« Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, a mis en garde mercredi Nicolas Sarkozy contre "l'esprit de cour qui galope", se présentant comme "une conscience" pour la majorité, et évoquant le personnage du Bourgeois gentilhomme, en parlant du pouvoir. "On confond parfois le pouvoir et la gloire", a-t-il dit sur France Inter, avant d'ajouter: "ce n'est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays".
L'ancien Premier ministre a défini "l'esprit de cour" comme "un virus dangereux". "La cour, c'est cette incapacité à se remplir de l'objectif pour exprimer le contentement permanent de celui qui le fait et le mettre en scène", a-t-il ajouté, en invitant "à voir et revoir" Le Bourgeois gentilhomme de Molière. "Le Bourgeois gentilhomme, c'est toujours celui qui se met en scène. C'est forcément celui vers lequel les regards se tournent".
Il s'est dit "sidéré" et "inquiet" par la lecture du livre de Yasmina Reza sur Nicolas Sarkozy. "Le pouvoir n'est pas fait pour être ainsi consacré, il est fait pour rendre des comptes", a-t-il dit."L'homme de pouvoir en France est toujours mis dans la position d'être flatté", a-t-il observé, en souhaitant que "les amis de Nicolas Sarkozy soient capables de lui dire les choses, de lui donner un autre son de cloche".
Dominique de Villepin a souligné que le pays était "confronté à une conjoncture économique difficile" avec une croissance située par "les experts à 1,8%, peut-être 1,9%". "Le commerce extérieur atteint les chiffres les plus mauvais et l'investissement n'est pas glorieux", a-t-il dit.
"Avançons les yeux ouverts", a-t-il lancé.
"Je suis dans une majorité dans un pays où il n'y a plus d'opposition. Et dans cette majorité j'estime que nous devons porter la critique", a-t-il dit. "Ma référence, c'est Nicolas Sarkozy", a-t-il ironisé, rappelant avoir été "dans un gouvernement où Nicolas Sarkozy n'a pas arrêté d'expliquer qu'il fallait animer le débat". "Je suis celui qui remplit le rôle de conscience et d'aiguillon d'une majorité qui ne doit pas s'endormir sur ses lauriers", a-t-il conclu. »

Pour utile précision, on rappellera que Le Bourgeois gentilhomme est un prétexte à railler la haute bourgeoisie de l'époque, avide de s'anoblir par l'achat de charges (les «savonnettes à vilains»). La pièce met en scène Monsieur Jourdain, un riche parvenu désireux d'acquérir de bonnes manières en vue d'obtenir un titre de noblesse. Changez un peu les mots, cela devient rigolo…
On rappellera aussi qu’à compter que 1976, un certain Chirac Jacques, officiellement dans la « majorité », foutu un bordel politique pas possible dans la dite « majorité » et savonna la planche de Giscard-Louis XV et de son gouvernement barriste jusqu’au élections de 1981 pour les résultats que l’on sait. J’ai comme une petite idée, citoyens, que l’Histoire va, comme on dit, se répéter…







