Le calcul du président de la République est-il d'ailleurs pertinent ? Car, au delà des ronds de jambes et des promenades en carrosses qu'est-ce qui rapproche réellement la Grande Bretagne de la France ? Peu de choses. Icelui est contre l'entrée de la Turquie en Europe, Londres -comme d'ailleurs la majorité des européens- est pour. La Grande Bretagne est contre la nomination d'un "ministre" des affaires étrangères de l'Europe, Sarkozy -comme la majorité des européens- est pour. Le président français est pour -comme la majorité des européens- une relance de la PAC avec une certaine dose de protectionnisme, le Premier ministre anglais est contre. Paris est pour une politique d'immigration européenne fondée sur l'actuel système français, Londres, nettement plus ouvert de ce point de vue, est contre. Quant à la coopération militaire aéronavale, effectivement bien avancée, rien ne dit que les arrières pensées britanniques soient les mêmes que celle de Paris. En bref, les potentialités de clash sont légions entre Paris et Londres, Nicolas Sarkozy n'a manifestement pas étudié Michelet - "L'Angleterre est une ile et tout est dit"-. et le roi risque de se retrouver nu quand il s'agira concrètement dans les mois qui viennent de trouver des points d'entente franco-britanniques. Nu et sans le compère allemand fors de la confiance perdue.
Le premier grippage n'a d'ailleurs pas tardé : entente "amicale" ou pas, Gordon Brown a fait savoir amicalement dès ce jeudi soir à Nicolas que Londres n'était pas sur la même longueur d'onde que Paris à propos du... Tibet et des JO!
A quatre mois de la présidence européenne française, le nouveau pari pompidolien fait ce 27 mars par l'Elysée risque en tout cas de se réveler dévastateur pour la diplomatie française. Et pour une raison simple qu'il faudrait que Carla explique à Nicolas : il est toujours difficile de poser son cul entre deux chaises.

Toujours devant les parlementaires anglais, l’hôte de l’Elysée a aussi le plus tranquillement du monde annoncé l’envoi de forces militaires françaises supplémentaires en Afghanistan. Objectif : porter, à terme, à plus de 3 000 le nombre de nos soldats aux alentours de Kaboul. Cette décision, naturellement saluée par Georges Bush dans l’heure qui a suivi, a été prise avant tout débat parlementaire (*) et par la seule volonté du Prince. Ce 27 mars Nicolas Sarkozy a donc signifié de Londres l’alignement atlantiste de la France. Voila une vraie « rupture ». Et une « rupture » faite, d'après plusieurs journalistes spécialisés, contre l’avis de l'état major militaire qui aurait simplement réussi à persuader la présidence de ne pas envoyer les chars Leclerc qu’Icelui souhaitait faire débarquer dans les montagnes afghanes ! Mais nom d'un petit poucet, ce bonhomme pour le moins tocqué a-t-il une once de compétence militaire ? A-t-il même une mémoire de ce qui est arrivée aux pourtant fameux T33 soviétiques confrontés en leur temps à la guérilla des premiers moudjahidine ? Cette rupture diplomatique, après la décision d'implanter une base navale dans le détroit d'Ormuz, face à l'Iran! risque de faire quelques dégâts collatéraux dans le monde musulman. Quelle va être maintenant la crédibilité de la France au Moyen et au Proche Orient ? Ses marges de manoeuvre pour tenter de poursuivre une diplomatie autonome que la Ve République avait en gros tissé depuis trois générations ? Ce 27 mars, en effet, la rupture a été consommée.
(*) Le président qui est un être simple ou qui a décidement l'esprit tordu a toutefois précisé qu'un débat aura bien lieu, après toutefois que cette décision ait été signifiée à l'OTAN. Autrement dit, les députés peuvent causer ou s'étrangler, rien à foutre. Et naturellement, comme toujours en ces cerveaux fatigués, "aucune autre politique n'est possible". On a déjà entendu ça...








