a) la traduction
- la version latine a déjà été comparée à une enquête de police : la phrase latine demande de relever des indices (la terminaison des mots), et d'en tirer des conclusions ; bref, les quelques lignes proposées aux élèves développent le sens de l'observation et le raisonnement
- traduire, c'est aussi jeter un regard critique sur son français : la phrase doit être correcte, et avoir un sens ! (il est rare que les Romains soient responsables des traductions bizarres !) le latin n'étant pas de l'hébreu, le français ne doit pas devenir du chinois
b) la littérature ancienne
de l'Antiquité à nos jours, les auteurs n'ont cessé de traiter les mêmes sujets, d'évoquer les mêmes personnages historiques ou mythologiques
Giraudoux (XX° siècle) a intitulé une pièce de théâtre « Amphitryon 38 » pour indiquer qu'il n'était pas le premier à raconter la naissance d'Hercule
- pour mesurer le génie des auteurs modernes, pour apprécier les tragédies de Shakespeare et de Racine, les comédies de Molière ou les fables de La Fontaine, il faut les comparer aux sources latines de ces oeuvres
- quand on étudie, en français, une oeuvre moderne, on risque de ne pas comprendre une allusion dans un texte (le supplice de Tantale chez Maupassant)
- un simple mot suffit parfois à gêner l'interprétation d'un paragraphe (qu'est-ce qu'un amphitryon ou un mentor ?) ; le jour du brevet, seule la mémoire est à la disposition des candidats... latinistes ou non
- pire encore, si les indices sont rarissimes, on est susceptible de commettre un contre-sens sur l'oeuvre : si l'on ne connaît pas la mythologie gréco-romaine, comment peut-on comprendre le roman « Kafka sur le rivage » (avec un nom de philosophe allemand) écrit par Haruki Murakami (un japonais qui enseigne aux Etats-Unis) ?
c) nos « chefs d'oeuvre »
les correcteurs (au collège, au lycée, et au-delà) apprécient que les élèves justifient leurs idées, en s'appuyant sur des exemples précis ; c'est le moment ou jamais de « sortir votre science », de sortir votre culture générale
