodo (qui pourrait nous rappeler une ville africaine). L’intérieur de l’hôpital avec son monde soignant qui nous révèle la mise en cause de la déontologie professionnelle comme on le remarque à travers l’attitude de l’infirmière qui s’occupe de l’enfant de Anne: « Bon, écoute-moi bien, c’est à prendre ou à laisser. Pour ce qui est du prix des [médicaments], je te propose mes produits à douze mille francs. Sache qu’en pharmacie tu en auras pour le double (…). Alors tu achètes mes médicaments ou tu tiens à laisser mourir ton enfant ! » (p.87), l’intérieur des églises de réveil où la parole de Dieu est galvaudée par des esprits malins, la vie des enfants de la rue, la caméra du pédophile qui filme ses viols, tout cela est rapporté avec une fidélité du réalisme cinématographique sous plusieurs angles de vue. Des descriptions précises et détaillées nous rappellent les zooms et les gros plans de l’effet cinématographique. Voici par exemple comment le service de pédiatrie qui a accueilli Anne est présenté avec la précision d’un reporter : « Le service de pédiatrie était un vieux bâtiment de deux niveaux avec des conditions très précaires. Quelle que soit la pathologie, les enfants y étaient admis deux par lit. Pendant les périodes de saturation, on allait jusqu’à disposer trois, voire quatre enfants par lit. (…) l’ambiance y était insoutenable » (p. 80). Le livre se présente comme un script de film car facile à porter à l’écran tant la réalité africaine y est vraiment manifeste. Si à ce texte de Kelanou, on pouvait ajouter quelques photos des sujets pertinents que l’on y découvre tels la présentation des hôpitaux en Afrique, les scènes des pasteurs dans l’exercice de leur métier dans les églises de réveil, les scènes des enfants de la rue tel qu’on a découvert le petit Olivier dans le texte, il se transformerait en ciné-roman, un genre qui nous fait penser au Français Alain Robbe-Grillet.De la technique du roman, Doris Kelanou épouse aussi la littérature orale par son côté musical défini par la mise en œuvre de la cadence de répétition. Souvent un même refrain caractérise quelques segments narratifs du roman quand le texte veut insister sur une réalité comme on le remarque ci-après : « Pour elle [Anne], Simon n’avait rien à voir avec ces machos qui pullulent dans la ville. Il n’avait rien à voir avec ces esclaves de leur réussite et des filles d’Eve. Il n’avait rien à voir avec ces cavaleurs… » (p. 66). Et cette « musicalité » se remarque un peu plus loin dans la présentation du pédophile : « Un homme méprisable. Un homme sans cœur. Un homme lâche. Un homme qu’on aurait fait mieux de castrer… » (p. 253). Pour conclure« L’Hôte indésirable », un roman qui, à travers l’émouvante histoire de Simon et Anne, montre que le sida est un fléau qui nous guette à tout moment et que le seul remède efficace serait la fidélité à travers le mariage. Et si ce texte pouvait être transformé en images, la morale en gagnerait un peu plus dans la mesure où le petit écran devient de plus en plus proche de l’Africain qui est encore allergique à la culture du livre. Notes(1) Kelanou (Doris), L’Hôte désirable, Editions Anibwé, Paris, mai 2007, 282 pages, 16 euros.(2) Liss ; lire sa présentation du roman dans www.congopage.com Références bibliographiques- Abia (Marie-Louise), Bienvenus au royaume du sida, Editions ICES, Paris, 2003. - Bamona-Mouissou (Lina-Florence), Le Plus vieux métier du monde, Editions Bénévent, Nice, 2005. - Félix Tchicaya (Aleth), Lumière de femme, Editions Hatier International, Paris, 2003. - Liss, J’espère, Editions Amalthé, Nantes, 2005. - Mankou-Ntsimba (Eveline), La Patience d’une femme, Editions Bénevent, Nice, 2005. - Sathoud (Ghislaine.N.H), Hymne à la tolérance, Editions Mélonic, Canada, 2005. Présentation sommaire de l’auteureOriginaire du Congo-Brazzaville, Doris Kelanou a travaillé comme Assistante de direction dans une multinationale de Pointe Noire. Titulaire d’un DEUG en Droit privé de l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville et diplômée en Anglais et Bureautique en Afrique du Sud, elle est actuellement agent d’escale dans un aéroport parisien. | |
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