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Mon bloc perso.
"En cas de démence du roi, notoirement reconnue, légalement constatée et déclarée par le Corps législatif après trois délibérations successivement prises de mois en mois, il y a lieu à la régence, tant que la démence dure."
Art.18. de la Constitution de 1791.
Publié le 09/06/2008 à 23:26
Par Norois

« Nous n'accepterons pas que le Sénat soit l'otage du PS pour voter la constitution".  Cette « petite phrase » de l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, prononcée  lundi sur le talk-show Orange-Le Figaro, illustre à merveille ce qu’il y a de plus faux-cul, sinon de plus abject, chez certains de nos politicards. Ces  « professionnels » de la politique qui ont fait de la chose publique « l’otage » de leur carrière.

Car que laisse à penser l’élu du Poitou qui n’est naturellement pas un demeuré ? Que le PS, au nom de vilaines arrières pensés, prend en « otage » la Haute assemblée pour refuser la réforme constitutionnelle, naturellement bonne par nature. Mais qu’omet de dire Raffarin ?

Un, qu’aucune des demandes politiques du PS  -et de toute l’opposition- pour voter à l’unisson la réforme constitutionnelle n’a été retenue par le pouvoir et l’UMP dont le Sieur du Poitou est le vice président. La prise en compte du temps de parole du président de la République dans le calcul général des temps de paroles médiatiques, Allez vous faire foutre !  La  remise en cause de la liberté d’amendements des lois ? Allez-vous faire voir !  La prise de parole du président devant le congrès sans remise en cause du droit de dissolution ?  Allez-vous faire mettre ! La justement « réforme du Senat », chambre inique au scrutin indirect et anti démocratique ne représentant plus grand-chose sinon plus grand monde, hormis quelques potentats locaux ne représentants plus qu’eux même au nom d’un « fromage politique » en dehors du temps. Allez-vous faire empapaouter ! On en passe et des meilleurs. Rien. Quedal. Signez là ! Dites merci à Icelui ! Et prenez la vaseline !

Alors la réforme du Sénat ? Mais qu’est-ce qu’un sénateur aujourd’hui ? Pour l’essentiel, un type élu, non par le peuple, mais par un collège de maires et de conseillers généraux, partant du principe qu’un sénateur est élu pour 9 ans, que le Sénat est élu par « tiers » et donc qu’un sénateur élu deux fois de suite fait une carrière tranquille de 18 ans sans aucune remise en cause démocratique avec des avantages sociaux et des émoluments dignes d’une république bananière ! Pour le reste , les dits sénateurs, pour préserver leurs privilèges, nous font un grand baratin sur les avantages du « bicamérisme »,  la grande sagesse de la deuxième chambre, le travail distanciée de leurs commissions, patati patata, oubliant toujours de rappeler que la chambre en question ne correspond plus en rien à la réalité socio-politique de la France d’aujourd’hui, que par le jeu du fameux « tiers » électoral, la droite y est majoritaire depuis 1958, que jamais la gauche, victorieuse ou pas à toutes les élections locales et régionales,  ne pourra contrôler la Haute Assemblée, et que la Chambre en question sert enfin  de parachutes dorée à nombre de députés battus et de ministres en rupture de banc.

Il a y toujours des exceptions qui confirment la règle -on pensera ici à Robert Badinter- mais globalement le Sénat est une chambre politiquement surréaliste. Sociologiquement à l’image d’une France rurale des années 50 qui n’existe plus. Economiquement à des années lumières du pays. Culturellement, au niveau de l’ORTF de Léon Zitrone.  Point.


Que le PS souhaite réformer cette bizarrerie politique de la Ve République  -comme le général de Gaulle l’avait souhaité dés 1969 pour en faire une France représentative des régions et des forces vives du pays - ne vient pas à l’esprit du bon docteur Raffarien. Et pour cause.


Car -deux- qu’omet de dire le cardinal-archevêque Raffarin ? Tout simplement qu’il brigue… la présidence du dit Sénat !
La succession de Christian Poncelet, l’actuel vieux rombier qui préside aux destinées de cette chambre de vieux rombiers, le citoyen Poncelet, deuxième personnage de l’Etat d’après la constitution, mais deuxième personnage  aussi sous le coup d’une enquête judiciaire pour trafic d’influence fort peu médiatisée.

Autrement dit, derrière ses belles paroles prononcées avec force menton et mise du doigt dans le pot de miel, Jean-Pierre Raffarin, l’homme des dernières chinoiseries cire pompes,  défend son beefsteak ! Et la suite de sa carrière. Au nom de quoi ? D’un des plus beaux appartements-logement de fonction de la République. D’un fauteuil à plusieurs milliers d’euros mensuels, plus les avantages fiscaux et en nature afférant.  Le reste est enculage de mouches.

Alors qu’est-ce que  la réforme constitutionnelle et le PS ont à voir là dedans hormis la gestion de ses propres intérêts forts bien calculés ? Rien. Zoby. Pisse-montagne. En fait, sa déclaration relève d’un bottage en touche, d’un leurre politique, d’une dose de phénergan.

Mais comme disait déjà Tartuffe : « le scandale du monde n’est pas ce qui fait l’offense, et ce n’est point pécher que pécher en silence ». Surtout quand le monde médiatique, fort de  son absence d’esprit critique, accompagne le dit sénateur, au bel embonpoint politique,  en la gestion goulue de ses privilèges anachroniques.


Publié le 29/05/2008 à 14:44
Par Norois



. Le 9 avril la CGT, la CFDT,  la CGPME et  le Medef avaient donc signé un accord sur l’aménagement du temps de travail après plusieurs semaines de négociation. Cet accord, non signé à l’époque par FO, vient donc d’exploser. Au grand dam des signataires, même du Medef, qui peuvent légitimement avoir le sentiment d’avoir été roulé dans la, farine. Accord donc ou pas, le gouvernement, par la voix de Xavier Bertrand, le ministre des Affaires dites sociales, vient en effet de faire savoir qu’un projet de loi sera déposé prochainement sur le bureau de l’Assemblée pour permettre aux  entreprises de décider librement de la durée du temps de travail après négociation avec leurs propres salariés. Si la durée légale du travail restera donc à 35h des « assouplissements » (sic)  pourront donc être trouvés pour permettre à tout salarié de travailler jusqu’à 48h par semaine, horaire limite fixé par l’Union européenne ! Pourront être aussi renégociés les règles de repos compensateurs, les forfaits annuels et tous « ajustements nécessaires en cours d’année ». Pas la peine de se cacher derrière son petit doigt, le droit du travail fondé sur la solidarité collective et une certaine idée de l’égalité des conditions a vécu. Et rien ne dit, au-delà des belles déclarations la main sur le cœur du patron de l’UMP, Patrick Devedjian, que les chefs des petites entreprises et autres PME qui n’ont ni délégué du personnel ni représentant syndical ne vont pas s’en donner à cœur joie pour serrer les vis et imposer, de fait, de nouvelles règles de flexibilité. Que cette annonce par le gouvernement foule aux pieds plusieurs semaines de négociation entre les partenaires sociaux, le président et le gouvernement n’en ont manifestement cure. Sinon rien à foutre. Le premier pourra dire devant les télés qu’il a « libéralisé » le travail tout en restant campé sur la durée « légale » de 35 h, et le deuxième arguera que le gouvernement est dans son rôle en balayant les d’un revers de main, comme vient de le faire Xavier Bertrand, les coups de gueules des syndicats. Au-delà du fait que le pouvoir et l’UMP ont manifestement roulé les partenaires sociaux dans la farine pour gagner du temps en pratiquant la technique du « leurre », il n’est pas certain que cette annonce qui intervient dans un climat social très  tendu n’ait pas d’effet boomerang… On ne peut pas, à la fois, claironner dans tous les médias que le temps où l’Etat décidait de tout est révolu, que seules désormais comptent les négociations entre partenaires sociaux et faire in fine un bras d’honneur aux syndicats. Et un enfant dans le dos au Medef…  Ce jeudi, le reste de confiance minimum qui pouvait encore rester entre les partenaires sociaux et le pouvoir vient de voler en éclat. Ce coup de force politique, de nouveau facteur de divisions, relève d’une façon bordélique de gouverner indigne d’une démocratie.  Que le pouvoir n’aille pas ensuite se plaindre si les syndicats ou les Français décident tout à coup de lui dire vertement : « les conneries ça suffit » !



. A propos d’idioties et après le flingage en règle par plusieurs députés UMP dont a été victime l’AFP ces dernières semaines au prétexte d’être « à la solde de l’opposition », le citoyen libéral député Claude Goasquen vient de livrer la mèche : « Moi, je souhaite ardemment que l’AFP soit privatisée » vient-t-il de déclarer. Au moins cette déclaration a-t-elle le mérite de la clarté des intentions. On rappellera simplement ici que l’Agence France presse est une entreprise qui a toujours gratouillé le pouvoir. Et pour une raison simple : elle bénéficie grâce à de Gaulle depuis 50 ans -fait suffisamment rare dans la presse pour ne pas être oublié- d’un statut unique qui  garantit son « indépendance rédactionnelle ».

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