. Premier constat : le flou entretenu sur « la liberté de produire et de consommer sans OGM » (Art.1). Pour une raison simple : la notion « sans OGM » n’est pas encore définie. Ce sera donc le ministre de l’Agriculture qui s’y collera par décret au cas par cas. Seuil de contenance accepté dans les céréales, les fruits, les légumes ? Mystère . 0,05 % ? 0,1% ? 0,9% ? Les agro industriels feront donc discrètement leurs propositions… Le « zéro OGM » n’est donc pas pour demain. Ni pour après demain.
Barnier avec Luc Guyot, le patron des chambres agriculture
et ancien président de la FNSEA
. Deuxième constat : la transparence bidon. Officiellement tout à chacun pourra consulter sur le net la nature et le lieu des parcelles transgéniques autorisées. Sauf qu’une information « couverte par le secret industriel » ne pourra pas être rendue publique ! On imagine déjà la procédure utilisées par les firmes agro alimentaires ou les labos. Idem pour le grandiloquent « Haut conseil des biotechnologies ». Non seulement les consommateurs, les écolos et les agriculteurs ne seront quasi pas associés aux expertises, contrairement à ce qui avait été assuré lors du « Grenelle de l’environnement », mais seul « le comité scientifique » sera habilité à donner un avis, celui des autres citoyens n’étant que « consultatif ». Avec in fine , un seyul décideur pour donner un feu aux cultures OGM : le ministre de l’agriculture ! Borloo pourra donc faire le beau à la télé, c’est de toute façon Barnier qui tranchera. Le reste est amuse galeries.
. Troisième constat : la reconnaissance des « cas de contamination ». Elle ne sera effective selon la loi que dans le, cas d’une « parcelle située à proximité ». Question : quelle en sera le seuil de cette « proximité » ? 200 mètres ? 1 kilomètre ? 5 kilomètres ? Faites travailler vos méninges. Personne n’en sait rien, la loi est là-dessus d’une prudence de sioux. Récemment deux agriculteurs bio ont vu leur maïs contaminé par une parcelle distance de … 35 bornes !
. Quatrième constat : la responsabilité bien ordonnée. En bref seul l’agriculteur sera responsable de la contamination si contamination il y a. Pas les semenciers et les distributeurs. Autrement dit la loi va autoriser les firmes à vendre leur saloperie à charge aux agriculteurs de prendre le risque du tribunal. On appelle ça le libéralisme avancé. Libéralisme qui prévoit quand même par contre -il ne faut pas déconner avec le progrès- une peine de 2 ans de prison et de 50 000 € d’amende pour les faucheurs intempestifs ! Bon appétit !
. Décidément, il ne fait pas bon en Chine en ces temps de malheurs et proximité de JO d’être dissident. Arrêté manu militari, le 17 mai dernier, pour avoir osé critiquer l’action de l’Etat chinois après le tremblement de terre, notamment en s’interrogeant sur la qualité de la construction des écoles du Sichuan et la fiabilité des installations nucléaires, le professeur et journaliste Guo Quan a été foutu en tôle. Et mis au secret. Ce journaliste chinois, créateur en février dernier d’une association des citoyens internautes, s’était fait connaitre en attaquant Yahoo qui avait bloqué son nom sur son moteur de recherche. On est toujours aujourd’hui sans nouvelle de Guo Quan comme vient de s’en émouvoir, à Londres, l’Organisation littéraire et de défense des droits de l’homme, International Pen
. Le président a donc balayé d’un revers de main, mardi sur RTL, toute possibilité d’augmenter la redevance télé. Tout le monde est donc content. Le seul petit souci en cette affaire est que la commission Copé venait de se mettre d’accord à l’unanimité -socialistes compris- pour une augmentation symbolique de 2, 5 €. Soit 118 € au lieu des 116 actuellement payé par tout proprio d’une télé, soit aussi, en passant, l’une des redevances les plus faibles de toute l’Europe où la moyenne est de 161 €. La camarade Copé, parait-il chargé de « solutionner » le joyeux bordel enclenché par le président qui ne veut plus de pub sur la télé publique, est donc dans la mouise, à charge pour sa commission chérie d’imaginer maintenant un système de reversement de TVA et de taxation indirecte des opérateurs téléphoniques qui ne veulent pas en entendre parler pour trouver le gros milliard compensatoire à la pub. Quant on apprend dans le même temps que la ministre de la Culture s’apprête à faire voter en catimini un amendement permettant -comme le réclame TF1 depuis des lustres- une deuxième coupure publicitaire au milieu des films on peut se gratouiller la tête. Mais bon. Bouygues n’est-il pas un pote du président ?
. A propos du président, Icelui est parait-il toujours aux anges à propos de sa … nouvelle montre ! Fini la Rolex, vive la Patek Philippe ! Il l’a d’ailleurs exhibée la semaine dernière puis l’a fait « tourner » devant un « parterre d’intellectuels » médusés : le patron du Monde, l’éditorialiste du Nouvel Obs, Jacques Julliard, l’économiste libéral, Nicolas Baverez, le big boss de Grasset, Olivier Nora, etc. en bref la sommitude du monde intello parisien. « Elle est beaucoup plus discrète, il a dit, mais beaucoup plus couteuse ! D’ailleurs Carla a demandé au vendeur : « Donnez moi ce qu’il y a de plus cher » ! « Affligeant » a commenté un des intellos. Il n’avait qu’à pas aller bouffer aux frais du contribuable.
Citoyens…
Ah, au fait, je fais circuler l'info : le chantier du réacteur EPR de Flamanville vient d'être suspendu par l'Autorité de sureté nucléaire qui vient de dénoncer "un manque de rigueur au niveau du chantier qui est inacceptable". Le gendarme du nucléaire relève notamment un certain nombre "d'anomalies" sur les "dispositions de certains armatures de fer non conformes aux plans" et assure avoir constatées des "fissures (anormales) dans un bloc de béton". Sympa pour conserver l'atome... Et bravo l'expertise d'EDF et de Bouygues!







