Donc tout le monde salue à grand coups de « hip hip hip hourra » les décisions et motions adoptés jeudi à Londres par le G20. Et claironnés par notre Aimé président dont on se demande juste s’il n’a pas sauvé à lui seul la terre entière et le système capitaliste comme Don Quichotte les moulins de la Mancha !
Vous aurez donc saisi que je ne partage pas les vents d’optimisme relayés par la plupart des medias au prétexte que plus de 1 000 milliards de dollars vont être réinjectés dans le système financier mondial et que le FMI -ce qui est plutôt intelligent- sera dorénavant plus médecin régulateur que gendarme libéral.
Pourquoi cette réserve ? Simplement parce que les trois réformes fondamentales qui seraient nécessaires pour résoudre la crise financière internationale et les chocs politiques et sociaux considérables qu’elle induit et prépare n’ont pas été prises.
Décision numéro un : la création d’une nouvelle devise internationale.
Décision numéro deux, le contrôle absolu du système bancaire, même de façon temporaire via des nationalisations.
Décision numéro trois , le lancement d’un audit indépendant -à tout le moins contrôlé par le FMI- des trois grands systèmes financiers pourris ( américain, britannique et suisse) pour identifier et traiter les cancers financiers opaques qui s’y développent toujours sous le boisseau…
Ces trois décisions ont été soufflées le 24 mars par le LEAP Europe 2020, un organisme de prospective européen indépendant, dans une lettre ouverte au G20 publié par le Financial Times.
Précision notoire, le LEAP Europe 2020 avait dés février… 2006 ! alerté les gouvernements occidentaux des risques d’explosion du système financier international, de la folie capitalistique suicidaire dans lequel le monde bancaire et financier s’engouffrait joyeusement et « des risques attenants d’explosions géopolitiques non maitrisables ».
Mais que disait précisément Franck Biancheri, le Directeur des Etudes de LEAP/2020, dans son papier du Financial Times le 24 mars dernier ?
Il serait aussi urgent, ajoutait Franck Biancheri, de « mettre en place d’ici la fin 2009 un système de contrôle des banques à l’échelle mondiale qui supprime tout « trou noir » et « indispensable que le FMI remette au G20, au plus tard, en Juillet 2009, une évaluation indépendante des trois systèmes financiers nationaux au cœur de la crise financière : ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Suisse. Aucune solution durable ne pourra en effet être efficacement mise en œuvre tant que personne n’a la moindre idée des ravages causés par la crise dans ces trois piliers du système financier mondial. Et il n’est plus temps de «prendre des gants » avec des pays qui sont au cœur du chaos financier actuel. »
Cette analyse et cette « alerte » du LEAP 2020 est globalement partagée par d’autres organismes de prospectives, notamment universitaires, et par un certain nombre d’économistes, naturellement iconoclastes… Personne ne pourra dire, en tout cas, « on ne savait pas ».
Le G20 a donc, certes brillamment, proposé jeudi une forte médecine de relance et de sauvegarde du logiciel capitalistique mondial. Il n’a en rien remis en cause le système financier dérégulatoire et fol dingue qui a foutu le monde dans la mouise.
On pourrait aussi faire deux dernières remarques de bons sens.
Première remarque : l’absence abyssale de toute référence environnementale dans les décisions du G2O. Comme si les questions écologiques, dont l’acuité sinon l’urgence engagent l’avenir de l’humanité, se devraient d’être déconnectées de toute gestion collective de l’économie mondiale, ou comme si « l’économie verte » ne relevait finalement que du chacun pour soi ou d’un nouveau vecteur concurrentiel…
Deuxième remarque : le grand « gagnant » de Londres est Barak Obama, dont la presse américaine, il faut le savoir, n’est pas satisfaite ! Estimant notamment qu’il a par trop « cédé » sur la… régulation. Le nouveau locataire de la Maison Blanche a en tout cas, avec l’aval des chinois, imposé son « package » et son leadership économique sans rien céder sur le roi dollar. Autrement dit sur les intérêts fondamentaux américains. Et pékinois…
Comme le confiait récemment un membre de la nouvelle administration américaine à un journaliste français en poste à Washington : « vous avez beaucoup apprécié Obama, nous aussi. Mais vous, vous allez découvrir qu’il est d’abord un président américain».
Mais consolons nous. Notre Aimé président qui vient de lui faire allégeance, en se faisant octroyer une petite heure de tête à tête à Strasbourg pour fêter le retour de notre belle armée dans le commandement intégré de l’OTAN, a encore de belles potentialités de moulinages de bras devant les moulins de la Mancha. Et cela d'autant plus, le gamin en était tout rosi, que le grand boss Obama a loué sa "créativité" ! Ca fait combien d'escouades de gendarmes pour l'Afganistan la "créativité" ?
Citoyens...







