. Donc Bayrou a été le seul a monter au créneau pour demander qu’une motion de censure soit déposée contre le gouvernement à propos du projet de loi inique visant à mettre le service public de l’audiovisuel en coupe réglée budgétaire et politique. Le groupe socialiste qui seul pouvait déposer cette motion s’est défilé, se contenant de condamner le dit projet de loi. Pense-t-il qu’il pourrait un jour servir ? Par exemple en nommant un patron de France télévision, ou de ce qu’il en restera, à sa main ? Ce serait sans doute lui faire injure, mais bon… Le groupe ne s’en est pas moins couché. En râlant très fort. Sans faire tout de même trop de bruit...
Ce projet qui ne mobilise pas, hélas, la majorité de la gent journalistique -qu’elle ne s’étonne point après que les citoyens ne la considère plus- est pourtant antidémocratique et pervers. Antidémocratique, car il relève d’un retour en arrière de quelques 30 années où le fil de l’histoire, entre la CNCL, la Haute Autorité ou le CSA, était plutôt tiré vers la séparation des pouvoirs. Sinon la coupure du cordon ombilical entre le pouvoir politique et les medias. Ce projet de loi qui prévoit que la nomination du patron du service public se fera dorénavant en conseil des ministres ! renvoie, quoiqu’en disent ses zélés défenseurs hypocrites, au temps de l’ORTF. Et encore, l’ORTF cachait en son sein des syndicats de journalistes puissants, combatifs et organisés. Aujourd’hui…
Ce retour en arrière devrait faire hurler tous les démocrates comme il effare les journalistes anglais, allemands, espagnols, scandinaves et même italiens ! A Paris, on trouve des gens, du Figaro à RTL en passant par moult journaux qui, loin de s’offusquer de ce nouvel abus de pouvoir, relaient la communication gouvernementale pour expliquer benoitement -c’est exactement ce que dit l’Elysée- qu’il ne s’agit là que « de mettre fin à une hypocrisie ». Pourquoi ne pas revenir carrément au premier Empire où les directeurs de journaux étaient estampillés par le grand Sire ?
Pervers, ce projet l’est aussi, car sous couvert de suppression de la publicité, et sous couvert de refuser une augmentation, même minime, à tout le moins d’oser une réforme juste de notre redevance qui reste l'une des moins chères d'Europe, le gouvernement se prépare à siphonner le budget de France Télévision au profit de TF1 et de M6 en particulier. C’est-à-dire les dire les amis de classe du président dont les entreprises, qui perdent des parts de marché au profit de la TNT, ont besoin de cash après la chute de leurs cours en bourse. Une nouvelle partie du magot publicitaire leur sera donc ristournée au détriment du service public. Et de la presse écrite qui ferait bien de s’en préoccuper… Mais ne s’agit-il pas de donner à la France, puisque le président l’a dit, un « grand groupe médiatique industriel » ? Foutaise !

. Donc la Dame du Poitou s’est cassée les dents. C’est du moins ce qu’il faut lire au travers de certaines lignes publiées ici ou là avec une gourmandise trop bravache pour être honnête. Le parti socialiste aura donc Aubry comme Première secrétaire. C’est à dire Jospin (à sa droite), Fabius (à sa gauche) et DSK (au milieu), naturellement. Autrement dit de modestes éléphants qui ont fait don de leur personne avec humilité militante sans jamais penser une seconde à leur carrière, ni à l’échéance présidentielle de 2012. Naturellement. Seule la Royale, c’est une évidence, on ne dira point un crime de lèse majesté, a l’ambition carnassière. Elle seule fait passer sa personne avant l’avenir du parti. Elle seule, l’usurpatrice, ne fait de la rénovation de la gauche française et du PS en particulier qu’un alibi politicien. Naturellement. Et puis comment cette folle, cette quasi Bernadette Soubirou peut-elle se promener dans les marchés de banlieues au milieu du peuple sans s’attirer des quolibets ?? Comment cette em… , pire cette fille de militaire ! peut-elle-même suspecter le parti de magouilles d’appareils, de tripatouillages électoraux ? Allons, allons ! Qu’elle laisse donc la vraie gauche s’épanouir, camarades. Qu’elle retourne à ses chabichous ! Et le PS à son opposition confortable que les electeurs sansctionneront dès les Européennes…

. Ah, Thierry Breton, l’inénarrable ancien ministre des Finances au plumeau en guise de chevelure, l’ancien patron de France Telecom, vient d’être propulsé, on ne sait d’ailleurs trop comment, à la tête d’Atos, une grosse boite de services informatiques. Salaire annuel du pauvre homme : 2,2 millions d’euros plus 700 000 stocks options à bons prix C'est à dire à un prix défiant toute concurrence vu ces temps de crise qu'il pourra revendre dans deux ou trois ans un bon prix quand la relance sera au rendez vous. Juste avant sa retraite matelassée. Son prédécesseur, Philippe Germond, comme le rappelle cette semaine Le Canard, est parti lui avec un petit parachute doré de 3, 9 millions d’euros. Après tout juste quinze mois passés à la tête du conseil de surveillance. C’était notre rubrique « quand les grand patrons se branlent de la crise ».







