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Tribune libre
Mon bloc perso.
Le regard d'un citoyen sur la vie charrapontaine après un mandat d'élu municipal de l'opposition de 2004 à 2008.
La vision d'un chef d'entreprise sur la société française et notamment sur l'économie et l'emploi.
Publié le Samedi 28 mars 2009 à 09:47
Par Philippe Malaval

En tant que patron d'une petite entreprise englué dans la crise économique et financière qui sévit dramatiquement, j'observe le débat depuis quelques semaines au travers des différents mandrats patronaux que je porte et je souhaite partager avec vous les valeurs qui animent un "petit patron" dans les circonstances actuelles:

- la crise affecte les entreprises et leurs salariés durement: chômage partiel, licenciement économique, jeunes recherchant désespérement un emploi
- un patron éclairé et honnête se doit d'adopter une attitude humble vis à vis des personnes qui l'accompagnent tous les jours dans la vie de l'entreprise
- en aucun cas, il doit prendre des décisions le visant personnellement qui puissent atteindre la dignité des autres: on ne peut instaurer et imposer aux autres une rigueur salariale en s'exemptant de toute solidarité; je condamne ces "patrons" qui s'octroient des bonus et autres rémunérations abusives au mépris des autres mais sont-ils encore des entrepreneurs au sens noble du terme?
- le débat est lancé sur l'encadrement des salaires des patrons; à titre personnel, je n'y voit aucun inconvénient, je pense que ce serait presque salutaire pour nous, patrons d'entreprises familiales sur lesquelles nous engageons notre honneur et nos biens propres;  de cette façon on bousculerait un tabou qui montrerait que les hauts revenus ne sont pas forcément là où l'on pense!
- quant à légiférer sur cette question, le débat tournera court car personne n'a la volonté de le faire et pour cause...seul le code moral promu par le MEDEF qui devrait être un code d'honneur doit faire l'objet d'une intervention gouvernementale pour éliminer les outrances du système. 

Lors de l'émission d'Arlette Chabot sur France 2 jeudi soir, il me semble que l'on atteint le stade ultime de la démagogie: langue de bois du MEDEF, propos inqualifiable de Benoit Hamon sur les chefs d'entreprise; j'ose espérer qu'il fait la différence entre un patron du CAC 40 et celui d'une petite entreprise... même emporté dans l'action d'un débat.

Je partage son analyse sur l'échelle des salaires, à savoir l'écart entre le plus petit et le plus grand salaire attribué dans l'entreprise; les gouffres constatés dans quelques entreprises  témoignent de la cupidité et l'immoralité de leurs dirigeants dans la situation difficile que nous traversons qui devrait appeler une solidarité renforcée des plus riches.

Dans les petites entreprises que je connais, le salaire moyen du dirigeant est de 4400 euros mensuel net (source INSEE), ce qui est loin du salaire mensuel d'un député européen et encore plus de celui de Zinédine Zidane!
Un rapport de 1 à 4 me paraît raisonnable au regard des multiples engagements d'un patron de petite entreprise dont la valeur ajoutée, c'est avant tout l'homme !

Il est vrai qu'au delà de sa rémunération lorsqu'il est salarié, le patron qui détient l'intégralité des parts de son entreprise se constitue un patrimoine dont la valeur est proportionnelle à la rentabilité de son affaire et qu'il peut recevoir comme tout actionnaire des dividendes lorsque les résultats de l'entreprise sont bons; ces éléments sont la partie variable de sa rémunération qui, comme son nom l'indique, n'est pas acquise.