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Publié le 10 sep 2009 à 12:00
Par noelkodia
Dans la plupart des pays africains, les dirigeants essaient de lutter contre la corruption en décidant de sévir certains coupables. Avec la crise socioéconomique qui ronge le continent et avec le favoritisme, très souvent en relation avec le népotisme, qui marque les classes politiques africaines, l’Africain parait impuissant devant la corruption qui gangrène sa société. Mais peut-il exister des corrupteurs sans corrompus ou vice-versa ? L’administration, l’école, les services de santé, le milieu politique sont malheureusement « attaqués » par ce fléau. 

L’administration africaine : une corruption programmée ?
Après les indépendances, l’administration africaine passe graduellement aux mains des autochtones. La loyauté et la probité morale héritées de l’administration coloniale s’effrite pour laisser la place au népotisme, au tribalisme, deux réalités qui sont la conséquence du  régionalisme. Et comme la politique ne fait pas bon ménage avec le népotisme et le pouvoir clanique, la justice, très souvent influencé par les politiques, aura des difficultés à combattre la corruption dans les affaires de l’Etat. Ainsi, ceux qui ne trouvent pas satisfaction dans le traitement de leurs dossiers administratifs à cause de leur appartenance à d’autres ethnies, sont obligés de corrompre des agents de l’Etat, surtout au niveau des services sanitaires. Une décennie après les indépendances, surtout pendant l’Afrique des coups d’Etat où les armées se sont tribalisées pour conserver le pouvoir, la corruption devient une arme précieuse pour régler certains problèmes. Aujourd’hui, elle a tellement gagné toutes les couches sociales qu’il est difficile de l’éradiquer en un laps de temps, le corrompu encourageant souvent le corrupteur dans leur transaction. Ce qui est encore grave, c’est que le fléau a même atteint la Justice sensée de la combattre. Aussi, devant cette nouvelle situation, se voit ériger dans la société la loi du fort. 

Ecole et université africaines corrompues
Dans ce monde où enseignés et enseignants travaillent ensemble dans le donner et le recevoir du savoir, il arrive que la corruption s’y développe. Surtout que les enseignants vivent en général avec des salaires qui ne conviennent pas à l’exercice de leur métier qui demande des sacrifices financiers dans la documentation. Souvent, des élèves et étudiants nantis socialement se plaisent à corrompre certains enseignants à qui ils « achètent » les notes pour passer en classe supérieure. Malgré les directives de bonne conduite de la hiérarchie, rien ne semble aller dans le bon sens ; la corruption s’étant trop généralisée. Nonobstant l’effort de quelques gouvernements dans la réhabilitation du système éducatif, on constate quelquefois la déperdition de fonds entre les ministères de tutelle et les écoles et universités. Aussi, les pots-de-vin et les dessous-de- table qui marquent le monde éducatif n’honorent pas l’école et l’université africaines. Et on n’est pas surpris de constater la détérioration de celles-ci, plus particulièrement dans les pays francophones où aucune université n’est en vue parmi les meilleures du continent. 

La corruption à l’échelle politique
Après plusieurs décennies, les Etats africains ont été gérés comme de gros villages. Aussi, les dirigeants se sont comportés comme des privilégiés n’ayant de compte à ne rendre à personne. Un proverbe africain dit que « le poisson commence à pourrir par la tête ». Et il n’est pas étonnant que les sociétés ne  soient exemptes de corruption, de concussion et de fraude car ces défauts se remarquent aussi au niveau de certains dirigeants du continent. Des compétences du continent ont même soutenu que le malheur des Africains serait causé par l’Occident. Une opinion qu’il faut nuancer car il est malheureux de constater que, malgré nos richesses naturelles, c’est l’Europe (avec la Chine maintenant) qui construit nos écoles, nos hôpitaux, nos routes et s‘occupe même de notre environnement en s’attaquant aux problèmes de santé et de famine. L’Afrique n’a jamais été pauvre. Seuls ses habitants sont paradoxalement pauvres à cause de la corruption et la concussion dans lesquelles les ont plongés leurs dirigeants en complicité avec certains réseaux européens que les ONG et les sociétés civiles africaines doivent dénoncer. Une mission délicate car le développement parrainé par le néocolonialisme est une politique qui vise l’accès aux richesses mise en œuvre par les lobbies financiers qui ne reculent devant rien pour atteindre leurs objectifs. 

Que faire ?
Combattre la corruption, la concussion au niveau des dirigeants africains et dénoncer les réseaux européens douteux comme la Françafrique, tel doit être le leitmotiv des sociétés civiles et ONG tant sur le continent qu’au niveau de la diaspora. Comme on le dit souvent, « là où le balaie ne passe pas, la poussière ne s’en va pas d’elle-même ». Et comme le poisson africain  commence toujours à pourrir par la tête, les dirigeants du continent devraient montrer de bels exemples dans la gestion du patrimoine national. Un exemple inquiétant : le président camerounais passerait des vacances « extraordinaires »  à la Baule et aurait réquisitionné 43 chambres aux hôtels de la place pour un montant de 42 000 euros par nuit (1). Quel scandale si cette information s’avérait authentique. Ce qui pousserait les Africains à ne pas prendre au sérieux leurs dirigeants, ces derniers les entrainant dans la corruption et dans la concussion sans état d’âme.  Décrier la corruption par tous les moyens qu’offrent les moyens de communication pour décourager les corrupteurs et les corrompus, voila la tâche à laquelle doivent s’assigner ceux qui le peuvent pour éradiquer cette gangrène.  

Note
Lire linternationalmagazine.com
Publié le 23 aoû 2009 à 17:34
Par noelkodia
Dans www.internationalmagazine.com du 6 août 2009, le secrétaire à la Coopération Alain Joyandet révèle un nouveau projet français pour les Africains. Et sans se concerter avec les concernés, il parle de la mise en œuvre d’un jeu loto ou bingo qui compléterait l’aide publique au développement et qui s’inscrirait dans le cadre de ce qu’il appelle pompeusement « financements innovants ». Se moquerait-on des Africains quand on sait que le continent ne mériterait pas sa pauvreté qui se dévoile paradoxalement sur des richesses exploitées sans scrupules par ces mêmes Occidentaux qui pensent les faire sortir de cette pauvreté  dont ils sont, en partie, à l’origine?

Pour Alain Joyandet qui s’adresse aux Français et non aux Africains, ce jeu sur internet pourrait commencer en 2010 et pourrait rapporter environ dix millions d’euros par an.
Longtemps considérés comme une chasse gardée où l’on pouvait aller puiser les matières premières, les pays africains francophones n’ont pas connu le développement souhaité. On a plus développé les moyens favorisant le pillage des matières premières tels routes et chemin de fer pour évacuer les produits vers l’Europe et quelques structures sanitaires pour préserver la santé des « travailleurs » au service des compagnies concessionnaires. Pour n’avoir pas pu penser à un véritable développement du continent, les Occidentaux se voient subir par ricochet les dégâts causés par leur impérialisme ; on peut noter l’immigration, les conflits interethniques et même inter-états qui parfois les freinent l’exploitation de leurs ex-colonies.Le développement de l’Afrique passera par un dialogue franc et sincère avec les Occidentaux et leurs anciennes colonies. L’Afrique a maintenant des compétences qui peuvent proposer le chemin à suivre pour un véritable développement. Des projets du type de celui du secrétaire à la Coopération, doivent faire sourire d’éminents économistes tel Mamadou Koulibaly dont les travaux à ce sujet a réveillé une partie de la jeunesse africaine.

Aujourd’hui, le continent avec ses richesses, peut normalement aller au développement  pour lutter contre la pauvreté et les maladies si on faisait confiance à ses compétences. Au lieu d’élaborer des projets à partir de leur bureau d’Europe, les Occidentaux devraient pousser les Africains à respecter les principes élémentaires de la démocratie, gage fondamental pour tout développement. Et cela, en fondant sur leurs réalités L’Afrique a ses spécificités qui ne peuvent être bien expliqués que par les Africains eux-mêmes. Ils ont fait comprendre au président français qu’il s’était trompé, malgré lui, dans son discours de Dakar. Les Africains sont capables de proposer des solutions pour leur développement sans passer par un loto (idée de Joyandet) avec ses « financements innovants ».  
Après la chute du mur de Berlin, les Européens ont imposé, du haut en bas, la démocratie pluraliste, une démocratie à l’Occidentale. Erreur on ne peut plus constatée, car oubliant que l’Afrique a eu sa démocratie à travers ses chefferies et royaumes qui, malheureusement, ont subi les affres de la Traite et de la colonisation. Peut-être serions nous d’accord avec Carlo Lottieri et Emmanuel Martin, quand ils affirment qu’il y a eu « détournement démocratique ». Puisqu’on a voulu que la démocratie africaine reflète celle de l’Occident.Aujourd’hui, si l’Afrique végète encore dans la pauvreté malgré l’immensité de ses richesses et le pluralisme démocratique consécutif au discours de François Mitterrand à la Baule, c’est que l’Occident ne l’a pas accompagnée jusqu’au bout dans cette nouvelle réalité combien complexe. Pour des raisons stratégiques, l’Occident continue à soutenir des dictateurs de certains pays. Ceux-ci pourraient pourtant endiguer la pauvreté de leurs peuples s’ils y mettaient un peu de volonté en luttant contre le favoritisme et la corruption. Aujourd’hui, la mauvaise gouvernance, les violations des Constitutions se passent au su et au vu des Occidentaux, malgré la lutte des Africains contre ces phénomènes. Ces derniers sont abandonnés à eux-mêmes. Car les dictateurs protègent les intérêts de ces mêmes Occidentaux qui pensent les aider par des « financements innovants ». L’Africain lambda réalise-t-il par exemple les effets de la fameuse taxe sur les billets d’avion proposé par Jacques Chirac et adoptée par certains pays  pour lutter contre ses misères? La véritable solution pour combattre la pauvreté se trouve dans les mains des Africains auxquels les Occidentaux doivent imposer le respect scrupuleux de la bonne gouvernance sur fond d’un pluralisme démocratique, sous peines de sanctions sévères. Pourquoi ne pas demander aux gouvernants africains la répartition équitable des royalties et dividendes qui proviennent de l’exploitation des richesses ? Car comment comprendre que 70% de la population des pays nantis comme le Gabon, le Congo et l’Angola, vivent paradoxalement au seuil de la pauvreté avec moins d’un dollar par jour ? La complaisance des Occidentaux vis-à-vis des dictateurs africains qui « paupérisent » leur population pourrait se retourner contre eux s’ils continuent à s’acoquiner avec ces derniers.

Marginalisés et ne pouvant plus atteindre l’El dorado européen, les jeunes africains constituent une bombe à retardement et pourraient « brûler » les intérêts occidentaux sur place.
Pour une mondialisation apaisée, il faudrait que les Occidentaux puissent participer normalement au développement de l’Afrique, comme cela se fut pour elle à travers le plan Marshall des Américains. Puissent les Occidentaux méditer sur cette sagesse africaine qui dit que quand la case du voisin brûle, il faut tout faire pour que les flammes n’atteignent pas la vôtre. Vaincre la pauvreté des Africains, c’est empêcher qu’elle monte vers le Nord. 
Publié le 05 avr 2009 à 20:49
Par noelkodia

Voici un livre qui pose une problématique pertinente sur l’avenir du continent africain au moment de la mondialisation. L’Afrique qui subit encore l’influence de la civilisation occidentale voit ses cultures se dévaloriser avec le temps. En une centaine de pages, le sociologue Amouzou analyse cette dégradation des cultures africaines au contact avec l’Occident, démontre que la civilisation africaine a été travestie par l’Occident, spécifie les bouleversements subis par les cultures africaines par le biais de la colonisation avant d’esquisser quelques solutions pour freiner la décadence des cultures africaines tout en respectant les principes élémentaires de la mondialisation.

 

Les cultures et civilisations africaines ont été niées par certains eurocentristes à la découverte du continent. L’Afrique a été violée à partir du 17è siècle quand les Occidentaux ont commencé à visiter les côtes africaines. Ce livre nous révèle que la société précoloniale africaine est structurée en fonction de l’âge, du sexe et de la parenté. Sur le plan économique, il y a au sein des groupes sociaux, des échanges qui se limitent à la communication des biens et des marchandises. Une économie de subsistance qui se réalise sans problème au sein des groupes sociaux, se basant sur les échanges matrimoniaux et les obligations de parenté. Du politique, le chef, dans l’Afrique traditionnelle, a une autorité charismatique lui permettant d’imposer le respect et l’écoute dans la vie communautaire. L’Afrique apparaît comme une société d’opinion publique dans laquelle tout acte de l’autorité est surveillé et même épié. Ce qui pousse ce dernier de bien se comporter dans la société. L’éducation dans l’Afrique traditionnelle est assurée par la famille, le clan et le lignage ; une éducation qui n’est pas détachée de la société comme en Occident.

 

Avec la colonisation, le continent se voit imposer la civilisation occidentale avec tous les problèmes au niveau de la société africaine. Et le constat fait par presque tous les historiens et sociologues qui étudient les sociétés africaines est amer : l’importation des modèles étrangers sur le continent depuis sa rencontre avec l’Europe,  ont entraîné un grand séisme sur les plans politique, économique et social. Cette situation a fait que, les élites africaines soient accusées de l’opprobre et du déshonneur qui frappent l’identité africaine. Aussi, après les ravages du colonialisme, l’auteur actualise le thème de la mondialisation qui déconstruit et reconstruit les Etats africains selon des modalités qui favorisent la libre circulation des capitaux, des marchandises et de la technologie. Il remarque la domination culturelle des Français dans leurs ex-colonies par la dégénérescence des langues locales marquées par le français ; celles-ci ont perdu leur originalité avec déformation des patronymes africains et interférences linguistiques. Et dans le quotidien africain, se développent de nouvelles relations sociales. Par complexe devant la civilisation occidentale, les Africains perdent leur « authenticité » par mimétisme. Les adolescents découvrent une autre image de la sexualité à travers l’audiovisuel et la littérature pornographique. Ce qui les entraînent dans la prostitution, surtout dans le milieu urbain où se développe le harcèlement sexuel au niveau scolaire, universitaire et dans l’administration. Pour Amouzou, la banalisation du sexe apportée par la civilisation occidentale serait à l’origine de l’homosexualité visible en Afrique à partir des années 80. Avec le choc des cultures (occidentale et africaine), les jeunes paient un lourd tribut dans l’aliénation culturelle. Ils délaissent le vêtement traditionnel et s’habillent comme le Blanc, particulièrement les filles dans le dessein d’attirer les hommes. Complexé par l’image du Blanc, le Noir africain se blanchit la peau, ignorant les conséquences néfastes de cette pratique. A cela, il faut ajouter l’impact négatif de la musique moderne africaine dans la société. Considérée comme vecteur des valeurs morales pour conscientiser le peuple, elle est bradée par des musiciens qui valorisent le sexe et l’argent.

Dans ce bouleversement que subit le continent, Amouzou réalise aussi l’influence de la culture occidentale sur la diaspora où elle semble plus « virulente ». Contraint de réinventer une nouvelle identité, l’immigrant se confronte à l’expérience insupportable du déracinement et de l’acculturation que subira surtout sa progéniture ; réalité de l’individualisme et de l’enfermement de la société occidentale qui sera héritée dès leur naissance.

 

Dans ce livre où nous avions dégagé les sujets on ne peut plus pertinents, l’auteur suggère des solutions pour « redécouvrir » l’Afrique et sauvegarder ses cultures dans l’avenir. Il préconise la formation des anthropologues, sociologues, psychologues et linguistes qui enseigneraient à la société africaine ses réalités bafouées par l’Occident.  Car  le colonialisme a esquinté la civilisation africaine ; l’Occident est devenu un mythe que les Africains prennent pour modèle. Mimétisme et suivisme les poussent à singer le Blanc, réalité dévoilé par l’auteur dans la dernière partie du livre en s’appuyant sur l’histoire et le social de son pays.

 

L’impact de la culture occidentale sur les cultures africaines (1), un ouvrage qui livre aux Africains des éléments objectifs pour prendre conscience de leur originalité en train de se dissoudre dans la mondialisation à eux imposée par l’Occident. Tout en regardant l’avenir en rapport avec cette mondialisation, l’Afrique doit s’efforcer de ne pas se couper de son riche passé. Ce livre, une invite à tous les Africains du contient et de la diaspora pour une prise de conscience de l’histoire de leurs cultures et civilisations en danger de perdition.

  (1) Essé Amouzou, L’impact de la culture occidentale sur les cultures africaines, L’Harmattan, Paris, 2009, 190p.
Publié le 14 nov 2008 à 18:29
Par noelkodia
 Il s’est tenu du 29 au 31 octobre 2008, les travaux du 6è Forum mondial su le développement durable à Brazzaville, capitale d’un pays du Bassin du Congo considéré comme le « deuxième poumon » de la planète après l’Amazone. Il est temps d’interpeller les pays de cette partie de l’Afrique pour protéger sa faune, sa flore avant qu’il ne soit trop tard au moment où le changement climatique s’accentue plus vite que prévu.

 

On a commencé à parler de développement durable quand on a constaté que le changement climatique consécutif à la grande industrialisation des pays du Nord commençait à poser problème à la vie de l’homme quel que soit le lieu où il se trouvait sur la planète. Réchauffement climatique et effet de serre avec leurs effets telles la perturbation des saisons, la fonte des glaces du pôle Nord provoquant la montée des eaux océanes. Pour arrêter les effets néfastes de ce changement climatique, les experts ont donné la solution : préserver les forêts de l’Amazone et celles du Bassin du Congo qui permettent à la planète de « respirer ». Mais la protection de ces deux entités pose aussi le problème de la survie des populations de ces espaces dont le quotidien de vie n’est pas celui des pays du Nord.


Le développement durable s’avère une réalité paradoxale du quotidien des populations qui vivent dans le Bassin du Congo. On leur demande de sauvegarder la nature en ne touchant plus à la faune et la flore car l’agression de la nature étant le facteur principal du changement climatique qui a son tour, agit négativement sur la vie de l’homme. Aussi, comme la planète Terre se définit comme un tout au niveau de la vie de l’homme, on constate que les effets négatifs provoqués par l’industrialisation des pays du Nord se répercutent sur les autres continents à qui l’on demande de ne pas suivre leur exemple en matière d’industrialisation pour éviter la catastrophe climatique qui se profile à l’horizon si l’homme ne change pas de comportement vis-à-vis de la nature. Et c’est sur l’un de ses deux poumons comme le Bassin du Congo que la planète compte pour que le développement durable soit une réalité. Mais se pose le problème de l’acceptation des populations du Bassin du Congo de respecter les interdits à elles demandés par la Communauté internationale tout en réalisant que leur survie dépend de la nature de cette même région qui leur donne le manger, le boire, le soigner à travers les forêts, fleuves et rivières.


La forêt est synonyme de vie pour les populations du Bassin du Congo et l’agression de la nature est pour elles une chose normale. Elles doivent chasser et cultiver pour manger. Elles doivent couper le bois pour se chauffer et « détruirent » certaines plantes pour se soigner. Et se révèle un grand paradoxe quand on leur demande de sauvegarder la faune et la flore sans leur donner une autre alternative pour leur survie. Les pays appartiennent au Bassin du Congo étant pauvres et souvent à la merci de certaines entreprises qui exploitent leur bois, se pose le problème du respect du développement durable qui concernerait toute la planète.


Aider les populations de cette région à se nourrir sans pour autant décimer la faune et la flore par la chasse et l’élevage qu’il faut moderniser, leur permettre de se chauffer sans s’attaquer au bois en leur proposant par exemple l’usage du gaz butane, telles sont les principales directives que l’on doit faire valoir à ces populations. Aussi la vulgarisation des médicaments pour se soigner et l’utilisation par exemple du gaz butane pour remplacer le bois de chauffe, comme je viens de le préciser, doivent être des leitmotivs des Etats de cette région du Bassin du Congo pour sauvegarder la nature. Mais pour cela, il faut une véritable révolution sociologique et sociétale qui commencera par les urbains pour atteindre ensuite les ruraux. Car la nature au niveau des campagnes est surtout détruite à la demande des besoins de la ville. En quelques décennies, on a remarqué que les forêts laissées à dessein par les colons aux environs des villes comme poumons des citadins, ont disparu anarchiquement au profit des constructions, parfois tolérées par l’Etat.


Parler de développement durable à des pays dont 70% de leurs populations vivent au seuil de la pauvreté n’aura pas sur eux un grand impact car s’occupant plus du quotidien que du futur. Leur demander de préserver la faune et la flore pour leur génération future, alors qu’elles en ont besoin pour leur survie actuelle, n’est que pure utopie. Un seul remède pour le développement durable : que les pays du Nord aident convenablement ceux du Sud en leur proposant de l’énergie non polluante comme l’électricité à base du soleil que l’on pourra développer, en les aidant à moderniser l’agriculture et l’élevage, remède qui les rendrait moins dépendants de la forêt.


Si les pays développés et ceux du Bassin du Congo ne se concertent pas dans des meilleurs délais pour sauvegarder ce deuxième poumon de la planète, nous allons droit au mur et l’avenir ne serait qu’aléatoire pour les futures générations.


 

Publié le 28 oct 2008 à 14:26
Par noelkodia
Sur la liste des 100 meilleurs établissements universitaires que vient de publier le site www.20mai.net, on constate une absence notoire des universités de l’Afrique centrale. Une situation qui devrait interpeller les gouvernants ainsi que les décideurs du monde éducatif de la région dans la mesure où l’université contribue énormément au développement d’un pays par l’intermédiaire de la recherche au niveau des sciences humaines et exactes. Une remarque pertinente sur ce classement : la grande présence des universités anglophones qui pourrait être synonyme de suprématie du système éducatif anglo-saxonne sur celui des Francophones

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Une université se respecte par la notoriété de ses enseignants et la pertinence de ses travaux de recherche. Mais dans certains pays où sont passées la mauvaise gouvernance sur fond de népotisme et les guerres interethniques, l’université a vu ses cadres aller exercer sous d’autres cieux. Dans les universités de l’Afrique centrale où les professeurs titulaires se comptent sur le bout des doigts, et où les travaux de recherche sont en général sous la direction des maîtres-assistants et vacataires, on ne peut pas être étonné de leur classement médiocre sur l’échiquier continental. A l’Ecole normale supérieure de Brazzaville où j’ai exercé, la majorité des départements compte plus de vacataires que d’enseignants titulaires. Et l’on remarque aussi que certains enseignements ne sont pas confiés à leurs spécialistes.

 

Les conditions de travail dans les universités de l’Afrique centrale

Les universités du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la République centrafricaine et du Tchad ont vu le jour après la disparition de la FESAC (Fondation de l’enseignement supérieure en Afrique centrale) mise en œuvre par l’Unesco pour la formation des enseignants du secondaire de la région. Après plusieurs décennies, ces universités restent en général marginalisées dans les programmes de développement socioculturels élaborés par les gouvernements qui se sont succédé dans cette région. Des pays comme le Gabon et le Cameroun devraient profiter de leur quiétude sociale pour revaloriser leurs universités par rapport aux autres qui ont été secoués par des guerres civiles. Mal rémunérés et travaillant dans des conditions aléatoires, les enseignants de ces pays ont eu du mal à s’extérioriser. Les bibliothèques universitaires sont absentes et ne sont pas mises à jour quand elles existent comme au Congo-Brazzaville, Etre bien suivi dans ses travaux de recherche pour les étudiants devient une sinécure car leurs professeurs sont souvent partagés entre les classes et les bureaux de certains politiques dont ils sont des conseillers. Dans ces pays où les enseignants ne sont pas généralement bien payés quand on voit le travail qu’ils fournissent ainsi que leur cursus universitaire, l’on constate le départ de certains d’entre eux vers d’autres horizons plus rémunérateurs. L’enquête faite au niveau des compétences de la diaspora de l’Afrique centrale révèle qu’il y a des universitaires bien formés et capables d’aller rehausser le niveau de formation dans leur pays. Mais se posent les conditions de travail avec des salaires qui ne permettraient pas de mener à bien leurs enseignements et recherches. Dans ces pays, on a parfois des hommes qui n’ont que le niveau du secondaire mais qui gagnent mieux leur vie que des universitaires parce qu’acteurs politiques au pouvoir. Et cette situation n’encourage pas certaines compétences de rentrer à Ndjaména, Brazzaville, Bangui ou Libreville où ils seront plus nécessiteux que dans les pays du Nord où certains se sont donnés à des petits métiers qui leur donnent le minimum vital malgré la « mise au placard » de leurs diplômes.

 

Revaloriser l’université en Afrique centrale

Aucune université de l’Afrique centrale sur la liste des cent meilleures du continent et cela devrait interpeller nos décideurs politiques car ils doivent comprendre que l’éducation est l’une des conditions fondamentales pour le développement d’un pays en dehors de la santé. Et apparaît chez nos politiques un élan égoïste quand ils préfèrent envoyer leurs enfants aller étudier dans les pays du Nord et où ils vont aussi se faire soigner au moindre mal. Les pays d’Afrique centrale ont des richesses énormes qui devraient leur permettre de reconsidérer leur système éducatif en revalorisant la condition enseignante. Que de compétences de l’Afrique centrale devenues Français, Britanniques, Canadiens et Américains qui voudraient participer au développement de leur pays ! Mais malheureusement ils sont incompris par les dirigeants de leur pays qui ont souvent lié le tribalisme à leur vision monarchique dans la direction de l’Etat.

 

Les universités d’Afrique centrale, une catastrophe humanitaire quand on se réfère à la place qu’elles occupent sur le classement continental par rapport à celles de l’Afrique de l’Ouest. Et quand on se rappelle les quelques années post-indépendances quand les étudiants de ces pays venaient se former dans des universités de l’Afrique centrale comme le Centre d’enseignement supérieur de Brazzaville qui s’est transformé en Université de Brazzaville depuis 1972. Et ces établissements de l’Afrique centrale sont maintenant classés loin derrière l’université Cheik Anta Diop (Sénégal) et l’université de Ouagadougou (Burkina Faso) qui occupent respectivement les 14è et 37è places. A quand les richesses de l’Afrique centrale devront-elles servir grandement à la formation des cadres ainsi qu’à leur prise en charge décente et non à l’achat des armes et la corruption des acteurs politiques qui ne font qu’aggraver les malheurs des Africains de cette sous-région ? Si l’Afrique centrale néglige ses universités, elle va droit au mur : triste réalité d’une région riche qui mériterait mieux que ça de ses politiques.

 

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