Vlan ! Un lycéen marocain de 19 ans, célibataire et vivant en France depuis l'âge de 14 ans, ne rentrant donc pas dans les critères de la circulaire Sarkozy, a été reconduit vendredi dans son pays malgré la mobilisation de Réseau sans Frontieres (RESF), a-t-on appris ce jour par l'AFP.
Titulaire d'un CAP de peinture et inscrit en BEP dans un lycée, Abdallah Boujraf est le premier jeune scolarisé expulsé depuis le 13 juin, date de parution de la circulaire Sarkozy, prévoyant notamment la régularisation "au cas par cas" de parents d'enfants scolarisés.
Selon la porte-parole de la Préfecture, Marie Lajus, Abdallah Boujraf est "en situation irrégulière" en France. Il a été interpellé dans le Xe arrondissement de Paris, puis placé en garde à vue le 30 juin, "soupçonné" - vous noterez le terme...- d'avoir agressé un sans domicile fixe.
En raison de ces éléments, un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF), qui "a été validé par les magistrats", lui a été signifié et Abdallah Boujraf a été placé au centre de rétention des étrangers (CRE) de Vincennes avant d'être reconduit au Maroc ce vendredi matin.
Selon plusieurs élus socialistes, dont le sénateur Jean-Luc Melanchon qui a suivi cette affaire, "Abdallah Boujraf était parfaitement intégré dans son établissement scolaire et parmi les jeunes de son quartier du XXe arrondissement de Paris".
Ce lycéen était arrivé en France à l'âge de 14 ans pour rejoindre son père qui travaille à Paris depuis 26 ans avec une carte de résident.
Il y a des moments où il faut juste s'en tenir aux faits. Ca évite d'avoir une nouvelle fois envie de gerber.
"Quel est, j'en appelle à vos consciences, j'en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ? L'ignorance.
L'ignorance encore plus que la misère. L'ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes. Et c'est dans un pareil moment, devant un pareil danger, qu'on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l'ignorance.
On pourvoit à l'éclairage des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire dans le monde moral et qu'il faut allumer des flambeaux dans les esprits ?"







