
Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, le machin où Qui vous savez doit plancher ce jour, est une femme pleine d’esprit. « Ce qui importe ce n’est pas la demande des consommateurs mais l’offre des entreprises » vient-elle de blablater. Voila donc résumée toute la philosophie néo libérale. Et vous vous demandez après pourquoi vous ne trouvez plus de télé à la FNAC, mais juste des écrans plats. Autrement dit du matos à 350 euros minimum pour un truc fiable au lieu de 200/250 pour une bonne télé ! Moins de 100 si vous vous contentez d’une petite 36 cm que seul DARTY (pour combien de temps ?) peut encore vous vendre ! Ce raisonnement est naturellement quelque peu vicié. Seul importe le marché, la production des firmes n’ayant plus pour objectif que l’alimentation du grand bazar mondial jusqu’à plus soif avec des produits, la technologie et le marketing aidant, éphémères par nature. D’ailleurs, on ne répare plus grand-chose. On jette et on remplace. C’est le cas par exemple, comme me le rappelait un vendeur de la FNAC cet été, des ordinateurs portables dont 30%, après achat, sont repris, renvoyés à la casse et échangés. « On ne s’emmerde plus à ouvrir les boites ! », il me disait. Idem, dans le monde automobile où l’on calcule maintenant comme Renault, des durée de vie de trois ans pour les bagnoles. Pas simplement pour amuser la galerie sur la fiabilité des moteurs mais pour planifier la production. Et je ne parle pas de l’électroménager, des frigos, des machines à laver et des gazinières ! Idem là encore, il faut que ça tourne ! Quand vous avez un peu de pognon, ou beaucoup de pognon, pas de soucis. Vous suivez le bœuf et vous jouissez pénardement des avancées du monde moderne. Toujours plus et toujours plus équipés. Quand votre porte monnaie est vide, vous essayer de trouver l’un des derniers artisans réparateurs -pas trop chers- pour faire durer vos bécanes. Ou vous fouinez dans les dépôts ventes. Exactement comme pour la bouffe entre ceux qui peuvent continuer de remplir leur caddie chez Leclerc et ceux -de plus en plus nombreux- qui vont déambuler chez ED et les autres ! Et voila comment, mine de rien, se construit une société à deux vitesses.
Officiellement le discours ambiant est à la « prise de risque ». Mais qui prend des risques ? Les banques ?
Aujourd’hui, les mêmes nous font d’ailleurs un grand baratin sur la hausse des prix des matières premières, notamment du blé, donc de la farine. Avec à la clé, les conséquences qu’ils nous laissent imaginer sur le prix de la baguette. Mais quand le prix de la farine était à la baisse, notamment ces cinq dernières années comme le rappelait encore ce matin un chercheur sur France Inter, vous avez vu une baisse du prix de la baguette ? Quedal. Et on pourrait faire le même constat sur le lait ou le maïs. De toutes façons, à partir du moment la financiarisation du marché l’emporte sur l’économie réelle et où la plupart des boites se voient fixer par leurs actionnaires des taux de rentabilité de 15 à 20% l’an, le système est pervers. Et le consommateur n’est qu’un outil de gestion parmi d’autres « vecteurs » de développement. Pire, le système est totalement schizophrénique. Officiellement le discours ambiant est à la « prise de risque », au volontarisme à qui mieux mieux, à la réussite individuelle, etc. Mais qui prend des risques ? Les banques ? Les compagnies d’assurances ? Les agences immobilières ? Les grosses boites au regard de leurs clients ? On se fou de qui ? Allez donc demander un crédit à un banque si vous n’avez pas de boulot mais juste un projet. Une demande de location si vous n’avez qu’un CDD. Ce n’est même plus le parcours du combattant c’est bérézina story. Et demmerdez-vous Monsieur. De ce point de vue les anglo-saxons sont plus logiques. Eux au moins jouent le risque et sanctionnent les patrons qui réduisent le cash flow de leurs groupes. En France ? On les indemnise ! Bon, j’arrête là mes divagations du jour. Elles n’entameront en rien les fantasmagories de Qui vous savez sur les as du CAC 40. Ah si, juste un truc. Mais qu’est-ce que Rocard est allé foutre dans cette galère éducative ? Mais quel âge il a Rocard ? Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ces mecs à prendre des hochets ? Après on se demande pourquoi ils veulent tous nous faire le coup de la retraite à 62 ans ! Mais qu’ils passent la main, nom de Zeus, qu’ils passent la main !







