. Les mêmes députés, il est vrai, se sont aussi couchés pour valider le coup de force diplomatique du président et de son Premier ministre visant à faire réintégrer la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Reniant ainsi en deux coups de cuillers à pot une quarantaine d’années de diplomatie non alignée suivie d’une façon ou d’une autre par tous les présidents de la Ve République et enterrant du même coup toute velléité, même minime, de construction d’une défense européenne. Une paille ! Et qu’on ne s’y trompe pas. Cette décision, contestée pour l’essentiel par l’opposition, quelques villepinistes, Dupont-Aignan et Bayrou, entérine le virage atlantiste de Nicolas Sarkozy, de la majeure partie de la droite française et de toute une frange de politiciens bobos-kouchnérisés fascinés depuis des lustres par le mirage américain comme les derniers gallo-romains l’étaient par Rome. Pour des dizaines de pays arabes, pour la plus grande part de l’Amérique latine, de certains pays africains et asiatiques, la France sera donc dorénavant perçu comme faisant totalement partie du « camp » occidental. Et notre cher président, qui entend faire du Qatar notre nouveau Djibouti, comme le nouveau « good boy » de Washington. Et des pétroliers. Quant au baratin sur la nomination d’un certain nombre d’officiers français dans des strates plus élevés de l’organisation atlantiste ou à la « marge de liberté » que Paris gardera pour n’être point « vassal » mais juste « allié », comme l’a dit sans rire François Fillon, ce sont des assertions ridicules qui font s’étrangler la plupart des spécialistes de ces questions. Ils savent que toutes les décisions importantes se prennent et se prendront à la Maison blanche. Obama, au contraire de son prédécesseur qui ne savait pas où se trouvait la Belgique ou la Géorgie, y mettra simplement les formes. Alors pourquoi ce deal ? Cette « rupture » diplomatique qui engage la nation et qui sous de Gaulle, voire sous Mitterrand ou Chirac, aurait valu un referendum ? Simplement parce que notre aimé président, à la pensée simpliste, est fasciné par la puissance du Géant Tout Puissant comme un gamin par John Wayne dans Rio Bravo. Espérons qu’il ne nous sera pas donné un soir de voir à la télévision, notre aimé président, justifier avec force coups de menton, un nouvel engagement afghan ou une intervention en Iran dont il omettra de dire que la technologie nucléaire doit beaucoup à Washington et à Paris…
. Ah, le pape, si l’on peut dire, s’est de nouveau pris les pieds dans le tapis. A propos des préservatifs et du SIDA cette fois ci. Juste avant son voyage africain. Et juste après ses « desexcommunications ». En fait, Benoit XVI est gâteux. Son Eglise, enfin celle dont il incarne la fantasmagorie, est la plus ringarde qui soit, la plus intégriste aussi. Au XIIIe ou au XVIe siècle, ce Pape aurait sans doute beaucoup brûlé. Le drame est que certains zinzins fondamentalistes catho se verraient bien en Torquemada. Et pensent que l'allemand du Saint Siège est infaillible. En oubliant que Saint ou point, le siège en question ne supporte qu'un vieux fessier. Finalement, seules les histoires de cul obsèdent les Papes. Comme d'ailleurs tous les grands prêtres. Tonsurés ou barbus. Drôle de monde déjanté, citoyens.







