De nombreuses communes lors du temps de repas scolaire, mais aussi des écoles par un choix collectif ou des maîtres dans leur classe,instaurent le permis à points .
Une
fédération de parents réagit sur ce sujet.
Le permis à points en usage pour les titulaires du permis de conduire, est un capital de points donné à tous les titulaires de cet examen, capital qui se perd de manière graduée dès lors qu'une faute est commise et surtout repérée.
Le fautif peut reconstituer son capital en suivant par exemple des formations, avec un temps imposé...
Ce principe du permis à points pour le permis de conduire est dans la Loi.
Il a pour certains été vu comme un bon modérateur des comportements...
Il suppose pour fonctionner une surveillance active de la route.
Il semblerait que certains soient de très gros consommateurs de points tandis que d'autres voient leur capital totalement préservé.
Des amendes financières sont associées au dispositif.
D'un point de vue philosophique ou éthique, le permis à points à l'école n'est pas sans problèmes :
- il suppose évidemment le risque pour le fautif d'engager des stratégies pour se dissimuler à la surveillance
- il dit surtout, "il me reste encore x points", c'est à dire x droits de faire encore des bêtises et surtout de ne pas respecter les règles.
Finalement, le permis à points, dans l'esprit des élèves, n'ouvre-t-il pas un droit bien contradictoire avec l'objectif visé ?
Il me souvient d'un élève de CM2 qui m'avait expliqué qu'il allait s'engager dans un jeune religieux, parce que cela lavait les péchés... et qu'en conséquence, il pouvait faire autant de bêtises qu'il voulait avant ledit jeune...
Peut être pourrait-on réfléchir à des organisations qui aideraient l'enfant à reconnaître "in situ" ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas, ce qu'est l'intérêt général...
Par exemple, des "parcours de repérage" des lieux autorisés ou non, des mises en scène pour théâtraliser une situation, le recours aux enregistrements peuvent aider...
Tout s'apprend, même des choses simples comme, monter un escalier en silence. L'exercice peut prendre une forme ludique... mais être exigeant.
Si la sanction est nécessaire, il faudrait aussi que les maîtres apprennent à valoriser les bons comportements, changent de statégie en montrant à l'élève que c'est celui qui est attentif, qui est moins bruyant etc. qui attire son attention...
Car sinon, que fera l'enfant pour attirer le maître à lui ?
Il faut provoquer une forme de renversement.
A l'élève qui n'écoutait pas, ponctuellement j'usais d'un "je t'interdis d'apprendre, ce que nous allons apprendre ici est très important, n'écoute surtout pas ! " (dit avec conviction, sans humour, provoque un renversment et capte l'attention).
Le comportement de l'élève est une construction complexe, sans démagogie, avec exigence, il peut s'appuyer sur l'estime de soi, non pas le fait de perdre des points en cas d'erreur mais celui d'en gagner au fur et à mesure des réussites...
Peut être faut il un permis à points "à l'envers" où l'on gagne un droit nouveau dès lors que l'on prouve sa capacité à respecter une règle...
Il faut surtout pour certains de nos élèves que l'école soit ce lieu où l'on gagne et non où l'on perde.