. Le 9 avril la CGT, la CFDT, la CGPME et le Medef avaient donc signé un accord sur l’aménagement du temps de travail après plusieurs semaines de négociation. Cet accord, non signé à l’époque par FO, vient donc d’exploser. Au grand dam des signataires, même du Medef, qui peuvent légitimement avoir le sentiment d’avoir été roulé dans la, farine. Accord donc ou pas, le gouvernement, par la voix de Xavier Bertrand, le ministre des Affaires dites sociales, vient en effet de faire savoir qu’un projet de loi sera déposé prochainement sur le bureau de l’Assemblée pour permettre aux entreprises de décider librement de la durée du temps de travail après négociation avec leurs propres salariés. Si la durée légale du travail restera donc à 35h des « assouplissements » (sic) pourront donc être trouvés pour permettre à tout salarié de travailler jusqu’à 48h par semaine, horaire limite fixé par l’Union européenne ! Pourront être aussi renégociés les règles de repos compensateurs, les forfaits annuels et tous « ajustements nécessaires en cours d’année ». Pas la peine de se cacher derrière son petit doigt, le droit du travail fondé sur la solidarité collective et une certaine idée de l’égalité des conditions a vécu. Et rien ne dit, au-delà des belles déclarations la main sur le cœur du patron de l’UMP, Patrick Devedjian, que les chefs des petites entreprises et autres PME qui n’ont ni délégué du personnel ni représentant syndical ne vont pas s’en donner à cœur joie pour serrer les vis et imposer, de fait, de nouvelles règles de flexibilité. Que cette annonce par le gouvernement foule aux pieds plusieurs semaines de négociation entre les partenaires sociaux, le président et le gouvernement n’en ont manifestement cure. Sinon rien à foutre. Le premier pourra dire devant les télés qu’il a « libéralisé » le travail tout en restant campé sur la durée « légale » de 35 h, et le deuxième arguera que le gouvernement est dans son rôle en balayant les d’un revers de main, comme vient de le faire Xavier Bertrand, les coups de gueules des syndicats. Au-delà du fait que le pouvoir et l’UMP ont manifestement roulé les partenaires sociaux dans la farine pour gagner du temps en pratiquant la technique du « leurre », il n’est pas certain que cette annonce qui intervient dans un climat social très tendu n’ait pas d’effet boomerang… On ne peut pas, à la fois, claironner dans tous les médias que le temps où l’Etat décidait de tout est révolu, que seules désormais comptent les négociations entre partenaires sociaux et faire in fine un bras d’honneur aux syndicats. Et un enfant dans le dos au Medef… Ce jeudi, le reste de confiance minimum qui pouvait encore rester entre les partenaires sociaux et le pouvoir vient de voler en éclat. Ce coup de force politique, de nouveau facteur de divisions, relève d’une façon bordélique de gouverner indigne d’une démocratie. Que le pouvoir n’aille pas ensuite se plaindre si les syndicats ou les Français décident tout à coup de lui dire vertement : « les conneries ça suffit » !
. A propos d’idioties et après le flingage en règle par plusieurs députés UMP dont a été victime l’AFP ces dernières semaines au prétexte d’être « à la solde de l’opposition », le citoyen libéral député Claude Goasquen vient de livrer la mèche : « Moi, je souhaite ardemment que l’AFP soit privatisée » vient-t-il de déclarer. Au moins cette déclaration a-t-elle le mérite de la clarté des intentions. On rappellera simplement ici que l’Agence France presse est une entreprise qui a toujours gratouillé le pouvoir. Et pour une raison simple : elle bénéficie grâce à de Gaulle depuis 50 ans -fait suffisamment rare dans la presse pour ne pas être oublié- d’un statut unique qui garantit son « indépendance rédactionnelle ».







