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reliau lou : dibien
guy Menga : palabre sterile
mongo beti : l'ivrognerie
diongue : saul je voudrais savoir combien de chapitre comporte le pleurer rire et s il vous plait donner un titre a chaque chapitre
jrk : cnnaissance
guy menga : le résumé de la palabre stérile
mongo beti : villa cruelle
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guy menga : le résumé de la palabre stérile
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Publié le 10 fév 2007 à 13:05
Par noelkodia
L'exemple véritable viendra-t-il de la RD Congo? Après plusieurs décennies de cafouillis qui avait juste suivi les indépendances et plus précisément pendant le règne du maréchal Mobutu, la R.D. Congo, après maints sacrifices, vient enfin de sortir de l’ornière après les élections de novembre 2006. Joseph Kabila a été élu président de la République et Jean Pierre Bemba devrait se contenter de mener une opposition républicaine, comme il l’a déclaré lui-même après l’annonce du verdict, démocratie sur fond d’élections avec plusieurs partis oblige.
L’Afrique centrale doit pouvoir démarrer sur des nouvelles bases après le retour au calme en Angola et en RDC après plusieurs décennies. L’Angola et la RDC, deux géants qui, à eux seuls, peuvent bouleverser les données sociopolitiques de la sous-région quand ils ne connaissent pas une bonne « santé politique ». Deux pays qui pèsent sur l’échiquier de la politique internationale au niveau de l’Afrique centrale.
La mort de Patrice Lumumba : le commencement des douleurs en RDC Après l’élimination physique de Patrice Lumumba par celui qui sera le maître du pays pendant plusieurs années, le Congo démocratique, qui va à un certain moment s’appeler Zaïre par la fantaisie de l’homme politique, verra son tissu social, politique et économique se détériorer et se dégrader. Une bonne partie de son intelligentsia prendra la poudre d’escampette pour chercher refuge dans les autres pays, surtout en Occident. La furie de l’homme politique a commencé à s’opposer à la liberté d’expression. L’Indépendance cha-cha agréablement chantée par le grand musicien Joseph Kabasélé et son célèbre African Jazz, ne sera que lettre morte. Elle est maintenue dans les larges masses populaires par les danses modernes et folkloriques, la chanson et le fanatisme politico-régionaliste initiés par Mobutu quelque temps après son accession à la magistrature. Il se donne cinq ans pour remettre de l’ordre dans le pays, mais tel ne sera pas le cas comme le précisent Michel Gaud et Laurence Porgès : « Par le coup d’Etat du 24 novembre 1965, Mobutu déclare assumer les fonctions de président de la république pour une période de cinq ans. En réalité, il restera trente-deux ans à la tête de l’Etat » (1). Et s’en suit l’accaparement total du pouvoir comme le précise Jacques Arthur Malu Malu : « le pouvoir personnel et totalitaire que Mobutu instaure s’accompagne (…) de la limitation, voire de la suppression des libertés politiques et individuelles et d’une féroce répression des méthodes qui ne tarderont pas à lui aliéner une bonne partie de l’opinion nationale et internationale » (2). Pendant plusieurs décennies, il va profiter de la guerre froide qui oppose le bloc capitaliste aux pays de l’Est pour bâillonner le peuple congolais. Et quelques foyers de révoltes révolutionnaires nés dans quelques régions de ce vaste pays-continent ne seront que des feux de paille. Pierre Mulélé trahi par sa naïveté est éliminé sans autre forme de procès quand il tombe dans le piège du dictateur, mis en exergue avec la « complicité » de Brazzaville. Il est écrit dans « L’Enjeu congolais : l’Afrique centrale après Mobutu » : « Les autorités de Brazzaville et les Cubains qui se trouvent sur place, étrangement le laisse faire : alors que c’est pratiquement sans garanties que Mulélé s’embarque pour la capitale voisine. Il est immédiatement trahi par Justin Bomboko, ministre des Affaires étrangères de Mobutu, qui est venu le chercher, arrêté et mis à mort le 3 octobre 1968 dans des conditions atroces » (3). Cette situation mettra mal à l’aise la Révolution congolaise d’en face qui vient d’être « redressée » par le comandant Marien Ngouabi qui a pris la place de Alphonse Massambat-Débat. Quelques années après, Nathaël Boumba verra son mouvement de libération mourir de sa propre mort. Il faut attendre la chute du Mur de Berlin et l’érosion de sa santé pour voir la « puissance » du géant Joseph désiré Mobutu Sésé Séko Kuku Ngbendu Waza Banga se fissurer de l’intérieur. A ce propos, Gauthier de Villers stipule longuement : « A la fin des années 80, le président Mobutu change son fusil d’épaule : avec la grande offensive qu’il mène en 1988-1989 contre la Belgique, il tente de raviver la thématique nationaliste et anti(néo)colonialiste, en même temps que de susciter quelque candidature (c’est en l’occurrence celle de la France qui est avant tout sollicitée) à ce statut d’ « oncle » protecteur et de partenaire « privilégié » dont la Belgique, à ses eux, se montre si indigne. Cette double stratégie ayant échoué et la chute du Mur de Berlin entraînant au courant de la décennie le bouleversements que l’on sait sur le plan géopolitique comme sur le plan des idéologies dominantes et des humeurs collectives, le Président va jouer à ce qui apparaît comme la seule carte qui lui reste : il va prendre de vitesse le mouvement de contestation politique et d’émancipation qui se répand en Afrique et a pris force dans son pays, en dégageant lui-même le Zaïre, par son discours du 24 avril 1990, dans le processus de la « transition démocratique» (4).
Et arriva Laurent Désiré Kabila Mais affaibli par la maladie et menacé par Laurent Désiré Kabila qui est aidé par le Rwanda voisin, Mobutu est chassé du pouvoir comme personne ne pouvait l’entendre. Et de se retrouver, lui et quelques membres de sa famille en exil. Commence alors le règne de Kabila aidé par ses "protecteurs" rwandais qui vont aussitôt se mettre à piller les richesses du Congo en compensation du soutien qu’on avait accordé dans la chute de son prédécesseur. Marqué encore par la lutte révolutionnaire du temps passé dans le maquis sur fond de la confrontation Est/Ouest, Kabila se croit encore plus près de la révolution des années 60. Collette Breackman remarque que « l’un des premiers gestes de Kabila après son arrivée à Kinshasa sera de rendre un solennel hommage au martyr de la révolution. Une cérémonie se déroule le 3 octobre 1997 à Kinshasa, en présence de Léonie Abo, l’épouse de Mulélé, et de quelques-uns de ses partisans » (5). L’arrivée au pouvoir de Kabila change les rapports de force au niveau régional, le Zaïre qui est redevenu le Congo, ne peut échapper à la « réalité » sociopolitique de la majorité des pays du continent. Le pouvoir quitte le berceau des partisans de Mobutu pour tomber dans les mains de ceux de Kabila. Et cette situation va continuer après la mort de ce dernier dans l’opposition Kabila-fils/Jean Pierre Bemba. François Ryckman remarque, à l’arrivée de l’Alliance de Kabila au pouvoir, que « les rapports de force régionaux sont profondément modifiés : c’est l’entrée en force des Katangais, surtout du nord et des Tutsi du Kivu, au détriment des Ngbandi du nord ouest, le clan de Mobutu » (6). Malgré cet accaparement du pouvoir et à peine quelques mois après la libération, les Kinois, habitués à vivre dans la « liberté » fondée sur la triade alcool-danse-sexe (un mélange euphorique servi à dessein aux Congolais pour annihiler leur capacité à cogiter sur les tenants et aboutissants de la lutte contre la domination mobutiste et même néocoloniale belge) s’inquiètent déjà du renouveau démocratique qui, paradoxalement, met à nu les méthodes musclées des nouveaux maîtres. Et la brouille qui va opposer Tshisekedi à Kabila les déçoit tout en leur faisant peur tant tous les acteurs politiques du moment sont des « dures à cuire ». La « dictature organisée » de Mobutu est remplacée par « la démocratie dictatoriale » de Kabila. Ancré dans sa politique de libération et n’étant plus en bons termes avec ses alliés de l’Ouganda et du Rwanda, Kabila voit son destin se compliquer et tomber dans les méandres de la réalité de la politique made in Africa. Devant le complot ourdi par ses anciens protecteurs rwandais qui ne le supportent plus pour les avoir trahis en ce qui concerne les closes d’avant la libération de Kinshasa, Kabila et son peuple s’organisent pour barrer la route à l’ennemi. A ce propos, Colette Braeckman dans « Les Nouveaux prédateurs : politique des puissances en Afrique centrale » écrit : « A Kinshasa, la traque des infiltrés se traduit par la chasse à tous les individus d’allure « nilotique » (…). Dans les quartiers populaires, les civils appelés à débusquer les infiltrés n’ont pas fait de détail, ils s’en sont pris à tous ceux dont la morphologie pouvait évoquer une origine rwandaise » (7) .
La mort programmée de Désiré Laurent Kabila ou les débuts politiques de Joseph Kabila Avec tous ces déboires dans l’exercice de ses fonctions de chef de l’Etat, Kabila ne pourra pas échapper à la vindicte de ses anciens alliés qu’il a humiliés. Comme Patrice Lumumba en janvier 1961, Laurent Désiré Kabila est victime d’un grand complot qui se trame hors frontière. Comme sur l’autre rive en 1977 quand Marien Ngouabi tombe l’arme à la main, le 16 janvier 2001, Kabila est aussi assassiné dans le palais présidentiel en pleine journée sans grand bruit « militaire ». Le peuple congolais est pris au dépourvu quand on lui impose le fils du disparu après des obsèques qui se passent curieusement sous surveillance des armées étrangères. L’arrivée inattendue du très jeune Joseph Kabila sans passé politique à la tête du pays calme les tensions entre le Congo et le Rwanda. Le 30 juillet 2002, presque une année après la mort de son père, Kabila signe avec Kagamé un accord à Pretoria. Ce dernier accepte de retirer ses troupes présentes sur le territoire congolais tandis que Kabila prend l’engagement d’organiser le désarmement et le rapatriement des combattants Hutus qui se trouvent en zone gouvernementale. Un mois après, il y a signature à Luanda d’un accord qui prévoit le retrait des troupes ougandaises. Avec le désengagement de toutes les troupes étrangères se trouvent en territoire congolais, le jeune Kabila peut commencer la transition en tendant la main aux autres acteurs influents de la politique tel Jean Pierre Bemba. On constate alors comment sa timidité politique va prendre petit à petit le dessus sur la détermination révolutionnaire de son père jusqu’à se forger une stature acceptable au niveau de l’opinion nationale et internationale.
Vers l’élection présidentielle pour un nouveau Congo Malgré quelques accrocs consécutifs à toute démocratie naissante, une cohabitation s’est passée bon an mal an jusqu’aux élections qui ont à la fin opposé Joseph Kabila à Jean Pierre Bemba. Sans surprise, la victoire s’est penchée du côté du premier. Une nouvelle page de l’histoire congolaise commence à s’écrire. Le peuple congolais, après plusieurs décennies assombries par les aléas de l’histoire, reprend le refrain de l’indépendance cha-cha inachevée en 1960. Ils ont réalisé que ce qui les unit est plus fort que ce qui les a divisés entre temps étant tous dans un bateau qui naviguait à vue sur les eaux du majestueux fleuve Congo. Le gagnant doit avoir l’idée de rassemblement pendant que le perdant ne doit pas perdre confiance car il doit montrer sa maturité politique pour aller à la conquête du pouvoir qui impose maintenant la réalité de l’alternance, respect de la Constitution oblige. Et comme l’affirme Tedga, « parce qu’il grand homme politique, il faut qu’il reconnaisse que son tour de diriger la RDC n’est pas encore arrivé et qu’il joue le jeu comme le prévoient les institutions. (…). Rien n’indique que la RDC ne fera pas appel à Jean Pierre Bemba Gombo dans les cinq ou dix ans ». (8). Mais cette hypothèse ira dans le bon sens à condition que les nouveaux dirigeants ne tombent pas dans le piège du tripatouillage des constitutions comme nous le remarquons dans certains pays. Et ce serait dommage car le peuple congolais vient de traverser une longue et pénible étape qu’il ne faudra pas mettre en cause.
Pour conclure La RDC devrait être un exemple de démocratie en Afrique centrale comme le sont le Bénin et le Mali en Afrique de l’ouest. Les yeux de la planète sont maintenant braqués sur les Congolais qui ne doivent pas faillir malgré les difficultés qu’ils vont rencontrer en chemin. Ils ont trop souffert pour arriver jusque-là. Arriveront-ils à moraliser la démocratie en Afrique centrale ? Chose possible quand on se réfère au fair-play que vient de prouver Jean Pierre Bemba en ne remettant pas en cause la victoire de Kabila, malgré tout ce qui s’est passé au cours la période électorale. L’Afrique centrale, après quelques balbutiements, commencerait-elle à réellement à entrer dans la véritable démocratie fondée sur des élections avec plusieurs partis politiques à l’exemple de la RDC ?
Notes bibliographiques (1) Sous la direction de Michel Gaud, Afrique contemporaine n° 183 : du Zaïre au Congo, La Documentation française, juillet-septembre 1997, p. 97 (2) Jean jacques Arthur Malu Malu, Le Congo Kinshasa, Editions Karthala, 2002, Paris, p. 154 (3) Colette Braeckman, L’Enjeu congolais : l’Afrique centrale après Mobutu, Editions Fayard, 2000, Paris, p. 94 (4) Colette Braeckman, Marie France Cros et autres, Kabila prend le pouvoir, Editions Complexe, Bruxelles, 1998, p. 17 (5) Colette Braeckman, L’Enjeu congolais : l’Afrique centrale après Mobutu, op. cit. p. 95 (6) Colette Braeckman, Marie France Cros et autres, Kabila prend le pouvoir, Op. Cit. pp.130-131 (7) Colette Braeckman, Les nouveaux prédateurs, Editions fayard, paris, 2003, pp.70-71 (8) Jean Paul Tedga, « Présidentielle RDCongolaise, il faut soutenir le vainqueur » in Afrique Education n° 216 du 16 au 30 novembre 2006, p. 3
Publié le 14 avr 2006 à 10:18
Par noelkodia
la honte d'un continent "made in" UE Quand l’Organisation de l’unité africaine (OUA) se métamorphose en Union africaine (UA) au moment où la démocratie pluraliste tente de changer les mentalités des Africains, ceux-ci croient à l’espoir qui s’est effrité quelques années après les indépendances. Aujourd’hui, quand certains Etats comme le Mali et le Bénin pour ne citer que ces deux exemples, commencent à tracer merveilleusement le droit à l’alternance pacifique, se remarquent encore des réticences chez certains vieux crocodiles africains qui ont dernièrement boudé la "Chartre pour la démocratie" à la dernière rencontre des présidents africains.
Triste réalité que nous impose de nouveau l’UA qui ne voudrait pas se faire violence pour s’écarter des sentiers battus sur lesquels s’était déjà perdue l’OUA.
L’Afrique malade de ses dirigeants de l’OUA
Quarante années après les indépendances, les dirigeants africains, excepté quelques cas en Afrique de l’Ouest où la démocratie s’implante timidement mais sûrement, continuent à se comporter comme des analphabètes politiques. Avec l’avènement de la démocratie consécutive à la chute du mur de Berlin, les pays africains ne devraient plus vivre en principe ces malaises socio-économiques provoqués par le tribalisme et le népotisme. Créée en 1963, quelques années après les indépendances, par la majorité des pays africains, l’OUA avait pour tache la poussée vers l’indépendance des pays encore sous domination coloniale et l’abolition de l’apartheid. Mais à peine née, l’OUA se transforme en rencontre annuelle politique où les chefs d’Etat viennent fêter leur maintien au pouvoir et en une machine à fabriquer des coups d’Etat. Les militaires nouvellement sortis de l’armée coloniale croient que l’on peut gérer un pays comme un bataillon ou un régiment. Des coups d’Etat, des assassinats politiques, la destruction de l’économie laissée par les colons s’annoncent presque partout. Dès 1963, l’Afrique commence déjà à fabriquer ses monstres politiques tels Eyadéma, Mobutu et Bokassa pour ne citer que ces trois exemples. L’OUA devient un syndicat de chefs d’Etat car chacun gère son pays à son gré selon ses ambitions et l’entente au sein de l’organisation laisse à désirer entre certains pays n’ayant pas les mêmes appuis politiques de la part des grandes puissances, surtout qu’à cette époque persiste encore la guerre froide. Les deux Congo de l’époque vont se regarder en chiens de faïence dans les décennies 60-70, le Congo démocratique étant soutenu par les Etats Unis et le Congo Brazzaville ayant des affinités avec le bloc de l’Est et la Chine de Mao Tsé Toung. Au lieu de s’organiser, l’Afrique se désorganise. On assiste implicitement à la descente aux enfers du continent malgré ses ressources humaines (cadres nouvellement formés par la métropole) et ses richesses (bauxite, diamant, manganèse, pétrole, bois eau, soleil…). Les élites dans presque tous les pays sont incomprises quand elles veulent mettre en pratique ce qu’elles ont appris en Europe. Le multipartisme qui est venu dans un premier temps avec les indépendances ne résiste pas au tribalisme et à l’ethnicité. Et pour mieux contrôler leur peuple, la majorité des nouveaux dirigeants d’après les indépendances optent pour le parti unique. Sans contre-pouvoir, on se chamaille dans un même parti où les plus forts écrasent les plus faibles. Et pendant ce temps, les pays sont laissés à l’abandon par des dirigeants qui, venus au pouvoir « militairement », se préparent eux-mêmes à s’opposer paradoxalement à tout coup d’Etat. Le pouvoir quitte les mains du peuple pour être gardé dans les canons et dans les poches des treillis. Avec cette classe de dirigeants, « la criminalisation éventuelle des économies et des Etats africains n’inspire que des silences embarrassés ou des commentaires sensationnalistes. [Et pourtant] elle mérite d’être mieux comprise » (1). L’OUA reste impuissante aux coups d’Etat et même aux assassinats qui se multiplient au niveau du continent. Et le tableau ci-dessous n’honore pas l’OUA qui va « accepter » la bêtise humaine qui avait même commencé avant sa naissance. Comme nous l’avions déjà dit, « avec les coups d’Etat militaires, est mise en pratique une nouvelle façon de s’approprier le pouvoir : l’assassinat des chefs d’Etat. Inauguré tristement par les Togolais avec la mort de leur premier président et suivi plus tard par celle du président Diori Hamani en 1974, le phénomène fait tache d’huile dans la plupart des pays au sud du Sahara. Quelques exemples : le 13 avril 1975, le président Garta Tombalbaye est tué avec toute sa famille dans son palais, le 18 mars 1977, le Congolais Marien Ngouabi tombe « l’arme à la main » en plein jour dans son état-major au moment où l’armée est paradoxalement consignée, le capitaine Thomas Sankara du Burkina Faso est tué par ses proches (…)., le Niger récidive avec la mort tragique du président Maïnasara » (2). Et tout cela se passe aux yeux de l’OUA avant qu’elle se mue en UA.
L’Union africaine existe-t-elle vraiment ? Avec le retour du multipartisme, certains pays commencent à faire table rase avec le triste passé des quatre décennies d’après les indépendances. Et ce point l’Afrique de l’Ouest, malgré les élucubrations de la Guinée, du Togo et la Côte d’Ivoire, montre un bel exemple par rapport à l’Afrique centrale dont les dirigeants ont lié l’incompétence politique au népotisme pour créer des situations de guerre. OUA ou UA, à l’heure actuelle, c’est bonnet blanc, blanc bonnet avec ces vieux crocodiles qui veulent mourir le pouvoir dans le ventre. Dans quelle position peut se présenter l’UA devant l’Union européenne quand l’Afrique se détériore à cause de la mauvaise gestion des affaires de l’Etat qui a provoqué la fuite des cerveaux et aujourd’hui la débâcle de la jeunesse qui croit trouver mieux en Occident. D’où le crucial problème de l’immigration qui devient un casse-tête chinois pour les pays européens. L’Afrique a des richesses qui ne profitent qu’à une infime partie composée de ceux qui gèrent la politique dans chaque Etat. Il faut une nouvelle classe politique en Afrique pour que les relations UE-UA trouvent une autre dimension qui revaloriserait l’immigration qui devrait être une chance pour l’Afrique et l’Europe à travers un co-développement sincère. Dans une réflexion intitulée "Les compétences de la Diaspora au service des Africains : redonner espoir au continent" (3), Noël Kodia et Yves Ekoué Amaïzo démontrent que les compétences africaines exercent hors du pays à cause de leurs pays qui ne leur proposent pas des conditions de travail louables pour produire. On ne peut pas comprendre comment on peut vivre pauvres sur un continent paradoxalement riche. Complicité implicite des chefs d’Etat de l’UA qui n’arrivent pas à gérer les destinés de leur pays et qui se prennent pour des petits rois inamovibles. Et on ne remarque aucune volonté des changements pour améliorer la condition sociale de leur peuple. On falsifie les élections et on tripatouille les Constitutions pour se pérenniser au pouvoir.
Et dans tout cela la « Chartre pour la démocratie » ? L’UA est née presque avec le retour de la démocratie plurielle qui, contre toute attente, surprend les petits « rois » africains.. Après la rencontre de la Baule initiée à l’orée de la décennie 90 par Mitterrand, les dirigeants africains, acceptent, malgré eux, à ouvrir leur pays au multipartisme. Multipartisme de façade car sur fond de tribalisme. D’où la militarisation de certains pouvoirs dans les décennies 70 et 80, les minorités ayant peur de se laisser prendre le pouvoir par les majorités. Le pouvoir doit être toujours gardé dans le canon. On pourrait citer des pays comme le Zaïre de l’époque, la Guinée, le Togo…. Mais contrairement à ce qu’espèrent les peuples africains avec l’arrivée de la démocratie, un vent de malheur va souffler sur le continent et les armes vont tonner de plus bel. Au Zaïre redevenu Congo démocratique, au Congo, en Cote d’Ivoire, au Togo, la démocratie ne s’est pas établie sans conflits armés et interrégionaux. Plus d’une décennie après l’acceptation du multipartisme, certains dirigeants ont plaisir de la « dribler » en tripatouillant leur Constitution pour se maintenir au pouvoir. Les Africains, des spécialistes en crocs-en-jambe. Et devant cette situation, se dressent deux Afriques : l’Afrique qui se découvre responsable avec à sa tête des pays comme le Mali et le Bénin et l’Afrique de la honte, celle des présidents à vie. La « Chartre pour la démocratie » qui devait aider le continent à aller de l’avant, n’a pas plu aux vieux crocodiles qui veulent mourir au pouvoir, à l’instar du feu président Eyadéma. Cette situation nouvellement créée aurait même découragé le président Alpha O. Konaré à la dernière rencontre des « militants » de l’UA. Il a décidé courageusement de ne plus renouveler sa candidature pour sa propre succession. Lassitude devant l’immobilisme et lourdeur de l’UA qui a du mal à se mettre en mouvement. Manque d’ambition et rapports difficiles avec certains chefs d’Etat comme ceux du Nigéria, du Soudan et du Togo, auraient découragé le président de la Commission de l’UA qui un exemple louable au niveau de la démocratie sur le continent. Dirons-nous qu’après Alpha O. Konaré, le déluge ? « Wait and see » comme disent les Anglais. La « Chartre pour la démocratie » devrait limiter les mandats de chaque président élu démocratiquement pour favoriser l’alternance, le renouvellement progressif de la classe politique, gage de redressement politique et économique sur le continent. Des pays comme le Congo, le Gabon, Le Togo et la Guinée devraient être sauvés par cette « Chartre pour la démocratie » pour éviter des lendemains incertains. Les pays où les hommes politiques se sont pérennisés sans réellement bénéficier de leurs richesses ont eu des alternances chaotiques : la Côte d’Ivoire, le Togo, le Congo-Zaïre en sont des exemples. Et toutes ces situations se sont développées ou se développent encore au grand désespoir et désespérance des peuples qui avaient cru au changement après le retour de la démocratie pluraliste. Et l’Europe s’étonne quand elle se voit convoitée par les deseperados de l’Afrique.
Complaisance de l’UE devant l’UA ? Les Etats européens doivent comprendre que, dans les années 60-70, ils ont eu à former des cadres africains qui sont retournés travailler dans leur pays sans problème car il y existait encore le minimum pour vivre et pour travailler. On a toujours dit que l’on est mieux chez soi. Et c’est contre la volonté de mal-vivre et du mal-travailler que l’immigration s’explique. L’Europe ne doit pas seulement se préoccuper à piller les matières premières du continent. Elle doit aussi imposer la bonne gouvernance aux dictateurs africains qui « mangent » même les aides au développement que leur octroie le contribuable européen. Tant que l’Europe ne mettra pas de l’ordre dans ses ex-colonies comme elle le fait dans ses départements et territoires d’Outre mer, il ne faudra pas qu’elle s’étonne que la jeunesse africaine, abandonnée à elle-même, vienne frapper à ses portes. Les enquêtes faites dans le milieu des immigrés maliens qui semblent malheureusement être comptés parmi les plus nombreux en France, a démontré que ceux-ci décident de venir travailler en France pour s’occuper de leur famille restée au pays. Ils vont à l’aventure malgré eux. Et le développement de leur environnement qui se fait avec l’argent envoyé au pays, devrait interpeller l’Europe. Si celle-ci pouvait aider les peuples africains à se débarrasser de leurs dictatures en imposant à ces derniers une ligne de conduite réaliste qui serait en ce moment la mise en œuvre sans condition de la « Chartre pour la démocratie », la dernière rencontre UE-UA sur l’immigration aurait tout son sens. Encourager la diaspora d’aller redresser les pays africains sans distinctions de nationalités comme au tant de l’AOF et de l’AEF pour ce qui est du pays de Sarkozy par exemple, voilà une solution que l’on pourrait expérimenter dans le cadre des grands ensembles. L’Africain est un homme d’ouverture, du dehors que lui impose le climat. Il vit malgré lui dans un enfer froid parce que ses dirigeants lui refuse le minimum vital dont la santé et le travail sont les principaux demandes. Des véritables problèmes que les sociologues ont eus à soulever et qui n’ébranle même pas la complicité que gèrent l’exploitant (le dirigeant européen) et l’exploité (le dictateur africain). L’Afrique est riche et contrairement à ce que pense M. Sarkozy (4), l’Europe a encre largement besoin d’elle pour ses matières premières. Et des pays pétroliers (en dehors de l’Algérie) comme le Congo et le Gabon, avec l’envolée du prix du baril au niveau mondial ces deux dernières années, n’auraient plus de contentieux avec le FMI et la Banque mondiale. Problème de mauvaise gestion ? les économistes sont mieux placés pour une explication scientifique. Ces pays seraient des paradis quand on voit le rapport gain pétrolier/population. Et il faut reconnaître, sans ambages et une fois de plus, que les Africains vivent en Europe malgré eux parce que chassés par la misère dans leurs pays paradoxalement riches.
L’Afrique des dictateurs, une bombe à retardement pour l’UE Il faut reconnaître que « refoulée par le colonialisme puis frustrée par le néocolonialisme [qui a changé de visage après les indépendances] l’Afrique est d’une façon où l’autre toujours traumatisée par l’Occident » (5). Les Européens doivent comprendre que tous les peuples sont égaux en droit et qu’en soutenant les dictateurs africains, ils ne récoltent que ce qu’ils ont eu à semer pendant plusieurs décennies. Avec la suite des problèmes Habré et Taylor, les pages de l’histoire africaine commencent à se tourner lentement et peut-être sûrement. Le réveil de l’UE à travers le problème de l’immigration et la proposition de la « Chartre pour la démocratie » qui se concrétisera indubitablement avec le temps, sont des signes précurseurs qui annoncent la renaissance du continent.
Pour conclure Pays pauvres très endettés (PPTE) donnant naissance au Continent très pauvre endetté, voilà le triste tableau que l’Europe a crée en quatre décennies en ne voulant que piller les matières premières de l’Afrique tout en protégeant leurs dictateurs. La politique du capital a eu à neutraliser les véritables fils de l’Afrique tels Lumumba, Um Nyobé, Ben Barka et plus près de nous Marien Ngouabi et Thomas Sankara. L’UE doit maintenant prendre ses responsabilités devant les peuples d’Afrique avant que le continent ne se transforme en un gigantesque volcan qui va brûler tout sur son passage, y compris ses matières premières dont l’Europe a encore besoin.
Notes (1) J.F. Bayard, S. Ellis et B. Hibou, La criminalisation de l’Etat en Afrique, Ed. Complexe, 1997, p. 32 (2) N. Kodia, « La démocratie, un luxe pour les Africains ? », Développement et Coopération (D+C), juin, 2002, pp. 26-29 (3) Lire L’Union africaine freine-t-elle l’unité africaine ?, Collectif sous la direction de Yves Ekoué Amaïzo, Ed. Menaibuc, 2005, pp. 237-276 (4) O. Bhêly Quenum, « Nicolas Sarkozy au Benin ? Chiche ! », Afrique Education n° 206 du 16 au 30 juin 2006, pp. 8-9 (5) K. Mana, L’Afrique va-t-elle mourir ? Ed. Karthala, 1993, p.8 |  |
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Publié le 15 jan 2006 à 19:56
Par noelkodia
Mercredi 23 novembre 2005, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la loi d’armistice en faveur de M. Bernard Kolélas condamné à mort par la Justice congolaise, après les douloureux événements consécutifs à la guerre de juin 1997. Le président Denis Sassou Nguesso en accueillant son ancien collègue qui l’avait « trahi » au cours de cette guerre, vient de montrer son humanisme. Avec le retour de Bernard Kolélas à Brazzaville grâce à Denis Sassou Nguesso, s’impose-t-il le retour réel et effectif de la paix tant attendu par le peuple congolais depuis belle lurette ?
Après un exil de plusieurs années au Mali, Bernard Kolélas est rentré au Congo depuis le mois d’octobre 2005 par la voie officielle, et cela, avec l’accord du président de la République, le général Denis Sassou Nguesso, suite au décès de son épouse survenu à Paris malgré toute la contribution de ce dernier pour éviter l’irréparable. Hélas ! Un grand geste qu’il faut louer car il y a eu bien des cas sous d’autres cieux où des dirigeants ont eu à agir négativement et sans état d’âme face à une situation pareille. M. Bernard Kolélas est rentré « proprement » à Brazzaville après plusieurs tentatives mises en œuvre dans la clandestinité. Les hommes politiques congolais viennent, une fois de plus, de montrer à l’opinion internationale qu’ils sont capables de trouver des solutions à leurs cafouillages et querelles politiques avec le temps. Ils ont démontré que ce qui les unit est plus fort que ce qui les divise. Et la guerre des paroles apparaît à ce moment comme un corollaire de l’apprentissage de la démocratie plurielle.
Bernard Kolélas : l’homme à qui l’Histoire a donné raison avec la mort du socialisme scientifique Depuis l’indépendance et plus particulièrement après la Révolution des 13, 14 et 15 août 1963 qui balaie l’abbé Fulbert Youlou de la scène politique, le Congo se remarque en Afrique par sa maturité politique grâce au dynamisme de sa jeunesse formée dans le moule de la F.E.A.N.F (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire de France) avant les indépendances africaines. Et à partir des années 60 dans les maisons A.E.C (Association des Etudiants Congolais) et J.M.N.R (Jeunesse du Mouvement National de la Révolution) qui deviendra plus tard U.J.S.C (Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise). Déjà en 1963, les idées progressistes qui ont gagné les intellectuels congolais, sont une détonation pour l’éviction de Youlou que l’on considère, par ses idées on ne peut plus néocoloniales, comme un allié de l’impérialisme et capitalisme français. Et son départ du pouvoir ne va pas laisser indifférents ses adeptes dont Bernard Kolélas qui développe des idées diamétralement opposées à la gauche. Ce dernier pourrait se définir comme l’homme à qui l’Histoire a donné raison avec la fin du socialisme par l’intermédiaire de la chute du mur de Berlin et du déclin de l’ex-Union soviétique. C’est l’homme qui avait déclaré publiquement au président Marien Ngouabi, bien que condamné à mort, qu’il ne serait jamais d’accord avec le socialisme même après sa mort. Du courage pour le clamer ouvertement et devant un public surchauffé criant «Au poteau ! Au poteau ! » après son arrestation suite à un coup de force raté. Bernard Kolélas, l’homme qui a gardé ses convictions politiques jusqu’au déclin du socialisme appelant la démocratie plurielle.
Le commencenment du début Conscient de la nouvelle donne politique qui vient de se créer sur le continent après l’appel de Mitterrand qui, à l’orée de la décennie 90, demande aux chefs d’Etat africains d’ouvrir leur pays au multipartisme pour une véritable démocratie s’ils ne veulent pas être marginalisés par Paris, Denis Sassou Nguesso suit l’exemple extraordinaire de son homologue du Bénin. Avec son parti, (le Parti Congolais du Travail), il se remet à la disposition de son peuple. Après une Conférence nationale souveraine qui a fait revenir au pays presque tous les exilés politiques (volontaires et involontaires), le Congo tourne une page de son passé « made in parti unique ». Plusieurs membres du P.C.T trahissent le président Sassou Nguesso en quittant le bateau qui commence à couler dans l’océan des palabres. Mais il a des fidèles tels Mvouba, Lékounzou, Noumazalaye Tati Loutard, Nsiba, Boussoukou-Boumba…qui ne l’abandonnent pas. Il est obligé d’assumer toutes les bonnes et mauvaises actions de l’indépendance jusqu’à la fin de la Conférence nationale souveraine. Le multipartisme tant souhaité par les Congolais renaît. Bernard Kolélas fonde son M.C.D.D.I (Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral) qui se démarque des autres nouveaux partis crées par les transfuges du P.C.T. On peut citer comme exemples l’U.P.A.D.S de Pascal Lissouba, le R.D.D de Joachim Yombi-Opongault et le R.D.P.S de Tchystère Tchicaya, quatre grands partis qui vont influencer la vie politique du pays. Après la Conférence nationale présidée de main de maître par un prélat, un Gouvernement de Transition voit le jour. Il est dirigé par le Premier Ministre André Milongo voté par les conférenciers. Ce gouvernement devra préparer les élections que l’on voudrait pluralistes et démocratiques. Sassou Nguesso reste toujours président de la République et accepte de perdre une partie de ses prérogatives jusqu’à l’élection présidentielle programmée pour août 1992, pour éviter des soubresauts dans le pays qui, cisaillé par la crise financière consécutive aux injonctions du FMI et de la Banque mondiale, et fatigué par plusieurs années de monopartisme. Les Congolais espèrent trouver le bonheur dans l’arrivée du multipartisme.
Le début du commencement Le 16 août 1992, l’élection présidentielle se passe comme prévue. Pascal Lissouba, qui s’était entre temps préparé professoralement après son échec à la Conférence nationale, est élu président de la République au deuxième tour pour un mandat de cinq ans comme le stipule la nouvelle Constitution. Il doit cette victoire au soutien incontestable de son prédécesseur. Battu, Bernard Kolélas annonce aussitôt de constituer une Opposition constructive. Commence alors pour les Congolais les véritables balbutiements de la démocratie plurielle. Du côté des gagnants, la joie est de courte durée. Il y a mésentente dans la formation du futur gouvernement entre les deux hommes (Pascal Lissouba et Denis Sassou Nguesso) qui se connaissent depuis de longue date. Sassou Nguesso a beaucoup aidé Lissouba dans ses malheurs et déboires après l’échec du putsch du M 22. Pas de compromis après plusieurs tractations. Le nouveau président décide de se passer de l’expérience politique de Sassou Nguesso qui est sans contexte le chef d’Etat congolais qui connaît le mieux les problèmes du pays. Commencent alors les difficultés du professeur Pascal Lissouba pour se faire accepter par les quelques 2700 000 Congolais « bourrés » de politique. Et cela jusqu’à la fin tumultueuse de son mandat. Abandonné à lui-même, le parti de Denis Sassou Nguesso ne peut pas laisser le destin politique du pays être confisqué par les nouveaux maîtres du pays. Il se retrouve par conséquent dans l’Opposition.
Et vînt le « commencement des douleurs » Novembre 1992, soit un trimestre après l’élection présidentielle, on assiste déjà à la douloureuse et pénible dissolution de l’Assemblée nationale. Première panne de la démocratie. Des manifestations antigouvernementales. Les Forces de l’ordre passent à l’offensive. Dans Brazzaville, la démocratie naissante commence déjà à compter ses blessés et ses morts. En 1993, se produisent des confrontations entre les partisans de Pascal Lissouba (qui ont peur de perdre le pouvoir qu’ils viennent de conquérir démocratiquement) et ceux de Bernard Kolélas (qui constitueraient un obstacle démographique pour le nouveau président). Plusieurs victimes dans le Pool, la Bouenza, la Lékoumou, le Niari et certains quartiers de Brazzaville comme Bacongo, Makélékélé, Diata et Mfilou où (d’après la presse de l’époque) les partisans de Président Pascal Lissouba vont s’adonner à l’insoutenable en pilant des bébés dans des mortiers en signe de représailles contre leurs soit disant « ennemis ». Devant cette arrogance du pouvoir, Sassou Nguesso et Bernard Kolélas fortifient l’Opposition pour se préparer à l’alternance de juillet 1997.
Chronique d’un exil annoncé : on ne réveille pas un général d’armée qui dort Le 5 juin 1997, les Congolais se réveillent, l’inquiétude dans le ventre, la peur dans les bras et l’incertitude dans les yeux. L’armée gouvernementale a attaqué aux premières heures de la matinée le domicile privé du général Denis Sassou Nguesso dans le quartier Mpila, pour un banal interpellation policière, annonce le gouvernement. On ne réveille pas un militaire qui dort, de surcroît général d’armée. Comment les conseillers militaires du président Pascal Lissouba pouvaient-ils laisser ce dernier s’en prendre « policièrement » à son prédecesseur après tout ce qui venait de se passer de 1992 à 1993 ? Des combats entre l’armée gouvernementale et les miliciens de Denis Sassou Nguesso (les Cobras) qui assument la garde du chef. En quelques heures, les combats gagnent une bonne partie de Brazzaville avec l’utilisation de l’arme lourde. L’élection présidentielle préparée pendant plusieurs mois pour juillet prochain est reportée sine die. La capitale est à feu et à sang avec la prolifération des « enfants de la guerre » qui se battent, soit aux côtés des partisans de Pascal Lissouba, soit aux côtés de ceux de Denis Sassou Nguesso pendant plusieurs jours. Brazzaville se voit divisé en deux zones diamétralement opposées. Entre temps les acteurs politiques se retrouvent plusieurs fois au Gabon, à Libreville sous l’initiative du président Omar Bongo Ondimba, pour colmater les brèches, ce dernier qui a toujours œuvré inlassablement pour la paix sur le continent. Car ils veulent éteindre le feu qu’ils ont allumé depuis le 5 juin et qui perdure. A Brazzaville, Bernard Kolélas qui s’était proclamé médiateur national (et qui, jusque-là, est neutre) accepte, contre toute attente, le poste de Premier Ministre que lui offre gracieusement Pascal Lissouba dans ses derniers soubresauts, n’écoutant que sa propre conscience (et non celle de sa base) comme il le déclarera sur les ondes de la radio. Peut-être pensait-il réconcilier les belligérants. Hélas ! Mais c’est quand ses Nindjas rentrent dans la danse, que se dessine clairement sa position aux yeux des partisans de Denis Sassou Nguesso. Pour eux, le vieux a trahi. Brazzaville, dont les populations se sont réfugiées soit vers le Nord, soit vers le Sud, tend dangereusement vers la confrontation entre les originaires du Nord et ceux du Sud. Heureusement que la maturité politique des Congolais ne se laisse pas gagner par le tribalisme, l’ethnicité et le régionalisme au sens propre du terme et par les confrontations politiciennes d’en haut. La coexistence pacifique qui a toujours régné au sein du peuple profond et les mariages interethniques qui se sont réalisés pendant plusieurs années sur tout le territoire national, vont empêcher l’irréparable de se produire malgré quelques dérapages du côté des fanatiques de tout bord. Le 15 octobre, Denis Sassou Nguesso et ses miliciens, avec l’appui de l’armée angolaise, mettent fin à la parenthèse de sang consécutive à cette guerre. Pascal Lissouba et Bernard Kolélas, accompagnés de leurs proches prennent la poudre d’escampette. C’est le chemin d’un long exil qui va commencer pour eux laissant Denis Sassou Nguesso et ses Cobras maîtres du terrain.
Retour (in)attendu ? « A quelque chose, malheur est bon ! » dit-on. Bernard Kolélas est rentré et a été blanchi par Denis Sassou Nguesso qui a privilégié la paix encore fragile, compte tenu de tous les traumatismes connus par les Congolaises et Congolais au cours de ces huit dernières années à cause des ambitions politiques des hommes politiques, qu’ils soient de la Mouvance présidentielle ou de l’Opposition. L’armistice accordé à Bernard Kolélas pourrait inaugurer d’autres heureuses situations de retour pour ceux qui veulent maintenant venir « lutter » loyalement sur le terrain dans les prochains mois. Si en 1992, la démocratie arrivée au Congo ne s’était pas fabriqué les milices décriées en 1968 par le président Marien Ngouabi, force est de constater que le président Pascal Lissouba n’avait pas rendu service à son peuple avec l’expérience des Haubevillois qui rappelaient la triste Défense civile. Avec l’arrivée à Brazzaville de Kolélas, le Pool qui attendait (parait-il) le retour de son plus grand fils du moment, doit maintenant retrouver la paix pour qu’il puisse avancer ensemble avec les autres régions du Congo, comme un tout cohérent. Et Bernard Kolélas doit participer obligatoirement à la pacification du Pool. Politiquement, le président Denis Sassou Nguesso a montré sa grandeur d’âme en s’occupant convenablement du cas Kolélas. « La vengeance qui est un plat qui se mange froid » n’a pas été préparée. Bravo ! Les Congolais sont conscients qu’ils sont en train de payer à haut prix les ambitions de leurs hommes politiques qui ont voulu régler leurs contradictions idéologiques par la guerre. Qu’ils soient de la Mouvance présidentielle ou de l’Opposition, ils se sont tous endettés pour acheter des armes pour se faire la guerre. Et l’on se demande naïvement où est passé ou passe encore l’argent du pétrole ! Depuis quelque temps, les salaires et pensions des travailleurs et retraités congolais sont payés régulièrement malgré quelques négligences administratives. Brazzaville a effacé les cicatrices et les stigmates de la guerre de 1997. Au sein de l’Assemblée nationale, la Mouvance présidentielle et l’Opposition se « chamaillent » politiquement dans la liberté d’expression et d’opinion qui caractérise le multipartisme. Et le Congo pouvait maintenant s’auto-pardonner sous fond d’armistice général afin qu’il puisse oublier ses rancoeurs que lui a provoquées la Bêtise humaine ? A l’humanisme et à la grandeur d’âme du président Sassou Nguesso, Bernard Kolélas devrait répondre par la puissance de l’âge et l’expérience politique plus ou moins arrivée à son terme. Que la nouvelle génération se prépare car ayant grandi dans l’unité, dans un pays où tout le monde connaît tout le monde. Les Congolais se réconcilient petit à petit sans apport des grandes puissances comme on le remarque dans d’autres pays du continent. Leurs potions miracles : les expériences communes traversées par des bons et mauvais moments sans pour autant aller à la déchirure fatale. Car le soleil qui les unit est plus fort que la nuit qui les empêche de voir plus loin.
Conclusion Depuis 2002, une nouvelle politique s’est ouverte après les premières élections d’après guerre de juin 1997. Petit à petit la vie politique avance, bon an mal an, dans les face-à-face Mouvance présidentielle/Opposition où toutes les insuffisances du pouvoir sont décriées et critiquées, démocratie pluraliste et participative oblige. Les contradictions politiques commençant maintenant à se dissiper avec d’autres projets de loi d’armistice qui pourraient bientôt être présentés à l’Assemblée nationale, il serait temps de l’humanisme politique laisse la place à l’humanisme économique pour réaliser in fine le véritable bonheur des larges masses populaires. L’année 2006 doit améliorer les conditions de vie des Congolais. Et Tâtâ Kolélas, en tant que patriarche maintenant, a un rôle à jouer dans cette paix réelle et que le peuple voudrait vraiment effective parce qu’il a trop souffert. Paix réelle et effective que vient de relancer le président Denis Sassou Nguesso en lui permettant de rentrer au bercail sans problème. Un pari qu’il doit gagner pour revaloriser son image de « démocrate » ternie depuis qu’il avait accepté l’éphémère poste de Premier Ministre en 1997. Les populations du Pool attendent. Le peuple congolais attend. L’opinion internationale attend. Et le temps attent aussi.
Publié le 09 mar 2005 à 19:22
Par noelkodia
Voici une autre face de l’histoire politique de l’Afrique qui vient de commencer avec la mort du président du Togo. Un coup d’Etat militaire, comme si les Africains n’avaient pas banni cette façon de venir au pouvoir. Voici une autre façon de légitimer le népotisme en Afrique. Heureusement que l’Union africaine s’est ressaisie à temps et a infligé un carton rouge à Monsieur Faure Gnassingbé, fils du président Eyadéma. Mais il faut aller un peu loin en étudiant le cas des dirigeants qui falsifient leur Constitution à l’orée de la fin de leur mandat pour allonger leur « prédentialité ». L’Afrique petit à petit se remet en cause. Et pour cela, il faut maintenant compter sur les pays qui ont eu à honorer les promesses données à leur peuple : respecter la Constitution née des mouvements démocratiques d’après les conférences nationales.
En effet , il faut remarquer qu’il y a un nouveau souffle sur l’Afrique depuis la chute du mur de Berlin. Les rapports entre les pays africains et leur anciens colonisateurs ont plus ou moins changé de signification. Plus particulièrement l’Hexagone avec ses ex-colonies. Des dictatures ont été parfois acceptées par la France, malgré elle, pour des raisons d’intérêts économiques. Et le Togo a été un exemple très frappant L’agonie des dictatures
Il faut remarquer que les pays où les présidents ont mis beaucoup de temps au pouvoir sont un danger pour la démocratie africaine. Pendant longtemps, nous avons connu des présidents à vie sur le continent. Feu Eyadema est un exemple frappant. Et cela semble continuer malgré l’arrivée de la démocratie que nous a imposée la disparition de la guerre froide entre les grandes puissances. Plus d’intérêts à sauvegarder. La Baule intime alors l’ordre aux Africains de s’ouvrir au multipartisme. Une pilule difficile à avaler pour certains chefs africains qui s’étaient transformés en rois sans le déclarer ouvertement. Le Zaïre par exemple a vu son chef se comporter en véritable roi. Il y a eu aussi l’Empire du Centrafrique avec Bokassa. Dans l’ensemble, les chefs d’État africains ont toujours voulu mourir avec le pouvoir dans le ventre. Sékou Touré, Houphouët Boigny et tant d’autres l’ont démontré. Ceux qui se sont entêtés au pouvoir, n’ ont été balayés que par des coups d’Etat, souvent sanglants et qui ont entraîné mort d’hommes. En général le pouvoir ne se donne pas en Afrique, il s’arrache.
La situation du Togo n’a pas surpris les spécialistes de la politique africaine. Quand Eyadema meurt à la suite d’une crise cardiaque, son entourage fait tout pour conserver le pouvoir. Les militaires nomment son fils à la tête du pays pour le succéder. Ainsi se réalise le coup d’Etat militaire qui va une fois de plus révéler le caractère népotisme du régime qui s’est imposé pendant plusieurs décennies. « J’ai décidé, dans l’intérêt supérieur de la nation, de poursuivre le processus de transition conformément à la Constitution (…) et d’organiser l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels.. » annonce Faure Gnassingbé au peuple et aux yeux du monde après avoir été « blâmé » plusieurs fois par l’Union africaine et l’opinion internationale. Et d’ajouter sans fausses hontes : « J’exerce provisoirement les fonctions de président de la République comme le stipule la Constitution ». Mais de cette constitution parle-t-il ? Alors que celle du Togo prévoyait que ce soit le président de l’Assemblée nationale, Fambaré Ouattara qui devait prendre la suite en cas de vacance du pouvoir. Une fois de plus, la Constitution a été foulée aux pieds par les nouveaux dirigeants du Togo. Aujourd’hui, ce pays est « écarté » de ses amis de l’Afrique de l’Ouest, une sous région du continent qu’il faut féliciter et qui donne des leçons de démocratie au reste de l’Afrique qui semble patauger dans la bêtise des rancœurs et des guerres à répétition qui freinent encore l’installation de la véritable démocratie. Abandonné à lui-même, le Togo doit comprendre que les temps ont changé et qu’il devrait suivre l’exemple des autres amis de la région tels le Mali, le Sénégal et le Bénin où la démocratie est devenue un fait réel car les Constitutions étant respectées à la loupe avec des alternances sans heurts. En voulant faire croire que le pouvoir du peuple transformé en pouvoir ethnique (comme dans la plupart des pays africains) était héréditaire, les militaires togolais se sont trompés d ‘époque. L’Afrique doit être « protégée » par les militaires en cas d’agressions extérieures et non être commandée par ceux-ci. Est ce que nous avons même des armées en Afrique ? Des armées qui ne sont jamais venues à bout des rebellions. Des armées de parade ? Oui ! Rares sont les hommes en treillis qui sont bien formés politiquement. En cautionnant bêtement la conception des militaires, « parents » de son père, Faure Gnassingbé a tué pour une seconde fois son père à cause du pouvoir, à cause des intérêts mesquins que lui procuraient et procure encore la politique, une politique sous fond de conscience clanique et régionaliste. Faure Gnassingbé a tué son père pour une seconde fois
En compliquant l’après Eyadéma père, Le petit Faure a bouleversé le destin de son pays car le confondant à un royaume où le pouvoir doit rester à tout moment dans la famille. On se demande même s’il n’était pas préparé par son père pour lui succéder. Mais la situation dans laquelle s’est retrouvé le pays, surtout après le coup d’État militaire n’a pas permis aux Togolais et au reste de l’humanité de pleurer et d’enterrer l’ « illustre » disparu. Aujourd’hui on ne sait pas où se trouve la dépouille d’Eyadéma. Faure devrait comprendre que le temps de son père est passé et l’OUA, ce machin, a été remplacée par l’Union africaine qui, peu à peu et sûrement, se fonde maintenant sur la démocratie et le multipartisme pour relever les insuffisances politiques du continent. Insuffisances qui se sont succédé pendant plus de quarante ans avec la complicité de la mère colonisatrice. Le comportement de l’Union africaine doit maintenant faire réfléchir la majorité des Africains qui commencent à espérer car l’analphabétisme politique longtemps décrié sur le continent s’attiédit. Il reste encore beau coup de choses à faire, mais le pas que vient de franchir l’UA dans la situation togolaise donne matière à réflexion. Enterrons nos dirigeants dans la dignité, même s’ils ont été des indésirables quand ils étaient au pouvoir. Et la position ferme de l’UA doit faire réfléchir les familles des « princes » africains qui pensent se substituer à leur partent après leur mort. En Afrique, la et le mort sont est sacrés et le disparu, quel que soit sa position dans la société, doit être respecté en lui offrant des obsèques dignes de ce nom, raison de plus pour un homme digne de ce nom qui a eu à diriger un pays depuis plus de trois décennies et qui devait être enterré dans la dignité en présence de certains de ses homologues présidents africains et des autres personnalités du monde car s’ayant fait beaucoup d’amis pendant son long règne.
L’Union africaine : de la fermeté devant les coup d’État à l’intransigeance devant la falsification des Constitutions
L’Afrique compte encore de vieux crocodiles qui pensent s’éterniser au pouvoir en falsifiant les Constitutions dès qu’ils arrivent à la fin de leur second mandat. Ils veulent souvent mourir, comme le singe, « le fusil… pardon le fruit entre les dents ». Seuls sont les présidents intellectuellement remplis qui savent qu’il auraient toujours quelque chose à faire après le pouvoir et qui acceptent l’alternance sans problème. En Afrique, très souvent, pour imiter les grandes démocraties, la limitation des mandats est un point capital de la Constitution : deux mandats non renouvelables pour permettre une alternance pacifique dans le pays. Mais dans certains pays, force est de constater que les présidents foulent aux pieds ce point. Lui-même le président Eyadema n’avait pas respecter sa parole d’officier en se présentant dernièrement à l’élection présidentiel alors qu’il avait promis à son ami « personnel », le président Jacques Chirac de se séparer de ce lourd fardeau politique qu’il s’était posé sur la tête depuis plusieurs décennies et qui commençait à peser lourd. Hélas ! la suite , nous l’avions connue, et plus particulièrement les Togolais. Aujourd’hui, l’Union africaine vient de démontrer que les temps ont changé en Afrique et que l’exemple donné par des pays comme le Mali et le Sénégal pour ne citer que ces deux, doit être suivi. Et la Cedeao (Communauté des États d’Afrique de l’Ouest) doit être soutenue dans sa position pour avoir infligé des sanctions au nouveau patron togolais. Un acte de bravoure qui doit faire réfléchir ceux qui pensent que l’Afrique ne pouvait se faire violence pour se réhabiliter à la face du monde, un monde qui avait salué la venue de la démocratie en Afrique. Nous avons des pays où règnent encore des dictateurs qui sont au pouvoir depuis plusieurs années. Et l’Union africaine devrait aussi être intransigeante avec les pays où serait modifié la durée des mandats arrêtés par les Constitutions. On ne défend pas à tout pays de modifier l’Acte fondamental quand les conditions et la situation s’imposent. Mais ce que nous devons éviter, c’est d’allonger le règne des présidents par le tripotage des Constitutions. Le pouvoir enivre et corrompt. Ce que l’UA doit combattre car c’est aussi un coup d’Etat constitutionnel qui doit être considéré au même titre qu’un putsch militaire. Un chef d’État qui a travaillé pendant ses deux mandats doit laisser la place aux autres pour donner au peuple la possibilité de vivre l’alternance. Un homme qui sait qu’il doit obligatoirement abandonner le pouvoir après deux mandats et être jugé par son peuple, fera tout pour bien travailler afin que son nom soit écrit dans le livre d’or de son pays.
La situation du Togo est un avertissement aux familles des chefs d’État qui sont encore au pouvoir, surtout en Afrique centrale qui semble être en retard sur l’Afrique de l’Ouest. Des guerres à répétitions ont entaché le destin de l’Angola, du Rwanda, des deux Congo. Dans ces pays, la démocratie est encore timide. Nous attendons ce que va nous donner les prochaines élections en Angola après la fin de la guerre et le multipartisme qui y a été accepté. Au Congo Brazzaville, les élections de 2002 ont ouvert une nouvelle page de la politique de ce pays après le départ raté de 1992. L’Union africaine est pris à témoin pour la bonne marche de la démocratie dans ces pays. Elle ne doit plus continuer à voir des pays remettre en cause leur Constitution pour allonger le règne de certains dirigeants. Elle a combattu le coup d’État militaire ainsi que le non respect de la Constitution du Togo avec fermeté. Elle devra, à la longue, combattre aussi les coups d’Etat constitutionnels à travers lesquels certains chefs d’État se plaisent à se transformer en président à vie. Une fois de plus, les exemples du Mali, du Sénégal sont là pour « aider » l’Union africaine. Si d’autres pays acceptent de respecter intégralement leur Constitution, surtout la limitation des mandats, l’Afrique aura beaucoup à gagner dans la bonne gouvernance. Et les Français dans tout cela ?
La position française a été toujours ambiguë quand il se passe quelque chose de nouveau en Afrique francophone. Elle joue souvent à la diplomatie car parfois elle ne sait pas sur quel pied danser. Si elle avait réussi de sauvegarder ses biens au Congo en 1997, elle n’a pas pu se tirer d’affaire en Côte d’Ivoire. Les présidents africains sont tous des amis de Jacques Chirac ; Soit ! Ainsi va l’histoire de la Francafrique inaugurée par le président Mitterrand . Au Togo, l’Opposition s’inquiète du regard on ne peut plus oisif de la France jette sur ce qui se passe dans leur pays. Il y a eu même des tracts qui ont affirmé que le président Jacques Chirac était « l’ami personnel du (…) feu Etienne Gnassingbé Eyadéma ». L’histoire de ces dernières années nous montre que le président français est l’ami personnel de la plupart des présidents africains ayant passé plus de deux décennies au pouvoir et qui ont parfois brillé par un comportement de dictateur. Mais il faut réaliser le futur : Est-ce que la Francafrique va toujours gardé le même cap d’ici quelques années avec les bouleversements politiques qui commencent à s’opérer tant en Europe qu’en Afrique ? L’Union africaine doit se préparer en conséquences pour ne pas être surprise et même débordée par les naufrages qui ne vont pas tarder à se concrétiser sur le fleuve de la politique francophone africaine. Surtout du côté de l’Afrique centrale où les peuples longtemps meurtris par la pauvreté dans laquelle ils végètent et qui contraste paradoxalement avec les diamants, le pétrole, l’eau et la forêt qui constituent leur richesse naturelle. La politique française en Afrique francophone devient un casse tête chinois car tout en ménageant les régimes impopulaires malgré elle, la France comprend que des changements se profilent à l’horizon avec le courage que prennent par l’exemple l’Union africaine et certains pays plus ou moins avancés en démocratie qui dénoncent les coups d’État militaire et constitutionnel Les peuples africains ont compris qu’il faut laisser le temps au temps. A une seule condition : que l’Union africaine continue son travail comme elle l’a fait pour le Togo et que la France comprenne qu’il faut plutôt aider les peuples et non les chefs d’État au pouvoir quand bien même elle sait que les richesses sont mal reparties dans ces pays. Un constat amère : la France a des difficultés à assumer son passé de pays colonisateur. Avec la pression de ceux des Français qui ont des intérêts en Afrique, il faut s’attendre à des élucubrations plus ou moins manifestes quand il s’agit de prendre position. La France comprend bien la débâcle à la longue des dictatures en Afrique tout en lançant un clin d’œil aux oppositions qui, par la force de l’histoire, sont appelés à l’alternance.
L’Afrique vient de faire un pas énorme par l’intermédiaire de l’Union africaine qui a condamné avec vigueur toute la mascarade qui vient de se passer au Togo. Lutter contre les coups d’État militaires est une bonne chose qui fait réfléchir certains dirigeants africains qui y croient encore. Mais combattre aussi ceux qui tentent souvent à allonger leurs mandats politiques pourtant défini par leur Constitution en ne respectant plus celle-ci pour des fins égoïstes, est encore mieux. Et c’est le nouveau défi lancé à l’Union africaine par les peuples africains longtemps désabusés par une catégorie d’hommes politiques au pouvoir.
Publié le 05 nov 2002 à 19:37
Par noelkodia
Quand le président Jacques Chirac affirme quelque temps après l’avènement de la démocratie sur le continent que celle-ci était un luxe pour les Africains, des voix s’étaient élevées au sud du Sahara pour clamer tout haut que le président français n’était pas réaliste. Plus de dix ans après, on remarque que les dirigeants africains se conduisent comme des véritables hypocrites en ce qui concerne l’acceptation du multipartisme. A l’orée de la décennie 90, quand, à la Baule, François Mitterrand demande aux chefs d’Etat africains d’ouvrir leur pays au multipartisme pour une véritable démocratie, personne ne pouvait imaginer les malheurs que devait apporter ce changement tant souhaité par les peuples africains.
 Multipartisme en Afrique après les indépendances
Déjà dans les années 60 après les indépendances, les dirigeants africains de l’époque essaient de conduire la politique de leurs états à l’image de celle de leurs ex-colonies. Des partis de gauche et de droite se fondent sur le continent. Au niveau de l’Afrique du Centre comme celle de l’Ouest, une multitude de partis politiques se remarquent ; la plupart des dirigeants africains gèrent leur pays selon le modèle occidental. Dans certains gouvernements, on trouve encore des ministres et des conseillers blancs, surtout dans les ex-colonies françaises. Et les partis politiques ainsi que les syndicats qui vont survivre après les indépendances sont plus ou moins des copies conformes de ceux de la métropole. Au Congo-Brazzaville par exemple, Réné Bouthey remarque que «La CGTA (Confédération Générale des Travailleurs Africains) vient d’une transformation de la CGT métropolitaine dont elle est à l’origine la section locale». Du côté de l’Afrique occidentale, le multipartisme est spécifié par Léopold Sédar Senghor dans son étude «Nation et voie africaine du socialisme», en prenant l’exemple de la Fédération du Mali à travers une suggestion de son Secrétaire général: «La Fédération du Mali sera, comme les Etats fédérés, une démocratie. La loi électorale continuera d’y être une loi impartiale, ce qui est la propre de la loi, non une loi de circonstance, taillée à la mesure du Gouvernement ou du Parti majoritaire. Les libertés d’opinion, de parole, de presse, de réunion, d’association sont garanties par la Constitution du Mali et celle des Etats fédérés». A peine trois ans d’indépendance pour commencer à poser les bases d’une véritable souveraineté que les secousses provoquées par l’éthnicité et le tribalisme empêchent les nouveaux dirigeants de s’affirmer. Débutent alors quelques conflits au sein de la classe politique de chaque pays, conflits qui aiguisent l’appétit des coups d’Etat militaires. Au Togo, le président Sylvanus Olympio est évincé mortellement du pouvoir par l’armée en 1963. Quelque temps après, au Congo Brazzaville, l’abbé Fulbert Youlou est confronté aux syndicalistes pendant trois jours avant que les militaires le forcent de démissionner le 15 août 1963. Et dans les décennies 60-70, presque tous les pays africains, (surtout au sud du Sahara) sont secoués par des coups d’Etat qui portent les militaires au pouvoir, emmenant avec eux la dictature. La plupart de ces nouveaux chefs d’Etat ne sont que des petits sous-officiers ayant appartenu à l’armée coloniale avant les indépendances et n’ayant pas la capacité politique convenable pour gérer leur pays.
 L’Afrique des coups d’Etat
Avec cette nouvelle race de présidents militaires, le continent connaît la dictature, la gabegie, le marasme économique, les assassinats politiques et l’exil des opposants vers d’autres pays. Les nouveaux présidents justifient leur coup de force par l’imbroglio provoqué, paraît-il, par le multipartisme hérité du système politique colonial. Il faut dissoudre tous les partis et associations politiques et les regrouper en un seul pour éviter les antagonismes ethniques et tribaux. En dehors du Sénégal de Léopold Sédar Senghor qui n’a pas supprimé le multipartisme, presque tous les pays africains, en particulier les ex-colonies françaises ont opter pour le parti unique. L’arrivée au pouvoir des militaires donne un nouveau visage à la politique africaine. Les intellectuels et ceux qui ont lutté depuis les indépendances et parfois même avant pour le développement et la «liberté» du continent sont écartés de force de la véritable lutte politique. Avec les militaires, s’installe l’absence de débats d’idées, l’absence de l’information avec la censure et l’absence de la liberté d’expression. Quelque temps après les indépendances, Patrice Lumumba au Congo démocratique et Sylvanus Opympio au Togo sont écartés tragiquement du pouvoir respectivement par Mobutu et Eyadéma. S’en suit alors une cascade de putsch sur le continent rendant difficile l’installation de la démocratie qui avait pourtant commencé à y germer avec le multipartisme hérité des pouvoirs coloniaux. Avec l’Afrique des coups d’Etat, le continent fabrique ses propres monstres politiques tels Mobutu en République démocratique du Congo, Bokassa en Centrafrique, Amin Dada en Ouganda ; ceux-ci se caractérisent par le burlesque politique et une dictature sanguinaire. Avec les coups d’Etat militaires, est mise en pratique une nouvelle façon de s’approprier le pouvoir ; l’assassinat des chefs d’Etat. Inauguré tristement par les Togolais avec la mort de leur premier président, et suivi plus tard par celle du président Diori Hamani en 1974, le phénomène fait tache d’huile dans la plupart des pays au sud du Sahara. Quelques exemples : le 13 avril 1975, le président Garta Tombalbaye est tué avec toute sa famille dans son palais, le 18 mars 1977, le Congolais Marien Ngouabi tombe «l’arme à ma main» en plein jour dans son état major au moment où l’armée est paradoxalement consignée, le capitaine Thomas Sankara du Burkina Faso est tué par ses proches ; il n’y a pas longtemps, le Niger a récidivé avec la mort tragique du président Maïnassara. Et dans cette Afrique des coups d’Etat, arrestations arbitraires, conflits tribaux, fuite des cerveaux, gabegies sont les maux que vont développer les militaires au pouvoir. Il faut attendre le vent de la Perestroïka qui souffle en Europe de l’Est et la chute du mur de Berlin pour vivre, contre toute attente, un renouveau démocratique en Afrique. A la rencontre de la Baule initiée par le président Mitterrand, celui-ci demande aux présidents africains d’ouvrir leur pays au multipartisme, plus précisément à la démocratie pour prétendre l’aide des pays développés. Sassou Nguesso, président d’un pays où le multipartisme s’est installé dans le sang, se rappelle très bien ce fameux discours de la Baule: «Il faut parler démocratie, c’est un principe universel (...) C’est la seule façon de parvenir à un état d’équilibre au moment où apparaît la nécessité d’une plus grande liberté. J’ai naturellement un schéma tout prêt : système représentatif, élections libres, multipartisme, refus de la censure (...)». Malheureusement, le président Mitterrand ne sait pas qu’il s’adresse à des «analphabètes» politiques s’étant, pour la plupart, autoproclamés présidents avec la complicité de l’armée, de l’ethnicité et du tribalisme. Et ce discours de La Baule va préparer l’époque des transitions au multipartisme.
 Les conférences nationales
L’aide économique étant maintenant subordonnée à l’acceptation du multipartisme, et devant la colère et la paupérisation des peuples, les dictateurs africains ne peuvent plus utiliser la force pour contenir d’éventuelles révoltes. Il faut dialoguer avec les syndicats, l’armée et le peuple profond. Commence alors sur le continent, particulièrement en Afrique francophone, une série de conférences dites nationales dont les marquantes sont celles du Bénin et du Congo Brazzaville. Presque toutes les conclusions de ces «retrouvailles» politiques demandent aux Africains de s’ouvrir au multipartisme, à la démocratie qui devraient être concrétisées par des élections libres et transparentes. Dans l’ensemble des conférences, se délient les langues et les hommes politiques font de plus en plus attention à leur comportement social et acceptent le combat d’idées. Au Congo Brazzaville, Monseigneur Ernest Kombo faisant le bilan de la Transition imposée par la Conférence nationale constate : «Ce fut une crise totale, généralisée et profonde. Pour la résoudre, il y eut une conférence, que le peuple a voulu souveraine, tellement les maux étaient radicaux et multiformes. Elle avait pour rôle d’instaurer un dialogue démocratique». Mais hélas! Des querelles intestines ayant pour fondement les antagonismes ethniques et tribaux se remarquent en Afrique. Déjà, ceux qui s’intéressent aux politiques africaines sont perplexes, quant à l’avènement franc et réel du multipartisme et à la démocratie. Cette démocratie ne serait-elle pas un luxe pour les Africains longtemps marqués par le tribalisme, le régionalisme et la pauvreté? Nous savons que la pauvreté ne se marie pas avec la liberté au sens noble du terme. Malgré la naissance du multipartisme et de la démocratie pendant les transitions, les dirigeants politiques ayant «perdu le pouvoir», ont du mal à se départir de leurs habitudes héritées du monopartisme. Se forment dans la plupart des pays ouverts à la démocratie des partis et associations politiques fondés sur l’ethnie. On adhère à un parti non pas par conviction politique, mais par affinités tribales. Et cela aura pour conséquence des conflits entre partis, annihilant ainsi la liberté d’opinion. Quand arrivent les élections à la fin de ces transitions pour confirmer la démocratie, les Africains se remarquent par leur goût à la contestation des résultats en s’accusant mutuellement de s’être donnés à la fraude, phénomène admirablement pratiqué sur le continent. Et du coup, naissent d’autres confrontations qui se métamorphosent en affrontements armés entre différents groupements politiques. Dans cette pagaille créée par la venue du multipartisme, le partage du pouvoir devient difficile et aléatoire. La politique en Afrique étant source de bien être et d’enrichissement, on s’agrippe au pouvoir en s’intéressant au parti au pouvoir ou censé d’y accéder pour «se servir et non pour servir». Les confrontations sanglantes en Côte d’Ivoire, les guerres fratricides dans les deux Congo n’ont-elles pas été provoquées ou entretenues par le goût du pouvoir mettant ainsi en cause l’avènement de la démocratie?
 Démocratie en Afrique: des solutions possibles
La démocratie est universelle et il faut l’appliquer normalement en Afrique en respectant ses principes élémentaires en corrélation avec le vécu quotidien de chaque peuple. La démocratie, un luxe pour les Africains? Discutable. Et si les dirigeants africains pouvaient se désolidariser de la politique politicienne pour se consacrer au social de leurs pays en améliorant par exemple les conditions de vie des populations? Une possibilité plausible dans certains pays riches comme l’Angola, et les deux Congo où les richesses seraient dilapidées par les gouvernants et utilisées pour entretenir les guerres qui s’y déroulent. Et s’ils pouvaient développer les secteurs culturel et sanitaire et revaloriser le SMIC des travailleurs qui, dans la plupart des pays africains, ne respecte même pas le coût de la vie; l’Africain ne vit pas mais survit. A cela on pourrait ajouter la révision du code électoral de chaque pays qu’il faudrait adapter aux réalités du terrain pour éviter le moins possible, les constations des résultats des urnes. L’Africain n’a pas en général une culture politique à cause du taux élevé de l’analphabétisme qui est un handicap pour le multipartisme, celui-ci ne vote pas en général pour le programme d’un candidat, mais le fait plutôt en fonction de son appartenance tribale. Du coup, la démocratie n’est plus respectée et cela a souvent défavorisé sa bonne marche. Des urnes sont aussi sortis des dictateurs. Pourquoi, en attendant que la culture de la démocratie s’installe très bien sur le continent, on ne pourrait faire voter uniquement que les intellectuels qui comprennent mieux «ce qu’on leur demande de choisir»? Il sied de dire que 80% des électeurs en Afrique sont des illettrés naïfs que les hommes politiques peuvent facilement manipuler et corrompre en se servant souvent du tribalisme et du régionalisme pour assouvir leur dessein. Et l’on remarque le contraire dans les pays de grande démocratie où les électeurs ont une éducation civique commencée depuis les bancs de l’école et soutenue par la culture du livre et des médias. Le civisme n’est pas encore bien développé en Afrique et cette situation fait que le vote qui est un devoir civique ne soit pas pris au sérieux. On vote par fanatisme ou par affinité tribale sans pour autant mesurer les conséquences de ces pratiques au niveau de la cohésions des «peuples» d’une même nation. Quelle éducation civique ont, par exemple, les vendeuses de beignets ou les batteurs de tam-tam africains à qui l’on demande d’aller aux urnes pour choisir un candidat selon son programme de campagne?
 Il faut développer les secteurs culturel, sanitaire et social
Une nation se développe en fonction de sa capacité culturelle. Paradoxalement, les pays en voie de développement ont leur système éducatif qui tombe en ruine. Finie la grande école que l’on a connue en AOF (Afrique Occidentale Française) et en AEF (Afrique Equatoriale Française). Après les indépendances, les nouveaux dirigeants ont tué le système éducatif en le nationalisant dans certaines régions, comme l’avait fait par exemple le Congo Brazzaville en 1965 pour des raisons politiques. Les diplômes ne payent plus en Afrique par rapport à la politique qui souvent attire les arrivistes et les aigris de l’école. Et comme l’école n’honore plus, ceux qui étudient dans les grandes écoles d’Amérique et d’Europe ne veulent plus rentrer dans leur pays où aucune structure de travail confortable n’existe pour eux. Les universitaires et chercheurs vivant en Afrique et n’ayant pas plus les conditions de travail adéquates, cherchent à aller dans les pays développés dans le but de pouvoir travailler convenablement. Dans son article intitulé «L’exode des cerveaux en Afrique», Emmanuel Wongibe est très catégorique et explicite à ce sujet quand il affirme que «beaucoup de têtes pensantes africaines pourraient néanmoins résister à ces incitations [d’immigration ] si les gouvernements africains étaient prêts à faire, ne serait - ce que le strict minimum, pour offrir des conditions de travail corrects à leurs ressortissants. L’indigence des conditions de travail en Afrique, le manque de ressources pour financer la recherche, la montée d’une certaine culture de favoritisme, le comportement dictatorial de la plupart des gouvernements africains et le très bas niveau des salaires sont autant de facteurs responsables de l’exode des cerveaux en Afrique». De la santé, les maladies endémiques comme le paludisme et le sida empêchent les Africains de vivre «librement». Les dirigeants africains se remarquent par des dépenses de prestige. A cela, il faut ajouter l’absence d’une politique sociale. Résultat : on s’intéresse à la politique pour pouvoir mieux vivre ; on milite dans un parti par intérêt. Quel Africain pourrait respecter les résultats des urnes si son parti perdait (même logiquement) les élections? Quel Africain pourrait accepter la déchéance de son leader? Les Africains doivent se ressaisir et travailler au lieu de se «chamailler» et de naviguer dans la folklore politique. Ils doivent mettre en exergue la science et la technologie pour affronter les défis de la mondialisation comme cela se remarque dans les pays du Maghreb et en Afrique du Sud. Au Congo Brazzaville par exemple, le pays qui a, pour la première fois en 1992, un éminent scientifique à la tête du pays, s’ouvre à la science et la technologie comme le souligne Ndaki quand il constate que «Lissouba brandit la science et la technologie comme objectif (...) en faisant des admirateurs passionnés, y compris les jeunes intellectuels». Mais incompris parce que, en avance sur ses compatriotes ; il sera, comme la plupart des scientifiques, la risée des Congolais en retard sur l’évolution de la science et la technologie au niveau mondial. Si les dirigeants africains continuent à se comporter comme des véritables rois, gagnés par l’obscurantisme et obnubilés par leur pouvoir, ils vont provoquer un séisme dans le monde des jeunes et la déchéance de tout un continent. Et dans un avenir proche, il faut craindre que les Africains ne ressemblent à des animaux parqués sur le continent que les sujets des pays développés viendraient contempler par curiosité. Triste éventualité. Lishan Adam, dans sa réflexion «Donner à l’Internet une voix africaine» remarque au niveau de l’informatique que «L’information disponible sur l’internet est dominée presque exclusivement par le matériel produit aux Etats Unis, en Europe et en Asie, tandis que l’Afrique ne représente qu’environ 0,4% du contenu mondial selon une enquête de juillet 1993 conduite par Network Wizards (...). Si l’on met l’Afrique du Sud à part, l’Afrique ne produit que 0,02% du contenu mondial de l’internet». Avec le retard dû aux mesures économiques du FMI en ce qui concerne l’endettement de l’Afrique, mesures qui ont provoqué inéluctablement la paupérisation sur le continent, avec le retard de la jeunesse africaine sur l’outil informatique (environ 80% des jeunes Africains ne seraient pas encore initiés à l’informatique mais paradoxalement se seraient familiarisés aux armes de guerre) et avec les conflits armés qui se répètent dans certains pays, L’Afrique paraît comme marginalisée et délaissée de la compétition vers l’universel. Seule une réelle politique au niveau de l’éducation et de la santé devrait conduire les pays africains vers la véritable démocratie. Un peuple dont les problèmes éducatifs et sanitaires sont résolus est un peuple libre, prêt à accepter la démocratie. Multipartisme et démocratie en Afrique? Possible si les Africains pouvaient manger à leur faim pour éviter «la politique du ventre». Or les statistiques ont souvent montré que le SMIC en Afrique est insignifiant et aléatoire n’atteignant même pas le minimum vital. Et pour sa survie, l’Africain est obligé de se prostituer politiquement, hypothéquant de surcroît sa liberté d’opinion, de pensée et de choix. La démocratie ne serait-elle pas un luxe pour les Africains si l’on considérait tous les déboires et bouleversements qui ont accompagné l’ouverture au multipartisme? Les dirigeants africains qui, pour la plupart, seraient encore «accrochés au pouvoir pour le pouvoir», devraient s’efforcer à mettre l’intérêt de la nation au dessus des leurs. Bien gérer les ressources humaines et les richesses nationales en limitant les dépenses de prestige, lutter contre l’ethnicité, la peur, l’exclusion et l’impunité, développer le civisme, plus particulièrement au niveau des jeunes, futurs citoyens électeurs de demain et reconnaître le mérite du travail, voilà des comportements qui feraient que la politique ne soit plus une carrière alléchante pour s’enrichir.
 Conclusion
Quand les Africains auront le minimum vital sur les plans éducatif et sanitaire, quand la sécurité sociale pourra fonctionner comme dans les pays développés qui nous ont légué ce mode d’assistance mutuelle, lorsque l’on pourra vaincre l’interrogation, la précarité et la peur d’un futur incertain chez les jeunes, la démocratie ne sera plus considérée comme un luxe. Disparaîtront alors la majorité des maux qui minent encore nos sociétés et qui nous empêchent de vivre convenablement à travers un multipartisme respectueux. Et l’Afrique, même tardivement, doit prendre conscience de l’enjeu car les nations qui s’y adaptent sont celles qui connaissent la croissance la plus rapide, gage fondamental de la démocratie; les exemples donnés par le Sénégal et le Mali avec des élections respectables devraient interpeller la classe politique africaine.
Références bibliographiques Adam (L.) «Donner à l’Internet une voix africaine», in Développement et Coopération n° 5/2000, septembre-octobre, Francfort Bouthey (G.) Trois glorieuses ou la chute de Fulbert Youlou, Edtions Chaka, Dakar, 1990 Menga (G.) Congo: la Transition escamotée, Editions l’Harmattan, Paris, 1993 N’daki (G.) Crises, mutations et conflits politiques au Congo Brazzaville, Paris, Editions l’Harmattan, 1997 Sassou-Nguesso (D.) Le manguier, le fleuve et la souris, Paris, Editions J.C Lattès, 1997 Senghor Sédar (L.) Nation et voie africaine du socialisme, Paris, Editions Présence africaine, 1961 Wongibe (E.) «L’exode des cerveaux africains», in Développement et Coopération n°1/2000, janvier-février, Francfort
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