Ca va saigner!
Ségolène Royal a donc décidé de « réorganiser » sa campagne. « Nous avons un bon pacte présidentiel et le parti, à la base, il marche » a-t-elle assuré ce dimanche.
A la base ? Mais ailleurs ? Ailleurs -c'est-à-dire dans un certain nombre d’échelons intermédiaires, à la tête de certaines sections, c’est le traîne savate. Pire, le savonnage de planche. Car ce que ne peut pas dire la candidate est très simple. Lamentable. Et destructeur.
A ce jour en effet -et contre l’avis de la base- un certain nombre de responsables et de sections proches de DSK et des jospinistes restent l’arme au pied, refusent de se mettre au service de la candidate, rechignent à jouer les porteurs de tracts pour « Sego », bloquent les velléités de certains militants d’aller en découdre sur les marchés ! En bref, « plombent » délibérément la campagne. Avec -et certains responsables proches de DSK s’en cachent à peine- un objectif politique suicidaire : « récupérer le parti » après la défaite éventuelle de la Dame du Poitou. Relancer la stratégie sociale libérale de leur mentor et l’imposer rue de Solferino avec l’aide des néo-jospinistes.
Donc 2012...
En réalité, seuls les « hollandais » et -c’est à noter- les fabusiens soutiennent sans arrières pensées par conviction ou par discipline de parti la candidate du PS. Avec naturellement la grande masse des militants de base souvent effarés par cette stratégie de l’aventure qui consiste à « jouer Sarko pour dégommer Ségo ».
La « réorganisation » annoncée de la campagne relève donc en fait d’un coup de gueule de la Zapatera, comme l’avait d’ailleurs fait en son temps -on l’a un peu oublié- François Mitterrand contre les coups de boutoirs des rocardiens avant et pendant la campagne présidentielle de 1981 ! Naturellement personne parmi les jospinistes et les strausskaniens ne se reconnaîtront cette politique insidieuse du coup de poignard dans le dos. Il leur suffit, pour l’heure, d’accompagner, sinon de distiller ici ou là, le même fiel, la même « com » que l’équipe de SarkoNaparte sur « l’incompétence » supposée de leur candidate qui n’est « naturellement pas faite pour le job » comme se plait à le répandre le député UMP du IXe arrondissement de Paris, Pierre Lellouch…
Que le candidat-ministre parle « d’héritation » à la place d’héritage, change trois fois le chiffrage de son programme de défiscalisation pour passer de 58 à 15 milliards ! qu’il soit soutenu par le MEDEF et la grande majorité des médias sous tutelle de Bouygues, d’Hachette ou de la Soccpress, qu’il confonde allégrement son rôle de ministre avec celui de candidat, qu’il agisse comme Napoléon III au temps des « candidat officiel » ou qu’il gère sa campagne comme Berlusconi leur importent finalement moins que le plantage de la Royal qu’ils détestent. Parce qu’elle n’est pas de leur sérail, parce qu’elle a dérangé leur plan de carrière, parce qu’ils n’en n’ont rien à foutre de la démocratie participative qui a fait exploser leur stratégie libérale sociale. Et parce qu’ils entendent passer par pertes et profits 2007 pour jouer 2012. Exactement comme Alain Juppé dans le camp d’en face !
Et cum spiritu tuo et enculum, moi j'aime tout le monde, les travailleurs, les patrons, les femmes, les jeunes, les flics, les antillais, les réunionnais, les communistes, les baufs, les fonctionnaires, les vieux, les enseignants, les infirmières, les banquiers, les américains, les chinois, les cons, les agriculteurs, les chiens, les chats, les puces, les curés, j'ai oublié qui ?? Les nanas ? Le champagne ?? Jamais d'alcool , vieux, juste du vin !
Aujourd’hui plus de 70% des français semblent estimer que « rien n’est joué » et que la campagne peut « encore réserver des surprises ». Cette photographie -peut-être cette réalité électorale- est évidement em… pour tous ces faiseurs de chausses trappes et de tartufferies incompréhensibles sinon révoltantes pour les militants et les sympathisants socialistes.
Pour l’ancienne ministre de l’Environnement de François Mitterrand qui s’est engagée sur le « mandat unique » et qui a un programme à la scandinave autrement solide que celui démagogique de son adversaire, c’est une seconde chance.
En réalité, comme l’a très bien compris, François Hollande, la campagne électorale commence lundi sur TF1. Et se « pliera » fin mars. A ce jour, rien ne dit que Nicolas Sarkozy sera à la tête de l’Etat en mai. Il y a en effet une chose que le candidat ministre ne peut encore contrôler : le vote des électeurs.
Il sera temps après d’apurer les comptes.







