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Mon bloc perso.
"En cas de démence du roi, notoirement reconnue, légalement constatée et déclarée par le Corps législatif après trois délibérations successivement prises de mois en mois, il y a lieu à la régence, tant que la démence dure."
Art.18. de la Constitution de 1791.
Publié le 06/02/2009 à 12:17
Par Norois

Dans mon jeune temps, il y avait sur les marchés ceux que l’on appelait des camelots. Des types capables de vous donner le tournis en vous vantant avec la force conviction d’un bonimenteur l’intérêt culinaire d’une nouvelle cuillère en bois  ou d’un moule à gaufres. Le formidable numéro de camelot exercé hier soir par Nicolas Sarkozy, qui n’est plus ému qu’on puisse le comparer à… Bonaparte ! aura donc anesthésié les journalistes, fort peut être, Laurence Ferrari, finalement moins révérente que ses confrères. Car quel formidable enfumage !

Nous voila donc aujourd’hui avec un président  reconnaissant  « la brutalité totale » de la crise mais oubliant que le candidat fort libéral de 2007 vantait la déréglementation,  le « modèle américain » (de Bush), le crédit revolving et le système des subprimes. Nous voila avec un président, apôtre soudain de la concertation sociale, mais toujours arque bouté sur la nécessité des « réformes » pour ne pas « céder à l’immobilisme ». Ce qui, au-delà de la formule de communication politique, ne veut strictement rien dire. Nous voila aussi avec un président justifiant de nouveau, avec un estomac de centaure,  le limogeage d’un préfet, la nomination et la révocation par l’Elysée des patrons des médias du service publique, et le refus de revenir sur les dizaines de milliers de suppressions de postes prévus dans la fonction publique et l’hôpital, mélangeant d’ailleurs allégrement le budget des hôpitaux et celui des frais médicaux !

« Le virage social » du président, comme le titre ce vendredi Le Parisien, relève d’un sens de l’humour inattendu. Nous verrons donc dans les jours et les semaines à venir l’UMP, le parti du dit président, se parer en VRP de la régulation et son nouveau secrétaire général, Xavier Bertrand, en parangon de la fustigation des banques et de la défense des classes moyennes et « des petites gens qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts ». Il faudra fortement se pincer. Ou se rappeler, entre deux cafés ou deux whisky ! qu’hormis, là encore, un joli blabla sur la « réhabilitation du travail », le président a de nouveau botté en touche sur la question du pouvoir d’achat et sur celle de la défiscalisation des heures supplémentaires qui, tous comptes faits à ce jour, n’ont pas crée d’emplois nouveaux. Combien d’emplois seront-ils d’ailleurs crées par le plan de relance ? Le président, après un instant d’hésitation sinon de gratouillis… intérieurs, a été honnête : il n’en sait rien… Tout un programme. Mais le président, comme il l’a dit en dodelinant de la tête, « est bien obligé de réfléchir (sic) à ce que doit être une politique sociale adaptée à la situation d’aujourd’hui ». Le président va donc « réfléchir ». Ca va prendre du temps.




Que dire de l’annonce à renfort de trompettes de la suppression de la taxe professionnelle, impôt au demeurant idiot, mais dont la suppression demandée à hauts cris par le medef, n’est en rien accompagné d’une proposition crédible de remplacement. Hormis une hypothétique écotaxe sur laquelle le président ne s’est guère appesanti manifestement trop heureux de son nouvel effet d’annonce. Les collectivités territoriales, qui savent que cette manne fiscale représente une part importante de leur budget, apprécieront cette nouvelle patate chaude. Ou ce mistigri. Car en outre, le président s'est aussi emmêlé les pinceaux dans les chiffres. Ce ne sont pas en effet 8 milliards d'euros que rapporte la taxe professionnelle, mais comme s'est dépêché de le rappeler l'Association des maires de France, 29 milliards ! Cela explique-t-il le rétropedalage de Bercy ce vendredi balançant dans la plus grande discrétion un petit communiqué précisant que l'extinction de la taxe professionnelle ne verrait peut être pas le jour dés...2010 comme l'avait annoncé le président ! Jolie cacophonie.


Les journalistes, enfin les faire valoir qui interrogent le président, n’ayant souvent point de mémoire, personne n’a aussi fait remarquer au président que la décision éventuelle de suppression de la première tranche d’impôt n’avait en soi rien de novateur, ce coup de pouce fiscal ayant déjà été utilisé en 1993 par le secrétaire d’Etat au budget du gouvernement Balladur, un certain Nicolas Sarkozy !

Plus drolatique est le couplet sur le « partage plus juste des profits entre salariés et actionnaires ». Outre que ce système de reversements par tiers des dividendes est une idée de Serge Dassault, grand avionneur devant l’eternel, ce système avait été proposé via une proposition de loi de la gauche du Sénat en 2007 et vigoureusement enterré par le ministre du Travail de l’époque, Xavier Bertrand… Le nouveau patron de l’UMP, qui n’en plus à un chapeau près à avaler pour rester dans le cercle premier des courtisans du Roi, devra donc vanter demain à la télévision ce que le ministre Bertrand avait combattu hier à la Haute Assemblée.  On appelle cela faire de la politique.

Passons enfin, cela va finir par faire mal au ventre à force de rire, sur l’inénarrable couplet sur « le système des stocks options » qui « choque » notre président et qu’il « veut changer ». D’ailleurs notre président « veut » beaucoup, souvent, tout le temps.  Il n’en est pas pour autant, même sur talonnettes, à la hauteur d’un Obama. Au moins le président américain vient-il de plafonner le salaire des dirigeants d’entreprises aidées par l’Etat fédéral. En France, Laurence Parisot, a toussé. S’est rappelé au bon souvenir d’Icelui et a prévenu : pas question  que l’Etat se mette à fixer les salaires des patrons d’entreprises même soutenues à bout de bras par l’Etat. Sarkonaparte, entre deux moulinets,  et une déclaration d’amour surréaliste pour l’industrie, obtempérera.

Reste le cas « K », du nom du dernier bouquin de Pierre Péan (Fayard). Sans doute Bernard Kouchner, comme l’a fait remarquer le président n’a-t-il à ce jour « aucun ennui avec la police », encore moins « avec la justice ». Accusé par Pean d’avoir un temps collaboré avec l’entreprise Imeda dans le cadre de consultings santé auprès de gouvernements africains, dont celui du grandissime Omar Bongo, le ministre des Affaires étrangères affirmait encore le 4 février sur France 2 qu’il « ne connaissait pas » ses dirigeants. Nous vous renverrons donc ici à la photographie publiée jeudi par Challenge .fr, qui retrouvant l’adresse de cette société boulevard Saint-Germain à Paris, s’est fait un malin plaisir d’indiquer que le nom de Bernard Kouchner était accolé dans l’entrée de l’immeuble d’Imeda à côté de ceux qu’il… « ne connaissait pas ». Mais le patron du Quai d’Orsay est aussi, comme chacun sait, un parangon de vertu.



Challenge.fr


Un dernier point. Je ne sais pas si vous suivez les « événements de Guadeloupe » confrontée depuis maintenant une bonne quinzaine de jours à un « mini 68 ». Avec d’ailleurs ce jeudi le passage en crise de la Martinique. Ces deux iles sont, parait-il, des départements français. Un ministre, Yves Jego, est même sur place depuis trois jours pour tenter de mettre fin à la « grève générale » qui secoue ce territoire rongé par le chômage et économiquement contrôlé par une minorité de « békés ». Qu’a dit le « président de tous les Français » sur cette crise grave ? Rien. Il est vrai que beaucoup de journalistes s’en foutent. Fort pour aller y passer leurs vacances d’hiver.

Citoyens...



PS : Le président a encore frappé ce vendredi après midi, annonçant ainsi, sans que personne ne le lui demande et de nouveau protégé par une centaine de gardes mobiles, le lancement prochain d'un troisième réacteur EPR ! Non seulement cette annonce bafoue la parole de l'Etat qui s'était engagé à ce qu'une telle mesure éventuelle ne soit prise qu'après un bilan des courses du premier -celui de Flamenville- mais cette décision bafoue aussi l'esprit du Grenelle de l'environnement dont le même président nous avait rebattu les oreilles l'an passé. Le président surfe, il est vrai, sur une hypocrisie, sinon un manque de courage politique des élus et de la gauche en particulier, trop heureux d'engranger ainsi quelques milliers d'emplois à court terme. Politique absurde à l'ère du réchauffement climatique et de la crise. Comme vient en effet de le rappeler avec force Corinne Lepage, numéro 2 du Modem, mais aussi ancienne ministre de l'Environnement, les quelques milliards qui seront engloutis dans tous ces EPR n'engrangeront au mieux que 4 à 5 000 emplois contre plusieurs dizaines de milliers si cet investissement avait été fait dans le soleil, l'éolien et d'autres énergies renouvellables. A croire que le président VRP se chauffe un fauteuil de retraite chez Areva ou Bouygues. Mais que dire de ce type de décision prise sans aucun débat public, sans aucun contrôle parlementaire, sans aucune discussion démocratique. Et sans respect de la parole de l'Etat. Et vous irez après expliquer aux gamins qu'il faut respecter les maîtres d'écoles!

Publié le 03/02/2009 à 10:28
Par Norois
. « Je veux que ça bouge, je veux que ça change, je veux que la culture soit notre réponse à la crise économique » ! Rien que ça ! Nicolas Sarkozy qui inaugurait lundi en sautillant son nouveau machin, le Conseil pour la création artistique dont il sera le… vice-président, a donc trouvé un nouveau truc pour lutter contre la crise. Avec une grande originalité : le Conseil en question, chargé de « mieux soutenir le processus de création », ne sera composé d’aucun… créateurs ! Pas d’artistes, pas de metteurs en scène, pas de réalisateurs, pas de peintres, pas de comédiens, pas d’écrivains, etc. Juste des «personnalités », dont Vincent Frerebeau, le fondateur du label indépendant Tôt ou tard ou le PDG de l’agence CAPA, Hervé Chabelier, dont on se demande ce qu’il vient faire là après avoir déjà avalé des couleuvres dans la commission Copé chargée, l’an passé, de préparer le projet de loi sur l’audiovisuel. Christine Albanel, la ministre parait-il en charge de la Culture, a naturellement applaudi le président. En avalant un nouveau boa.



. Ah, juste un chiffre. Près de deux Français sur trois (62%) pensent que la politique du gouvernement ne permet pas de lutter efficacement contre les effets de la crise, selon un sondage CSA pour l'Humanité qui parait ce mardi. Par ailleurs, 61% souhaitent que les syndicats appellent à poursuivre la mobilisation. 59% des personnes interrogées ne sont pas satisfaites des réactions du président de la République et du gouvernement après la journée de mobilisation du 29 janvier. Le chiffre monte à 83% chez les sympathisants de gauche et à 71% chez ceux du… MoDem. 65% des sympathisants de droite et du FN sont au contraire satisfaits de l'attitude du chef de l'Etat face aux manifestations et grèves. Le président de la droite française et de la France de droite va donc poursuivre ses « réformes ».



. Les projets du gouvernement pour faire face à la crise présenté lundi à Lyon par François Fillon et une douzaine de ministres à leur descente du TGV permettront donc, entre autre, d’aménager l’échangeur n°12 de Bordeaux, de construire une centaine de logements à Nancy et de restaurer l’église de Montargis ! Ces « 1 000 projets », financés par une partie du « plan de relance », permettront aussi, selon le Premier ministre, de répondre « aux doutes, aux peurs, aux contestations » suscités par la crise. En réalité, comme le rappelle ce mardi Le Parisien et Libération, ces vilains petits médias, la plupart des projets en question, sortis des cartons des administrations, étaient quasi tous programmés de longue date! Comme d’ailleurs une bonne parti des 26, 5 milliards du dit plan de relance. A propos de milliards, il est amusant de rappeler que si la Grande Bretagne a décidé de débourser 22 milliards d’euros pour soutenir son économie avec, en passant, une hausse des allocations familiales, une aide directe aux PME et une baisse de la TVA, elle est vraiment passée à la caisse et à nationalisé de fait une partie de son système bancaire au nom du bon vieux principe « qui paye commande ». L’Espagne de Zapatero, elle, a sorti plus de 30 milliards, avec notamment des mesures d’aides directes aux municipalités, un gel partiel des emprunts immobiliers pendant deux ans pour les chômeurs et une remise fiscale de 400€ pour la majorité des contribuables. Libéral ou pas, le gouvernement fédéral allemand a fait, lui, dans la grosse Berta : plus de 110 milliards injectés dans l’économie ! avec un vrai plan de développement des infrastructures liées à l’aménagement du territoire, une baisse des cotisations maladies, une interdiction des stocks options, un gel des dividendes et une forte baisse d’impôts concentrée sur… les seuls bas revenus ! Nous on a filé le pognon aux banques. Et notre président leur a fait les gros yeux en leur demandant d’être sympas.




. Jeudi soir notre fameux président va donc nous expliquer pourquoi il faut « poursuivre les réformes » et « tenir le cap dans la tempête ». Il ne reviendra naturellement pas sur les 50 milliards du « paquet fiscal » qui plombe aujourd’hui toute marge de manœuvre du gouvernement. Un grand politique ne peut admettre avoir fait une connerie. Comme un grand politique ne peut admettre aujourd’hui que la suppression d’un fonctionnaire sur deux en temps de crise est peut être une idiotie. Mais finalement notre président doit être d’accord avec l’historien et économiste ultra libéral, Jacques Marseille, qui, tout en le pourfendant parce qu’il ne va pas « assez loin dans les réformes », lui rappelle ce mardi dans Le Parisien quel est le sens des choses pour les libéraux : « C’est le marché qui va redynamiser la machine économique. Grace à la crise, il va se purger et corriger les excès » ! Même bardé de diplômes, il y a des types qui n’ont pas tout saisi. Le souci c’est qu’il y a plein d’autres types à la tête des banques, des grandes entreprises et de l’Etat qui pensent exactement la même chose. Comme ils pensent que l’université doit fonctionner comme une entreprise concurrentielle et le savoir relever d’une « marchandise ». Je passe sur la suppression de 40% des subventions aux Plannings familiaux, à la libéralisation de fait de la Sécurité sociale solidaire au profit des assurances complémentaires, à la mise au pas de l’appareil judicaire ou au flicage de n’importe quelle manifestation de cent ou deux cents pékins. Mauvaise ambiance tout ça…





(DR)
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norois : Dites donc citoyens, vous êtes atones ou quoi ? Réagissez nom de Diou !
isa : merci pour ce complement d'informations
Norois : Il est vrai, il est vrai... Mais qui fait le clown ?
jfr : Les jeux du cirque, ça occupe le bon peuple , mon bon Monsieur !
Norois : Bien les reactions sur le foot! Je co signe. Je note que ça fait plus réagir que l'abandon de l'histoire ou le hold up de l'Assurance sur la santé!
tartarine : ah! la bande de furax! mdr! ça fait du bien (o)
philmi : le lien http://www.bioi nititive.org est invalide ! Prendre http://www.bioi nitiative.org/ <a href="http://ww w.bioinitiative .org/">cliquer ici</ a>
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Norois : Lisez le commentaire de Lesion, citoyens et suivez l'actu !
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