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Publié le 10 jun 2007
Par noelkodia

Au moment où la Côte d’Ivoire vient de montrer aux yeux de la planète que les Africains pouvaient laver leur linge en famille, le Pool au Congo vient aussi de démontrer, après avoir embrassé une guerre absurde qui ne lui appartenait même pas avec plusieurs victimes, sa maturité de mettre fin à ses souffrances. Trois principaux de ses fils viennent de prouver à la face de la nation et de l’international que l’intransigeance ne mène à rien, sinon qu’à la poursuite de l’irréparable.


Ceux qui comptaient sur le courage aveugle de Bernard Kolélas dans son « analphabétisme » politique, Ceux qui pensaient que Isidore Mvouba avait trahi le terroir et Ceux qui croyaient à la dérive exponentielle de Frédéric Binstangou-Ntumi, sont aujourd’hui pris dans leur propre piège. Car, comme on peut le dire haut : la page est tournée et le Pool commence à récrire son histoire.
Ces trois principaux fils du terroir ont décidé, après persévérance et moult tractations, à écrire une autre page de l’histoire de leur région. Soit. Il y a des souffrances que nous avons subies à travers la colère des hommes et qui restent encore indélébiles. Mais il faut oublier et voir l’horizon de notre avenir. L’histoire des peuples est comme une roue. Quand la roue ne tourne pas, elle s’immobilise et tombe. Et pour qu’elle puisse rouler de nouveau, il faut la relever. Il était temps de relever le Pool. Fils  du Pool, je ne pouvais rester indifférent à ce grand événement de Kinkala. Aussi ma plume n’a pu supporter de se positionner loin d’un encrier. Surtout que les fils du Pool ont accepté d’aller aux élections. Le Pool doit être représenté à l’Assemblée nationale quelle que soit la couleur politique de ses fils. Car il faudra que la région revive. Le retard est trop criard. Et il ne faudra pas que nos frères de mon Ouenzé natal nous rappellent que « Zela zela mokomboso a zanga  mokila » (libre traduction).Et pour m’adresser à nos frères qui ont eu le courage de se rencontrer à Kinkala, je leur dédie ce poème qui nous rappellerait notre littérature du terroir, plus précisément notre littérature orale. Et si d’autres artistes pouvaient transformer ce texte en chanson ! 

A mes frères du Pool.
 
Loin du pays, attaché à une image du Pool
Je revois l’arc-en-ciel de l’espoir que vous avez tracé.
Nous sommes trop tôt tombés dans le gouffre de l’intolérance
Pour comprendre que la main du temps nous avait abandonnés.
Aujourd’hui, sur les traces de l’inoubliable Matswa
Le Pool et tout le Congo ont giflé la Bêtise humaine.
En 1991, nous avions trop tôt escompté la Démocratie
Nous nous sommes humiliés en humiliant l’humiliation
Et nous avons ri, nos gencives exposées à la mort.
Bienvenue Démocratie ! nous avions crié
En nous appuyant sur les béquilles de l’espoir
Le peuple voulait changer d’habits et un troupeau de partis est né. 

Je revois l’arc-en-ciel de l’espoir dans le désespoir
Des partis ethniques s’appuyant avec force
Tantôt sur un trousseau de rayons d’un soleil coupé 

Je revois l’arc-en-ciel de l’espoir dans le désespoir
Des partis ethniques prenant naissance
Tantôt dans trois palmeraies 

Je revois l’arc-en-ciel de l’espoir dans le désespoir
Des partis ethniques dans l’euphorie des militants
Tantôt brandissant marteau, houe et palme 

Le bateau n’a pas totalement chaviré
Le mbongui du Pool revit sur ses douloureuses cendres
D’une guerre bête avec un gouffre béant.
Des mots pour des maux qui s’entrechoquent
Une lumière arc-en-ciel a hachuré le ciel de Kinkala
Et trois couleurs ont brillé pour la Réconciliation 

Bernard Kolélas au firmament de sa vie
S’est regardé en abyme dans l’Histoire du Pool
Il a chanté le refrain révélateur d’un Homme de Dieu :
« Seuls les imbéciles ne changent pas ».
Il a changé de tempérament politique. 

Isidore Mvouba au zénith du Pool,
Un pied dans le Sud, un pied dans le Nord,
Il a été fidèle à lui-même.
Incompris par l’arrogance du terroir,     
Il a écrit une partie du 08 juin 2007.  

Frédéric Bintsangou-Ntumi, roi de la forêt
S’est fait rattraper par le cri des mânes de ses ancêtres
Et a arrêté le moteur de la souffrance du Pool.
Il entre dans l’Histoire du terroir malgré lui. 

 
Note de l’auteur :

N’en déplaise aux lecteurs qui se verraient aller dans le fleuve du tribalisme au lieu d’aller dans la tribalité constructive. L’auteur a grandi dans Ouenzé, un quartier cosmopolite de Brazzaville, loin des velléités tribalo-régionalistes des deux extrêmes de la ville. Ce poème, un cri de réveil pour tous les Congolais dont toutes les régions, du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest, se sont trouvées représentées à Kinkala.

Les commentaires
Publié le 24 jun 2007
Par sémiramis
Mon cher Noël,
J'aurais voulu écrire "mon cher frère Noël" pour la référence faite à ton quartier Ouénzé; ce Ouénzé cosmopolite que nous avons connu, toi et moi.
Par delà toutes ces personnes que tu cites dans ton texte, force est de reconnaître que le Pool devait absolument renaître de ses cendres; avec le Pool, tout le Congo. Merci frère Noël et que le Mbongui du Pool se mue en Mbongui du Congo.
Publié le 03 jui 2007
Par Appolinaire KOULAMA
Ya Noël,

Pourquoi tu te reproches de tribalisme, Tu as le droit de faire un magnifique poème pour le Pool, d'autres peuvent le faire pour d'autres régions.

Ton poème est bien écrit, mais si je ne partage pas quelques passages, sur lesquels tu glorifies la paix des bourreaux, qui me rappelle, tout malheureusement, l'impunité qui règne en Afrique, je pense que cette mentalité d'impunité est une pesanteur auquelle, je n'adhèrerai jamais.

Mais, sous le fond, ton poème est louable, surtout son côté pacifique et pacifiste.

Je suis moi aussi pacifique et pacifiste, à condition que la justice qui est un droit universel, fait respecter et fait valoir la dignité humaine, là où elle a été atteinte.

Encore très bon poème.
Publié le 03 jui 2007
Par Appolinaire KOULAMA
Ya Noël,

Lorsque tu parles de Ouenzé Cosmopolite que tus as connu, cela explique bien la composition de la ville de B/ville, qui est constituée des quartiers ethniques.

En parlant de Ouenzé, tu ne touches qu'une partie de Brazzaville et moi qui est grandi à Pointe-noire, je ne paux pas raisonner comme toi, en parlant d'un quartier de pointe-Noire, car c'est toute la ville de Pointe-Noire qui est mélangée, renseigne toi!

Si tu es fier de ouenzé, je serai 1000 fois fier de pointe-Noire, que j'espère que les Brazzavillois devraient en prendre comme exemple, pour éviter des guerres de sauvageries, barbaries, coup d'état, barricades entre ethnies interposées.

Je peux croire que Brazzaville est un mauvais élève et doit s'efforcer à relever cette situation pour l'osmose entre les citoyens d'une même ville.

Mais encore une fois, Ouenzé est un bon quartier, mais il ne fallait pas te justifier, car certains peuvent l'interpréter, comme si tu te reprochais de quelques choses.

pour finir, ta justification est une preuve que la société congolaise est une société tribaliste, malgré le cafouillage de certains qui veulent faire croire le contraire, une société doit s'assumer de ce qu'elle est.

ton frère Appolinaire
Publié le 13 jui 2007
Par Sémiramis
Cher Appolinaire,
Je ne suis pas d'accord avec toi lorsque tu penses que Noël s'est justifié. Déclamer et, partant se réclamer d'un quartier n'est pas justification. Dans un contexte congolais où il suffit d'être né ou d'avoir grandi dans un quartier au Nord de l'avenue de la Paix, fait de vous un nordiste, ou si l'on se retrouve au-delà de cette même avenue de la paix, on devient sudiste, il était de bon ton que Noël déclame que tout originaire du sud qu'il soit, il a grandi dans un quartier cosmopolite. En d'autres circonstances, je ne l'aurais pas relevé; mais dans les circonstances bien particulières du Congo, la mention mérite d'être faite.
Bien à vous.
P.s. Noël, il faut animer le débat pour vivre ce blog. Tu as mon soutien.
Publié le 18 jui 2007
Par Noel
Mon cher Sémiramis, merci beaucoup pour ces précisions que tu as eu à donner. Tant que la génération actuelle sera encore accrochée aux idées retrodrades de nos "vieux". Rien ne sera bon pour le pays. Il faut un peu de souplesse. la démocratie des pays de l'Occident que l'on prend comme modèle a fait plus de victimes que l'Afrique. Il ne faut pas être plus royaliste que le roi. Surtout quand on perdu les répères du pays. J'ai souvent dit que, lorsque l'on n'a plus la réalité du pays depuis au moins cinq ans, on se trouve perdu. Et comme avec le net n'importe qui peut écrire n'importe quoi, on ne sait plus comment vivre. Mais je dirai, sans fausees hontes, malgré tout le matériel et la démocratie que nousavons ici, nous ne vivons pas mieux moralement que nos frères au pays. je dis bien "moralement". Ils vivent dans l'ouverture et le soleil avec le sourire à tout moment. Nous vivons dans l'enferment tous les jours stressés. Le Congo sera sauvé des fils qui ont vécu dans les quartiers cosmopolites où le Nord et le Sud n'existent que par les les ambitions politiques. De toutes les façons, les changements seront là par la force des choses. mais ils ne viendront pas des critiques parfois pleines d'hyerboles du bord de la Seine, ils viendront des fils qui sont au pays et qui comprennent les réalités qu'ils vivent. Nous ne verrons peut-être pas la véritable nation congolaise car nous sommestrop préssés. Ce sont les enfants de nos enfants qui ne parleront plus du tribalisme car ce phénomène sera atténué par les mariages mixtes car nous sommes un peuple moins dense pour échapper à ce phénomène. Je suis de Ouénzé et je m'y sens plus à l'aise car c'est là où est mon véritable peuple sans frontière
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