Lumières
Plusieurs centaines d’abîmés du cerveau ont pourri la manifestation des étudiants et des lycéens hier à Paris. Un tabou, a même, d’une certaine été franchi. A 17h 15, aux alentours de Montparnasse, une dizaine de fous furieux ont en effet tabassé à coups de poings et de pieds « une » étudiante. Pour lui piquer son portable et son sac à main ! Cette agression sauvage en dit long sur l’état de décomposition avancée de la société française. Le vide sidéral qui occupe l’esprit de ces nouveaux malandrins du siècle. Et la perte de substance de notre modèle républicain. Mais ne l’a-t-on pas laissé pourrir ? A tout le moins se dégrader. Perdre de sa substantifique moelle. A la lecture, dans Le Parisien, du compte-rendu de ce « fait divers » en marge de la manifestation étudiante, je ne pouvais m’empêcher de penser à cet appel du vieux Père Hugo lancé devant les parlementaires après la révolution de 1848. « Allez philosophes, enseignez, éclairez, allumez, pensez haut, parlez haut, courez joyeux au grand soleil, fraternisez avec les places publiques, annoncez les bonnes nouvelles, prodiguez les alphabets, proclamez les droits, chantez les Marseillaises, semez les enthousiasmes, arrachez les branches vertes aux chênes. Faites de l’idée un tourbillon. Cette foule peut être sublimée. Sachons nous servir de ce vaste embrassement (…) Ces pieds nus, ces bras nus, ces haillons, ces ignorances, ces abjections, ces ténèbres peuvent être employés à la conquête de l’idéal. Regardez à travers le peuple et vous apercevrez la vérité. Ce vil sable que vous foulez aux pieds, qu’on le jette dans la fournaise, qu’il y fonde et qu’il y bouillonne, il deviendra cristal (…) Alors sans doute, il y a sous la société , jusqu’au jour où l’ignorance sera dissipée, la grande caverne du mal (…) Cette cave, c’est la haine. Cette cave ne connaît pas de philosophes (…) Elle ne mine pas seulement l’effondrement de l’ordre social, elle mine la philosophie, elle mine la science, le droit, la pensée humaine, elle mine la civilisation, la Révolution, elle mine le progrès (…) Elle est ténèbres et veut le chaos. L’unique péril social, messieurs, c’est l’ombre (…) La vraie division humaine est celle-ci : les lumineux et les ténébreux. Diminuer le nombre des ténébreux, augmenter le nombre des lumineux, voila le but. Apprendre à lire, c’est allumer du feu ».
Je suis un flexible ou inflexible, here is the question...
Flexibilité
Il est toujours intéressant, histoire d’éclairer un peu l’actualité, de rappeler certaines prises de positions. Ainsi celle de Danuta Hübner, commissaire européen à la politique régionale le 12 février 2005. « Prévenir les délocalisations, les stopper par des règles artificielles travailleraient contre la compétitivité des entreprises. Ce que nous devons faire, au contraire, c’est faciliter les délocalisations au sein de l’Europe pour abaisser les coûts des entreprises ». Entre nous, citoyens, c’est exactement le discours du MEDEF… Il y a plus intéressant. Déclaration, le 15 février à Stockholm, du commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, le successeur de Lamy aujourd’hui (tiens, tiens…) à la tête de l’OMC : « Il faut aller plus loin dans la libéralisation pour renforcer la croissance (…) Les Etats membres doivent continuer à réformer leur marché du travail (tiens, tiens…) et leur système de protection sociale afin de développer la flexibilité (tiens, tiens…). Il faut être dans un esprit d’ouverture et pouvoir mettre aussi (j’aime bien le « aussi…) en concurrence tous les services, y compris les services publics ». C’était notre lumière « cpiste ». Et notre contribution européenne du vendredi.







