"La trajectoire d'un élu politique en France répond à deux lois simples: on se présente à une fonction pour préparer sa candidature à la fonction suivante; lorsqu'on est élu à la fonction supérieure, on conserve la fonction antérieure de manière à éviter qu'un "intrigant" ne vienne reproduire à vos dépens le parcours que vous venez de réussir.
D'où l' obsession de cumuler les mandats" Valéry GISCARD d' ESTAING
Lors des dernières campagnes électorales de 2008, j'avais dénoncé le cumul des mandats électifs, considérant qu'il était néfaste pour la démocratie et asphixiait notre vie locale.
Mon attaque se focalisait sur notre maire Charles BICH qui, à mes yeux, "truste" un certain nombre de mandats dans l'espace et le temps,estimant qu'il était malsain pour notre démocratie qu'une même personne puisse rester 20 ou 30 ans à la tête d'une collectivité territoriale. A ce jour et à ma connaissance, je n'ai constaté de la part de Charles BICH aucune concession au non-cumul des mandats.
Au niveau de notre circonscription, notre député François BROTTES à qui je reconnais sa compétence et son honnêteté, cumule plusieurs mandats dont celui de maire de la commune de Crolles; il a récemment abandonné la présidence de la communauté de communes COSI au profit de son adjoint Olivier LEROUX, ce qui constitue en soi une avancée dans le non-cumul des mandats.
Dans la perspective de la grande intercommunalité du Grésivaudan en cours de création, aura t-il la sagesse de ne pas en briguer la présidence ou les délégués communautaires auront-ils le cran d'élire un président dédié uniquement à ce mandat ?
Il a fallu une loi pour imposer la parité dans les conseils municipaux; de même, il faudra une loi pour limiter le nombre de mandats électifs et notamment le cumul entre un mandat parlementaire national et une fonction exécutive locale.
Notre pays est l'un des seuls en Europe où les responsables politiques cumulent plusieurs fonctions électives; alors que les parlementaires français ont pour 85 % d'entre eux au moins une autre responsabilité locale, ils ne sont que 16 % en Italie, 15 % en espagne, 13 % en Angleterre et 10 % en Allemagne.
Le cumul des mandats engendre la concentration des pouvoirs, appauvrit le débat démocratique, éloigne les citoyens de la chose publique et jette le discrédit sur l'action politique.
