Première étape : les néolibéraux qui tiennent la commission européenne et la plupart des Etats dérégulent à tour de bras et portent haut le discours sur la sainte autorégulation des marchés. Ils restent sourds aussi à tous les appels de moult historiens, de la mouvance d’ATAC et de certains économistes dont le prix Nobel Stieglitz, qui, depuis 2000 au moins, crient « casse cou ». Ou « ça va péter » !
Deuxième étape : le système capitaliste prédateur ayant explosé pour les raisons que l’on connait, les mêmes de Paris, Bruxelles ou Londres font alors, la main sur le cœur et sur toutes les estrades, un grand numéro sur le « pragmatisme ». Objectif : sauver à tous crins le système bancaire et boursier fou qu’il ont contribué à mettre en place en sortant dont ne sait où des centaines de milliards d’euros et de dollars pour garantir, à terme, avec l’argent des contribuables, la possibilité pour les banques de revenir dans le circuit du crédit. Et avant les garantis d’Etat et les nationalisations à tour de bras ! En se pinçant fort le museau.
Troisième étape : la méthode Coué. Officiellement donc, le système capitaliste a juste « dérapé ». Officieusement -surtout pas Christine Lagarde qui, il y a encore trois semaines nous disait que la crise était « derrière nous »- personne ne sait quand ce tsunami financier s’arrêtera. Mais chût… Une bonne occase donc pour poursuivre, comme si de rien n’était, les « réformes » ! Et vlan pour la poursuite des dégraissages des services publics, vlan pour piquer un peu de fric dans les caisses de l’UNEDIC, et revlan pour « poursuivre des économies d’échelle». Surtout pas d’autocritique, pas de réflexion sur les conséquences de cette idéologie pourrie du tout « laisser faire », il faut d’abord « rassurer » les investisseurs !
Quatrième étape : le grand tour de vis. Car au-delà des milliards et du brouillard, des nationalisations « temporaires » de centaines de banques, de la masse de blé débloqué pour envoyer des signaux désespérés à toutes les places financières, bref au delà des grands numéros quasi gaulliens sur tous les perrons élyséens, les politiques nous préparent en catimini des lendemains qui vont fort déchanter. La France, par exemple, a déjà plus de 1 200 milliards d’euros de dettes. Avec tout ce qui vient de s’ajouter dans l’escarcelle publique, qui va payer ? Nous ! C'est-à-dire les couillons de service, les citoyens ! Et pourquoi, on vous le demande ? Pour sauver les banques et les compagnies d’assurance qui, oubliant leur métier, ont merdé pendant plus de 10 ans, fascinés par leur grand soleil pognon ! Je ne vous décris donc pas le futur «plan de rigueur » drastique qui se prépare du côté de Bercy… Mais pas de panique, les restos du cœur pallieront à la disette, le RAS à la mouise des smicards et Fillon, tout revigoré, au joyeux bordel ambiant.
Cinquième étape : la mise en scène de la terre brûlée. D’abord un joli « plan de com », juste pour chauffer les esprits puis taper sur « la gauche qui n’a rien compris et n’a fait aucune réforme depuis 20 ans ». Ensuite une belle tête d’affiche à la télé : Sarkozy en sauveur de l’Europe -c‘est naturellement bidon- et Sarkozy en nouveau Churchill -c’est aussi fantasmatique. Numéro prévu : l’annonce d’un « nouveau gouvernement resserré » pour « sauver la France ». Avec à la clé, des augmentations d’impôts -pardon !- des « contributions civiques à la dette ». Et tant pis, si après toutes ces idioties, mais annoncées fort doctement avec force coups de mention, tous les gouvernements futurs pendant au moins une décade seront plombés! Après ? Après rien. Juste une bonne bouffe au Fouquet’s. Pour se marrer entre potes de nous avoir tous « niqués » !
Joyeux Noêl en perspective, citoyens…







