De l’art de communiquer sur la constitution d’une nouvelle usine à gaz… Après quelques 36 h de discussions et de palabres téléphoniques, notamment entre Paris, Berlin et Varsovie, les 27 sont donc parvenus à un accord pour relancer l’Europe sur la base d’un « mini traité ». Comme il voulait cet appendice symbolique sur lequel il s’était engagé pendant la campagne électorale, Sarkozy est content. Tout est contente la chancellière allemande d’avoir pu mener au bout cette négociation que son pays se devait de conduire à terme. Content aussi Tony Blair, puisque Londres sera exonéré du volet social permettant ainsi aux british, comme d’habitude, d’être en Europe en profitant du seul « grand marché » tout en restant les yeux rivés sur Washington. Et sans avoir à s’emmerder avec un ministre des affaires étrangères européennes. Ils ont eu aussi leur « haut représentant ». Contents encore les polonais qui ont joué à la grenouille plus grosse que le bœuf puisque le système représentatif de chaque pays qu’ils ne voulaient pas a été finalement renvoyé aux calendes grecques, soit en 2014 pour application éventuelle en 2019 ! Contents enfin les italiens et les espagnols qui ont enfin pu exister entre le couple franco-allemand beaucoup moins hégémonique qu’auparavant et les pays de l’Est bien plus ambitieux qu’on l’a dit. Et content tout le monde au regard de leurs opinions publiques puisque la référence à la concurrence a été gommée. Tout le monde pouvait d’ailleurs la gommer sans trop de souci car de toutes façons les décisions concurrentielles sur les transports ferroviaires, aériens, l’énergie, la santé ou l’éducation sont déjà prises ! Et déjà applicables au 1er juillet pour le gaz et l’électricité ! Cette espèce d’ersatz politique, dont le détail promet d’ailleurs d’autres négociations bien plus difficiles, comme l’a précisé en catimini le Premier ministre luxembourgeois, satisfait donc toute cette palanquée de hauts personnages et permet aux frères polonais qui se croient encore au temps de la guerre froide sinon en 1940 de sauver la face à Varsovie. Je ne reviens pas sur Naparte, il pourra faire voter son petit machin de mini traité directement par le Parlement sans se casser les roubignolles à consulter les Français, et il sait par avance que toute la presse parisienne, ou quasi, bénira et cette performance et cette ratification annoncée. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes européen possible. En réalité, l’Europe, ne parlons même pas de l’Europe politique, a juste été remise sur les rails pour permettre une nouvelle marche forcée vers la libéralisation des économies. Finalement, le vrai vainqueur, celui dont on a relativement peu parlé, du moins en France, reste le citoyen Tony Blair. Car si tout ce bel aréopage a du faire moult concessions pour trouver un accord à la Pyrrhus, c’est encore l’Anglais, qui a au moins une politique, qui n’a rien cédé sur le fond. L’Europe libre échangiste, citoyens, a encore de beaux jours devant elle. Et la communication politique d’autres boulevards à descendre avec extase.








