iBLOG précédent iBLOG suivant



Ma photo
Pontcharra DEMOCRATE                                                          blog-notes de Philippe Malaval
Contactez-moi
Mail :
Mon calendrier
< Jan. 2009 >
L M M J V S D
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031 
Trafic
Noter ce blog :
1 5
Tribune libre
Mon bloc perso.
Le regard d'un citoyen sur la vie charrapontaine après un mandat d'élu municipal de l'opposition de 2004 à 2008.
La vision d'un chef d'entreprise sur la société française et notamment sur l'économie et l'emploi.
Publié le Vendredi 30 janvier 2009 à 10:10
Par Philippe Malaval




A cette occasion, la CGPME Isère avait convié le Professeur Philippe DESSERTINE, Directeur de l’Institut de Haute Finance, spécialiste de la finance internationale et l’un des meilleurs experts français de l’information financière qui interviendra sur le thème : "Crise financière, crise économique... Quel avenir pour nos PME ?".


En tant que chef d'entreprise et syndicaliste patronal, j'ai assisté à cette conférence; son analyse sur les origines de la crise, son déroulement et ses propositions pour la combattre  me sont apparus pertinentes au point de vous en faire un résumé qui, je l'espère sera le plus pédagogique et le moins partisan possible.

L’origine de la crise : l’occident vit au dessus de ses moyens.


Durant la période 1989-1999, nous assistons à une croissance inouïe de l’économie mondiale qui gomme les effets de la mondialisation. En même temps, l’Europe occidentale intègre les pays de l’Europe de l’est et crée la monnaie unique, l’EURO. Tout cela grignote 1 à 1.5 % de croissance annuelle.

Cette période masque les méfaits de la mondialisation et en 2000-2001, le retournement se produit et les difficultés apparaissent : la baisse global du pouvoir d’achat des occidentaux est consécutive à une répartition des richesses sur des pays nouveaux, phénomène difficile à expliquer politiquement ; l’émergence et le développement du pouvoir d’achat se font au détriment de celui des pays occidentaux.


Alan GREENSPAN : l’emblème de la dette aberrante.
 

Ils n’ont plus de revenus… on va leurs donner de la dette !

La baisse des taux d’intérêts favorise la dette qui dope l’économie. Pendant la période 2000-2007, on créé de moins en moins de richesse ; logiquement les taux d’intérêts devraient augmenter, Greenspan fait l’inverse : plus il y a de dettes, plus on relance l’économie.

Les pays anglo-saxons ont cette logique de la dette : en 2007, aux Etats Unis et en Grande Bretagne, le taux d’épargne est de 13 % du PIB alors que dans les pays vertueux comme l’Allemagne et la France il est supérieur à 20 % du PIB.

La perspective du logement s’impose pour doper l’économie ; on propose aux américains un système magique : vous pouvez acheter votre maison à crédit même si vous n’en avez pas les moyens. Pendant 3 ans vous profitez de votre logement dont la valeur aura augmenté du fait du boom immobilier ; la banque peut vous faire un complément de prêt pour continuer à consommer. C’est un mécanisme aberrant qui ne peut conduire qu’à un clash gigantesque.

Pourquoi n’a t’on pas eu la crise plus tôt ?


Origine de la crise : la Chine prise en otage.


Le système a fonctionné car la Chine a été prise en otage par les Etats Unis.

Les chinois ont crée beaucoup de richesse mais pas de monnaie ; ils reçoivent en contre partie des dollars et devraient normalement investir dans leurs pays pour créer des routes, des hôpitaux…et redistribuer une partie du magot aux chinois.

Il n’en est rien : les chinois vont acheter de la dette publique américaine en dollar et avec des faibles taux d’intérêts ; ces actifs se dévaluent du fait de la faiblesse du dollar mais la dette américaine est ainsi absorbée par la création de richesses réalisée par la Chine.


Origine de la crise : la folie des banques américaines.


Aux Etats Unis, en 1999, abrogation de la GLASS STIGALL ACT, loi promulguée en 1933 pour prévenir une autre crise comme 1929. Les conséquences sont la non rémunération du risque, le développement de techniques financières complexes, une dérégulation de la finance par le bas et par le haut (" subprimes " et " hedgefunds ") et la contamination aux banques régulées de la vieille Europe.

L’extension (la contamination) internationale amplifie le problème.


Origine de la crise : l’Europe vit aussi au dessus de ses moyens.
 

En France, la dette atteint des sommets : endettement des ménages 45% , entreprises non financières 73%, dette publique 63%, soit un total de 181% du PIB !

Pendant les années 2005-2007, les USA augmentent les taux d’intérêts pour limiter l’emballement de la machine infernale qu’ils ont contribué à mettre en place mais le scénario catastrophe est inévitable ; en mars 2008, premières faillites de banques américaines, l’absence de l’administration américaine est flagrante, la gestion de la crise est grevée par les perspectives de l’élection américaine.

Septembre 2008 : le château de cartes s’écroule ; en Octobre, l’Europe sauve la situation en adoptant un plan concerté de sauvegarde des banques .

Le marché se stabilise : la crise financière débouche sur une crise économique majeure ; on a évité la crise ABSOLUE.

On va vivre dans une économie de crise pendant plusieurs années : il va y avoir des gagnants…et des perdants.


Philippe DESSERTINE confirme que la relance ne peut se faire que par l'investissement et non par la consommation, que les moyens sont limités du fait de l'endettement public et que finalement nous allons payé les erreurs du passé collectives et individuelles, à savoir que tout le monde a profité d'un système corrompu issue d'une fuite en avant qui nous a mené dans le mur.

J’espère avoir résumé les propos de Philippe DESSERTINE en termes accessibles à tous.



En ce qui me concerne, il me semble impératif de: 

- assurer la cohésion sociale c'est à dire protéger ceux qui seront victimes de licenciement et de la crise en général.
- tenir sous perfusion les entreprises pour éviter qu'elles plongent, permettre à celles qui le peuvent de se développer dans ce marché atone
- cela ne sert à rien de relancer alors que l'on a pas atteint le creux de la vague.
- relancer avec des plans massifs mais avec quel argent si on continue à creuser la dette publique;voir les origines de la crise et le désastre à court terme.

Le courage politique consiste à dire aux français qu'il va falloir se serrer la ceinture, l'augmentation du pouvoir d'achat est à mettre entre parenthèses pendant un certain temps et que les riches doivent contribuer à cette solidarité.
La relance par l'investissement, certainement, mais n'oublions pas l'homme et tâchons de satisfaire un tant soit peu les demandes de la France d'en bas pour ne pas aggraver le désarroi de nos concitoyens face à cette crise qui s'annonce longue mais salutaire pour l'avenir si on a le courage d'en tirer les enseignements et de ne pas les perdre de vue.