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Mon bloc perso.
"En cas de démence du roi, notoirement reconnue, légalement constatée et déclarée par le Corps législatif après trois délibérations successivement prises de mois en mois, il y a lieu à la régence, tant que la démence dure."
Art.18. de la Constitution de 1791.
Publié le 01/02/2009 à 16:25
Par Norois
Ci joint en copie trois articles -un papier publié dans le JDD.fr, un autre dans le NouvelObs.com et une réaction de lecteur du même NouvelObs.com- qui montrent que "quelque chose" ne va pas dans ce pays. Qu'une sale atmosphère, une ambiance délètère, sont en train de pourrir à petit feu un climat social tendu. Un climat politique nauséabond alimenté par une attitude du pouvoir totalement décalée au regard des réalités, de la "vie des gens". De la souffrance des gens. De leur révolte intérieure au regard de la "gestion" inégalitaire d'une crise qu'il ne comprenne pas. Quelques mois avant mai 1968, Pierre Viansson-Ponté écrivait dans Le Monde "La France s'ennuie". Aujourd'hui, la France est comme une cocotte-minute. Avec des types dans les cuisines qui mettent un couvercle sur une eau qui commence à bouillir, comme l'ont montré les manifestations de jeudi dernier. Voila en tout cas l'impression que donnent ces différents papiers. Préoccupant...


Dimanche 01 Février 2009
Pointe-à-Pitre, ville western
Par Anne-Laure BARRET, envoyée spéciale en Guadeloupe
Le Journal du Dimanche

Depuis douze jours, la grève générale paralyse la Guadeloupe. Vie chère, pénurie de logements, chômage massif... Les habitants de l'île sont fatigués. Et puis il y a cette vieille douleur qui vient du passé. Yves Jégo, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, arrive dimanche pour tenter de dénouer la crise.

Ce sont des ribambelles de non-dits qui fondent au soleil, des tabous retors emportés par les alizés. Odile, une manifestante rencontrée vendredi dans les rues de Pointe-à-Pitre, entame la trentaine. Pour vivre en Guadeloupe avec 1000 euros par mois, cette célibataire a dû développer des talents de magicienne qu'elle cache à ses proches. Elle a renoncé à la viande et au cinéma, "passe au large des boutiques" pour éviter d'être tentée et avoue rouler sans assurance. "On se débrouille grâce au système D. Mais tout augmente sans cesse. Ça ne peut plus durer !" Pour la première fois cette année, Odile ne peut même pas s'offrir un costume neuf pour le carnaval, son "seul petit luxe".

Comme cette jeune femme, quelque 30 000 Guadeloupéens ont manifesté vendredi dans la capitale économique de l'île. Lycéens ou retraités, salariés ou chômeurs, fonctionnaires ou précaires et même petits chefs d'entreprise et professions libérales sont venus soutenir le collectif syndical et associatif "Lyannaj Kont Pwofitasyon" (Collectif contre l'exploitation outrancière, LKP) dans sa lutte contre la vie chère, au dixième jour de la grève générale entamée le 20 janvier. Un rassemblement géant comme la Guadeloupe, île rebelle à forte tradition syndicale où les conflits sectoriels fleurissent comme les ibiscus, n'en avait jamais connu. Un succès surprenant compte tenu de la pénurie d'essence causée par une autre grève qui touche les stations-service. "Rapporté à l'échelle nationale, c'est deux fois Mai 1968!", commente le socialiste Victorin Lurel, député et président de la région Guadeloupe.

Révolution sociale?

Air songeur et poing levé, Elie Domota, porte-parole du collectif LKP, contemple depuis un balcon la foule massée à l'extérieur du palais de la Mutualité, le QG des grévistes situé à Pointe-à-Pitre. Il y a deux semaines, le nouveau patron du très puissant syndicat indépendantiste UGTG, par ailleurs directeur adjoint de l'ANPE locale, était encore un inconnu pour les Guadeloupéens. Mais sa moustache et ses chemisettes bariolées sont désormais célèbres dans toute l'île. La population l'a vu tenir tête au préfet de région et aux élus de tous bords lors de longues et infructueuses négociations retransmises en direct sur la chaîne privée Canal 10 et sur RFO. Guadeloupéens d'en bas et intellos de l'université des Antilles ont apprécié ses questions simples ("Pourquoi est-il impossible de trouver 200 euros d'augmentation pour les Guadeloupéens quand on trouve des milliards pour les banques ?") et ses démonstrations pleines de bon sens sur le coût exorbitant de la vie. "C'est maintenant un demi-dieu. On a trouvé notre Obama", jubile Claude, un électricien à la retraite qui vivote avec 600 euros par mois.

Au palais de la Mutualité, ils sont nombreux à rêver que la grève soit le prélude à une révolution sociale. "La population est confrontée à la cherté de la vie, à une pénurie de logements, à un chômage massif. Nos revendications constituent le cahier de doléances des Guadeloupéens", assène Elie Domota. Le patron de l'UGTG sourit malicieusement : "Si ça marche, c'est peut-être grâce à notre slogan." "La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa ta yo, yo péké fè sa yo vlé an péyi an nou" ("La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas, ils ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays"). Le refrain en créole est sur toutes les bouches, scandé dans tous les cortèges. Il se décline même sur les tee-shirts.

Discrimination raciales

Le collectif LKP affirme vouloir redonner de la "fierté" aux Guadeloupéens "On est toujours dans une société esclavagiste", dénonce Elie Domota. Pour lui, les descendants des colons, ces "békés féroces" qui contrôlent tout le commerce et se font des marges astronomiques, sont les grands responsables de la hausse des prix. Quand la lutte des classes se confond avec la lutte des races... Et le syndicaliste indépendantiste de fustiger les "discriminations raciales" qui cantonnent les "Noirs" à des emplois subalternes. "On fait venir des cadres de métropole dans les supermarchés et on réserve les emplois de vigiles à nos jeunes diplômés! Dans l'administration, c'est pareil. La standardiste est noire mais les dirigeants des services sont tous blancs !"




Alors que les écoles, les entreprises et les commerces (à l'exception des épiceries de proximité) sont fermés depuis plusieurs jours, une bonne partie de la population semble épouser la colère - si ce n'est les revendications - des grévistes. Même si quelques-uns glissent, comme ce fonctionnaire: "Les gens aimeraient travailler, mais la pénurie d'essence les en empêche. Le collectif a même eu recours à l'intimidation pour forcer les gens à se mettre en grève."

Maryline Abenaqui, une femme de 50 ans qui travaille auprès de personnes âgées, vient de faire ses courses dans la supérette de son quartier, où les approvisionnements se font au compte-gouttes. Sur les étagères, les petits pots pour bébé et les conserves de légumes commencent à manquer. "C'est plus cher qu'au supermarché mais je m'en fiche. C'est pour la bonne cause. Je soutiens la grève. Je n'ai pas peur que la nourriture vienne à manquer, les grévistes ne peuvent pas se le permettre." Un enthousiasme partagé par Samantha, jeune célibataire de 23 ans qui se déplace désormais à pied dans Pointe-à-Pitre, ville western silencieuse et déserte : "Il était temps de dire haut et fort qu'il n'y a pas d'égalité entre les races ici."

"Les prix sont fous ici"

Sous couvert d'anonymat, quelques chefs d'entreprise békés, pourtant inquiets pour leur trésorerie et révoltés contre ces "agitateurs marxistes-léninistes ou anarcho-libertaires", disent comprendre la révolte des manifestants. "Les prix sont fous ici. Il y a une grande opacité dans le système des importations", soupire un quinquagénaire. La patronne d'une boutique de vêtements du centre-ville constate tristement qu'un "esclavage moderne" perdure et que ses employées, noires, "portent en elles une douleur qui vient du passé". Reste que, pour le patron du Medef local, Willy Angèle, si le constat de la faillite du modèle économique et social guadeloupéen se justifie, le recours à la grève générale s'avère "dangereux". "C'est comme si on prenait plaisir à se suicider", souffle-t-il, épuisé après des jours de vaines négociations. Ce métis craint que les grévistes cherchent à "dresser les Noirs contre les Blancs" : "Il y a des gens qui développent le concept d'une identité fermée. C'est très inquiétant."

Après avoir semblé débordés par la société civile, les élus locaux se sont remis en selle, alors que le préfet s'est retiré des négociations mercredi. Les présidents socialistes du conseil général et du conseil régional de Guadeloupe ont accepté vendredi de puiser dans leurs budgets pour donner des gages aux grévistes et prônent l'élaboration d'un nouveau projet de développement pour l'île. Le président de la région Victorin Lurel en appelle au président de la République pour mettre fin à la crise. Même la députée (UMP) Gabrielle Louis-Carabin semble décontenancée par le silence de l'Elysée et de Matignon : "C'est vrai que les Français de métropole ont des difficultés, mais on fait partie de la France. On explose et on dirait que ça n'intéresse personne."

Paris semble finalement avoir entendu le message. Hier soir, Yves Jégo annonçait son arrivée ce dimanche sur l'île. "Je n'ai pas de date de retour et resterai sur place aussi longtemps que nécessaire", nous précisait le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer. "Il y a une Guadeloupe à deux vitesses, un problème d'inégalité dans la répartition des richesses. Mais il faut absolument éviter un effondrement économique. Il y aura donc une dépense publique supplémentaire, que je ne peux pas chiffrer pour l'instant."

Alors que les écoles, les entreprises et les commerces (à l'exception des épiceries de proximité) sont fermés depuis plusieurs jours, une bonne partie de la population semble épouser la colère - si ce n'est les revendications - des grévistes. Même si quelques-uns glissent, comme ce fonctionnaire: "Les gens aimeraient travailler, mais la pénurie d'essence les en empêche. Le collectif a même eu recours à l'intimidation pour forcer les gens à se mettre en grève."

Maryline Abenaqui, une femme de 50 ans qui travaille auprès de personnes âgées, vient de faire ses courses dans la supérette de son quartier, où les approvisionnements se font au compte-gouttes. Sur les étagères, les petits pots pour bébé et les conserves de légumes commencent à manquer. "C'est plus cher qu'au supermarché mais je m'en fiche. C'est pour la bonne cause. Je soutiens la grève. Je n'ai pas peur que la nourriture vienne à manquer, les grévistes ne peuvent pas se le permettre." Un enthousiasme partagé par Samantha, jeune célibataire de 23 ans qui se déplace désormais à pied dans Pointe-à-Pitre, ville western silencieuse et déserte : "Il était temps de dire haut et fort qu'il n'y a pas d'égalité entre les races ici."

"Les prix sont fous ici"

Sous couvert d'anonymat, quelques chefs d'entreprise békés, pourtant inquiets pour leur trésorerie et révoltés contre ces "agitateurs marxistes-léninistes ou anarcho-libertaires", disent comprendre la révolte des manifestants. "Les prix sont fous ici. Il y a une grande opacité dans le système des importations", soupire un quinquagénaire. La patronne d'une boutique de vêtements du centre-ville constate tristement qu'un "esclavage moderne" perdure et que ses employées, noires, "portent en elles une douleur qui vient du passé". Reste que, pour le patron du Medef local, Willy Angèle, si le constat de la faillite du modèle économique et social guadeloupéen se justifie, le recours à la grève générale s'avère "dangereux". "C'est comme si on prenait plaisir à se suicider", souffle-t-il, épuisé après des jours de vaines négociations. Ce métis craint que les grévistes cherchent à "dresser les Noirs contre les Blancs" : "Il y a des gens qui développent le concept d'une identité fermée. C'est très inquiétant."

Après avoir semblé débordés par la société civile, les élus locaux se sont remis en selle, alors que le préfet s'est retiré des négociations mercredi. Les présidents socialistes du conseil général et du conseil régional de Guadeloupe ont accepté vendredi de puiser dans leurs budgets pour donner des gages aux grévistes et prônent l'élaboration d'un nouveau projet de développement pour l'île. Le président de la région Victorin Lurel en appelle au président de la République pour mettre fin à la crise. Même la députée (UMP) Gabrielle Louis-Carabin semble décontenancée par le silence de l'Elysée et de Matignon : "C'est vrai que les Français de métropole ont des difficultés, mais on fait partie de la France. On explose et on dirait que ça n'intéresse personne."

Paris semble finalement avoir entendu le message. Hier soir, Yves Jégo annonçait son arrivée ce dimanche sur l'île. "Je n'ai pas de date de retour et resterai sur place aussi longtemps que nécessaire", nous précisait le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer. "Il y a une Guadeloupe à deux vitesses, un problème d'inégalité dans la répartition des richesses. Mais il faut absolument éviter un effondrement économique. Il y aura donc une dépense publique supplémentaire, que je ne peux pas chiffrer pour l'instant."

 
01.02.2009
De dangereux terroristes les manifestants, anonymes et élus compris, en faveur de la remise en liberté de Julien Coupat? A Paris, samedi dernier, en milieu de milieu de matinée, des forces de l’ordre, en nombre considérable, ont été déployées dans le quartier de la prison de la Santé où reste incarcéré Julien Coupat, l’un des quinze saboteurs présumés d’une ligne SNCF. Bien que les manifestants, qui n’étaient que 1200 selon la police (3500 selon les organisateurs: une cinquantaine de comités de soutient à Julien Coupat), ne devaient se retrouver qu’à 15 heures, boulevard Arago, dans le 14ème arrondissement, il n’était, dès treize heures, plus possible de prendre un autobus passant par les avenues ceinturant la place Denfert-Rochereau. A la même heure, toute une partie des 13ème et 14ème arrondissements était bloqués. Dans le 5ème, de la rue Claude Bernard au boulevard de Port-Royal, situé pourtant à une station de RER de Denfert-Rochereau, la totalité des voies, hormis un temps les rues Saint-Jacques et Berthollet, étaient barrées. Dans la petite rue en sens unique Pierre Nicole, parallèle au boulevard Saint- Michel, stationnait une quinzaine de cars de CRS, empêchant ainsi les riverains de prendre leur voiture alors que les bus ne pouvaient circuler. Du jamais vu dans le quartier, même en jour de « Gay pride » ! Ceux qui étaient quand même parvenus à sortir avec leur véhicule de cette nasse policière ont mis plus d’une heure en fin d’après -midi pour parcourir quelques centaines de mètres dans la rue Saint-Jacques. Un samedi gâché pour bon nombre de touristes et de parisiens. Le gouvernement chercherait à étouffer toute contestation politique, même de si minuscule envergure, qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
Sylvie Véran  NouvelObs.com 
 


Retour sur la « manifestation » de Saint-Lo (50)…
J'étais présent parmi les manifestants lors de la visite du président à Saint-Lô. Je retiens cette journée comme l'une des plus surréaliste, voir ubuesque de mon existence. Cette place vide, ce no man's land autour du Centre Culturel, immense surface réservée aux huiles locales UMP, les CRS, devant les barrières, pas toujours avenants et enfin ces milliers de personnes massées à 200 mètres. Quel symbole, celui d'un pouvoir coupé de la réalité. Tout allait bien pour ces gens dans ce centre culturel, les toilettes hommes ont été refaites pour l'occasion, afin de faciliter le maquillage de ceux qui devaient être vus à la télévision. Tout était très bien organisé, mais, fatalitas, le grand rassembleur des français s'est rendu compte qu'il n'est parvenu à rassembler qu'une quarantaine d'élus et les institutionnels sur les 20000 habitants que compte la ville.

Le décalage est énorme... Entre les gens "normaux" et eux, je crois qu'il faut poser les choses comme cela. Je suis très inquiet pour la démocratie. Elle se fonde sur la notion de représentativité, où est cette représentativité, aujourd'hui ? Les "élites" organisent leur survie comme elles peuvent. Les autres trinquent. Cette histoire va mal tourner, j'en suis persuadé maintenant.

François (01/02/09)
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Tribune libre
norois : Dites donc citoyens, vous êtes atones ou quoi ? Réagissez nom de Diou !
isa : merci pour ce complement d'informations
Norois : Il est vrai, il est vrai... Mais qui fait le clown ?
jfr : Les jeux du cirque, ça occupe le bon peuple , mon bon Monsieur !
Norois : Bien les reactions sur le foot! Je co signe. Je note que ça fait plus réagir que l'abandon de l'histoire ou le hold up de l'Assurance sur la santé!
tartarine : ah! la bande de furax! mdr! ça fait du bien (o)
philmi : le lien http://www.bioi nititive.org est invalide ! Prendre http://www.bioi nitiative.org/ <a href="http://ww w.bioinitiative .org/">cliquer ici</ a>
Norois : A lire le point de vue d'Isa qui revient de Chine
Norois : Lisez le commentaire de Lesion, citoyens et suivez l'actu !
mo : une année de fidélité... que ça dure !
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