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Mon bloc perso.
"En cas de démence du roi, notoirement reconnue, légalement constatée et déclarée par le Corps législatif après trois délibérations successivement prises de mois en mois, il y a lieu à la régence, tant que la démence dure."
Art.18. de la Constitution de 1791.
Publié le 05/04/2007 à 18:53
Par Norois
Dans la série, les histoires vécues valent tous les blabla, voici donc celle de mon fils cadet et de sa compagne pour trouver à se loger.

Donc mes deux tourtereaux, après quelques pérégrinations en agences et sur le net -je vous passe les détails- trouvent, via une agence fort connu dans mon bled, le studio qui leur plait. En gros, un 42m2 sympa, avec une petite terrasse sur un jardinet (non privatif) pour 680 euros par mois. Pas un château, mais correct pour démarrer dans la vie en serrant un peu les boulons.
Et là le parcours du combattant commence…

Je précise que le fiston est en CDI chez Citroën et la compagne en CNE, mais avec une réelle opportunité d’intégrer définitivement sa boite.
 

Je vous précise aussi que leurs salaires cumulés font plus du « triple du loyer », la parait-il barre fatidique nécessaire pour que les agences ne vous envoient pas faire foutre !
 

Je précise enfin que mon épouse et moi-même nous portons naturellement caution étant précisé que nous sommes propriétaire de notre maison sans parler de quelques biens.

Donc voila les tourtereaux à l’agence pour « remplir le dossier ».
Et là non de dieu, le système soviétique ! Photocopies des derniers bulletins de salaire des enfants, attestations d’employeurs, copie du livret de famille histoire de vérifier que nous n’avons pas douze enfants à charge ! Copie de nos cartes d’identité respectives (ma femme itou), précision ad comme quoi nous sommes bien propriétaires, copies de nos bulletins de salaires à nous, papier à remplir nous engageant en moult paragraphes imbitables à cautionner les piou piou, copies de nos cartes d’identité, copie de notre feuille d’imposition, copie de notre taxe foncière, RIB permettant -on l’apprend après- de prendre contact avec les banques pour s’assurer qu’il n’y a pas de « problèmes de fonctionnement bancaire », copie des… cartes grises ! Et copie, vu que j’ai des revenus en zig zag comme tous les indépendants, de ma carte de presse et de mon dernier (si, si…) contrat d’édition ! Ouf !


Lui c'est le mec des "affaires sociales",
il parait, avec l'autre un peu plus bas...

Devant cette paperasserie digne de l’ex Etat roumain ou de Cuba, je fais quand même remarquer à la dame qui « doit constituer le dossier » que je ne vois pas en quoi ma carte grise lui est indispensable, que ma banque n’a pas à lui donner des renseignements privés -ce qu’elle refusera d’ailleurs de faire !- et que je trouve quand même fort de café de nous demander tout ce bordel pour cautionner 680 euros par mois alors que nous avons des biens mobiliers et donc un peu de blé !

Larché, il s'appelle, il est chargé
de l'insertion, lui... Ah bon...

Un peu em…, la dame qui constituait le dossier m’a juste fait un « ben oui je vous comprends, mais vous comprenez, c’est notre assurance ». En bref c’est pas nous, c’est eux, pis c’est comme ça.

48h après, les gamins ont eu le feu vert sur leur dossier, mais je me suis quand même demandé dans quel monde de dingues on vivait. D’abord parce que toutes ces boites nous font tous les jours des grands baratins libéraux sur le risque, la concurrence et tutti quanti, mais que leur seule philosophie, sinon leur pratique intrusive, se résume finalement au risque zéro pour elles, et au doigt sur la couture du pantalon pour le client ! Ensuite parce que je me suis dit que mon fiston et sa compagne avaient beaucoup de chance d’avoir un CDI, du boulot, des parents propriétaires, d’être « blancs » et de ne pas s’appeler Ali, BouDiaf ou Moustapha ! Non mais vous imaginez un jeune couple dont l’un est au RMI ou au chômage ?? Un couple en CDD, en intérim, ou avec des rastas ?? Sans cautionneurs. Sans parents ou sans amis derrière. Refus du dossier ! Et ils vont crécher où ? Dans un hôtel à deux balles ? Sous les ponts ?

L’inégalité, la misère, la révolte contre l’ordre des choses, les politiques ou les cons, commence par ces petites choses de la vie, par ce jeu de jungle, qui caractérise quoi qu’on en dise notre fonctionnement social. Notre parait-il, comme dit l’Autre, « société de liberté » ! Tu parles ! Tout est fait pour les privilégiés du système, les autres peuvent camper sur le bord de la route. On lui a demandé quoi à Naparte pour son appartement de Neuilly à 300 000 euros de travaux payés par le promoteur ? Son dernier bulletin de salaire ? Sa carte du Niquezlestous Club ?

Elle a raison la Zapatera de vouloir créer un « service public de la caution ». Et il a raison le Béarnais de vouloir supprimer purement et simplement ce « blocage » en proposant une assurance ad hoc modeste. L’une ou l’autre solution seront de toutes façons des bouffées d’oxygène pour des dizaines de milliers de pékins !

Ce monde du pognon roi est à gerber, citoyens.


Elle, c'est Tuula Haatainen, la ministre du logement... finlandaise.
Il parait qu'ils ont moins de problème pour se loger les jeunes là bas.
Faut dire qu'elle plus avenante la ministre, vous imaginez
les deux paysans du haut à côté...


Publié le 03/04/2007 à 11:44
Par Norois

Donc « identité nationale » et querelle sur le drapeau… 
 

Je dois dire que cette espèce de polémique et de débat totalement biaisé me gonfle depuis quelques jours. Mais pas forcément pour les raisons que l’on pourrait croire. Que SarkoNaparte ait « lié » son ministère de l’Intégration à cette identité est évidemment lamentable. D’abord parce que ce rapprochement, qui flatte dans le sens du poil les électeurs frontistes et la peur de certains français, n’est pas innocent sur le plan électoral. Ensuite parce que les lois françaises étant déjà suffisamment coercitives, on se demande vraiment ce qu’une nouvelle majorité pourrait encore inventer pour rendre plus difficile le parcours du combattant des étrangers souhaitant s’installer en France. Ou étant en France, même illégalement, depuis plus de cinq ans. Le port d’une étoile bleue ? L’armée déployée aux frontières ? Arrêtons les imbécillités.  Surtout quand on sait que 40% des "immigrés", comme le rappelle l'ancien président de la commission sur la laïcité, Bernard Stasi, sont... français ! Et que ceux qui ne le sont pas, ou pas encore, concourrent, même par leurs bas salaires, à la richesse de la nation.

Un rapport publiée récemment par Bruxelles, mais dont aucun candidat de parle faute d’effaroucher l’électeur, estime que l’Europe ne coupera pas à la nécessité d’une nouvelle vague migratoire dans les 10 ou 20 ans qui viennent, notamment si elle veut palier à certains manques de postes dans l’industrie ou conserver la qualité minimum de sa protection sociale… Pendant des générations, la France a été une terre d'accueil, une terre d'asile, une terre de brassage et d'intégration. C'est notre singularité, notre lot commun, peut être au XXI e siècle, une nouvelle chance historique si nous savons trouver la bonne formule pour "vivre ensemble" et trouver une communauté de destin. Refuser cet horizon, c'est accepter la décadence ou fouler aux pieds cette fraternité des Lumières qui se doit aussi de fonder notre République.

Le faible développement du Sud que la mondialisation ne développe en rien, contrairement aux affirmations des néolibéraux, et les conséquences géopolitiques du changement climatique risquent d’être aussi tels que si rien n’est programmé par les pays riches dans les dix ans qui viennent de nouvelles « masses de pauvres » se précipiteront de nouveau aux frontières européennes, simplement pour pouvoir bouffer ! Que la France ne puisse, comme l’avait déjà dit le père Rocard en 1988, « accueillir toute la misère du monde » est une chose, encore faudra-t-il comme il l’avait dit aussi sans que personne ne rappelle la fin de sa déclaration, « qu’elle en prenne sa part ». Et il ne s’agira pas là d’immigration « choisie », ce qui ne veut rien dire, mais d’une politique européenne d’intégration assumée, ce qui n’est pas exactement la même chose. Ni relève de la même échelle.
 

Arrive maintenant cette querelle autour du drapeau. Querelle bien française s’il en est, notamment parce que le drapeau français « bleu blanc rouge » a, notamment depuis la consolidation du phénomène lepéniste, une connotation nationaliste ou fascisante. Ce qui est une perversion de l’esprit et de notre Histoire dont la gauche en général et le PS en particulier- ont leur part de responsabilité. 
 

Car de qui se moque-t-on ? Au Danemark, en Grande Bretagne, en Espagne, en Italie, en Ukraine, en Russie, en Argentine, le drapeau national flotte partout et personne n’y trouve rien à redire. Et que dire des américains qui, au delà de leurs divisions communautaires, se retrouvent tous, et à moult occasions, derrière leur drapeau pour célébrer n’importe quelle fête avec un patriotisme qui surprend tous les étrangers ?
 Sans doute n’a-t-on pas la même culture. Et alors ? Pourquoi a-t-on laissé ces repères révolutionnaires à l’extrême droite ? Qui ne se rappelle que « l’effort », la « valeur du travail », le « mérite », le droit à la « sûreté » étaient aussi des « valeurs républicaines » portées haut et fort par les instituteurs de IIIe République ? Pourquoi, dans la réalité des choses, la gauche a-t-elle laissé la « liberté » aux seuls néolibéraux sans jamais se préoccuper de donner un contenu politique digne ce temps à « l’égalité » et à la « fraternité » ? Qui a laissé la droite conceptualiser pendant des années la théorie de « l’Etat remis à sa place » ? Qui a oublié que le Front populaire, dés 1935, a défilé dans Paris contre les Ligues, sous la banderole du drapeau bleu blanc rouge !

On rappellera ici que si la démocratie relève du parlementarisme, de la séparation des pouvoirs et de la liberté, seule la République, parce qu’elle se fonde aussi sur l’égalité, est source d’équilibre. C’est même toute la différence entre les deux systèmes. Le principe d’égalité n’est pas inscrit dans la démocratie américaine, ni dans le système britannique. Et j’ajoute qu’en France ce n’est pas la nation qui a construit l’Etat, mais l’Etat et la République qui ont construit une nation au fil des temps. D’ailleurs fondée sur le droit du sol. 
 
C’est aussi à ces dérives partagées, à ces relâchements, à ces renoncements, qu’on laisse échapper le peuple aux extrémismes et qu’on le dégrade en populace


Mais qui, ceci rappelé,  a laissé les quartiers de certaines banlieues se transformer en Bronk’s ? Qui a laissé se dévoyer le principe d’égalité devant la loi, principe fondateur de la République ? Qui a oublié pendant des années les « travailleurs », laissant à Le Pen le soin de parler aux « petites gens », au peuple ? Qui s’est fourvoyé en 2002 sur l’insécurité en parlant de « sentiment », comme aujourd’hui le Breton des Finances se fou du monde en parlant de simple « ressenti » à propos de la hausse du panier de chez Carrefour ? Qui a laissé parler Montebourg dans le désert pendant des mois quand le député de la Bresse, dont je ne suis pas un fan pour autant, dénonçait les prébendes et les privilèges dont la droite française jusqu’au plus sommet de l’Etat se prévalait ? Qui a dit que « l’Etat ne pouvait pas tout » alors qu’il reste, quoi qu’on en pense, la seule structure de pouvoir à même de rééquilibrer la folie libérale mondialisatrice ? Qui a accepté le « compromis de Lisbonne » autorisant en deux coups de cuillers à pot la privatisation de l’énergie et de la protection sociale en Europe ? Qui a privatisé France Telecom ? La droite ? Non, le gouvernement Jospin.

Comment voulez vous que la République s’y retrouve si en plus on laisse tomber ses symboles comme de vulgaires mouchoirs ? Qui d’ailleurs a foutu le camp du stade de France en 2001 pour protester contre les sifflets lancés à la Marseillaise ? Chirac. Jospin est resté droit dans ses bottes ! 
 

C’est aussi à ces dérives partagées, à ces relâchements, à ces renoncements, qu’on laisse échapper le peuple aux extrémismes et qu’on le dégrade en populace, comme le stigmatisait déjà Victor Hugo en 1848.

En 1998, après la coupe du monde, le drapeau fut un signe d’appartenance, le symbole d’une joie collective partagée. Que n’a-t-on rebondi sur cet élan populaire ? Qui n’a compris, à ce moment là notamment, que la jeunesse black-blanc-beur des banlieues, que celle de la France finalement, recelait aussi de sommes d’énergie considérable, de talents fulgurants, de désir d’avenir comme dit l’autre ? Et que s’est-il passé ? Rien. La France, rappelez vous, devait d’abord bien gérer la sécu. Et rester dans les clous économiques de Maastricht ! Dans les "critères" de Bruxelles. On a vu le résultat.
 



« La Marseillaise » est un chant guerrier nous dit-on. Vous avez écouté « le chant des Partisans » ? La Marseillaise est aussi une symbolique d’appartenance qui s’inscrit dans notre histoire. Et l’amour de la patrie, la haute idée de la Nation, n’a jamais empêché les révolutionnaires ou les républicains de penser que les valeurs de la République avaient aussi valeur d’universalité. Que chantaient d’ailleurs les révolutionnaires russes de 1905 ? La Marseillaise ! Ceux de 1830 ? La Marseillaise. Ceux de 1848 ? La Marseillaise ? Et qu’a fait chanter de Gaulle à la Libération de Paris ? 
 

Au nom de quoi, comme de petits freluquets sans âme, faut-il laisser l’hymne de la nation aux futures chemises brunes ? Si Arlette n’en a rien à secouer, c’est son affaire. Elle n’aime d’ailleurs ni la bonne bouffe ni le vin de nos terroirs, ces petites choses qui relèvent aussi de notre culture, de notre identité. Et dans « bonne bouffe », j’entends aussi bien le bœuf carotte que le couscous, le gigot de pré salé que les vrais pizzas, le Morgon ou le Turcaut que le thé à la menthe comme seul sait le préparer Mohamed dont je me fou de la religion mais pas de la citoyenneté ! Le reste est littérature. 
 

Ne vous foutez pas de nos emblèmes, citoyens, ne laissez pas les valeurs identitaires, culturelles et laïques qui ont construit ce pays depuis des centaines d’années sur fond de vagues migratoires, de conquêtes de droits et de devoirs, de luttes sociales, foutrent le camp comme si de rien n’était. Le jour où plus personne n’en parlera, nous ne serons plus en République. Peut être plus en démocratie. Tout juste dans une vaste zone de libre échange… Quel destin collectif !
 

Un dernier point, pour illustrer mon propos : quand devant la tribune de l’ONU, j’ai entendu un type, l’air grave, expliquer devant le monde pourquoi la France, au nom d’une certaine conception du droit international, de la paix, de son expérience et de son Histoire, se refusait à envoyer ses soldats en Irak, je n’ai pas ressenti comme l’Autre quelque « arrogance », mais quelques fierté, au contraire, d’appartenir à cette nation. A ce « cher et vieux pays ». A cette république qui avait « quelque chose » à dire.


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norois : Dites donc citoyens, vous êtes atones ou quoi ? Réagissez nom de Diou !
isa : merci pour ce complement d'informations
Norois : Il est vrai, il est vrai... Mais qui fait le clown ?
jfr : Les jeux du cirque, ça occupe le bon peuple , mon bon Monsieur !
Norois : Bien les reactions sur le foot! Je co signe. Je note que ça fait plus réagir que l'abandon de l'histoire ou le hold up de l'Assurance sur la santé!
tartarine : ah! la bande de furax! mdr! ça fait du bien (o)
philmi : le lien http://www.bioi nititive.org est invalide ! Prendre http://www.bioi nitiative.org/ <a href="http://ww w.bioinitiative .org/">cliquer ici</ a>
Norois : A lire le point de vue d'Isa qui revient de Chine
Norois : Lisez le commentaire de Lesion, citoyens et suivez l'actu !
mo : une année de fidélité... que ça dure !
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