Après l'effet d'annonce du président de la République, je m'interroge sur la pertinence d'une telle perspective, à moins qu'elle soit le prémice d'une réflexion approfondie sur la fiscalité des entreprises.
Tout le monde s'accorde à dire que la taxe professionnelle pénalise aujourd'hui les entreprises qui investissent et auparavant celles dites de "labeur" avec un nombre important d'emplois; donc je ne suis pas hostile pour revoir les modalités de calcul mais quant à dire de la supprimer, cela me parait un peu irresponsable compte tenu du contexte économique et financier actuel.
La taxe professionnelle constitue principalement la manne financière apportée aux collectivités locales, il faudra la remplacer par un autre impôt dont le contributeur principal sera toujours les entreprises, même si l'on veut un peu plus taxer les pollueurs et les revenus financiers; de plus, le gouvernement vient d'annoncer des allègements d'impôts pour les ménages les plus modestes, donc je voudrais que l'on m'explique comment va t-on financer un interventionnisme accru de l'état tout en diminuant les prélèvements obligatoires.
A l'heure où les entreprises attendent beaucoup des collectivités locales pour relancer l'économie, n'est-ce pas jouer avec le feu en jetant une incertitude sur leurs financements à venir qui risquent de geler leurs volontés d'investir dans les mois qui viennent.
A moins que la démarche soit politique tout simplement: c'est une manière comme une autre d'amorcer et d'annoncer la future réforme des institutions visant à simplifier les différents niveaux de collectivités territoriales: suppression de l'échelon départemental au profit de la région et de l'intercommunalité; on peut même s'interroger sur le rôle à terme de l'échelon municipal.
Dans ce cadre, la suppression de la taxe professionnelle est plausible ainsi que son remplacement par un autre impôt plus juste car on aura fait des économies au niveau du fonctionnement des collectivités territoriales.
Je lance aussi un message à nos élus qui souhaitent financer la nouvelle intercommunalité du Pays du Grésivaudan uniquement avec une taxe professionnelle à taux unique ; on ne pourra pas indéfiniment superposer les strates; il faudra se poser la question du rapport coût / services rendus à la population car les vaches à lait que sont les contribuables individuels et les entreprises ne pourront supporter les débordements excessifs en la matière, d'autant plus que la crise est là et s'installe pour un certain temps dans le pays.
