Le Petit Nicolas, tout fanfaron d’avoir trouvé un nouveau truc pour em… la gauche, a donc annoncé avec force sourire qu’il avait décidé de faire financer le RSA par une nouvelle taxe de 1,1% - pourquoi pas 0,9 ou 1,2% ??- sur les revenus du capital et les revenus mobiliers.
Au-delà du fait que l’ancien candidat à la présidence de la république, qui s’était engagé à réduire la pression fiscale, imagine maintenant une taxe par mois pour faire croire au bon peuple qu’il à une politique sociale, on peut s’interroger, au-delà du cœur des laudateurs médiatiques, sur l’intelligence et de la mesure et de la taxe.
D’abord donc la mesure, le dit RSA qui, soit dit en passant, n’aurait point lieu d’être si notre bonne société ne fabriquait pas autant de laissés pour compte… Le dit RSA sera donc financé de fait par la grande majorité des classes moyennes et des petits portes monnaies qui ont ici quelque épargne ou là un appartement en location. Les riches clampins, qui ont déjà ramassé la mise l’été dernier avec le bouclier fiscal, trouveront toujours eux, avec leur batterie d’avocats, d’autres niches fiscales sinon d’autres techniques de redéploiements de leurs capitaux pour échapper à la taxe RSA. En bref, le bon peuple, qui a déjà du mal à boucler ses fins de mois, paiera et manifestera seul la solidarité de la nation envers les défavorisés. Les grosses fortunes continueront, elles, à se gaver.
Deuxième point, et seul pour l’heure l’actuel président… d’Emaus a soulevé le lièvre : le RSA, qui revient, soi dit en passant, à considérer les petits boulots, l'interim et le temps partiel comme une fatalité économique à accompagner socialement ne profitera pas aux jeunes de moins de 25 ans ! Autrement dit, au plus gros bataillon de demandeurs d’emplois (24%) et de laissés justement pour compte. "Le RSA ne touchera pas le coeur de la pauvreté, laissant sur le bord du chemin les personnes les plus marginalisées face à l'emploi, rappelle Clémentine Autain dans Libération de vendredi. Les moins de 25 ans resteront exclus des minima sociaux, alors que que le taux de pauvreté a doublé chez les jeunes depuis les années 1970, et le minimum vieillesse continuera de plafonner à un niveau préoccupant". Commentaire peu politiquement correct, parait-il, mais juste.
Maintenant rappelons tout de même quelques chiffres qui relèvent tous d’un « manque à gagner » pour l’Etat. Et les citoyens de ce pays. En n'oubliant pas qu'il a fallu plus d'un an pour tenter de grapiller le 1,5 milliards d'euros pour financer le RSA et deux coups de cuillers à pot en juin 2007 pour débloquer le pognon du paquet fiscal...
En 2007 donc, les allégements de charges dont ont bénéficié les entreprises s’est élevé à 34 milliards d’euros selon la CFDT. Les détaxations des heures supplémentaires à plus de 6 milliards. Si vous ajoutez à cela, selon un récent rapport de la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale vite planqué dans un tiroir, 80 milliards d’euros d’évaporés dans des dizaines de justement « niches fiscales », plus 74 milliards dus à la fraude fiscale, vous arrivez, citoyens, à quelque 184 milliards d’euros de pognons baladeurs dont la puissance publique aurait sans bien besoin pour réduire la dette. Eventuellement « relancer » le pouvoir d’achat -un gros mot- et consolider les comptes de la sécurité sociale, sinon ceux de l’assurance vieillesse !
On ne rappellera pas ici, histoire de garder la tête froide, que le « paquet fiscal », faute politique majeure du début du septennat que jamais le pouvoir ne reconnaitra, coûtera la bagatelle de quelques 50 petits milliards d’euros à la nation en cinq ans ! Une paille !
Alors l’air fanfaron d’Icelui tout content d’em… la gauche …
Ah au fait, elle est où la « gauche » ?? Je dois dire que les derniers sondages nous balançant que les Français préféreraient voir Delanoë prendre la tête du PS ou nous affirmant, main sur le cœur, que DSK serait maintenant « le candidat préféré des électeurs de gauche à la présidentielle de 2012 » relèvent non plus de l’incantation mais de l’imbécilité médiatique.
Dans le joyeux bordel politique qui nous sert de république, il vrai qu’un candidat « socialiste », ancien patron du FMI, opposé à Bling Bling, voila qui aurait quelque gueule! Et nous éviterait d’aller au cirque.
Citoyens…








