« Personne ne sait véritablement ce qui va se passer. Personne n’a vu venir l’intensité et l’ampleur de cette crise ». Cette petite phrase en dit long sur l’aveuglement idéologique sinon l’autisme de certains hauts personnages. Surtout quand ils ont prétention à nous gouverner.
Car de qui est cette petite phrase prononcée hier dimanche ? De Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, excusez du peu ! Entre autres avertissements, le super conseiller du président aurait pu être ainsi averti dés le printemps dernier par les experts indépendants du LEAP/E2020 qui avaient prévus, depuis janvier 2007, la crise des subprimes et « son aspect systémique ».
Mieux, ces mêmes experts, comme le pointaient aussi le site Betapolitique.fr, le 29 mars dernier, avaient aussi, via leurs modèles beaucoup plus sérieux que ceux des boursicoteurs, quasi annoncé le mini krach boursier d’août 2007. Tout comme ils envisagent aujourd’hui un effondrement éventuel du système financier capitaliste avec une « gangrène fatale des fonds de pension » vers la fin de l’automne. Et un risque pour les banques européennes qui, si elles n’ont pas trop dérouillées avec les subprimes, n’en risquent pas moins d’en prendre plein les babouches financières pour avoir, par contre, beaucoup fricoté avec les dits fonds de pension. Je ne vous décris pas les conséquences de cette nouvelle crise éventuelle en Europe. Et les nouveaux serrages de vis qu’elle impliquerait…

Mais peut être faudrait-il souffler à l’Elysée - et à Jean-Marc Sylvestre, le nouveau grand manitou de LCI- d’autres lectures que celle du Figaro économique ? Sans doute les néo conservateurs de tous poils sont-ils légèrement emmerdés de voir toute leur théorie fantasmatique de "l’autorégulation du marché" exploser en vol. Je passe sur tous les militants néolibéraux purs et durs qui nous ont expliqué depuis une vingtaine d’année qu’il fallait « recentrer l’Etat » à « son juste rôle » -c'est-à-dire à pas grand chose- pour justifier toutes les privatisations des grandes entreprises liées à l’énergie, aux services, à l’éducation, à la santé, aux transports, bientôt à la protection sociale. Et aujourd’hui au service postal !
Je passe aussi -c’est tout récent- sur la nouvelle lubie du gouvernement de « réformer » la dotation de solidarité urbaine (DUS) qui, sous couvert de ne plus tenir compte du nombre d’HLM dans les critères d’attribution de la dite dotation, va tout simplement couper les vivres à plus de 200 communes de banlieue. Pour tenter d’économiser un petit milliard d’euros. Les pékins des cités, déjà laissés pour compte, se débrouilleront comme ils pourront. C'est à dire avec rien. Ils ont l'habitude.

Cela dit, le gouvernement s’en tape le coquillard. Personne, mis à part les maires, ne sait ce qu’est la DUS ! Et comme la plupart des élus concernés sont de gauche…
« Si je suis élu, je mettrai en œuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, avait déclaré Nicolas Sarkozy le 18 mars 2007, lors de la campagne présidentielle. Je consacrerai beaucoup d’argent aux banlieues ». On a vu le résultat avec le plan (détricoté) de Fadela Amara (mais qu'est-ce qu'elle fou encore au gouvernement???). Et donc le passage, ce mois, d’une partie de la DUS à la trappe.
Mais qui peut croire encore aujourd’hui à ce que dit le président de la République ? Hormis ses postures de communication diverses et variées, qui lui permettent de se défausser de grandiloquente façon de ses responsabilités, de ses engagements de montreur de foire, de son déjà bilan économique catastrophique -plus de taxes, moins de boulot, moins de pouvoir d’achat, plus de chômage, moins de services publics, plus de déficit - quel crédit accorder à un type qui change d’avis tous les mois quand ce n’est pas toutes les semaines ? Il va quand même falloir fort se pincer les glaouis pour voir en Sarkonaparte un nouveau Churchill… Et c’est pourtant sur ce thème que planchent tous ses communicants !
Il va y avoir, citoyens, comme des lendemains qui déchantent.
PS : Ah, "Sego" a fait un show au Zénith devant plus de 4 000 personnes.
On en pense ce qu'on veut.
Le lendemain, Aubry a tenté de faire un show dans le Nord à la Fête de la Rose.
Où il y avait juste 200 militants.
On en pense ce qu'on veut aussi.
Je faisais juste les comptes.
C'est tout.







