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Mon bloc perso.
"En cas de démence du roi, notoirement reconnue, légalement constatée et déclarée par le Corps législatif après trois délibérations successivement prises de mois en mois, il y a lieu à la régence, tant que la démence dure."
Art.18. de la Constitution de 1791.
Publié le 27/09/2007 à 19:43
Par Norois

Assiste-t-on, plus tôt que prévu, à l’explosion en vol du couple Sarko-Fillon ? Si l’on en croit certaines rumeurs ou propos relayés cette semaine par le Canard mais aussi l’analyse faite, ce vendredi, par l’ancien patron du Monde, Jean-Marie Colombani, au micro de France Inter, on peut se poser la question.
D’abord parce que contrairement aux apparences, il ne semble pas que Qui vous savez souhaite aller au clash syndical sur certaines « réformes » -notamment celles des retraites- contrairement à son Premier ministre qui entend les mener tambour battant, quitte à prendre le risque d’un conflit social. Le président, il est vrai, a pour lui la durée du quinquennat. Fillon, de par sa fonction, est sur un siège éjectable. Il est aussi politiquement plus néolibéral que Sarkozy. Et il n’est pas un fanatique de « l’ouverture », comme il ne s’en cache d’ailleurs pas en privé. Sa dernière sortie sur la situation de  « faillite » de l’Etat, qui pouvait apparaître entre les lignes comme une critique déguisée du « paquet fiscal » ou le sifflement de la fin de la recréation, n’a pas été du tout apprécié par l’Elysée déjà assez coincé aux entournures par les remontrances européennes, notamment allemandes, sur la situation budgétaire française.
Nicolas Sarkozy a en outre une « popularité » à gérer et cette donnée psychologique au regard son ego surdimensionné n’est pas un mince vecteur politique. Fillon, lui s’en fou. Il avait d’ailleurs montré lors de son passage aux Affaires sociales lorsqu’il a imposé les 40 annuités de cotisations aux fonctionnaires qu’il se tapait totalement des criailleries de la rue et des coups de gueules syndicaux. C’est, parait-il, son côté « barriste ». Et le mot de « rigueur » ne lui écorche pas la bouche contrairement à Sarkozy qui ne peut voir qu’un désaveu dans cette formule.
Sarkozy, aussi paradoxal que cela puisse paraître, est un homme plus fragile qu’il ne semble, et plus en proie au doute qu’il ne le dit. Fillon a des convictions de droite chevillées au corps et des certitudes, peut être d’ailleurs des aveuglements, en béton. Et il est aussi plus idéologue que son patron qui n’a- comme Chirac- que des convictions successives. Et un très gros estomac. Fillon surtout, même s’il se targue d’en avoir théorisé la doctrine, ne supporte plus -c’est en tout cas ce que « lâchent » certaines mauvaises langues du côté du Parlement- d’être un Premier ministre sous les fourches caudines constantes de l’Elysée. Et de son secrétariat général.
Quelle autorité peut d’ailleurs avoir un Premier ministre quand tous ses ministres, sinon certains hauts fonctionnaires, prennent leur feuille de route, pour ne pas dire leurs ordres, à la présidence ? S’il n’a pas l’ego de son « patron », il n’en est pas moins d’une fierté de paon. Il ne supportera pas longtemps cette situation de « collaborateur ».
Il est aussi possible que les deux hommes, mais surtout le premier d’entre eux, ayant beaucoup promis pendant la campagne et prenant conscience qu’il sont dans une impasse financière et politique, en bref qu’ils ont couillonnée les électeurs, n’en tirent pas tous deux les mêmes conclusions. Le problème de Sarkozy est de jouer l’illusionniste peut faire durer le spectacle. Le problème de Fillon est de ne pas passer pour un con. Ca peut créer des désagréments.


Publié le 23/09/2007 à 23:14
Par Norois
L’Etat est donc « faillite », a dit l’autre pour exister (un peu) auprès de Qui vous savez. Le « Premier » ministre -enfin il parait- devrait lire l’entretien que vient d’accorder ce lundi, à Libération, James Galbraith, le fils de l’autre, professeur d’économie à l’université du Texas et qui fait partie de ces quelques universitaires américains iconoclastes qui crient casse cou dans le désert depuis quelques années. Avant sans doute, comme le père, d’avoir raison avant tout le monde. Extraits de l’interview : « On disait précisément la même chose -que les « fondamentaux sont bons » ou que « la croissance mondiale est prospère »- avant la crise de 1929. Les années 20 connurent le plein emploi sur fond de croissance insolente et de spéculation boursière, à l’image des années 90… Aux Etats-Unis entre 1921 et 1929, la production industrielle avait augmenté de 50%. Entre 1926 et 1929, le cours des actions de 120%. Les autorités politiques et financières martelaient alors le même discours sur la croissance, la prospérité durable. (…) C’est la vraie nature du système capitaliste que révèle la crise actuelle. C’est à dire la privatisation des profits et la mutualisation des pertes. Pour éviter de passer notre temps à soigner les symptômes (et pas les causes), de passer de l’euphorie à la gueule de bois, il faut une réforme approfondie du marché des capitaux. Car l’instabilité, n’a pas toujours été de mise ! Des années 50 aux années 70 par exemple, on n’avait pas ce genre de problèmes. Il existait un système de régulation publique qui était assez fort. Depuis les années 90, on est revenu aux années 20, à la régulation par le marché, et l’on voit ce que cela donne : on va de bulles en bulles et de krach en krach (…) La vraie alternative passe par un rééquilibrage ou l’intérêt privé ne primerait pas l’intérêt public. Ou la régulation se ferait au profit des particuliers, des petits consommateurs de produits financiers et non plus des grands acteurs du marché ».Un seul commentaire : ne jamais faire confiance aux « marchés », ne jamais faire confiance aux hommes politiques, fussent-ils Premier ministre ou président, qui font trop confiance aux marchés.


J. Galbraith
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