Elle monte, elle monte la dame du Poitou, et ça emmerde aussi les sarkozistes. Le patron des Hauts-de-Seine qui la trouvait sympathique avant les vacances de Noêl commence à la trouver saumâtre sa candidature en filigrane. Il fait d'ailleurs préparer quelques petits argumentaires sur le thème "faites gaffe c'est une rouge sous ses airs thatchériens" que ses portes flingues utiliseront à son premier feu vert. Une manière de reconnaître que la compagne de Hollande a plus d'épaisseur que ne le pense Alain Duhamel qui l'a oubliée dans son bouquin sur les "nouveaux prétendants". Mais bon, normal, c'est Duhamel...
"Big bisou ! Big bisou !"
L'ancien Premier ministre, vous savez Raffarien, vient d'ailleurs de manger le morceau dans Le Point de cette semaine. "Attention mes petits loups, il dit substance l'ancien communicant de Matignon, la Dame du Poitou n'est pas juste une joueuse de blues, elle a un un vrai projet politique". Manière de balancer que tous les autres -Sarko y compris- n'ont qu'un catalogue de mesurettes dans les tiroirs. Ou font dans la démagogie. Manière aussi -mais on savait que le compère au nez cassé ne manquait pas d'estomac- qu'il pourrait bien lui itou se remettre en scène. Histoire de déconner un peu. C'est vrai qu'en ces temps de joyeux bordel institutionnel, il nous manquait les clowns.
Elle monte, elle monte la dame du Poitou. Et là ce n'est pas uniquement une pitrerie médiatique comme on commence à l'entendre ici ou là. Il n'y a qu'à voir son blog. Des dizaines de questions d'internautes au début, puis des centaines au bout d'une dizaine de jours. Des milliers aujourd'hui ! Et des tas de réflexions pas idiotes émanant de pékins comme vous et moi sur la justice, la parité, le cumul des mandats, l'environnement, la flexibilité -et oui !- le système de santé, l'université et j'en passe. Avec toute les semaines la synthèse de la Dame sur le thème "merci de vos idées, citoyens, grace à vous, j'avance, on va donc avancer"!
Elle monte, elle monte la Dame du Poitou. Et elle a-comme Sarko...- compris la "com". Ou la "modernité" -vous choisissez- façon Clinton Hillary. Et puis elle a un petit atout, ou plutôt deux, la Dame du Poitou qui monte : c'est une dame d'abord, et ça peut faire bobo dans un pays qui compte 54% d'électrices. Puis, elle plaît aux jeunes, et même à pas mal de jeunes (et moins jeunes) électeurs de droite ! C'est d'ailleurs ce petit dérèglement électoral qui gratouille le cerveau du patron de Beauvau. Elle ratisse large la Dame du Poitou qui monte. Et même chez les familles de militaires dont elle est issue, on dit...
Elle monte, elle monte la Dame du Poitou. Puis elle a de la poigne, on sussurre aussi. Comme Thatcher, comme Ghandi ou Golda Meir. Ce n'est d'ailleurs pas forcément un compliment, mais bon. Elle monte, elle monte la Dame du Poitou. Evidemment, sur la guerre d'Irak, l'avenir du nucléaire et de l'EPR, les tractations de l'OMC sur la libéralisation des services publics, la relance européenne via le plan B qu'on attend toujours, le financement des retraites que Fillon a mal financé, le rôle de l'Etat ou du Parlement, la crise pétrolièere à venir, le cumul des mandats, bref sur les grands dossiers qui attendent un ou une futur(e) président(e), on ne sait pas trop pour l'heure ce qu'elle pense la Dame du Poitou. Mais elle monte, elle monte.
Va quand même falloir quand même qu'elle ne monte pas trop haut la Dame qui monte. Ca fait toujours plus mal où je pense quand on se casse la gueule du cinquième plutôt que du rez de chaussée. Mais bon. François veille avec sa grande échelle. Et le vieux Jacquo est un homme galant. On dit même qu'il préfère le terroir charentais de Tonton aux parcs des Hauts de Seine. Et alors ? Alors réfléchis un chouilla, citoyen...
Comment ça, c'est une militante de Ségo ?? Non, mais ça va pas non !







