. Le débat sur l’avenir du système de santé et de l’hôpital n’aura donc pas lieu à l’Assemblée. Trop compliqué ! « La complexité et la technicité du sujet sur les agences régionales de santé me conduiront à choisir de légiférer par ordonnances » a indiqué la semaine dernière Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé. Traduction, si l’on saisit bien la pensée de la ministre : les députés sont trop cons pour comprendre -et débattre- de l’avenir de l’hôpital public. Pas la peine d’em… les gens avec ça. D’ailleurs personne dans la presse ne s’est ému de cette confiscation démocratique. Quel est le type, déjà, qui voulait « redonner du pouvoir au Parlement» ? Le Président ? Ah...
. Le 17 juin, en fin de matinée, une enseignante de 3eme du collège Chantemerle de Corbeil (Essonne) a été rouée de coup par un de ses élèves de 16 ans. Dix jours d’incapacité de travail pour la prof ! Le gamin dessinait, il n’a pas supporté que sa prof le lui fasse remarquer. « J’ai disjoncté » il a dit à la police. Le gamin venait il est vrai de perdre son père et d’être placé en foyer. Une « situation banale dans de nombreux quartiers défavorisés » a commenté un éducateur. C’est fou le nombre de gens qui « disjonctent » depuis quelques temps, non ? Ah au fait, le sous ministre de la Ville, vous savez celle qui va à la messe tous les dimanches, a indiqué ce vendredi, sur France Inter, que le gouvernement allait enfin s’occuper des quartiers de banlieues. On ne sait toujours pas ce que fou Fadela Amara, mais sa ministresse de tutelle est contente. « Le financement est là », elle a dit aux anges, en lâchant le chiffre de 3 milliards. Lundi dernier, toujours sur France Inter, le camarade Julien Dray, maire PS de Grigny, avait lui chiffré, de « l’avis de tous les experts sérieux », à 50 milliards d’euros le « plan Marshall des banlieues » qui serait nécessaire, selon lui, pour remettre « tous ces quartiers dans le territoire de la république » comme s’y était engagé Icelui pendant sa campagne... Ou est le lézard ?
. A propos de lézard, méditez donc ça. Depuis une semaine on nous bazarde dans la tête le dernier chiffre du déficit de la Sécu : 8 milliards d’euros. Sans compter les pleurs et les larmes qui nous attendent avant de nous serrer la ceinture pour le plus bénéfice à venir des compagnies d’assurance qui lorgnent sur le magot de la Sécu en question. Donc connaissez-vous le montant 2007 de la défiscalisation des cotisations sociales dont profitent les entreprises ? 32 milliards d’euros ! 27 en 2006 ! Défiscalisation qui grève le budget de l’Etat et… accroit le déficit de la dite Sécu. Avec, in fine, toujours le même constat : c’est toujours les mêmes qui morflent. Et les mêmes qui se goinfrent.
. Bon mis à part le fait que l’Autre veut se marier avec Estelle Denis, sa compagne de M6, ce dont tout le monde se contrefiche, revenons sur la télé. Et sur cette petite mésaventure qui vient d’arriver au gouvernement… allemand. Donc en Allemagne, la télé publique avait depuis quelques années investit sur le Net, en particulier en offrant des « contenus » télévisuels spécifiques pour bien différencier ses chaines de la programmation de ses sites. Horreur et damnation ont hurlé ses concurrents privés qui ont été illico se plaindre auprès de la commission de Bruxelles pour « atteinte à la concurrence libre et non faussée ». Et bien bingo ! Non seulement la commission a donné raison aux concurrents de la Deutche télé, mais elle a fait pression auprès du gouvernement allemand pour qu’il veille bien à ce que ne soit mis en ligne que les seuls programmes déjà diffusés sur le petit écran de la télé publique. Exit donc toute la production singulière conçue pour Internet. Et bien que croyez-vous qu’il arriva ? Le gouvernement allemand a obtempéré! Et le service public allemand, au grand dam de ses rédactions, obtempéré aussi. Dérégulons, dérégulons.
. La nouvelle loi sur la « modernisation de l’économie » - j’adore cette phraséologie- a surtout fait causer les medias à propos des grandes surfaces en général. Et de Leclerc en particulier. Elle moins fait causer les journaux sur les autres petits cadeaux balancés ici ou là via des amendements discrets concoctés par des députés tous aussi discrets. Mais forts sensibles aux vœux du Château. Ainsi, non seulement un amendement discret, voté le 9 juin, va permettre à Numéricâble d’installer son réseau de fibre optique dans tous les immeubles où il est déjà présent « sans avoir à demander l’accord des propriétaires » -un petit potentiel de 10 millions de foyers pour cette entreprise fort prisée à Neuilly et en haut lieu- mais le citoyen Bouygues n’a pas non plus été oublié, comme le rappelle Le Canard de cette semaine. Comme un gros coucou qui pique le nid des autres, Bouygues Telecom va en effet pouvoir, « grâce à un amendement aux petits oignons », dixit le Canard, retransmettre des communications dans toute la France via… le réseau de ses concurrents ! Et comment cela est-il possible ?? Et bien simplement du fait d’un petit article amicalement rédigé stipulant que lorsque deux opérateurs seulement sont présents dans une zone mal desservie, ceux-ci devront obligatoirement retransmettre les communications du troisième. Autrement dit, BT payera une minuscule redevance à SFR ou à Orange qui couvrent 70% du territoire sans avoir dépensé un radis pour construire son infrastructure technique manquante ! C’est quand même sympa d’avoir des potes au ciel. Et des petites mains scribouillardes au Parlement.
. Le camarade Gaudin et néanmoins toujours maire de Marseille est lui aussi aux anges. On comprend pourquoi. Sa nouvelle bouillabaisse médiatique est aux petits poissons. Le nouveau « patron » de La Provence, le sieur Philippe Hersant, est en effet un amour. Qui a-t-il nommé à la tête de son « pole sud » (La Provence, Nice Matin, Corse Matin) ? Guy Philip, c’est dire l’ex directeur de la communication de… Jean-Claude Gaudin ! Et qui dans une de ses filiales ? Bruno Genzana, le chef de file de l’UMP au conseil général des Bouches du Rhône ! Dégât collatéral, mais Hersant s’en fou comme de ses premières godasses, 44 journalistes ont déjà invoqué la clause de conscience et s’apprêtent à quitter leur journal. Comme le souligne aussi le Canard, l’Hersant du sud est, il est vrai, un drôle de zigoto. Les prochaines journalistes embauchés-en réalité des pigistes qui travaillent déjà pour la plupart depuis des années - devront envoyer un CV, une lettre de motivation manuscrite pour être soumis à une analyse graphologique et à une dictée !
. Juste un dernier point, lisez, si vous pouvez le retrouver, le « rebonds » de Jean Viard, sociologue et directeur de recherche au CNRS sur « L’éloge des 35 h » dans Libération de jeudi. Début du papier : « Défendre les 35 heures aujourd’hui fait indéniablement ringard. Car « tout le monde » en connait les conséquences catastrophiques ! La situation de faillite dont parle notre Premier ministre en découle, la France a perdu le gout du travail, etc. Mais quelque ‘un aurait-il l’amabilité de me citer la référence de l’ouvrage, ou de la thèse, qui fonde ces affirmations ? Car en réalité, ce texte n’existe pas, car la saturation de l’espace public par ces débats faussement d’évidence est un débat idéologique que la droite à gagné-y compris dans les propres rangs de la gauche. » Hélas…
. Ah au fait, le président syrien, va donc pour les besoins de la haute politique de Qui vous savez, plastronner le 14 juillet devant les militaires. On rappelera juste qu'en 1986, 54 soldats français de la FINUL avaient été victimes d'un attentat, attribué jusqu'à preuve du contraire, à Damas. Nul doute que les troufions vont apprécier de défiler ce 14 juillet 2008 devant le chef des armées et son nouveau pote de circonstance...
