Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Publié le Dimanche 07 octobre 2007 à 04:10
Par Vincent Breton
Lorsque le maître donne l'exercice à l'élève, il ne serait pas vain souvent qu'il prenne le temps de vérifier que celui ci , l'exercice, pas l'élève, répond bien à la compétence recherchée et n'engage pas vers d'autres chemins... L'habillage de l'exercice peut dire tout autre chose. La consigne se faire langue étrangère. Parfois même la leçon n'est plus qu'un prétexte lointain à de l'exercice qui n'exerce ni ne renforce ce que l'on voulait enseigner...
Publié le Vendredi 05 octobre 2007 à 17:16
Par Vincent Breton
En réintroduisant le redoublement dans la Loi de 2005, le législateur a semblé revenir sur un dispositif qui pose pourtant plus de problème qu'il ne vient en résoudre : la loi de 1989 parlait de prolongation du cycle ou de maintien exceptionnel... mais la mise en place imparfaite des cycles n'a pas su éviter la logique négative et enfermante du redoublement. La loi de 2005, si elle parle de redoublement l'encadre pourtant strictement et ne l'accepte qu'assorti de dispositifs dont le PPRE. Par pudeur, ou avec l'idée de ne pas nuire plus encore à l'estime de soi des élèves, des enseignants ou des conseillers continuent de préférer le terme de "maintien". Oui, sauf que cette terminologie n'est pas conforme au texte et surtout peut masquer de fait la réalité des redoublements. Oser parler du redoublement qui est présent dans la Loi, c'est aussi souligner le caractère exceptionnel qu'il doit revêtir : aucune étude ni française ni internationale ne vient prouver son efficacité, au contraire. Redoubler est cher économiquement et humainement. Très rares sont les élèves pour lesquels on peut supposer que "tout serait à refaire dans tous les domaines". Dans tous les cas, le redoublement ne saurait dédouaner les équipes de la nécessité d'un accompagnement rapproché. Il ne devrait pas y avoir de redoublement sans PPRE avant redoublement et sans PPRE d'accompagnement de ce redoublement... La difficulté est que ces affirmations aussi étayées soient-elles, ne peuvent se contenter de se construire en doxa injonctive pour que l'on progresse en ce domaine et c'est là toute la limite des textes. Il nous faut donc promouvoir l'urgente nécessité d'une pédagogie différenciée dès l'amont qui ne saurait se confondre avec la seule individualisation : une pédagogie à l'écoute des essais des élèves et pas seulement de leurs erreurs. Une pédagogie où le maître apprenne à décrypter le cheminement intellectuel de l'élève face à l'objet d'apprentissage. Pourquoi n'a-t-il pas compris ? ou plutôt , qu'a-t-il compris de ce qui lui était présenté ? Qu'a-t-il répondu ? ou mieux encore qu'a-t-il pensé devoir répondre en fonction du contexte dans lequel il se trouvait, de son expérience antérieure... Passeur de connaissances, le maître est aussi celui qui observe et comprend le cheminement de l'élève vers le savoir. Le maître est celui qui décode, explicite, aide l'élève à comprendre ce qu'il a tenté et le rassure sur cette chance qu'il doit favoriser et développer : l'école est le lieu du libre essai, où se tromper est sans danger. Combien d'élèves le pensent vraiment ?
Publié le Mercredi 03 octobre 2007 à 02:04
Par Vincent Breton
De nombreuses communes lors du temps de repas scolaire, mais aussi des écoles par un choix collectif ou des maîtres dans leur classe,instaurent le permis à points .
Une fédération de parents réagit sur ce sujet. Le permis à points en usage pour les titulaires du permis de conduire, est un capital de points donné à tous les titulaires de cet examen, capital qui se perd de manière graduée dès lors qu'une faute est commise et surtout repérée.
Le fautif peut reconstituer son capital en suivant par exemple des formations, avec un temps imposé... Ce principe du permis à points pour le permis de conduire est dans la Loi.
Il a pour certains été vu comme un bon modérateur des comportements... Il suppose pour fonctionner une surveillance active de la route.
Il semblerait que certains soient de très gros consommateurs de points tandis que d'autres voient leur capital totalement préservé. Des amendes financières sont associées au dispositif.
D'un point de vue philosophique ou éthique, le permis à points à l'école n'est pas sans problèmes : - il suppose évidemment le risque pour le fautif d'engager des stratégies pour se dissimuler à la surveillance - il dit surtout, "il me reste encore x points", c'est à dire x droits de faire encore des bêtises et surtout de ne pas respecter les règles.
Finalement, le permis à points, dans l'esprit des élèves, n'ouvre-t-il pas un droit bien contradictoire avec l'objectif visé ?
Il me souvient d'un élève de CM2 qui m'avait expliqué qu'il allait s'engager dans un jeune religieux, parce que cela lavait les péchés... et qu'en conséquence, il pouvait faire autant de bêtises qu'il voulait avant ledit jeune...
Peut être pourrait-on réfléchir à des organisations qui aideraient l'enfant à reconnaître "in situ" ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas, ce qu'est l'intérêt général... Par exemple, des "parcours de repérage" des lieux autorisés ou non, des mises en scène pour théâtraliser une situation, le recours aux enregistrements peuvent aider...
Tout s'apprend, même des choses simples comme, monter un escalier en silence. L'exercice peut prendre une forme ludique... mais être exigeant.
Si la sanction est nécessaire, il faudrait aussi que les maîtres apprennent à valoriser les bons comportements, changent de statégie en montrant à l'élève que c'est celui qui est attentif, qui est moins bruyant etc. qui attire son attention... Car sinon, que fera l'enfant pour attirer le maître à lui ?
Il faut provoquer une forme de renversement.
A l'élève qui n'écoutait pas, ponctuellement j'usais d'un "je t'interdis d'apprendre, ce que nous allons apprendre ici est très important, n'écoute surtout pas ! " (dit avec conviction, sans humour, provoque un renversment et capte l'attention).
Le comportement de l'élève est une construction complexe, sans démagogie, avec exigence, il peut s'appuyer sur l'estime de soi, non pas le fait de perdre des points en cas d'erreur mais celui d'en gagner au fur et à mesure des réussites... Peut être faut il un permis à points "à l'envers" où l'on gagne un droit nouveau dès lors que l'on prouve sa capacité à respecter une règle... Il faut surtout pour certains de nos élèves que l'école soit ce lieu où l'on gagne et non où l'on perde.
Publié le Lundi 01 octobre 2007 à 07:05
Par Vincent Breton
Très intéressantes remarques en particulier concernant le cadre dans lequel la motivation peut s'inscrire, comme ses supports... Mais il me semble toutefois qu'il manque ici l'entrée d'une motivation qui vient de la connaissance elle même ou plutôt de ce rapport qu'introduit le maître dans sa classe entre l'objet à étudier et l'élève.
La motivation vient dans la capacité du maître à montrer à l'élève ce qu'il y a sous les apparences, à soulever les pierres, lever les implicites, donner les codes secrets...
C'est ce qui oblige l'enseignant à visiter avec enthousiasme le plus petit concept pour montrer à l'élève ce qu'il recèle de saveur.
Ce qui oblige le maître à se motiver lui même pour décrypter sous le plus banal objet à enseigner ce qu'il recèle d'intérêt.
La motivation vient de cette mise en appétit, de cette conviction que le savoir est savoureux, que l'effort à fournir, l'enjeu est non seulement légitime mais sera récompensé par un nouvel apport... Le goût ne se confond pas avec l'emballage du produit. Ce ne sont pas les menus aux termes ronflants ou des appareils clinquants qui font le goût.. autrement dit, la motivation ne doit pas venir d'appareils pédagogiques surdimensionnés, d'un décors flatteur... mais de cette relation confiante, presque affectueuse, de cette curiosité récompensée dans la rencontre d'un secret nouveau... La motivation vient à la fois de cette conviction qu'il n'y a pas de petit savoir, pas plus qu'il n'est de petite intelligence... La motivation vient de cette liberté d'essayer sans danger mais aussi de cette reconnaissance de la valeur de l'effort de la pensée... La motivation vient de cette émotion provoquée par cette fraternité qui nait dès lors que la connaissance est partagée... L'école qui ne détient plus le savoir, détient toujours la capacité de faire du lien, de mettre en relation, de lever les implicites, d'aider à éclairer et décrypter... La motivation vient de la conviction partagée d'un savoir savoureux enrichi de la solidarité des intelligences en action.
Publié le Samedi 29 septembre 2007 à 04:09
Par Vincent Breton
C'est la période normale où certaines déceptions ou récriminitations s'expriment... Petits conflits qui peuvent s'ils ne sont pas anticipés prendre une ampleur inutile et engendrer des crispations... Je reçois de nombreux courriers à propos de punitions qui pleuvent, de parents intrusifs ou d'élèves qui ne respectent plus les règles... Nous pouvons désigner l'autre, en vouloir à l'impatience des parents ou à l'inconduite des élèves... sauf que, des partenaires en cause, les seuls professionnels sont les enseignants. C'est à la fois un plus, une légitimité certaine, mais ce sont également des obligations. Les enseignants doivent donc, non pas se plier à toutes les exigences, mais agir à la bonne distance qui les préservera, en professionnels patients, capables d'élucider, d'expliciter, non pas de se justifier mais de montrer en quoi tel interdit est fondé sur tel ou tel texte, en quoi tel choix pédagogique trouve sa légitimité dans les programmes... Plutôt que "le bon vouloir", c'est la règle écrite qui légitime l'action. Cela suppose de s'appuyer sur une déontologie la plus ferme et la plus claire possible. Cela suppose aussi la disponibilité aux demandes de parents, la capacité de les recevoir en grand groupe ou en rendez-vous... C'est d'ailleurs pourquoi des réunions de classe sont prévues ou que des circulaires organisent l'accueil des parents à l'école. Tous nos codes doivent être explicités, les implicites levés, si nous voulons obtenir un minimun d'adhésion il faut impliquer élèves et parents et accepter de penser que cette exigence là fait partie intégrante des métiers des professionnels de l'école.
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prepaclass : Très bons voeux à toutes et tous !
prepaclass : Le blog déménage et devient l'atelier pédagogique : http://lewebped agogique.com/at elier/ Cette évolution pour gagner en lisibiité.
mo : impossible de poster le com à l'école de la réussite ! marrant non !
Loic : il y a des poésies en ligne sur le site de prepaclasse, pour la rentrée, mais plutôt cycle 3. Je vais les donner au choix des élèves
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