Publié le 10 sep 2009
Par noelkodia
Dans la plupart des pays africains, les dirigeants essaient de lutter contre la corruption en décidant de sévir certains coupables. Avec la crise socioéconomique qui ronge le continent et avec le favoritisme, très souvent en relation avec le népotisme, qui marque les classes politiques africaines, l’Africain parait impuissant devant la corruption qui gangrène sa société. Mais peut-il exister des corrupteurs sans corrompus ou vice-versa ? L’administration, l’école, les services de santé, le milieu politique sont malheureusement « attaqués » par ce fléau.
L’administration africaine : une corruption programmée ?
Après les indépendances, l’administration africaine passe graduellement aux mains des autochtones. La loyauté et la probité morale héritées de l’administration coloniale s’effrite pour laisser la place au népotisme, au tribalisme, deux réalités qui sont la conséquence du régionalisme. Et comme la politique ne fait pas bon ménage avec le népotisme et le pouvoir clanique, la justice, très souvent influencé par les politiques, aura des difficultés à combattre la corruption dans les affaires de l’Etat. Ainsi, ceux qui ne trouvent pas satisfaction dans le traitement de leurs dossiers administratifs à cause de leur appartenance à d’autres ethnies, sont obligés de corrompre des agents de l’Etat, surtout au niveau des services sanitaires. Une décennie après les indépendances, surtout pendant l’Afrique des coups d’Etat où les armées se sont tribalisées pour conserver le pouvoir, la corruption devient une arme précieuse pour régler certains problèmes. Aujourd’hui, elle a tellement gagné toutes les couches sociales qu’il est difficile de l’éradiquer en un laps de temps, le corrompu encourageant souvent le corrupteur dans leur transaction. Ce qui est encore grave, c’est que le fléau a même atteint la Justice sensée de la combattre. Aussi, devant cette nouvelle situation, se voit ériger dans la société la loi du fort.
Ecole et université africaines corrompues
Dans ce monde où enseignés et enseignants travaillent ensemble dans le donner et le recevoir du savoir, il arrive que la corruption s’y développe. Surtout que les enseignants vivent en général avec des salaires qui ne conviennent pas à l’exercice de leur métier qui demande des sacrifices financiers dans la documentation. Souvent, des élèves et étudiants nantis socialement se plaisent à corrompre certains enseignants à qui ils « achètent » les notes pour passer en classe supérieure. Malgré les directives de bonne conduite de la hiérarchie, rien ne semble aller dans le bon sens ; la corruption s’étant trop généralisée. Nonobstant l’effort de quelques gouvernements dans la réhabilitation du système éducatif, on constate quelquefois la déperdition de fonds entre les ministères de tutelle et les écoles et universités. Aussi, les pots-de-vin et les dessous-de- table qui marquent le monde éducatif n’honorent pas l’école et l’université africaines. Et on n’est pas surpris de constater la détérioration de celles-ci, plus particulièrement dans les pays francophones où aucune université n’est en vue parmi les meilleures du continent.
La corruption à l’échelle politique
Après plusieurs décennies, les Etats africains ont été gérés comme de gros villages. Aussi, les dirigeants se sont comportés comme des privilégiés n’ayant de compte à ne rendre à personne. Un proverbe africain dit que « le poisson commence à pourrir par la tête ». Et il n’est pas étonnant que les sociétés ne soient exemptes de corruption, de concussion et de fraude car ces défauts se remarquent aussi au niveau de certains dirigeants du continent. Des compétences du continent ont même soutenu que le malheur des Africains serait causé par l’Occident. Une opinion qu’il faut nuancer car il est malheureux de constater que, malgré nos richesses naturelles, c’est l’Europe (avec la Chine maintenant) qui construit nos écoles, nos hôpitaux, nos routes et s‘occupe même de notre environnement en s’attaquant aux problèmes de santé et de famine. L’Afrique n’a jamais été pauvre. Seuls ses habitants sont paradoxalement pauvres à cause de la corruption et la concussion dans lesquelles les ont plongés leurs dirigeants en complicité avec certains réseaux européens que les ONG et les sociétés civiles africaines doivent dénoncer. Une mission délicate car le développement parrainé par le néocolonialisme est une politique qui vise l’accès aux richesses mise en œuvre par les lobbies financiers qui ne reculent devant rien pour atteindre leurs objectifs.
Que faire ?
Combattre la corruption, la concussion au niveau des dirigeants africains et dénoncer les réseaux européens douteux comme la Françafrique, tel doit être le leitmotiv des sociétés civiles et ONG tant sur le continent qu’au niveau de la diaspora. Comme on le dit souvent, « là où le balaie ne passe pas, la poussière ne s’en va pas d’elle-même ». Et comme le poisson africain commence toujours à pourrir par la tête, les dirigeants du continent devraient montrer de bels exemples dans la gestion du patrimoine national. Un exemple inquiétant : le président camerounais passerait des vacances « extraordinaires » à la Baule et aurait réquisitionné 43 chambres aux hôtels de la place pour un montant de 42 000 euros par nuit (1). Quel scandale si cette information s’avérait authentique. Ce qui pousserait les Africains à ne pas prendre au sérieux leurs dirigeants, ces derniers les entrainant dans la corruption et dans la concussion sans état d’âme. Décrier la corruption par tous les moyens qu’offrent les moyens de communication pour décourager les corrupteurs et les corrompus, voila la tâche à laquelle doivent s’assigner ceux qui le peuvent pour éradiquer cette gangrène.
Note
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