
Ce mardi, toute la presse, hormis le Figaro, souligne le « malaise » que cette visite, en pleine journée des droits de l’homme, suscite dans le pays et chez les démocrates de tous poils. Des dizaines de députés -dont un certain nombre de parlementaires de la majorité- dénoncent le « scandale » de la réception du colonel libyen à… l’assemblée nationale ! Plusieurs ministres et d’autres parlementaires, dont le président du groupe UMP, Jean-François Copé, invoquent subitement un agenda « très chargé » ne leur permettant pas d’accueillir le dictateur de Tripoli. Même le ministre des Affaires étrangères, le grand « droit-de-l’hommiste », Bernard Kouchner, se rappelle dés lundi soir qu’il a une « importante réunion à Bruxelles » lui interdisant d’être présent au dîner d’accueil élyséen. Cela ne l’empêchera pas de revenir… dîner le soir même dans un restaurant parisien ! Toutes ces tartufferies sont à vomir.
Le président de la République, si tant est que ce mot ait encore une signification pour l’abonné du Fouquet’s, se réfugie derrière les 10MM d’euros de contrats, les quelques Rafales vendus par Dassault et les profits nucléaires qu’Areva et EDF tireront de la visite du terroriste aux lunettes noires. Il assure aussi avec une assurance digne de l’estomac dont il est capable qu’il a « naturellement demandé au président libyen de faire un effort à propos des droits de l’homme ». Ce que le dit président-terroriste, vient tranquillement de démentir ce mardi après midi en déclarant -bonjour le camouflet !- que cette « question n’avait jamais été abordée lors des entretiens »… La France sarkozyste a bonne mine !

La Libye, on ne le rappellera jamais assez est un état de non droit absolu, une soi disant « république » avec une police politique digne de la Corée du Nord, un régime dictatorial sanguinolent, des prisons bourrées de prisonniers politiques (on n’en connaît d’ailleurs même pas le nombre exact malgré les demandes réitérées de l’ONU), et la torture érigée en système inquisitorial. Ce personnage détestable, qu’un jeune député UMP -oublions vite son nom- a osé rapprocher de Yasser Arafat pour justifier son accueil à l’Assemblée en oubliant que l’ancien leader palestinien avait in fine été élu démocratiquement dans le cadre d’élections libres, est aussi responsable de dizaines d’attentats et la mort de plusieurs centaines de Français dans le crash d’un avion dans le désert du Ténéré. Pour revenir sur le devant de la scène, il a manipulé les gouvernements européens, instrumentalisé la prise d’otages des infirmières bulgares qui ont toutes été torturées et certaines d’entre elles violées, et s’est très vraisemblablement joué de Paris en faisant clignoter l’exploitation de ses gisements. Autrement dit, en jouent du seul hochet qui fascine l’ancien maire de Neuilly : le fric.
En recevant un tel salopard, au prétexte de faire des affaires, qui ne satisferont d’ailleurs que le « complexe militaro-industriel » français et non les PME, le France ne se grandit pas et Nicolas Sarkozy démontre une fois de plus que les valeurs républicaines qu’il avait mis en avant pendant sa campagne électorale n’étaient, dans son esprit, que des pets de sansonnets. Après les poignées de mains bushistes, les courbettes au leader chinois et les félicitations à Poutine après ses élections truquées, ça commence à faire beaucoup.
Le drame est manifestement pas mal de monde s’en tape. Et vous vous demanderez après avec votre concierge pourquoi la politique n’a plus de sens. Et l’éthique plus d’horizon hormis celui de la Bourse. En ce mardi 11 décembre 2007 en tout cas, mon drapeau intérieur français est en berne. Et ma « certaine idée » de la République salie. La droite française, décidément, ne comprendra jamais que l’Histoire ne se résume pas à une balance commerciale.







