Jack Lang aura donc fait passer, de fait, le vote sur la réforme constitutionnelle. Le député du Nord pourra arguer vent debout qu’il n’entendait en rien se renier, contorsionner son intellect de belle façon pour jurer jusqu’à plus soif que son « honnêteté intellectuelle » - tout de suite les grands mots- lui interdisait de se dédire, son vote aura été décisif.
Tout comme celui du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui, contrairement aux usages, à participé au scrutin. En votant oui. Icelui lui en sera gré. Tout comme il trouvera bien, dans les semaines à venir, un os à ronger à l’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand. Nul doute qu’à défaut du ministère de la Justice, le nouveau poste de grand « défendeur des droits du citoyen » lui ira comme un gant. Jack finira bien sa carrière. Tout comme d’ailleurs les parlementaires radicaux de gauche, qui n’ont plus rien de radicaux depuis belle lurette et n’ont plus de gauche que la démarche, auront leur maroquin, soit leur groupe parlementaire, ce dont tout le monde, entre nous, se contrefiche éperdument. C’est quoi d’ailleurs une « radical de gauche » ? Baylet dit le « veau sous la mère » en son pays ?
Mais qu’est-ce que le peuple à à foutre d’une réforme constitutionnelle ? Rien aussi, puisqu’au-delà de l’usine à gaz pseudo démocratique qu’elle institue, elle ne servira, au fond, qu’à permettre au président-roi de délivrer la bonne parole devant le congrès qui vient de l’adopter, comme la Cour sait baisser culotte pour plaire au Prince!
Le reste, la réforme du Sénat, cette Chambre inique qui ne représente plus la France réelle, la fin du cumul des mandats, l’adoption d’une (petite) dose de proportionnelle aux législatives, le droit de vote des étrangers (en situation régulière) lors des élections locales, la possibilité pour le Parlement de constituer librement des commissions d’enquête, le statut de l’opposition, pourtant promis par le candidat Sarkozy, l’impossibilité d’encadrer le droit d’amendement, bref tout ce que souhaitaient la gauche et le Modem de François Bayrou, rien. Aux oubliettes !
Le président seul tirera de son palais les ficelles
En réalité, mais qui a expliqué les méandres de cette réforme tordue voulue par le roi-président ? la majorité seule jouira des quelques nouvelles prérogatives accordées et le président seul tirera, in fine, de son palais les ficelles des sois disant nouveaux droits accordés au Parlement.
Dans sa grande magnanimité, Icelui accordera toutefois à l’opposition le droit insigne de lui répondre quand il prendra la parole ! Autrement dit ne sera entériné ce qui se fait déjà d’une façon ou d’une autre au travers de l’AFP ou des journaux ! Nos amis belges du journal Le Soir, qui ont le sens de la mesure, appellent cela une « illusion démocratique », et celui qui écrit ses lignes, du foulage de gueule !
Reste le referendum d'inititive populaire. Mais, comme le note malicieusement le Journal Libération, l'initiative sera bien "encadrée". En tout cas compliquée à mettre en oeuvre, en particulier parce qu'il faudra s'appuyer sur 1/5e des parlementaires ou 1/10e des électeurs inscrits. Et pour quelle question ? L'utilité de l'EPR ? L'indépendance de l'organisme de sureté nucléaire ? L'interdiction des concentrations de presse ? On peut en douter...
Et pendant ce temps, après les quelques 600 bagnoles cramées la nuit du 14 juillet, « fait divers » dont la presse n’a fait que quelques « brèves » ici ou là, ou les frasques de l’Etat et du pouvoir au bon soin de SieurTapie, qui coûteront quelques 380 millions d’euros aux contribuables, autre « fait divers » dont les medias, fort Le Canard, Marianne, l’Obs et François Bayrou se sont émus, il n’y a rien à dire. En France tout va bien. RAS. Versailles, le XVIe arrondissement et Neuilly sont d’ailleurs déserts et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ce bon homme de gauche lui aussi, devise sur Paris-Plage. Avant de partir se bronzoter en Tunisie. Pour deviser sur la châleur du sable fin et les joies du libéralisme avancé.
Citoyens, je me tire vraiment en vacances.
Les Veaux, comme disait l’autre, me font mal digérer.

