"En cas de démence du roi, notoirement reconnue, légalement constatée et déclarée par le Corps législatif après trois délibérations successivement prises de mois en mois, il y a lieu à la régence, tant que la démence dure."
Art.18. de la Constitution de 1791.
Publié le 17/09/2007 à 03:30
Par Norois
Décidément Lionel Jospin n’en finit pas de revenir sur sa sortie ratée du 21 avril 2002. Et sa rentrée manquée de l’automne 2006. Comme s’il ne supportait pas, finalement, sans pouvoir intimement se l’avouer, telle une angoisse insupportable, d’avoir laissé en rase campagne ses compagnons de route et les militants de son parti. Faute de vérité politique ou d’orgueil mal placé. Jamais François Mitterrand n’aurait abdiqué après une défaite !
Alors quel sang lave-t-il en radotant sur la défaite électorale de Ségolène Royal dans son livre L’Impasse ? De quelle « impasse » parle-t-il d’ailleurs ? Au nom de quelle autocritique jamais faite ni même formulée peut-il à ce point symboliquement écraser une « camarade » qui a réunit sur son nom plus d’électeurs que sa suffisante personne ?
En estimant, avec quelle curieuse rage intérieure inavouable, que Ségolène Royal n'a pas "les qualités humaines" ni "les capacités politiques" pour diriger le Parti socialiste et en invitant le PS à ne pas répéter en 2012 la même "illusion", pour qui se prend Lionel Jospin ? Pour Dieu ? Ou pour l’évêque Cauchon d’Orléans ?
Combien de temps encore l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, responsable du changement du calendrier électoral, va-t-il tenter d’exorciser, sinon de s’exonérer de sa propre défaite ? De sa propre impasse ? En bref, va-t-il nous emmerder longtemps avec ses états d’âme à un moment où Nicolas Sarkozy, de façon subreptice, folle, entraîne notre pays dans un atlantisme fort inquiétant ? Dans un régime personnel au républicanisme vidé de sa substance, dans une démocratie sans contre pouvoirs, dans un Etat à ce point bonapartisé ?
Quels comptes règle d’ailleurs Lionel Jospin ? Ceux de sa mandature ? L’inventaire n’en a guère été fait. Mais serait-il seulement supportable à celui qui considérait, en 2002, que son « bilan » lui permettrait naturellement de s’asseoir dans le fauteuil élyséen ? Alors certes, les emplois jeunes, la CMU, les 35 h (passons...), des comptes sociaux en meilleurs états, un deficit régulé, mais ensuite ? Quid de l’acceptation du traité de Lisbonne sur la dérégulation des services et de l’énergie ? Quid de l’acceptation du traité de Nice ? Quid de l’incompréhension totale, quasi autistique, des questions d’insécurité dont le bon peuple n’avait, à l’époque, qu’un vague « sentiment », comme il l’écrivit benoîtement dans Le Monde quelques mois après son sois disant « départ » de la vie politique qu’il n’a cessé, cinq durant, via ses « amis » interposés de gommer pour préparer son « retour » ? Quid de ses déclarations sur « l’Etat qui ne peut pas tout » et sur son projet qui n’avait rien de « socialiste » ? Quid de la protection judiciaire et des services sociaux laissés dans un état de délabrements tels, contrairement aux engagements pris, que cette absence est aujourd’hui le terreau de la politique aveugle de répression conduite en la matière ? Quid du projet de loi sur la « spécificité » de la Corse permettant de déroger à la loi littoral sur l’île de Beauté ? Quid de l’acceptation par la France, contrairement à l’époque aux vœux du Parlement européen, de la plantation de maïs transgénique ? Car qui a accepté au départ ces saloperies d’OGM au prétexte de scientificité contrôlée ? Qui et quel gouvernement, contre l’avis, les conseils, les mises en garde de moult responsables associatifs, syndicaux et j’en passe, s’est déconnecté du pays, j’allais dire de la réalité, au prétexte, là encore, que le « bilan » était « bon » ? Qui a laissé « filer le voile » en premier ? Qui n’a jamais pris au sérieux les risques de communautarisme de certaines banlieues ? Qui est aussi co-responsable des lézardes du modèle républicain déjà en faillite ? Qui a repoussé la réforme des retraites au seul motif d’en faire un argument électoral en cas de second tour ? Qui a laissé l’université se déliter faute de moyens et de courage politique ? Qui, mis à part l'abandon de Superphenix, pour d'ailleurs des motifs essentiellement "budgétaires", n'a céssé de mettre des bâtons dans les roues de Dominique Voynet et du ministère de l'Environnement ? Qui a privatisé plus que les gouvernement Chirac et balladur réunis, laissant notamment "filer" France Telecom et EDF ? On pourrait poursuivre la litanie des contentements suffisants et des leurres politiques dont le gouvernement Jospin et son titulaire sont aussi responsables devant le pays. Et les électeurs.
Alors, le 21 avril au soir, Monsieur a fait sa crise juvénile. Laissant choir les militants et sympathisants dans le merdier du moment pour satisfaire on ne sait quelle estime perverse de soi même. On ne sait quel dédoublement insupportable de personnalité entre Lionel et Jospin. Comme entre un passé trotskiste inavouable et une responsabilité d’Etat inachevée. Un comportement politique peut être plus savamment calculé qu’il ne parut.
Et pschitt, Madame a foutu le bordel ! Et fait évaporer les « capacités politiques » du grand Nimbus. « L’illusion » du grand Eléphant.
Alors oui, faisons le bilan. Dressons le procès. Mais avec tous les avocats. Et tous les procureurs. Ce qui est choquant dans les propos de Lionel Jospin à l’égard de Ségolène Royal, ce ne sont pas leur outrecuidance. Leur misogynie rampante ou leur absence, sous couvert de débat politique, d’honnêteté intellectuelle. C’est leur manque d’élégance. Leur part de calcul, d’inconscience. Et de mensonge. La « clarté » -ce mot trop protestant- encore illusoire, de la démonstration. Comme dans les procès soviétiques.
Finalement, Lionel Jospin, pour qui l'autocritique doit relever des affres de l'agonie, aura aussi raté ses écrits.
François Mitterrand, qui aimait les femmes, avait, au moins, du style.
Publié le 13/09/2007 à 05:35
Par Norois
La politique de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière- actuellement menée par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale sous l’impulsion de Brice Hortefeux, fait grogner certains syndicats de police. En témoigne, ce jeudi, l’interview de Pierre Willem, porte parole de l’Unsa-Police, dans Le Parisien.
« Les fonctionnaires de police ne peuvent pas arrêter sur le délit de sale gueule. Pour effectuer un contrôle, il faut qu’il y ait une infraction caractérisée à la base. On ne peut pas faire tout et n’importe quoi (…) On peut (…) se poser la question sur la manière dont on fixe le nombre d’expulsions. Comment arrive-t-on à un chiffre pour la Corse-du-Sud ou pour la Seine-Saint-Denis ? Si on suit cette logique du chiffre, il faut donner des moyens aux policiers pour cette mission. La lutte contre l’immigration irrégulière a été érigée comme priorité. Mais on oublie d’autres dossiers urgents : la répression contre les violences physiques ou le combat contre les trafics de drogues ».
On ajoutera à ce témoignage plusieurs choses. Il y a quelques années, le « malaise de la police » avait touché une grande partie de l’opinion et les syndicats de police, pour la majorité d’entre eux, avaient réussi à redorer leur blason en rappelant aux citoyens de ce pays que leur métier à risque relevait aussi d’une mission républicaine.
La multiplication des contrôles de police au faciès, en particulier à l’égard des jeunes français d’origine maghrébine ou africaine, l’actuelle politique de quotas pour « dénicher » jusque devant les préaux les « étrangers » en situation irrégulière, la façon souvent violente dont sont, de fait, appréhendé les « sans papiers », sans parler de la tenue d’un discours sécuritaire d’un autre âge, au prétexte de la tenue d’engagements politiques démagogiques, réduit à néant le travail d’explication conduit, à l’époque, par les dits syndicats de police.
L’absence d’une politique européenne
On ajoutera, pour rappel, que la plupart des politiques dites de quotas, comme celle par exemple menée au Canada, n’ont en rien fait preuve de leur pertinence. On ajoutera également que contrairement aux propos simplistes du ministre Hortefeux -en gros, on dégage les étrangers en situation irrégulière et on aide les étrangers en situation régulière- la réalité de l’immigration, dite clandestine, est autrement plus complexe et mériterait une approche plus intelligente. Quel rapport entre un sans papier roumain ou bulgare, aujourd’hui citoyen européen, un jeune malien ou un pakistanais dont l’administration est quasi injoignable ? Aucun.
En réalité, mais ce n’est pas très politiquement correct de le dire ainsi, seule la majorité « des noirs et des arabes » sans papiers ont de bonnes chances d’être virés du territoire national.On ajoutera enfin que cette politique, qui mobilise des milliers de fonctionnaires de police sur des missions qui rappellent d’autres temps, est de toutes façons vouée à l’échec fort de l’absence d’une politique européenne globale de l’immigration. Or ni la France, ni l’Allemagne, ni la Grande Bretagne, ni l’Espagne ou l’Italie ne sont sur la même longueur d’onde en cette affaire, ni d’ailleurs sur les moyens du « co-développement » dont on nous rebat les oreilles.
En bref, nos ministres peuvent toujours faire des rodomontades à la télévision pour amuser la galerie et le bon peuple, la réalité est que cette politique migratoire est comme le Mistral : ça souffle fort, mais c’est du vent.
L’économie souterraine continue de prospérer
Il est en tout cas dommageable que tous ces moyens -il serait d’ailleurs intéressant de « chiffrer » le coût de cette politique- ne soient utilisés, finalement, que pour communiquer envers un électorat frontiste et conservateur dont le gouvernement risque d’être prisonnier. Et les policiers, les otages.
Pour le reste, les violences contre les personnes sont toujours à la hausse, les phénomènes de « bandes » s’étendent aux centres villes, les mafias de l’Est et nigérianes tissent toujours leur toile de la prostitution à l’immobilier, certaines cités relèvent toujours de « zones de non droit » et l’économie souterraine, dont on nous a, aussi un temps, rebattu les oreilles, continue de prospérer sur fond de trafic de drogues et de luttes de territoires. Sans parler, du risque, toujours prégnant, de communautarisme larvé qui lézarde notre modèle républicain. Ou ce qui en reste.
Mais cette bataille là est autrement plus compliquée à mener. Et moins payantes à expliquer aux électeurs sur les plateaux de télévision que la réforme des régimes spéciaux qui ne concernent que 500 000 pékins.
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norois : Dites donc citoyens, vous êtes atones ou quoi ? Réagissez nom de Diou !
isa : merci pour ce complement d'informations
Norois : Il est vrai, il est vrai... Mais qui fait le clown ?
jfr : Les jeux du cirque, ça occupe le bon peuple , mon bon Monsieur !
Norois : Bien les reactions sur le foot! Je co signe. Je note que ça fait plus réagir que l'abandon de l'histoire ou le hold up de l'Assurance sur la santé!
tartarine : ah! la bande de furax! mdr! ça fait du bien (o)
philmi : le lien http://www.bioi nititive.org est invalide ! Prendre http://www.bioi nitiative.org/ <a href="http://ww w.bioinitiative .org/">cliquer ici</ a>
Norois : A lire le point de vue d'Isa qui revient de Chine
Norois : Lisez le commentaire de Lesion, citoyens et suivez l'actu !
mo : une année de fidélité... que ça dure !
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