. Donc Obama a été élu. Que dire de plus ici après la vague d’Obamania ? Personne ne pleurera Bush. Son imbécilité notoire, son simplisme, son arrogance n’appelle plus guère de commentaire. Tout a été dit. Et personne n’oubliera le bilan catastrophique du porte parole des pétroliers : un moyen Orient déstabilisé, meurtri, une république iranienne remit en selle, une économie mondiale explosée, une image des Etats Unis détestable dans le monde, etc. Alors Obama ?
Au delà du succès historique de son élection -40 ans après l’assassinat de Martin Luther King, 47 ans après l’obtention par les noirs de leurs « droits civiques », moins de 150 ans après l’abolition de l’esclavage- il faut aussi, comme le soulignait récemment l’ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, Hubert Védrine, savoir raison garder.
D’abord Obama, pour qui la France n’a guère d’importance et l’Europe qu’une importance relative, s’inscrira dans une certaine continuité de la politique américaine. Le nouveau président défendra d’abord les intérêts américains. Notre petit roi du monde devra s’en accommoder. Il n’a d’ailleurs pas manifesté un enthousiasme débordant…
Sans doute avec plus d’intelligence, sans doute avec un sens du dialogue dont son prédécesseur se contrefoutait, Obama tentera d’abord de remettre en selle, avec une légitimité incontestable, le leadership de la maison blanche dans le traitement des affaires du monde.
Le nouveau président américain a quatre priorités dont trois priorités de… politique intérieure : lutter contre la misère et le sous emploi qui touche de près ou de loin une centaine de million d’américains, créer une protection sociale minimum et -premier grand tournant- lancer les Etats Unis dans une grande politique d’économie d’énergie et d’énergie verte en reconnaissant le protocole de Kyoto et en investissant massivement dans la recherche. Cette « priorité » est fondamentale car elle induit de la part de la première puissance mondiale un changement de braquet écologique... qui lui redonnera un nouveau leadership ! Quatrième priorité : le dialogue sans concession avec l’Iran -mais donc le dialogue, autre rupture- le désengagement américain en Irak sur 18 mois et le renforcement -cela risque de nous créer quelques soucis…- de la présence US en Afghanistan pour tenter de flibnguer Al Quaïda et Ben Laden. Cela dit, la surveillance des routes pétrolières n’en sera pas moins aussi une « préoccupation » du nouveau pouvoir US…
Le reste, la paix au Proche Orient entre Israël et les palestiniens, n’est pas considéré par la nouvelle équipe comme un dossier majeur, notamment parce que déjà trop « plombé » par la politique israélienne. On verra donc.
Obama est aussi plus fragile qu’il n’y parait. L’immense attente qu’il a engendré chez une grande partie du peuple américain -la communauté noire, les jeunes, les classes moyennes- est à double tranchant. Elu pour l’essentiel par la côte ouest et les Etats du Nord est, Obama est attendu au tournant par une grande partie de l’Amérique dite profonde qui, de l’Arizona à l’Utah en passant par le Texas, la Géorgie, le Kansas, l’Alabama, l’Arkansas, le Nebraska, le Wyoming, le Montana ou l’Oklahoma est restée fidèle aux républicains. La « vague bleue » a certes emporté la Floride ou le Colorado, elle n’a pas, au vu de la carte électorale, emporté toute l’Amérique. Ni toute l’Amérique hispanique. L’immense attente suscitée par le nouveau président sera enfin son talon d’Achille. Talon fragile dont il semble toutefois conscient si l’on s’en, réfère à ses déclarations sur le « temps » qu’il lui sera nécessaire pour imprimer sa marque. En espérant qu’il saura s’entourer d’un staff de conseillers de très haute qualité. Et qu’il ne se fera pas bouffer par la fonction. Et bles contradictions du mon de. Apres tout, Kennedy a été élu dans la liesse, et s’il a fini assassiné, il a aussi mis le pied au Vietnam. Ce qui n’était en rien prévu au programme… Il reste -et de ce point l’événement est naturellement considérable- que l’élection d’Obama ouvre, comme aurait dit l’Autre, une « ère nouvelle ». On ne boudera pas, pour l’heure, son plaisir.

. Donc elle est sortie du chapeau. Pas de beaucoup, mais quand même ! Réussira-t-elle pour autant à s’imposer ? A faire sortir le PS de sa sclérose en plaques d’éléphants, de ce système politique pervers pourri par les clans, les écuries, les ambitions des uns, la petitesse des autres ? Mystère.
Hamon -contre l’avis de nombre de nombre d’électeurs socialistes qui auraient vu d’un bon œil cette alliance nouvelle- a parait-il déjà claqué la porte. Oubliant ainsi les leçons de l’histoire et celles d’Epinay en particulier qui vit le CERES de Jean-Pierre Chevènement se rapprocher de François Mitterrand le constitutionaliste, pourtant plus à droite que Royal.
La Dame du Poitou qui a eu le tort -crime de lèse majesté politique pour un homme de gauche sauf aux municipales…- d’imaginer un pacte de gouvernement avec le MODEM serait-elle donc déjà condamnée ? Il serait amusant- je dis cela en serrant les poings- que tous ceux qui depuis deux ans n’ont condamné que du bout des lèvres la politique de Nicolas Sarkozy quand ils n’étaient pas -contrairement à François Bayrou- purement absents de la scène, torpillent le congrès de Reims de suicidaire façon.
Finalement Ségolène Royal est devant son Graal. Qu’elle se rappelle de Mitterrand en 1971. Qu’elle enflamme les militants au congrès, qu’elle leur donne une vision, du grain à moudre, de l’espérance, qu’elle sorte de ses tripes un projet politique pour la gauche et un projet collectif républicain pour la France. Au-delà des clivages partisans d’un PS atomisé, vieilli, usé...
Qui après tout a osé dire que la sociale démocratie était morte ? Que le socialisme était une « idée moderne à réinventer ? Que « l’ordre juste » - dans ce désordre aujourd’hui planétaire- devait relever d’une nécessité politique ? D’un sens nécessaire de l’égalité des droits et devoirs ? Qui, à gauche, n’a pas déifié les 35 h, cette belle réforme sociale dévoyée qui a flingué l’hôpital public, accentué la précarité du travail et pour l’essentiel profité aux cadres ! Qui a porté l’idée, sinon le destin commun à forger, d’une « France métissée" ? Qui ne s’est jamais retrouvé dans la nomenklatura politico-médiatique ? Qui a ramené sur son nom une partie des « couches populaires » ? Des nouvelles générations ? DSK ? Aubry ? Delanoë ? Hamon ? Fabius ?







