Envie de gerber. Envie de pleurer de rage. Envie de retrouver ces petits salauds, de les plaquer au sol, de planter mes doigts dans leurs cheveux, de leur écraser la gueule sur le bitume et de leur hurler dans les oreilles de demander pardon.
J’en ai assez de ces petits connards de treize, quatorze, quinze ans, qui « s’amusent » avec une bonne copine, qui elle en a tout juste douze, et qui, soi-disant au nom du jeu, dépassent les bornes et refusent de voir que la bonne copine ne veut pas aller plus loin. Je les entends déjà se défendre : « Elle était d’accord » ; « Elle n’a pas dit non » ; « Elle se laissait faire » ; « Elle avait des préservatifs dans sa chambre ».
Mais à qui ferez-vous croire que, malgré votre jeune âge, vous ne réalisiez pas qu’avoir des rapports sexuels avec une jeune fille de douze ans, ou se livrer à des attouchements sur elle, ou s’exhiber devant elle, en s’y mettant à deux ou trois gars, c’est déjà une situation anormale ? A qui ferez-vous croire qu’elle était d’accord pour faire ça avec deux ou trois garçons en même temps, ou avec un seul mais sous le regard des autres, alors qu’elle ne connaissait rien à la sexualité, et alors que vous savez bien que l’amour sexuel est un acte privé et pas public ? A qui ferez-vous croire que vous ne saviez pas que ce n’est pas parce qu’on est le copain d’une fille qu’on a le droit de tout faire avec elle ? A qui ferez-vous croire que vous n’êtes pas capable de comprendre qu’on n’a le droit de toucher quelqu’un que lorsque cette personne vous a donné ce droit, et cela à chaque fois où l’occasion de le faire se présente et non pas une bonne fois pour toutes ? A qui ferez-vous croire que vous ne saviez pas au fond de vous que si elle s’est laissée faire, c’est tout simplement parce qu’elle était seule contre un groupe qui exerçait suffisamment de pression sur elle pour lui faire peur ? A qui ferez-vous croire que vous ne saviez pas que vous étiez en train de vous passer de son consentement en la forçant à vous obéir, par exemple en lui disant « que ça allait être drôle » – surtout pour vous qui n’y connaissiez encore rien et qui aviez vraiment très envie de voir comment ça fait de mettre sa quéquette de minable dans une vraie fille, en lui disant « qu’elle allait pas se dégonfler », en lui disant « qu’elle était encore vierge ? Quelle honte, on va s’occuper de toi », « qu’elle était encore vierge ? On va le dire à tout le collège », « qu’elle était encore vierge ? Tes copines vont se foutre de ta gueule ». A qui ferez-vous croire que vous ne saviez pas qu’une jeune fille de douze ans n’est pas encore adulte, et n’est donc pas encore capable de se défendre en toutes circonstances, n’est pas encore capable de dire tout simplement « non » quand elle ne désire pas quelque chose ? Vous saviez très bien que les adultes n’ont pas le droit d’abuser de mineurs, alors à qui ferez-vous croire que le fait que vous soyez des mineurs vous-mêmes vous autorisait à le faire ? A qui ferez-vous croire que vous n’aviez pas honte au fond de vous-mêmes de vous y mettre à plusieurs pour la toucher, pour la regarder, pour la forcer à vous regarder ou à vous toucher ? A qui ferez-vous croire que vous ne sentiez pas qu’elle n’en avait pas envie, qu’elle était simplement prise au piège de vos moqueries et de vos provocations ? Enfin, à qui ferez-vous croire que vous ne saviez pas que VOUS ETIEZ EN TRAIN D’ENFREINDRE LA LOI ?
J’en ai assez de ces petits connards qui essaient de faire croire aux gens qu’ils ne savent pas qu’il y a une différence entre rigoler et s’exciter la quéquette à trois ou quatre avec une fille sur du papier glacé dans une revue porno, et rigoler et s’exciter la quéquette à trois ou quatre avec une vraie fille. Une vraie jeune fille de douze ans n’est pas un jouet. Une jeune fille de douze ans comme vous est curieuse des choses du sexe mais entend les découvrir tout doucement avec un amoureux. Pas avec un groupe de copains qui, un jour, décident de se la faire, parce qu’eux aussi sont curieux des choses du sexe - ça fait pas longtemps qu’ils ont découvert comment fonctionnait leur bite et le plaisir que cela leur procurait - et pour retrouver ce plaisir-là décident que c’est finalement plus facile de forcer une fille à les sucer ou à ouvrir les cuisses plutôt que d’en trouver une qui soit d’accord. Je parle d’une jeune fille de douze ans ! Je ne veux même pas imaginer vous entendre dire que l’envie de vous faire exciter la quéquette vous a fait oublier son âge. Vous avez fait passer votre désir sexuel avant votre devoir de respect envers un autre être humain, qui plus est un être humain fragile et vulnérable à cause de son jeune âge. Or sachez que LE SEXE ET LE RESPECT SONT DEUX CHOSES INDISSOCIABLES.
Les meilleurs baiseurs sont ceux qui savent avant tout respecter leur partenaire, et il se trouve que ce sont eux également qui éprouvent le plus de plaisir sexuel. Pauvres merdeux, en mettant votre bite là où vous pouvez sans autorisation, vous croyez prouver votre virilité masculine, vous croyez savoir baiser, vous croyez vous faire plaisir, mais c’est tout le contraire. Votre virilité n’est qu’animale, vous ne valez même pas d’être comptés parmi ces nobles et beaux mâles humains qui méritent que nous les aimions. Vous croyez être doués mais, en fait, vous êtes les plus gros nuls du sexe de toute l’histoire de l’humanité. Et enfin, vous croyez ressentir du plaisir, et vous passez à côté de la plus grande jouissance, celle que vous ne saurez jamais atteindre : celle qu’on éprouve lorsqu’on satisfait une partenaire en demande PARCE QUE CONSENTANTE. Car ce qui compte avant tout, c’est bien que chacun des partenaires ait envie de faire l’amour, la technique n’est pas le fondement du sexe. Et d'ailleurs, la technique, ce n'est pas en procédant de la sorte que vous risquez de la maîtriser.
J’aimerais connaître vos noms et vous obliger à lire ce texte (j’ai envie de dire à relire puis à bouffer ce texte chaque matin), ainsi que le transmettre à vos parents puisque certains d’entre-vous sont toujours mineurs, bien que les faits aient eu lieu il y a quelques années. Ceci dit, je les entends déjà, les parents qui refuseront d’y croire. J’aimerais pouvoir proposer à ceux qui auront l’outrecuidance et le tort de défendre leur chérubin de me le prêter quelques jours pour que trois ou quatre copines de quarante ans et moi l’utilisions afin d’assouvir tous nos fantasmes sexuels, sans tenir compte de son avis puisque à ses yeux « le sexe l’intéresse et donc il sera forcément d’accord ». On verrait bien ensuite si le jeune homme oserait encore prétendre qu’il était consentant à chaque instant, et on verrait bien si ses parents oseraient encore soutenir que, là également, il n’y a eu ni abus ni infraction à la loi.
Une fois encore, un enfant, fille ou garçon, un adulte, homme ou femme, n’est pas un jouet sexuel. Les utiliser comme tels les brise et les pulvérise, et les années de réparation qui s’ensuivent sont extrêmement longues et douloureuses. Les mots « petite fille » et « cassée » ne devraient jamais pouvoir figurer dans la même phrase. Cassez les poupées, pauvres merdeux, et pour le reste, apprenez à vivre dignement avec vos frères et sœurs humains.
J’aimerais que la petite fille cassée ait la force de porter plainte pour se reconstruire, et pour que vous ayez à répondre de vos actes devant un juge. Pour le moment, et cela depuis plusieurs années, c’est elle qui paye pour vos crimes. Ne serait-ce pas à votre tour de payer maintenant ? Pour le moment, c’est elle qui ploie sous une honte qui devrait être la vôtre et non pas la sienne. Ne serait-ce pas à votre tour de rougir maintenant ? Depuis plusieurs années, c’est elle qui essaie de nommer les actes que vous lui avez fait subir sans son consentement. Ne serait-ce pas à votre tour d’avouer les faits et de reconnaître que vous avez abusé d’elle ? Pour que la petite fille cassée n’ait plus honte d’être la victime, ayez le courage d’admettre que vous êtes les agresseurs. Mais le courage, ce n’est pas votre fort puisque jusqu’à présent la lâcheté vous caractérise.
Il se trouve que je place le respect d’autrui et le respect de la loi au-dessus de tout. Donc jamais je n’écraserai vos gueules de connards sur un coin de trottoir si possible souillé de merde en vous hurlant dans les oreilles de demander pardon. Mais sachez que je serai aussi fière de ne pas le faire que j’en aurai envie.
