La Ligue, ses 102 fédérations départementales et leurs associations "ne comprendraient pas, selon ce communiqué, que des interventions policières destinées à préparer l'expulsion d'enfants et de jeunes sans papiers" se déroulent cet été dans ses centres de vacances et de loisirs.
"Le cas échéant, elles s'y opposeront", avertit d'ailleurs la Ligue, qui appelle à "amplifier la mobilisation de tous pour qu'aucun enfant et jeune étranger scolarisé ne manque à l'appel à la rentrée de septembre (...) Tous les enfants et les jeunes présents en France dont les parents sans papiers sont victimes, dans leur pays d'origine, de discriminations (...) ont leur place dans notre Ecole", conclut la Ligue.
Ben quoi j'ai merdé là?? (DR)
Ce communiqué est plus important qu'il ne parait. D'abord parce qu'il faut savoir que cette opposition aux "explusion Sarkozy" dépasse, et de loin, le simple cadre de la Ligue de l'enseignement.
Ce qui n'était qu'un petit mouvement de protestation militant est en train de devenir une lame de fond protestataire.
De nombreux élus de gauche ont bien sur mis leur poids dans la balance pour tenter de contrecarrer cette vilaine serpilière droitienne. En particulier dans la région parisienne, dans le Sud-Ouest et dans l'Ouest. Là n'est pas le plus significatif. Dans des dizaines d'écoles et de collèges, des centaines de profs, de parents, d'amis de profs et de parents, des élus, des gens comme et moi, etc. ont spontanément décidé de s'opposer à cette politique gouvernementale pour des raisons éthiques ou citoyennes. Ou simplement par révolte. Au nom d'une simple humanité. On ne reconduit à la frontière des gamins scolarisés par la République ! Et on ne boute pas des enfants hors de France au nom d'une politique frontiste qui ne dit pas son nom au prétexte d'un coup de menton bonapartiste.
Résultat des courses, ce qui n'était qu'un petit mouvement de protestation vaguement militant ou syndical il y a quelques jours est en train de devenir aujourd'hui une lame de fond protestataire, un élan de solidarité républicaine, qui n'était pas prévu au programme par les énarquo-conseillers du ministre de l'Intérieur-candidat.
Mieux, cette protestation risque de s'amplifier d'une façon ou d'une autre dans les jours à venir. Simplement parce que cette politique inique ne réhausse en rien l'image de la France des, parait-il, Droits de l'Homme.
Des tas de gens connaissent ces gosses et
sont scandalisés de les voir pris en otage
sont scandalisés de les voir pris en otage
Simplement aussi parce que les modalités d'applications de la loi Sarkozy en la matière sont tellement floues au regard de la circulaire envoyée aux préfets que les situations risquent de varier d'un département à un autre avec tous les risques d'arbitraire et d'inégalité de traitement qu'elle induit selon que le dossier sera instruit à Limoges, Paris, Belfort ou Saint Jean des Baisants.
Simplement enfin parce des tas de gens connaissent ces gosses qui ont souvent goûté ou faits leurs devoirs avec les leurs et qu'ils sont scandalisés de les voir pris ainsi en otage au nom d'une politique de circonstance bourrée d'arrières pensées électoralistes.
Et qu'on ne leur dise pas le contraire, ils auraient -à juste titre- le sentiment d'être pris pour des cons !
Le candidat quasi officiel de l'UMP est très agité sinon plus
que tourmenté du cerveau par la royale sondagite.
C'est aussi là que réside l'autre importance du communiqué de la Ligue de l'enseignement. En réalité, cette affaire traduit la première véritable erreur politique de Nicolas Sarkozy.
En bref, le camarade de Beauvau, qui anticipe tout comme un vrai professionnel new look du pouvoir en analysant ses moult études d'opinion tous les matins au petit déjeuner, s'est totalement emmelé les pinceaux sur cette affaire d'expulsion dont on l'avait persuadé qu'elle passerait comme une lettre à la poste. Sans parler des files d'attentes aux préfectures totalement zappées par ses services qui étaient à cent lieues d'imaginer que des milliers de familles et des tas de "clandestins" allaient oser faire la queue devant les guichets pour tenter de sortir de l'impasse!
Cette affaire, qui risque de donner une sale image du ministre Sarkozy dont le candidat Nicolas se serait volontiers passée, risque en tout cas d'être politiquement plus dévastatrice que le cerveau du patron des Hauts-de-Seine l'avait supputé...
Vu que le candidat quasi officiel de l'UMP est en ce moment très agité, sinon plus que tourmenté du cerveau par la royale sondagite qu'il a du mal à ingurgiter, l'affaire, en effet, est assez déconnante !
Mais levons nos verres à l'aspirine, citoyens. Le Karcher Boss va en avoir besoin. Et quand Sarko a la migraine, la République, nom d'un petit bonhomme! y trouve toujours son content.
Dernière minute !
Ah au fait, vu le journal de Soir 3 ce vendredi soir. Rien sur le sujet. Quedal. Pas une ligne, pas une seconde. Ah, si, un sujet sur Sarko et Cécilia bras dessus bras dessous dans des terres lointaines ! Essentiel ça pour l'info Coco! Allez dodo, bonnes gens, France 3 veille sur vous !
