L'actualité fait écho de nombreux cas de retenue de patrons dans le cadre de négociations lors de fermetures de sites industriels; je n'emploie pas le terme "séquestration" volontairement.
Comment peut-on en arriver à de telles extrémités?
- je déplore ces comportements car j'estime que ces manifestations sont stériles et notamment vis à vis des patrons de ces usines qui ne sont pas réellement les décideurs et qui vont chercher les ordres ailleurs...
- je comprends la réaction des salariés qui, dans la perspective de perdre leurs emplois, sont réduits à des actions de "légitime défense" car plongés dans une désespérance croissante.
- lorsque Dominique de Villepin estime qu'il y a un risque insurrectionnel en France, je pense que sa mise en garde témoigne d'une grande lucidité car le désarroi et la peur des lendemains sont les moteurs de dérapages que l'on pouvait croire bannis de notre pays.
- ces évènements constituent une dérive qui mettra à mal le fondement même de notre démocratie, de nos institutions et de notre société.
- la crise sera longue et dure pour les plus vulnérables; il est inconcevable que des minorités continuent comme si de rien n'était, inconscients du fossé qui se creusent entre leurs vécus de nantis et la triste réalité de la France d'en bas.
- quelqu'un m'a fait remarquer: quelle serait la réaction de l'opinion publique si un patron séquestrait des délégués syndicaux? la question ne se pose pas de la même façon; il est condamnable car hors la loi et en plus dans quel but !
Aujourd'hui, nous avons besoin de sérénité pour résister à cette crise économique majeure et seul l'apaisement des esprits conduira à instaurer un climat de cohésion sociale.
A la cupidité et l'immoralité de certains patrons, la réponse musclée des salariés qui prennent en otage leurs interlocuteurs ne me parait pas disproportionnée; ce qui est disproportionné, ce sont les dérives imprévisibles de telles pratiques et l'engrennage dévastateur qui suit mais l'histoire est source de repères et d'enseignements en la matière.
