C’est toujours intéressant de prendre un peu le large. Ca permet de mettre de la distance entre les choses de ce bas monde et la façon dont les médias en parlent.
Donc Grenelle de l’environnement, dont on nous abreuvé la tronche jusqu’à plus soif, plus rien. Un épisode de plus dans la gestion hystérique de la communication de notre Nouveau Très Haut. Le déplacement « historique » en Corse du conseil des ministres, qui soi dit en passant a été le bide du mois, plus rien non plus. Fors le coup de gueule des corses qui n’ont pu aller faire leurs courses comme à l’accoutumée vu que leur cité était en état de siège ! Je passe sur le coût de transport d’une douzaine de ministres, de leur secrétariat, des 2 000 CRS et autres poulets, des dizaines de journaleux, des milliers de litres de kérosène dépensés pour faire le paon à Ajaccio et foutre en grève la SNCM qui n’en demandait pas tant. La mère Lagarde qui nous demande de prendre notre vélo à défaut de notre bagnole pour faire des économies d’énergie devrait brosser son tapis avant de nous balancer ses idioties.
Donc le mouvement. L’énergie insatiable du président en manque. Et hop, je pars à Djamena régler le problème de l’Arche de Zoé ! Et hop, je ramène les journalistes ! Et hop hop, je repars au Gulvinec voir les pêcheurs en colère ! Et zou, je reprends l’avion pour serrer la pincette à Bush ! Le tournis, il donne le Nouveau Très Haut qui est dans la toute puissance. Evidemment pendant ce temps là, le bon peuple oublie sa politique :
- la fin des augmentations -et des négociations- de salaires au profit d’un système de contrats individuels « employés-entreprises » qui ne dit pas encore son nom,
- le joyeux bordel administratif que suscite son machin "travailler plus pour gagner (pas beaucoup) plus",
- la mise en oeuvre d’une immigration économique à bas coût pour la plus grande satisfaction du patronat du bâtiment,
- une chasse inique aux clandestins qui fait passer le pays des droits de l’Homme pour un république bananière à Madrid ou à Bruxelles à la seule fin de bétonner un électorat populo-vichyste nécessaire à la sauvegarde de sa majorité, - le détricotage méticuleux du système de santé publique et de sécurité sociale pour le plus grand bien des compagnies d’assurance qui attendent leur heure avec une délectation indicible comme AXA attend son nouveau grand sucre d'orge,
- l’explosion du système de retraite par répartition en focalisant l’attention sur les régimes spéciaux des cheminots, des agents d'EDF et des gens du spectacle, ces saltimbanques, en omettant bien de réformer celui des militaires, des policiers et des parlementaires !
- le rétablissement subreptice, via un mini traité européen imbitable de plus de 470 pages avalisé à Lisbonne, d’une Europe de la « concurrence libre et non faussée » à propos de laquelle les Français, ces emmerdeurs, n’auront plus leur mot à dire faute de referendum, et faute de courage de la majorité des anciens « nonistes »,
- un rapprochement avec Washington qui prépare une réintégration de la France dans l’OTAN, autrement dit un lessivage de toute la politique étrangère française depuis 1958, quitte, au cas où, à aller faire les cons en Iran,
- la mise en place d’une « autonomie universitaire », prémices de la future privatisation à l’américaine des campus,
- l’explosion programmée d’un nouveau paysage audiovisuel laissant le champ libre sinon aux « amis » déjà en cours, en tout cas aux puissants qui n’auront cesse de nous parler de liberté des médias à défaut de sauvegarder celle de la presse,
- une « fiscalisation positive » pour les plus fortunés, les « stockoptionneurs », les nantis, les héritiers, les faux entrepreneurs qui n’entreprennent plus rien sauf de jouer la Bourse, payée par les smicards et les classes dites « moyennes » dont la majorité des représentants plafonnent à moins de 3 000 euros mensuels,
- le redécoupage à la hache d’une carte judicaire et hospitalière sans aucune concertation pour achever la "déruralisation" faute de l'absence totale d'une nouvelle politique d'amenagement du territoire,
- une « gouvernance » en trompe l’œil qui, sous l’apparence de la modernité, du mouvement perpétuel, rabaisse la fonction présidentielle au rang d’un grand chef scout et détruit l’esprit de la constitution de la république, si tant est qu’elle n’en sape pas le principe d’égalité. Et celui, dejà bien mis à mal, de la séparation des pouvoirs.

J’arrête là ma litanie. Mais qu’on ne se méprenne pas. Le Nouveau Très Haut, au-delà de ses moulins à vents libéraux et verbaux, de ses gesticulations et de ses leurres médiatiques complaisamment accompagnés, sait exactement où il va. L’argent roi « décomplexé », l’individualisme déifié, la « réussite » des meilleurs à la seule « force du poignet » sinon de la génétique, la religion du « contrat » au détriment de la solidarité collective, l'introduction de la concurrence et du "mérite" dans les services publics sous couvert de la "réforme", toutes ces soi- disantes nouvelles « valeurs » dont il se gargarise, restent son horizon. Sa fantasmagorie. Son complexe d'Attila avant les champs catalauniques.
Sa vision du monde, son sens du destin collectif, de la nation, de l’Histoire ? Sa perception réelle de la vie des gens ? Mystère. Et tripatounette. Comme le banquier Laffitte, Sarkozy s’en fou. Ce n'est pas son truc. Il est d'abord sur la scène.
Sa politique pour laquelle ont voté, quoiqu’ils en disent maintenant, 53% d’électeurs, laissera des cendres sur le terroir. Exactement comme l’EPR, dont plus personne ne parle, laissera dans le Cotentin, au grand dam de dizaines de petites communes rurales, une brèche, une meurtrissure, d’un kilomètre de large sur toute la longueur département. Mais La Manche Libre, après tout, peut bien aujourd’hui hurler au désastre environnemental. Pour qui avait appelé à voter son directeur en mai 2007 ?
Les aveugles d’hier n’ont qu’à se mordre les doigts de leur cécité. Le drame est que la chute sera collective. Comme sous le Second Empire.
Après Sedan.







