Restent d’autres informations qui sans faire la une des journaux sont tout aussi préoccupantes. Ainsi a-t-on appris aujourd’hui que le ministère de l’Agriculture venait d’autoriser en catimini la commercialisation d’un nouvel insecticide -dont le nom m’échappe à l’heure où j’écris ces lignes- mais qui est en train de semer un nouveau vent de révolte chez les apiculteurs car cette saloperie serait tout aussi destructrice des ruches d’abeilles que les deux précédents insecticides qu’ils avaient réussi à faire interdire. Avec l’aide -tout pêcheur a ses grâces- de Philippe de Villiers qui était monté au créneau avec toute la Vendée pour faire interdire ces deux produits dont le « gaucho » qui, risquant déjà de flinguer les ruches, risquait aussi de désorganiser tout le circuit de la pollinisation, une paille!
Mais ce n’est pas tout. Le Point, pourtant en général assez conservateur en la matière, révèle cette semaine, en un petit encadré, qu’en octobre dernier, les éleveurs de porcs, confrontés à la montée en flèche des cours des céréales et du soja, ont demandé au ministre de l’Agriculture, « de plaider à Bruxelles pour la réintroduction dans les mangeoires des protéines bon marché fabriquées à partir des déchets d’abattoirs », autrement dit des farines animales, ces autres saloperies responsables, en 1996, de la crise dite de la « vache folle » !
Non seulement les équarisseurs ont appuyé avec force lobbying cette demande des éleveurs de porcs, mais la France a transmis cette demande à la Commission européenne qui a débloqué illico, comme si cette affaire relevait d’une urgence indicible, 1,7 millions d’euros « pour étudier le sujet » et envisager le retour de ces farines, rebaptisées PAT, à l’horizon 2010 ! Seuls à ce jour, les chercheurs de l’INRA, dans l’indifférence générale, ont mis en garde les pouvoirs publics sur « le risque de résurgence de la maladie (de la vache folle) qui pourrait résulter d’une autorisation renouvelée des farines animales ».
Au-delà du scandale au regard de la sécurité alimentaire que représente le fait que le ministère de l’Agriculture ait décidé de relayer le lobby des producteurs porcins et des équarisseurs en s’écrasant au maximum pour cette information ne soit pas divulguée afin de ne pas effaroucher les consommateurs, il est un autre fait tout aussi symbolique du délitement absolu des serviteurs de l’Etat. J’allais dire des j’en foutres qui, assénant de belles paroles au bon peuple devant les caméras de télévision lui font un bras d’honneur dans le silence de leurs bureaux en jouissant d’être vaseliné par les groupes de pression qui sont aussi les grands pourvoyeurs de leurs bulletins de vote.
d'agriculture et ancien patron de la FNSEA
Car qui est aujourd’hui le ministre de l’Agriculture du gouvernement Fillon ? Michel Barnier. Et qui est Michel Barnier ? L’ancien commissaire européen chargé de la politique régionale et surtout l’ancien ministre de… l’Environnement du gouvernement Balladur entre 1993 et 1995 ! Mieux, l’ancien ministre des Affaires européennes du gouvernement Raffarin et, cela ne s’invente pas, l’ancien commissaire au développement durable de l’UMP en 2003 ! Un gaulliste, il parait. Un type qui, né à La Tronche (Isère), cela ne s’invente pas non plus, a publié en 2007 un « Atlas pour un monde durable » en estimant qu’un « bilan de santé de la planète » s’imposait parce que « nous vivons un tournant historique » ! Fermez le ban.
Mais que dit d’ailleurs sur ces deux affaires l’actuel ministre chargé du dit environnement, le grand Manitou du Grenelle du même nom, le sieur Borloo que tout le monde cherche dans les oubliettes de l’actualité ? Rien. Silence radio et pas de friture sur la ligne. C’est à vous faire dégueuler dans une mangeoire…
Dans le même temps, une autre affaire tout aussi emblématique de ce j’emfoutisme politique, secoue cette fois ci l’Imprimerie nationale. Quant il était ministre de l’Economie et des Finances, en 2004, un certain Nicolas Sarkozy, entre deux rendez vous entre Tom Cruise, le Pape bis de la scientologie, et je ne sais quel grand patron de firme, le Sieur Sarkozy donc, avait pris l’engagement de ne « jamais céder au secteur public » la dite entreprise nationale. Ce qui fut fait deux ans plus tard. Il est vrai itou que le même Sarkonaparte avait aussi pris l’engagement de ne jamais privatiser GDF…
Ajoutons, cerise sur la gâteau de la connerie universelle, qu'un "délit de destruction de champs" vient d'être introduit sans crier gare par la commission des Affaires économiques du Sénat dans le projet de loi sur les OGM, examiné en séance publique au palais du Luxembourg à partir du 5 février. Au cours d'une conférence de presse, le sénateur de la Manche, un denommé Bizet, dans la politique depuis des lustres et soutien patenté de l'EPR dans le Cotentin, a présenté l'instauration de ce délit, passible de 2 ans de prison et 75.000 euros d'amende, comme la "contrepartie" de l'obligation de transparence, fixée par le projet de loi "au niveau de la parcelle". Le délit de fauchage, a précisé l'ancien vétérinaire, sera aggravé lorsque la destruction portera sur "un essai de recherche", la peine pouvant être portée à 3 ans de prison et 150.000 euros d'amende. Et voila comment on torpille un soi disant moratoire sur les OGM. Et qu'on signifie au camarade Bové qu'il peut se foutre au cul sa prochaine grève de la faim !
Dernière petite nouvelle, enfin, qui fort de laisser pantois illustre mieux que tout bon papier la confusion, sinon le mélange des genres, qui renvoi la République chez Marie Antoinette et l’éthique au magasin des accessoires : le coup de gueule de Paul Nahon, le directeur de l’information de France 3, à l’encontre de la « Reine Christine ». Pourquoi ce coup de sang ? Simplement parce que le dit Nahon a découvert sur le site lepoint.fr que « Christine Ockrent avait offert ses services rémunérés, après dejà moult "ménages" , aux universités d’été du MEDEF » ! Et la présentatrice de « Duel sur la 3 », Madame Kouchner à la ville, nous fera, après, ses grands discours sur l’indépendance des journalistes. Sans oublier de nous parler doctement de son dernier bouquin intitulé, retenez votre souffle, « le livre noir de la condition des femmes ».
Citoyens, je vous laisse à vos rêvasseries, j’ai, pour ce qui me concerne, plus que besoin d’aller prendre un verre de scotch !
PS : Au fait citoyens, y se marie plus Naparte ?? Du gaz dans l’eau ?
