Le cru électoral 2009 des européennes fera donc, parait-il, date. Attention toutefois de bien raison garder tant la signification de ce scrutin, caractérisé par près de 70% d’abstentions, est ambigüe. Tant aussi sont les leurres déployés…
Avec moins de 28% des suffrages exprimés, l’UMP n’a en effet, au-delà des sourires d’estrades, aucune raison de pavoiser. Non seulement ce chiffre est en deçà de la barre des 31% du candidat Sarkozy de 2007, mais la déperdition de voix en faveur de la majorité est en réalité fort importante puisque plus de 70% d’électeurs s’étaient déplacés lors de la présidentielle. Le « triomphe » du parti gouvernemental a d’ailleurs été dimanche soir assez modeste, en particulier chez les députés UMP…
La fessée électorale du PS, compte tenu toujours de cette même différence -beaucoup de votants en 2007, peu en 2009- est par contre réelle. Et l’acte de contrition de Martine Aubry, comme de la plupart des ténors du parti qui l’on soutenue, pathétique. Comme fut fort lourd le silence de Ségolène Royal dimanche soir. Autrement dit aussi, le silence de l’ancienne candidate socialiste dont le programme présidentiel en partie fondé sur « l’excellence environnementale » fut torpillé comme l’on sait. Pour ne pas dire tourné en dérision. Les barons de l’UMP feraient d’ailleurs bien de se méfier. Si un certain nombre d’électeurs socialistes sont allés à la pêche ou ont voté « écolo », rien ne dit qu’ils ne reviendront pas au bercail si le PS réussissait enfin son aggiornamento dans la douleur ou si la Dame du Poitou, qui reste fort populaire dans les milieux modestes sinon chez nombre de militants PS, raflait la mise dans les mois à venir…
En cette mesure, le score du camarade Daniel est-il à nuancer. Sans doute la campagne conduite par ses listes a-t-elle été conduite avec intelligence, bien focalisée sur le caractère européen de cette élection et parfaitement ciblé autours d’enjeu forts comme l’environnement ou l’emploi. Mais les Verts ont bénéficié de la déperdition de l’électorat socialiste et l’avenir du mouvement, faute d’organisation militante structurée et fortement implanté, est en point d’interrogation. Daniel Cohn-Bendit l’a d’ailleurs laissé entendre à demi mots. Son « offre » d’alliance électorale ou programmatique avec le… PS est symptomatique de cette « autre alternative » qu’il recherche avec Eva Joly. A suivre donc.
Reste l’uppercut politique reçu par le Modem. Là encore attention. La bêtise, sinon la nullité, de l’argumentaire utilisé la semaine dernière par François Bayrou sur France 2 pour tenter de « dessouder » DCB est une chose. La continuité politique, une autre. Nicolas Sarkozy, pour ne parler que de notre Aimé président, a compris cela depuis longtemps. Passer tout de go aujourd’hui par perte et profit le Béarnais qui s’est inscrit dans une opposition frontale au sarkozisme depuis plus de deux ans au prétexte de cet échec européen est un peu aléatoire. On verra.
Une chose est en tout cas à peu près sure : la légitimité du Parlement européen, compte tenu de la très faible participation des électeurs européens, sauf dans certains pays des électeurs d'extrême droite! sera limite. Quant à la fameuse décomposition politique qui minait la gauche depuis 21 avril 2002, elle est en phase d’achèvement. La recomposition, tentée par Royal au printemps 2007, puis stoppée nette au congrès de Reims, est elle plus que jamais d’actualité. Cela peut paraitre bizarre d’écrire cela ce lundi, mais il n’est pas certain, à terme, que la dynamique politique d’avenir soit en France du côté de l’UMP. Et de notre Président Aimé.







