
« Je me souviens très bien de ses promesses. Fin des zones de non droit, disait-il. Aujourd’hui, il y a des quartiers entiers où les forces de l’ordre ont l’ordre de plus entrer. Les agressions contre les personnes ont augmenté dans des proportions jamais atteintes. Il devait y avoir 10 000 places en internat renforcé : on n’en a pas construit 100. Et aujourd’hui, c’est lui qui ne peut pas entrer dans les quartiers. Vous vous rendez compte. Cinq ans ministre de l’Intérieur et il ne peut même plus entrer dans les quartiers de la banlieue française (…) Rien n’est plus agaçant pour les gens que le bla-bla. Nicolas Sarkozy cite Baudelaire, Rimbaud, Jaurès, Blum, mais qui peut y croire une seconde ? On met de la confiture pour faire oublier le goût amer de la tartine (…) Il n’y a pas un responsable dans notre pays connaissant son histoire et prudent qui accepte de marier ces deux termes (NDA : « immigration » et « identité nationale »). Il y a des cocktails dangereux (…) Pense-t-on qu’en cultivant les affrontements on va avoir une France en meilleure santé ? La France, c’est réunir, pas diviser ». De qui ces petites amabilités ? De François Bayrou bien ce mercredi dans Le Parisien. C’était notre petite contribution béarnaise à la campagne de Qui vous savez.

Selon encore Le Parisien, Laurence Parisot, la patronne des patrons qui plastronne, a noté « au fils de ses rencontres » avec les candidats « une volonté d’échange très grande » de la part de François Bayrou. Elle a noté aussi « une très grande écoute » de Nicolas Sarkozy. Elle a noté enfin que « l’échange n’est pas toujours facile » avec Ségolène Royal. Que tout cela est joliment dit. Si vous n’avez pas encore compris qui soutenait le MEDEF, citoyens…
Le scandale humanitaire du Darfour
Plus de 200 000 morts. 300 000, ou 500 000… En fait on n’en sait rien. Sauf que c’est peut être la premier génocide du XIX e siècle. Et que tout le monde, en gros, s’en bat l’œil. Le Soudan, c’est loin. Et le Darfour, pas un pékin ne sait vraiment où c’est. Mardi soir quelques centaines de personnalités ont donc tenté à la Mutualité de rappeler au monde, via les cameras et micros que cette tragédie qui ne voit pas seulement des musulmans s’en prendre à ses chrétiens mais aussi à d’autres musulmans avec la bénédiction du régime soudanais, qu’il suffirait que quelques grandes puissance fassent les gros yeux pour arrêter les massacres. Seulement voila. Il y a des minerais et du pétrole au Soudan. Et le régime du président Omar al-Béchir tient le pays d’une main de fer avec la bénédiction tacite des amerlocks. Et les Chinois, qui voit dans Khartoum une tête de pont entre Pékin et l’Afrique qu’ils investissent, soutiennent le dit régime du dit président. Donc les villageois nomades peuvent crever. Chirac, qui n’en rate pas une quand il veut nous fiare croire qu’il est « préoccupé » à menacé de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU « si les exactions se poursuivent » afin de « prendre des sanctions ». Formidable. Il n’en a pas moins accueilli à grandes pompes le président al-Béchir le mois dernier au sommet France-Afrique de Cannes. Quant à une nouvelle résolution, comme le rappelle Libération ce mercredi, le Premier ministre, Dominique de Villepin qui su en d’autres heures se montrer plus courageux, s’est tout simplement prononcé contre la semaine dernière. Alors ? Alors rien. Les massacres continuent. Ah si quand même, un rappel pour l’honnêteté des choses. Seul le Béarnais, qui s’était le premier…il y a déjà deux ans, rendu au Darfour a pris un engagement : que la France s’honorerait à annoncer dés aujourd’hui qu’elle boycotterait les prochains jeux Olympiques de Pékin si rien n’était fait pour arrêter cette tragédie. Le Béarnais, reconnaissons le, a au moins deux qualités : il est constant. Et il connaît le jeu de Go.
Merci à Olivier Jobard, photographe à Sipa-Presse/AFP, qui via Solidarités Aide Humanitaire sans Frontières offre gracieusement ses droits d'utilisation des photos de son reportage.








