En bref, et pour ne pas désavouer son Premier ministre faute de ne pouvoir adouber le prétendant détesté de la place Beauvau, le ci devant Jacques Chirac a proposé de monter une nouvelle usine à gaz juridique sur un Thchernobyl politique. En prenant les étudiants et les responsables syndicaux pour des abrutis, sinon des provocateurs, par nature irresponsables. La jeune et nouvelle génération qui devra payer les retraites des anciens, recouvrer le déficit abyssal de la France, se demmerder avec les catastophes écologiques annoncées, devront donc en sus assumer brutalement une précarité que les joyeux libéraux -chiraquiens, sarkozystes ou strausskakiens- leur ont tous légué avec force bras d'honneur.
Les premieres minutes du discours du parait-il "président de tous les Français", aura été, comme les télespectateurs auront pu le remarquer, "asynchones". Le son étant décalé d'avec la parole.
Comment peut-on encore s'imaginer que les Français
soient dupes de ce théâtre d'ombres qu'est devenue la République ?
Faut-il y voir un signe ? A tout le moins le syndrome d'un chef d'Etat déconnecté de la réalité après plus de 40 ans passés dans les seuls palais nationaux ? Que connait d'ailleurs Jacques Chirac -et Dominique de Villepin- de l'entreprise, de la vie, des difficultés de fins de mois, des désagrements quotidiens de ses contemporains avec l'administration, France Telecom, Bouygues, la justice, les embouteillages, la tension quotidienne des choses, l'abrutissement des transports, et on en passe ? Rien. Quedal. Zéro tripette. soient dupes de ce théâtre d'ombres qu'est devenue la République ?
Comment peut-il encore s'imaginer -tout comme Villepin qui l'a embarqué dans sa galère pourrie au nom de sa fantasmagorie Arcolienne- que les Français, les électeurs, les gens, soient dupes de ces jeux de rôles politiques ? De ce théâtre d'ombres qu'est devenu la République à force d'en avoir bafoué les vertus. A force d'avoir oublié que les privilèges qu'elle procure ne sont que des commodités dévolues par le peuple à leurs représentants.
En 40 ans de carrière politique pour conquérir un pouvoir dont finalement il n'a jamais su que faire, Jacques Chirac a balancé trop de bras d'honneur à ses électeurs et aux Français pour ne point aujourd'hui supporter le boomerang qu'il risque -comme son Premier ministre- de prendre demain dans la gueule.
Le drame de cette crise n'est pas que le CPE ne soit qu'un leurre. N'a-t-il d'ailleurs jamais été autre chose ? Le drame est que ce pays d'une formidable richesse imaginative, culturelle, scientifique même, ait été bafoué depuis si longtemps par un patronat imbécile, une caste politique d'énarco-libéraux, et par une bande de pistoléros du pouvoir qui dans une démocratie digne de ce nom n'auraient même pas eu droit à un CPE du peuple !
Il est vrai que dans mauvais westerns les fins d'histoires de dupes sont toujours tragiques.







