Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Publié le Mardi 02 janvier 2007 à 09:07
Par Vincent Breton
Le maître a choisi le moment et l’heure. Il a crée la situation, imaginé le dispositif, pensé la classe pour tous et pour chacun… Il a écrit dit-on « le scénario pédagogique ». Mais il n’est pas le metteur en scène de poupées serviles. La docilité apparente qu’il a pu obtenir de sa classe c’est dans la promesse implicite, dans l’échange attendu … Parfois ce sera contre une misérable récompense (un vague bon point accroché au tableau d’honneur), parfois contre une salvatrice récréation, parfois contre la récompense d’une lecture libre ou d’un jeu enfin choisi… et puis, quelquefois, - comme on voudrait que ce soit le plus souvent ! -, contre ce savoir si l’on peut savoureux, une clé qui peut n’être que petite, mais qui ouvre une nouvelle chambre de la connaissance… Une chambre avec ses secrets à explorer et admirer souvent pour eux mêmes. L’enfant devinera bientôt qu’au fond de chaque chambre une porte, bientôt plusieurs autres sont à ouvrir. Il faudra trouver de nouvelles clés. « Efforts à la clé » dit-on… mais ce bonheur d'apprendre encore et encore... Mais le savoir n’est pas non plus qu’une enfilade de portes sans suite ni sens. L’espace s’organise. Des couloirs, des vestibules, des étages. Le maître montre le plan, et l’enfant différencie et comprend mieux cette maison où il n’est pas seul, rejoint bientôt par ses condisciples… Il arrive que le maître oublie de penser à la maison et plutôt qu’un hôte, ne reste que loueur de chambrettes qui n’ont pas toujours d’issues. Il arrive qu’il s’étonne que le locataire revienne sur ses pas ou se perde dans une chambre qui ne lui semblait guère mystérieuse à lui le maître… Il arrive que le maître retrouve un élève errant dans les sous-sols ou déjà dans les étages... Il arrive que le maître se soit vu subtiliser le trousseau de clés et en éprouve quelque agacement... Face à l’élève dont la propre richesse attendue et supposée, reste cachée et ne se révèle pas si facilement… ou ne le peut pas encore… il faut au maître des patiences de jardinier, des douceurs de menuisier… Le tuteur ne peut pas tout, le rabot se manie avec parcimonie… et si l’élève est imprévisible, il attend la parole - le pantin échappe à Gepetto - . La parole du maître doit être sincère et sans mensonge ni artifice. La mise en scène pédagogique ne pose pas le décors factice d’un exercice qui n’attend que la simple exécution : elle ose inciter à regarder le Monde autrement, à s’essayer dans le Monde… La mise en scène pédagogique n'est pas non plus le prétexte ou l'animation enjolivée d'un savoir réputé austère. Il ne s'agit ni d'enjoliver, ni de chercher à motiver en flattant... La mise en scène dit le moment de l'Histoire, pose la situation, favorise la rencontre, accepte les questions, de déstabiliser peut-être. Mais les acteurs pourront toujours s'essayer sans risque sur un plateau délimité et protégé. Le maître qui croit en son élève, le guide, accepte l’imprévisible. Mais il connaît déjà quelques morceaux solides de ce savoir qu’il donne à déguster et il accepte en même temps de s’en départir. Il accepte avec bonheur l’idée que l’élève va lui échapper bientôt… et que ce sera bon signe.
Publié le Lundi 01 janvier 2007 à 11:05
Par Vincent Breton
Ils ont pour certains ce côté un peu suranné ou convenu, pourtant les vœux tissent bellement les liens personnels, familiaux et sociaux. Ils nomment nos inquiétudes au relief de l’espoir : « la santé bien sûr »… « La réussite à ton examen »… Ils osent le projet optimiste : « tout ce que tu désires », « la fortune »... Distribués largement, ils sont un rappel à l’autre qu’il existe pour nous.
Les vœux attendent un retour : « je te reconnais dans tes espérances, reconnais moi dans les miennes… ». Ils se mettent à l’heure moderne : là les cartes sur Internet –parfois au goût douteux -, « SMS » projetés dans les limbes à l’heure dite où les bouchons de champagne sautèrent.
Les vœux ont partout leurs rituels parfois des rituels débridés de Carnaval.
Dans « Le chat qui venait du ciel », Takashi Hiraide raconte qu’au Japon on va sagement sonner la cloche au temple.
Ce rite des vœux à l’année qui change, marque notre inquiétude collective face au temps qui passe, catastrophes craintes, évitées de justesse, c'est mystère astronomique, l’Histoire humaine, qui oui, quoi que certains aient tenté de le laisser croire un temps, existe encore … Dans les écoles, il serait heureux que les maîtres réservent un temps aux vœux que l’on échange : joli exemple du « vivre ensemble ». Idée sympathique et généreuse que d’inviter l’enfant à formuler des vœux pour autrui, à esquisser un projet, des souhaits : « que souhaiterais-tu pour toi même ? Pour les autres ? Pour le Monde ? » Le projet, se mettre en projet, -pédagogie du projet dont on s’est souvent gaussé –, c’est bien cela, oser s’inventer ensemble une histoire pour soi, avec les autres… avec en prime, pour que les vœux ne soient pas un simple rite mièvre et irrationnel, que cette question du projet et des souhaits, s’accompagne d’un rappel dynamique et éthique de la question du choix. L’école ce lieu où l’on apprend à choisir. Se mettre en projet c'est savoir et pouvoir choisir. Très belle et savoureuse année 2007 !
Publié le Jeudi 28 décembre 2006 à 08:57
Par Vincent Breton
Un reportage l'autre jour à la télévision annonçait qu'un enfant recevait "en moyenne" onze cadeaux à Noël... On n'ose imaginer l'impact d'une telle assertion sur les enfants eux-mêmes : suis- je dans la moyenne ? je n'ai que neuf cadeaux, suis-je moins aimé ?
Sur les familles, cette idée de moyenne ne se fait-elle pas "injonction à rejoindre la norme" ? Il en va de même avec les reportages nombreux annonçant les sommes dépensées "en moyenne" par les familles pour le réveillon, les cadeaux offerts...
Ainsi, pour certains, le risque est de venir se conformer ou de chercher à surpasser cette moyenne supposée.
Je n'ai pas vu de reportage sur la valeur affective du don, ce que peut représenter un cadeau ou comment imaginer un cadeau de valeur produit de ses mains ou de son imagination? Pas vu non plus de reportage sur l'art de recevoir un cadeau... mais comment s'en séparer lorsqu'il ne convient pas... Quand le cadeau devient encombrant...
Dans la cour de l'école, le jour de la rentrée, les élèves exposeront la liste de leurs cadeaux. Compétition pas toujours saine. En classe, parfois, sous prétexte d'échanger à l'oral ou de fixer par écrit, des maîtres indiscrets solliciteront leurs élèves...
Tout cela oublie la relation intime qui se construit entre celui qui donne et celui qui reçoit : la déception du cadeau perçu comme malvenu, c'est souvent affaire "d'estime de soi" :"c'est donc ainsi qu'elle ou il me voit... Il s'imagine que j'aime cette horreur... ou au contraire le "c'est trop beau pour moi" ou "comment savais-tu que j'adorais ce poète ?"
A l'école même, sait-on toujours la vertu de ces cadeaux : une lecture offerte, une lettre écrite à l'élève, la découverte d'une musique ou d'un savoureux savoir ? ...
Publié le Mercredi 27 décembre 2006 à 17:10
Par Vincent Breton
Il y a peu encore, chaque collectivité locale se faisait un devoir de pourvoir les passages piétons et les traversées devant écoles de policiers ou d'assistants chargés de veiller à la traversée la plus sécurisée possible des élèves se rendant à l'école. Trop d'accidents ont eu lieu à proximité d'écoles, avec des conséquences souvent dramatiques... Bonne idée que de veiller à protéger par une présence adulte le passage des enfants... Et pourtant... Cette précaution s'est souvent avérée contre productive car "déresponsabilisant" le jeune usager, elle tendait à lui faire croire que "puisqu'il y avait un adulte le protégeant", nul besoin n'était de respecter les règles de son côté. Le code de la route d'ailleurs s'est trouvé mis à mal, les agents ou assistants (des emplois jeunes souvent) interrompant sans vergogne la circulation, y compris au feu vert des automobiles... A trop vouloir protéger, on fabriquait de l'irresponsabilité... Ce qui ne veut pas dire se dispenser de former le jeune aux règles de la circulation piétonne en ville, au contraire... A méditer probablement, pour d'autres situations où la surprotection aboutit de fait à une baisse de vigilance et de responsabilisation de l'usager...
Publié le Samedi 09 décembre 2006 à 14:52
Par Vincent Breton
En réfléchissant à l'impact de la loi du 11 février pour l'égalité des droits et des chances , la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, cette citation de Thierry Pech m'est revenue en mémoire : " la dignité est la possibilité de renouveler l'imagination du semblable".
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prepaclass : Très bons voeux à toutes et tous !
prepaclass : Le blog déménage et devient l'atelier pédagogique : http://lewebped agogique.com/at elier/ Cette évolution pour gagner en lisibiité.
mo : impossible de poster le com à l'école de la réussite ! marrant non !
Loic : il y a des poésies en ligne sur le site de prepaclasse, pour la rentrée, mais plutôt cycle 3. Je vais les donner au choix des élèves
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