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Mon bloc perso.
"En cas de démence du roi, notoirement reconnue, légalement constatée et déclarée par le Corps législatif après trois délibérations successivement prises de mois en mois, il y a lieu à la régence, tant que la démence dure."
Art.18. de la Constitution de 1791.
Publié le 23/12/2008 à 16:45
Par Norois



. Sous prétexte de « rationaliser » le travail des parlementaire - on notera la tartufferie du terme- le gouvernement entend donc limiter le droit d’amendement. Au grand dam de l’opposition. Et au petit dam feutré de quelques dizaines d’élus UMP attachés aux droits du Parlement.  « Multiplier les interruptions, les suspensions, cela n’a rien à voir avec le droit d’amendement, cela n’a rien à voir avec la démocratie » a justifié la semaine dernière François Fillon.  « Les injures (il a entendu ça où ??), le blocage systématique, empêcher de voter des textes, empêcher des réformes pour le seul plaisir d’empêcher des réformes, c’est pas la démocratie (on pointera la grammaire…), c’est la pagaille » a ajouté excédé Nicolas Sarkozy  qui avait déjà pété les plombs devant le peu d’empressement des élus UMP à voter dans l’urgence le projet de loi sur le travail dominical ! Trois remarques donc.

D’abord le droit d’amendement est un vieux principe constitutionnel français emblématique par ailleurs du fonctionnement de toute démocratie. Cette façon déguisée de mettre finalement le Parlement au pas et ne n’autoriser le « débat » dans sa « majorité » qu’à la condition qu’elle soit aux ordres relève d’un bonapartisme qui ne dit pas son nom. Le muselage de l’opposition puis des Chambres ont d’ailleurs été les deux mamelles institutionnelles coercitives de Napoléon le Petit puis du Numéro III.  Soucieux des droits du Parlement, le général de Gaulle, pourtant peu suspect de parlementarisme,  n’a jamais franchi ce Rubicon.

Ensuite le pouvoir surfe  pour le moins sur des troubles mémoriels. Se rappelle-t-on, par exemple, les « caricatures » de débats parlementaires entre 1981 et 1984 lors des discussions des projets de lois de nationalisations, de décentralisation sinon celle sur l’enseignement privé où la droite, déchainée mais dans son rôle, avait  déposé des dizaines de milliers d’amendements ! Et que dire du projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), soutenue essentiellement par la gauche et les giscardiens et  qui ne passa, pour la petite histoire qu’après l’enguelade mémorable du groupe UDR par Jacques Chirac, alors Premier ministre! Il y aurait bien d’autres cas. La droite en la matière n’a, quoi qu’il en soit,  guère de leçons à donner en matière d’obstruction parlementaire. Elle s’y prête à cœur joie quand elle est de l’autre côté de la barrière…





Dernière remarque enfin, cette volonté élyséenne est un premier aveu de faiblesse politique qui cache d’autres petages de plombs en perspective. Tourneboulé par son activisme à n’être plus que le centre du monde sinon de l’actualité, Nicolas Sarkozy, qui ne souffre aucune contradiction, confond à tout de champs le temps de la communication avec le temps parlementaire qui nécessite réflexion et durée. D’où aujourd’hui le temps des « bogues ». Pour ne pas dire du joyeux bordel annoncé. Cette propension, en outre, à s’investir, en temps de crise sur des sujets mineurs -le travail du dimanche étant de ce point vue fort significatif- fait aussi passer à la trappe les grandes questions. Rien sur la situation inique des prisons françaises, rien sur le nouveau déficit de la sécurité sociale sauf qu’il correspond au milliard près (15 !) au paquet fiscal, rien sur les millions de laissés pour compte de la dite crise économique hormis des incantations, rien naturellement sur le pouvoir d’achat en berne des salariés, rien sur la crise du logement social hormis des usines à gaz communicantes sur « la maison à 15€ » qui coûte d’ailleurs plus chère, rien sur les espaces de libertés publiques qui fondent comme neige au soleil dans « le pays des droits de l’homme » entre l’explosion des gardes à vues (plus de 560 000 en 2007 contre 336 000 en 2001 !) et la reprise en main de la télévision publique et du Parlement, rien sur les dizaines de milliers de postes supprimés de fait dans l’éducation nationale hormis des discours emphatiques sur la « réforme »  naturellement « nécessaire » mais qui cache une mise en coupe sévère du système éducatif public, rien sur la misère des urgences, rien surtout sur les milliards allouées aux banques sans aucune contrepartie, rien sur le gouffre financier du au déficit public historique qui pèse sur les générations futures, etc. Mais rien n’y fait. La France traverse l’une de ses plus graves crises économique et sociale et le président trépigne de n’avoir pu faire voter dans l’urgence son dada du dimanche. Comme il est parti trépigner à Bahia pendant que son Premier ministre s’en est allé, lui, soigner son stress sous le soleil d’Egypte.  Finalement les grands discours se prennent toujours à l’aune des dieux lares du Fouqet’s…

. Je ne connais pas Julien Dray. Mais je dois dire que cette espèce d’exécution médiatique le présentant comme un profiteur sinon un gangster avant même qu’il ait été mis en examen ou qu’il ait été entendu pour sa défense, me gène pour le moins. On connait quelques banquiers imprudents et d’autres grands magouilleurs véreux fortunés qui n’ont point connu cette vindicte. Qui a d’ailleurs balancé cet autre passionné de montres anciennes ? Dans quel but ? Et je ne parle pas de Martine Aubry qui, interrogée par Le Parisien, a simplement estimé n’avoir « aucun commentaire à faire ». Fort celui, fort ciselé, d’une exécution politique. Le comble est d’ailleurs d’entendre Fréderic Lefèvre, la porte flingue du président à l’UMP, l’homme qui inonde l’AFP de communiqués pour s’étonner ensuite qu’ils ne soient pas tous illico mis sur le fil, prendre la défense  du député de l’Essonne.  Il est des baisers qui tuent. Mais il est aussi des manques d’élégance assassins. S’il est prouvé que le camarade Dray a piqué dans la caisse, il sera jugé et condamné pour ce mélange d’intérêts indignes d’un homme public. Il sera d’ailleurs un des rares. S'il est avéré qu'il a été pour le moins "léger"  ou peu regardant sur les fonds lui permettant d'assurer sa passion convulsive, il sera vilipendé. Mais si l’affaire relève d’une manipulation opportune, il en restera toujours quelque chose dans l’esprit des gens. Tous les Pilates pourront toujours se laver les mains.


. La décision annoncée par Nicolas Sarkozy, à Douai, le 4 décembre, puis enterinée quinze jours plus tard en conseil des ministres, puis par décret, de modifier le Code des marchés publics a fait couler beaucoup moins d'encre... Cette modification est pourtant incroyable. Non seulement les marchés publics pourront être désormais passés "sans aucune procédure" jusqu'à 20 000 €  contre  4 000 € auparavant, mais cette modification prévoit la disparition des commissions d'appel d'offres pour les marchés de l'Etat et des hôpitaux ! Corolaire : les marchés seront donc dorénavant attribués par les seuls préfets, ministres et directeurs d'hôpitaux sans contrôle effectif et les représentants de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, qui siégaient dans ces commission d'appel d'offres, n'auront plus voix au chapitre. Bonjour la transparence ! Autre conséquence : la jurisprudence ad hoc qui permettra l'allègement de certains dossiers, comme par exemple, dixit Le Canard, celui des marchés truqués des collèges des Hauts-de-Seine... Joyeux Noël.

. Reste la tradition. Tous mes vœux donc à tous ceux qui sont ici fidèles à cette page depuis plus d’un an. Ci-joint en guise de joyeuses fêtes quelques clichés trouvés ici ou là, histoire de garder quelque humour en ce pays dont quelques arrogants déglinguent l’esprit. Et quelques puissants celui de sa République.








Joyeuses fêtes !


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norois : Dites donc citoyens, vous êtes atones ou quoi ? Réagissez nom de Diou !
isa : merci pour ce complement d'informations
Norois : Il est vrai, il est vrai... Mais qui fait le clown ?
jfr : Les jeux du cirque, ça occupe le bon peuple , mon bon Monsieur !
Norois : Bien les reactions sur le foot! Je co signe. Je note que ça fait plus réagir que l'abandon de l'histoire ou le hold up de l'Assurance sur la santé!
tartarine : ah! la bande de furax! mdr! ça fait du bien (o)
philmi : le lien http://www.bioi nititive.org est invalide ! Prendre http://www.bioi nitiative.org/ <a href="http://ww w.bioinitiative .org/">cliquer ici</ a>
Norois : A lire le point de vue d'Isa qui revient de Chine
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