Le ministre de l’Intérieur et le maire de Meaux, par ailleurs porte-parole du gouvernement, Jean-François Coppé peuvent respirer. La mort du jeune Karl, 12 ans, élève au collège Albert Camus, n’est pas due au passage à tabac de ses jeunes connards de camarades mais d’une fragilité cardiaque ! Voila ce que répètent maintenant les medias en boucle -France Infos en particulier- après la déclaration -fort bienvenue- du procureur général de Meaux. Cette « information », après la prise de position jésuitique du citoyen Coppé (*) ce vendredi matin déplorant ce drame tout en rappelant benoîtement que les résultats de la lutte contre l’insécurité « restent encourageants », permet surtout d’occulter l’essentiel.
C'est-à-dire, un : la suppression des 2002 de milliers d’emplois jeunes chargés de l’encadrement et de la surveillance dans les établissements scolaires. Deux : la suppression, également à l’été 2002, de la police de proximité par qui vous savez. Trois : une réflexion plus globale sur les ravages du néolibéralisme qui fait -notamment- exploser les repères républicains, les missions de service publics et à défaut la société française.
après déjà toute une série d’incivilités et d’agressions
Depuis des semaines, en particulier le 18 octobre dernier, les enseignants avaient averti l’Inspection académique, le rectorat et la municipalité que quelque chose « bouillait » dans ce collège après déjà toute une série d’incivilités et d’agressions dans -et en dehors- de son enceinte. Depuis des semaines -des mois- plusieurs syndicats d’enseignants et la plupart des associations de parents d’élèves avaient publiquement tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences du faible encadrement des élèves dans moult établissement scolaires faute de poste de « pions ». Le dit collège Albert Camus, via ses représentants, avait aussi attiré l’attention des services publics sur le manque de surveillants ad hoc attendant toujours la douzaine de postes prévus à cet effet depuis belle lurette. Idem pour le syndicat national des chefs d’établissements qui était monté au créneau à maintes reprises sur le même thème. Daniel Peltier, son responsable, et par ailleurs proviseur du lycée Nobel à Clichy-sous-Bois (ça ne vous rappelle rien ?) ne pouvait que constater « atterré » que la violence avait de nouveau franchi un « cran inacceptable » avec le décès du jeune Karl. « Je regrette la disparition de la police de proximité, confiait même ce chef d’établissement modéré au Parisien ce vendredi. Quand j’étais proviseur à Chelles (Seine et Marne) des jeunes policiers, en VTT, avaient le droit de venir dans la cour et pouvaient dialoguer avec les élèves. Cela se passait plutôt bien et ils faisaient de la prévention utile. En plus ils étaient jeunes et donc plutôt bien acceptés par les jeunes et l’équipe enseignante. Je me demande pourquoi on les a supprimé. » Réponse : par idéologie.
Dimidium facti qui coepit habet...
Pour montrer leurs muscles et valider leur conception de l’ordre public, le gouvernement Raffarin et son ministre de l’Intérieur, Sarkozy Nicolas, n’ont eu qu’une seule idée en tête : bouter hors du ministère toute police de prévention au prétexte que les flics n’avaient pas à jouer les moniteurs de foot. Mais à passer d’abord les bracelets et à déférer. C’est quasi mots pour mots que qu’avait déclaré, torse bombé, le ministre de l’Intérieur au printemps 2002 en visite à Toulouse en faisant exploser au passage les brigades de police proximité en place.
Mais vous pouvez continuer de serrer les dents. Après plus de quatre jours, les medias n’ont toujours pas fait de papiers conséquents sur le rapport de l’INSEE et de l’Observatoire de la délinquance qui signe l’échec de la politique gouvernementale. Or non seulement ce rapport officiel montre que les chiffres de la place Beauvau sur l’insécurité sont bidons mais que cette dernière est nettement plus grave -en particulier au regard des atteintes contre les biens et les personnes- que la communication de Sarkonaparte le serine à tout bout de champ. En tout cas, la famille du petit Karl peut ronger son frein et hurler de rage. Si leur gamin est passé de vie à trépas c’est juste à cause d’un cœur fragile. Ecoeurant.
(*) Loïc Le Meur, le parait-il, plus célèbre des bloggers francophones mais néanmoins fort libéral jusqu’à plus soif et très proche de qui vous savez avait invité le 16 mai dernier le dit Coppé pour parler de l’actualité et -ce qui ne manque pas de sel- de son livre “Promis, j’arrête la langue de bois”. J’ai perdu les références !
Faut pas l'oublier celui là ! Le mec y va pleurer à Match
parce qu'il ne lui reste plus de 2 millions d'euros pour vivre,
il a quoi dans le cervelet, le rocker, un pénitencier ??! Et l'autre, y compatit !! Mais on est où là??







