Et d’abord c’est qui Galbraith ? Quedal, mon pote, juste un des plus grands économistes du siècle. Et amerloc en plus. D’origine canadienne, mais amerloc. Et Prix Nobel. Alors quoi ? Alors rien. John Kenneth Galbraith est mort le week-end dernier à l’âge de 97 ans après avoir fustigé pendant des dizaines d’années dans le désert la dérégulation de Reagan, la politique folle de déficit budgétaire américaine, l’intégrisme monétarisme de son vieux pote Friedman, leader incontesté des néo-libéraux de tous poils, la foi dans les seules vertus du marché érigé en « théologie économique au mépris de tout empirisme », et j’en passe.
L'économiste de la "gauche américaine" Galbraith est décédé le 29 avril à Boston (DR)
Durant des lustres Galbraith a fustigé les mensonges économiques proférés par les « soi disants penseurs » de la Bible libérale.
Son livre le plus célèbre, "L'ère de l'opulence", publié en 1958, lui valut une notoriété qui ne se démentira plus. Il y développait la thèse selon laquelle l'économie américaine créait certes la richesse individuelle mais ne remplissait pas les besoins collectifs, écoles ou autoroutes. En 1999, cet ouvrage était encore classé 46e sur la liste des 100 ouvrages non romanesques en langue anglaise les plus lus ! Farouche opposant à la guerre du Vietnam et mentor de plusieurs générations de hauts fonctionnaires américains, le vieux Ken a aussi toujours défendu « l'importance de la sagesse populaire » -vous avez bien lu- et le "pouvoir d'opposition", en particulier celui des syndicats dans le « rééquilibrage du capitalisme ».
En 1967, dans le « Nouvel Etat industriel », ce fervent Keynésien, ancien membre de l’administration Roosevelt, rappelait surtout c’était d’abord l’offre qui déterminait la demande, mais en tirant de cette assertion non une conclusion libérale mais une justification des possibilités de régulation de la puissance publique et des Etats. Grand dénonciateur de la « pulsion expansionniste », Galbraith a aussi fustigé durant des lustres les mensonges économiques proférés par les « soi disants penseurs » de la Bible libérale. En regrettant que ces « mensonges économiques » comme le rappelle Vittorio de Filippis dans Libé, soient non seulement partagés collectivement. Mais qu’ils paraissaient « sonner juste ». Hélas. Au moins, le vieil amerloc aura-t-il su éveiller quelques consciences.
Repose en paix, vieux, tu nous as quand même donné un peu de grain de moudre…







